Les manifestants bloquent les autoroutes et les voies ferroviaires.

Des indépendantistes catalans appellent à «user l’État» espagnol

BARCELONE — La présidente de l’influente association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC) a appelé lundi à une «mobilisation constante» pour «affaiblir les piliers de l’État» espagnol en Catalogne, ajoutant que les violences des derniers jours permettent de «rendre visible le conflit».

«Le monde est ainsi. Ce sont ces incidents qui font que nous sommes dans la presse internationale de manière continue, ils rendent visible ce conflit», a expliqué Elisenda Paluzie à une chaîne régionale catalane.

Ces déclarations signent un changement de ton de l’ANC qui avait jusque là toujours insisté sur le caractère pacifique du mouvement indépendantiste. Les rassemblements organisés par cette association se sont toujours déroulés sans heurts, y compris ces derniers jours.

«C’est évident que ceci [les heurts] peut avoir des aspects positifs et des aspects négatifs», a toutefois nuancé Elisenda Paluzie.

L’objectif des manifestations est «d’user l’État» espagnol et «d’affaiblir les piliers du pouvoir de l’État en Catalogne», a-t-elle ajouté.

Après des années de manifestations pacifiques, souvent impulsées par les puissantes associations ANC et Omnium, une partie du mouvement indépendantiste a eu recours à des manifestations violentes ces dernières semaines, en réaction aux peines de prison prononcées contre neuf de leurs dirigeants le 14 octobre.

600 blessés

Entre le 14 et le 18 octobre, des affrontements ont fait environ 600 blessés (manifestants et agents confondus), principalement dans le centre de Barcelone, hérissé presque chaque nuit de barricades en feu.

L’ANC a toutefois joué un rôle moins important que d’habitude dans ces dernières manifestations, au profit d’organisations séparatistes aux méthodes plus radicales, opérant anonymement et sans chefs identifiés, comme la plateforme Tsunami Democratic, responsable du blocage de l’aéroport de Barcelone le 14 octobre ou les Comités de défense de la République (CDR), qui organisent blocages d’autoroutes et de voie ferroviaire.

Samedi, après une marche pacifique de près de 350 000 personnes selon la police municipale, de nouveaux heurts se sont produits avec les forces de l’ordre.