Catherine Deneuve arrive à une soirée au Casino de Monte Carlo, à Monaco, le 9 décembre 2017.

Des militantes attaquent la lettre de Catherine Deneuve

PARIS - Des militantes françaises des droits des femmes ont vertement dénoncé mercredi une lettre signée par l’actrice Catherine Deneuve et des dizaines d’autres Françaises, et qui affirme que les hommes sont injustement ciblés par des allégations d’inconduite sexuelle.

La lettre publiée dans les pages du quotidien Le Monde affirme que la «prise de conscience (légitime) des violences sexuelles exercées sur les femmes», et qui découle du scandale Harvey Weinstein, va trop loin, et que cette «fièvre à envoyer les «porcs à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux (et) des pires réactionnaires».

Les signataires estiment que les hommes devraient avoir le droit de flirter avec les femmes et ils mettent en garde contre le «puritanisme».

La nouvelle lettre signée par la militante Caroline De Haas et une trentaine d’autres personnes a été mise en ligne par le site franceinfotv.com.

Les auteurs écrivent que la lettre de Mme Deneuve est «un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer».

Ils reprochent à Mme Deneuve et aux autres signataires d’utiliser «leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles».

«Des choses fausses et choquantes»

Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a déclaré sur les ondes de la radio de France Culture que la lettre de Mme Deneuve contient des choses qui sont fausses et choquantes.

La lettre de Mme Deneuve affirme que les femmes qui seraient confrontées à un «un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit, (...) (pourraient) l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement».

Mme Schiappa a répliqué que de tels propos sont «dangereux» et rappelé qu’un geste du genre est passible de trois ans de prison et d’une amende de 75 000 euros.

L’écrivaine d’origine iranienne Abnousse Shalmani, une des signataires de la lettre, s’est dite surprise par les «réactions extrêmement violentes» qu’elle a suscitées.

L’actrice Asia Argento, qui compte parmi les dizaines de femmes qui ont dénoncé Harvey Weinstein, a estimé sur Twitter que la lettre est extrêmement «déplorable».