«Les restrictions imposées à la capacité du peuple éthiopien de s’exprimer pacifiquement envoient le message qu’ils ne sont pas entendus», ajoute la représentation américaine en Éthiopie.

État d’urgence en Éthiopie: l’ambassade des États-Unis en «profond désaccord»

L’ambassade des États unis à Addis Abeba a fait part samedi dans un communiqué de son «profond désaccord» avec la décision du gouvernement éthiopien d’instaurer l’état d’urgence pour six mois.

«Nous reconnaissons et partageons les inquiétudes exprimées par le gouvernement concernant de violents incidents et la perte de vies humaines, mais nous croyons fermement que la réponse est plus de liberté, pas moins», poursuit le communiqué de l’ambassade des États-Unis, traditionnel allié du gouvernement éthiopien.

«Nous enjoignons fermement le gouvernement à revoir cette approche et à identifier d’autres moyens pour protéger vies et propriété tout en préservant et même en élargissant l’espace pour un dialogue sincère (...)», poursuit l’ambassade.

Le gouvernement éthiopien, confronté à une crise politique inédite depuis un quart de siècle, a instauré vendredi l’état d’urgence pour six mois, au lendemain de la démission du premier ministre, Hailemariam Desalegn.

Cette mesure, destinée officiellement à protéger la Constitution et à préserver le pays du «chaos et du désordre», intervient alors que le régime avait fait libérer ces dernières semaines de nombreux prisonniers, y compris des figures de l’opposition.

«La déclaration de l’état d’urgence sape les récentes avancées en vue de la création d’un espace politique plus ouvert, y compris la libération de milliers de prisonniers», estime l’ambassade des États unis.

«Les restrictions imposées à la capacité du peuple éthiopien de s’exprimer pacifiquement envoient le message qu’ils ne sont pas entendus», ajoute la représentation américaine en Éthiopie.

Les États-Unis sont un allié traditionnel de l’Éthiopie dans la région, notamment en raison du rôle d’Addis Abeba dans la lutte, depuis de longues années, contre les islamistes radicaux dans la Corne de l’Afrique.