Chaque hiver, la mégapole de 20 millions d’habitants étouffe dans un brouillard empoisonné chargé de particules en suspension, qui pose un grave danger à la santé publique.

Des masques antipollution rudimentaires pour les démunis en Inde

NEW DELHI - Des milliers de pauvres de New Delhi vont recevoir des masques en coton contre l’exécrable pollution de l’air, ont annoncé lundi les autorités de la capitale indienne, une protection jugée inefficace par les experts.

Chaque hiver, la mégapole de 20 millions d’habitants étouffe dans un brouillard empoisonné chargé de particules en suspension, qui pose un grave danger à la santé publique.

Les pauvres et sans-abris sont les plus exposés à ce mélange toxique fait de fumées de véhicules, de poussière de chantiers, d’incinération de déchets et d’émissions industrielles et agricoles.

Un responsable du gouvernement de Delhi, Bipin Rai, a indiqué à l’AFP que 10.000 masques de protection faciale vont être distribués à «des familles à la rue, des femmes, des patients et des enfants alors que les niveaux de pollution augmentent».

Mais les experts avertissent que ces masques ne sont d’aucune utilité face aux microscopiques particules fines (PM2,5). D’un diamètre égal au trentième de celui d’un cheveu humain, elles peuvent s’infiltrer dans l’organisme et le sang, à travers les poumons, et accentuent les risques de maladies cardiovasculaires et de cancer des poumons.

«Ces masques sont superflus, car les particules fines nocives au corps humain ne seront pas filtrées», a déclaré à l’AFP Vivek Chattopadhyay du Centre for Science and Environment.

«C’est inefficace, et le gouvernement devrait plutôt offrir des masques médicalement approuvés», a-t-il ajouté.

Le pic de concentration de particules fines enregistré lundi par l’ambassade américaine à New Delhi s’établissait à 378 microgrammes par mètre cube d’air, à 10H00 locales (04H30 GMT). L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière.

La pollution de l’air est particulièrement dévastatrice pour les enfants, selon une récente étude de l’OMS. Chaque année, environ 600 000 mineurs de moins de quinze ans en meurent dans le monde.