Dao Quang Thuc a été condamné mercredi à 14 ans de prison pour des critiques contre le régime vietnamien publiées sur Facebook.

Au Vietnam, 14 ans de prison pour un ex-instituteur pour des critiques sur Facebook

HANOÏ — Un instituteur à la retraite a été condamné mercredi à 14 ans de prison pour des critiques publiées sur Facebook, assimilées à une «tentative de renversement» du régime au Vietnam communiste.

Dao Quang Thuc, âgé de 58 ans, y évoquait les problèmes environnementaux au Vietnam. Il y parlait aussi de la dispute territoriale entre Pékin et Hanoï en Mer de Chine méridionale, un sujet prompt à enflammer les nationalistes vietnamiens que le régime tente de contrôler.

Le quinquagénaire, apparu faible à l’audience, a été battu après son arrestation en octobre 2017, accuse sa fille. «Il a été privé de nourriture, ils l’ont battu et il a dû être hospitalisé une semaine», selon Dao Ngoc Bich Quynh Trang, interrogée par l’AFP après le verdict rendu par le tribunal de Hoa Binh, province à l’ouest de Hanoï.

Un autre critique du régime, le blogueur Ngo Van Dung, est porté disparu depuis deux semaines, selon Reporters sans frontières. La police est coutumière des arrestations discrètes, sans que les familles soient informées.

Le régime, dominé par les conservateurs depuis 2016, est accusé de multiplier les arrestations et les condamnations. Une centaine de personnes ont été emprisonnées en 2017 pour des raisons politiques, d’après Amnesty International.

Et une quarantaine de militants ont déjà été condamnés cette année, selon un décompte de l’AFP.

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BIRMANIE: SEPT ANS DE PRISON POUR AVOIR CRITIQUÉ AUNG SAN SUU KYI SUR FACEBOOK

Aung San Suu Kyi au Sommet économique mondial à Hanoï, au Vietnam, le 13 septembre

RANGOUN — Un ancien commentateur politique proche de la junte birmane a été condamné à sept ans de prison pour avoir critiqué sur Facebook la dirigeante Aung San Suu Kyi, a-t-on appris mercredi auprès du tribunal.

Ngar Min Swe a été reconnu coupable mardi de «sédition» pour «avoir écrit des posts abusifs sur Facebook contre la Conseillère d’État Aung San Suu Kyi, donnant aux gens des idées fausses sur elle», a déclaré à l’AFP Htay Aung, un porte-parole du tribunal.

Celui qui écrivait dans le journal officiel Global New Light of Myanmar à l’époque de la junte militaire est connu depuis des années pour ses prises de position contre l’ancienne dissidente Aung san Suu Kyi, au pouvoir depuis début 2016.

Sur Facebook, il s’est notamment emporté contre le fait que le président américain de l’époque Barack Obama avait embrassé lors de sa visite en 2014 Aung San Suu Kyi, dénonçant son accolade comme un outrage à la culture birmane, très pudique. Aung San Suu Kyi apparaît sur les photos de l’époque très gênée, et l’histoire avait à l’époque fait couler beaucoup d’encre.

«Obama est venu deux fois. Donald Trump pas encore. Attendez-vous à un baiser... Venez avant 2020», écrit-il notamment. En 2020, des élections législatives risquent de remettre en jeu la domination du parti d’Aung San Suu Kyi au Parlement. Selon les commentateurs politiques, le parti des anciens dirigeants de la junte pourrait bien créer la surprise.

Cette affaire survient alors que la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est empêtrée dans la gestion de la crise des Rohingyas, dénoncée par l’ONU comme un génocide par l’armée birmane.

Elle a justifié la semaine dernière à Hanoï l’emprisonnement de deux journalistes de Reuters après leur enquête sur un massacre de Rohingyas. Elle avait évoqué «l’État de droit» en Birmanie, mais l’indépendance de la justice est largement sujette à caution.