Le stationnement de l’usine de Tesla à Fremont en Californie était presque plein lundi, confirmant que la firme d’Elon Musk a décidé de reprendre sa production et de passer outre aux restrictions établies par les autorités du comté d'Alameda.
Le stationnement de l’usine de Tesla à Fremont en Californie était presque plein lundi, confirmant que la firme d’Elon Musk a décidé de reprendre sa production et de passer outre aux restrictions établies par les autorités du comté d'Alameda.

Elon Musk prêt à se faire «arrêter» pour rouvrir son usine Tesla en Californie

SAN FRANCISCO — Après avoir insulté les autorités qui refusaient de le laisser rouvrir immédiatement son usine californienne, Elon Musk les a défiées de venir «l'arrêter» et annoncé la reprise de l'activité lundi sur Twitter, malgré les consignées liées à la pandémie.

«Tesla reprend la production aujourd'hui, contre les règles du comté d'Alameda. Je serai dans les rangs avec tout le monde. Si quelqu'un est arrêté, je demande que ce soit moi, et moi seul», a tweeté le fantasque fondateur du constructeur de voitures électriques.

«Aujourd'hui, le 11 mai, nous avons appris que l'usine Tesla de Fremont avait rouvert au-delà du minimum autorisé», a réagi, dans un communiqué, le comté situé près de San Francisco, où se trouve l'usine fermée depuis la mi-mars.

Les autorités locales promettent de s'attaquer au problème «par étapes», comme pour d'autres entreprises qui ont enfreint leurs ordres liés au confinement.

Ils veulent notamment trouver un accord sur les nouvelles conditions de travail, des tests de santé à l'entrée du bâtiment aux protocoles de sécurité à l'intérieur.

Appui de Washington et courtisé par le Texas

«Je suis d’accord avec Elon Musk», a déclaré lundi le secrétaire américain au Trésor, en soutien au patron de Tesla, qui est désormais courtisé par d’autres États américains.

«C’est l’un des plus gros employeurs et constructeurs de Californie», a argué Steven Mnuchin, sur la chaîne américaine CNBC.

«La Californie devrait se concentrer sur ce qu’ils doivent faire pour résoudre les problèmes de santé afin qu’il puisse ouvrir rapidement et de façon sûre, sinon ils vont réaliser qu’il a déménagé sa production dans un autre État», a continué le ministre de Donald Trump.

C’est exactement la menace proférée cette fin de semaine par Elon Musk. «Franchement, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Tesla va immédiatement déplacer son siège et ses futurs projets au Texas/Nevada. Et si on devait garder une activité manufacturière à Fremont, cela dépendra de la façon dont nous sommes traités», a lancé M. Musk samedi dans une longue diatribe, comme à son habitude.

Lundi, un comté du Texas a sauté sur l’occasion, en lui proposant de venir installer ses opérations chez lui. «J’ai lu votre mécontentement vis-à-vis des autorités californiennes [...] et je voulais vous faire savoir que le comté d’Hidalgo est prêt immédiatement pour vous accueillir, vous et Tesla Motors», écrit Richard Cortez, haut fonctionnaire du comté, dans une lettre publiée sur Twitter avec un mot-clic #WelcomeTesla.

«Nous avons un gouverneur motivé, favorable aux affaires», fait-il valoir, rappelant qu’Elon Musk disposait déjà d’un site de lancement de satellite pour une autre entreprise, SpaceX. «Tout ce que vous avez à faire c’est de choisir un emplacement.»

Plainte devant une cour fédérale

Tesla a déposé une plainte samedi contre le comté d’Alameda, devant une cour fédérale, affirmant que les décisions locales contredisaient les règles fédérales et celles de la Californie, où les entreprises considérées comme «essentielles» sont autorisées à fonctionner.

Le groupe fait valoir que cette définition s’appliquait à son cas, puisqu’il installait des panneaux solaires et des bornes pour charger les voitures électriques.

Le milliardaire, qui vient d’avoir un fils avec la musicienne Grimes, a jugé que le prolongement du confinement était «fasciste» et «pas démocratique», lors d’une téléconférence avec des analystes financiers.

Tesla a réussi à afficher un bénéfice — modeste —, mais surprise de 16 millions $US (22,4 millions $) au premier trimestre, un bond de 33 % des livraisons de voitures et un chiffre d’affaires en hausse de 32% à 5,99 milliards $US (8,4 milliards $).