De plus en plus de démocrates pour une procédure de destitution contre Trump

WASHINGTON — Plus de la moitié des démocrates de la Chambre américaine des représentants sont favorables à l’ouverture d’une procédure de destitution contre le président Donald Trump, ont indiqué des médias vendredi.

Sur les 235 démocrates qui seraient invités à voter sur le sujet, 118 se sont publiquement prononcés en faveur du lancement du processus visant à destituer le milliardaire républicain.

Un seuil symbolique dont les partisans d’une telle option espèrent qu’il poussera leur cheffe de file Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre, à changer d’avis et à soutenir la procédure.

Car les ténors du parti, Mme Pelosi en tête, craignent que la manoeuvre ne se retourne contre les démocrates pendant la campagne pour la présidentielle de 2020 en occultant leurs thèmes de campagne (environnement, accès à la santé, réforme pénale...).

Le mouvement a pris de l’ampleur depuis que l’ex-procureur spécial Robert Mueller a témoigné fin juillet devant le Congrès au sujet de son enquête de deux ans sur les ingérences russes dans la présidentielle de 2016 et sur les soupçons d’entrave à la justice à l’encontre de M. Trump.

Le seuil a été franchi lorsque l’élu de la Chambre des représentants Ted Deutch s’est prononcé en faveur d’une procédure de destitution jeudi, estimant que l’audition de Robert Mueller avait «confirmé les conclusions accablantes de son rapport».

Ce rapport décrit les efforts de la Russie pour tenter de faire basculer la présidentielle de 2016 en faveur de Donald Trump. Il détaille aussi comment l’équipe de campagne de Trump a favorablement accueilli cette aide et a menti à plusieurs reprises à ce sujet.

Les démocrates affirment que M. Mueller a également fourni des preuves de dix cas d’entrave potentielle à la justice par le président.

Certains élus démocrates affirment qu’il est de leur devoir constitutionnel de prendre des mesures face à des preuves d’actes répréhensibles de la part du président, quelles qu’en soient les conséquences politiques.

Forts de leur majorité à la Chambre des représentants, dotée de puissants pouvoirs d’investigation, ils sont en mesure d’ouvrir cette procédure, mais elle est vouée à l’échec compte tenu du contrôle républicain sur le Sénat.

Au même moment, l’élu républicain du Texas Will Hurd, l’unique Afro-Américain de son parti à la Chambre des représentants, a annoncé que comme cinq autres républicains, il ne se représenterait pas aux élections en 2020, portant un coup aux espoirs du parti de reconquérir la majorité à la chambre.