«Je suis totalement opposé aux violences domestiques quelles qu’elles soient, tout le monde sait ça et il ne faudrait pas avoir à le répéter», a dit le président américain.

Donald Trump «totalement opposé aux violences conjugales»

Donald Trump s’est dit «totalement opposé aux violences conjugales» mercredi, de nombreux critiques lui reprochant d’avoir trop ardemment défendu un ancien collaborateur accusé de violences par ses deux ex-épouses.

«Je suis totalement opposé aux violences domestiques quelles qu’elles soient, tout le monde sait ça et il ne faudrait pas avoir à le répéter», a déclaré le président américain devant la presse.

Rob Porter a été contraint de démissionner le 7 février de son poste de secrétaire du personnel de la Maison Blanche. Le président avait réagi à ce départ en saluant le travail de M. Porter et en questionnant la façon dont le diplômé de Harvard était traité.

«Nous lui souhaitons le meilleur. (...) C’est évidemment un moment difficile pour lui. Il a fait du très bon travail pendant qu’il était à la Maison Blanche», avait dit vendredi M. Trump depuis le Bureau ovale.

Samedi matin, il tweetait: «Des gens voient leur vie détruites et brisées par de simples accusations. Certaines sont vraies et certaines sont fausses. Certaines sont vieilles et certaines sont récentes».

«Quelqu’un qui est faussement accusé ne peut pas s’en remettre, sa vie et sa carrière sont finies. Ca n’existe plus les procédures équitables ?», avait-il ajouté, déclenchant de nombreuses critiques notamment parce qu’il n’a mentionné à aucun moment les victimes de violences conjugales.

Les versions différentes fournies par la Maison Blanche sur le moment où les hauts responsables de l’exécutif ont été au courant des accusations et sur comment M. Porter avait pu avoir accès à des documents hautement confidentiels sans avoir obtenu les habilitations de sécurité nécessaires ont amplifié le scandale.

Et la démission vendredi d’un second employé, également accusé de violences conjugales, n’a rien arrangé. David Sorensen, chargé de la rédaction des discours, nie lui aussi les accusations de son ex-femme.

L’actrice porno Stormy Daniels menace de parler

L’actrice pornographique soupçonnée d’avoir eu une relation sexuelle avec Donald Trump en 2006 a menacé mercredi de faire des révélations à la presse, estimant que l’avocat du président américain l’avait de facto déliée d’un accord de confidentialité.

Une représentante de Stormy Daniels a fait savoir à plusieurs publications que sa cliente ne se sentait plus contrainte par un tel accord, puisque l’existence de celui-ci a été confirmée par le conseil du président, Michael Cohen. «Stormy va raconter son histoire», a-t-elle affirmé.

Tout avait commencé le 12 janvier, lorsque le Wall Street Journal avait affirmé Stephanie Clifford, 38 ans et connue sous le nom de Stormy Daniels dans l’industrie pornographique, avait été payée pour garder le silence sur une relation sexuelle avec M. Trump alors qu’il était marié à l’actuelle Première dame, Melania. Cette relation aurait eu lieu en 2006, quatre mois après la naissance de leur fils Barron.

La Maison-Blanche avait démenti ces affirmations, qualifiées de «vieilles informations recyclées, qui ont été publiées et démenties avec véhémence avant l’élection».

L’affaire semblait être passée au second plan lorsqu’à la surprise générale l’avocat personnel de Donald Trump a confirmé mercredi soir qu’un accord avec l’actrice avait bien été conclu mais qu’il l’avait honoré de ses propres deniers.

«Lors d’une transaction privée en 2016, j’ai utilisé mes fonds personnels pour faciliter un paiement de 130.000 dollars à Mme Stephanie Clifford», a déclaré Michael Cohen dans un communiqué publié mardi par le New York Times.

«Ni l’Organisation Trump, ni la campagne de Trump n’était partie dans cette transaction avec Mme Clifford, et ni l’une, ni l’autre ne m’ont remboursé ce versement, directement ou indirectement», a affirmé l’avocat.

Financement électoral

Michael Cohen répondait à une plainte déposée par Common Cause, une association de surveillance des bonnes pratiques électorales, estimant que M. Trump pourrait avoir violé la loi sur le financement de campagne.

La somme, versée un mois avant l’élection présidentielle de 2016, aurait dû être intégrée dans les comptes de campagne du candidat républicain «car les fonds ont été utilisés dans le but d’influencer» le scrutin, selon Common Cause.

Le paiement à Mme Clifford «n’était pas une contribution à la campagne (de Trump) ou une dépense de campagne de quiconque», a-t-il souligné, sans préciser les raisons de ce versement d’argent.

Mais l’explication n’a pas satisfait Common Cause. «La date et les circonstances» du paiement «donnent l’apparence que l’argent a été versé à Mme Daniels dans une tentative d’influencer l’élection», a réaffirmé dans un communiqué Paul Ryan, un responsable de l’association.

«Les questions sur ce paiement et les circonstances qui sont derrières doivent avoir des réponses, et sous serment», a-t-il ajouté, demandant à la Commission électorale fédérale et au ministère de la Justice d’enquêter.

Michael Cohen avait auparavant estimé que la plainte de Common Cause n’avait «pas de base juridique» et qu’il avait répondu à la Commission.

Depuis les révélations du Wall Street Journal, Stormy Daniels est restée très évasive sur la réalité d’une relation avec Donald Trump. Mais elle avait donné sa version de l’histoire dans une interview au magazine In Touch publiée seulement en janvier mais réalisée en 2011.

Selon le Wall Street Journal, elle a confié en privé avoir eu des rapports sexuels avec Donald Trump en juillet 2006, en marge d’un tournoi huppé de golf près du lac Tahoe, une région touristique à cheval entre la Californie et le Nevada.

Lors de la course à la Maison Blanche et depuis qu’il est président, M. Trump a été accusé par plusieurs femmes de harcèlement ou d’attouchements sexuels remontant à des années, des faits qu’il a niés en bloc.

Toutefois, les faits présumés concernant l’actrice porno ne comportent pas d’élément de contrainte.

Durant la campagne présidentielle en 2016 avait été publiée une vidéo de 2005 dans laquelle Donald Trump se vantait de pouvoir «attraper» les femmes «par la chatte» grâce à sa célébrité. Mais cet enregistrement explosif n’avait pas eu l’impact politique escompté par de nombreux analystes, et le milliadaire avait été élu quelques semaines plus tard.