Les champignons resteront toutefois techniquement «illégaux» et leur vente constituera toujours un crime.

Denver dépénalise les champignons hallucinogènes

LOS ANGELES — Denver est devenue mercredi la première ville des États-Unis à dépénaliser l’usage des champignons hallucinogènes : appelés à se prononcer par référendum, les électeurs de la capitale du Colorado ont dit «oui» du bout des lèvres, à 50,56 % contre 49,44 % qui y étaient opposés.

Les partisans de cette mesure avaient d’autant plus de mal à en croire leurs yeux que les derniers chiffres provisoires publiés dans la nuit laissaient penser qu’elle serait rejetée par une courte majorité.

Au total, plus de 176 000 électeurs se sont exprimés sur cette «initiative 301» qui vise à ce que l’arrestation pour possession et consommation de champignons à psilocybine — pour les personnes de plus de 21 ans et à titre personnel — devienne «la moindre des priorités des forces de l’ordre dans la ville et le comté de Denver». Les champignons resteront toutefois techniquement «illégaux» et leur vente constituera toujours un crime.

Une action similaire avait échoué l’an dernier en Californie à être soumise à un vote populaire.

Selon diverses études, la psilocybine, principe actif des «champignons magiques», n’est pas considérée comme addictive et peut permettre de lutter contre la dépression et la dépendance aux opiacés, des antidouleurs à l’origine chaque année de milliers de morts par overdose à travers les États-Unis.

«Les êtres humains utilisent ces champignons depuis des milliers d’années comme traitement, rite de passage, vecteur d’élévation spirituelle [...]», affirme sur son site le groupe Decriminalize Denver, qui avait annoncé en janvier avoir recueilli suffisamment de signatures pour que son initiative fasse l’objet d’un référendum.

«Denver est en train de devenir la capitale mondiale de la drogue», avait alors regretté auprès de CNN Jeff Hunt, un responsable de l’Université catholique du Colorado. «Nous n’avons à vrai dire aucune idée de l’effet à long terme de ces drogues sur les habitants du Colorado».

Denver était devenue en 2005 la première grande ville américaine à légaliser la possession de petites quantités de cannabis.