«Nous allons travailler avec le ministre de la Justice (Bill Barr) pendant une courte période dans l'espoir qu'il nous révèle l'intégralité du rapport et les documents correspondants», a déclaré Jerry Nadler, le président démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants. «Mais si cela ne marche pas, nous allons très rapidement émettre des injonctions» pour obtenir les documents, a-t-il ajouté.

Début d'un bras de fer pour obtenir le rapport Mueller

WASHINGTON — Une commission du Congrès américain a engagé mercredi une procédure contraignante pour obtenir l'intégralité du rapport d'enquête sur une ingérence russe dans la présidentielle de 2016, potentiellement nuisible à Donald Trump, plutôt que la version expurgée actuellement préparée par le ministère de la Justice.

«Nous allons travailler avec le ministre de la Justice (Bill Barr) pendant une courte période dans l'espoir qu'il nous révèle l'intégralité du rapport et les documents correspondants», a déclaré Jerry Nadler, le président démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.

«Mais si cela ne marche pas, nous allons très rapidement émettre des injonctions» pour obtenir les documents, a-t-il ajouté.

Il avait auparavant assuré que si le ministère refusait de transmettre volontairement le rapport, «ce devrait être du ressort d'un juge (...) de décider si la commission doit étudier le rapport intégral».

Le président Donald Trump a assuré qu'il ne verrait «aucun problème» à la publication du rapport, mais les parlementaires craignent que le président n'«invoque son autorité présidentielle» pour bloquer sa diffusion, selon M. Nadler.

La commission a également approuvé des injonctions à l'encontre de cinq anciens proches conseillers de M. Trump ou responsables de la Maison-Blanche, dont Steve Bannon, Hope Hicks et Reince Priebus, notamment pour obtenir leurs témoignages.

Le rapport de près de 400 pages du procureur spécial Robert Mueller, rédigé après une enquête de 22 mois, conclut qu'il n'existe pas d'éléments prouvant une entente ou une coordination entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou pour influencer les résultats de la présidentielle, selon un court résumé du document publié le 24 mars par Bill Barr.

Cependant, il «n'exonère pas» le président de l'accusation d'entrave à la justice dans cette affaire.

M. Barr a promis de rendre public ce rapport à la mi-avril, le temps d'en retirer certains passages sensibles qui pourraient mettre en danger des sources ou contenir des éléments sur d'autres enquêtes en cours.

Mais les parlementaires démocrates, qui contrôlent la Chambre basse du Congrès, exigent que le rapport original leur soit transmis, car le ministre, nommé par M. Trump, n'est pas, à leurs yeux, un observateur neutre.

Des membres de l'équipe du procureur Mueller accusent par ailleurs M. Barr de ne pas avoir rendu compte «de façon adéquate» dans son résumé des résultats de leur enquête, rapporte mercredi le New York Times.

Selon les sources anonymes citées par le quotidien new-yorkais, ces résultats seraient «plus préoccupants» pour Donald Trump que ne l'a laissé transparaître le ministre de la Justice.