Des fleurs ont été déposées vendredi à la mosquée Wellington Masjid, à Kilbirnie en Nouvelle-Zélande, à la suite de l'attaque perpétrée contre deux mosquées à Christchurch.

Attaque dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande: «horrifiant», s'insurge Trudeau

Les réactions ont été nombreuses à la suite des fusillades perpétrées vendredi dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui ont fait 49 morts et une multitude de blessés.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a réagi à la tragédie tôt vendredi.

«Attaquer les gens pendant leur prière est horrifiant, et le Canada condamne vigoureusement les fusillades survenues aujourd'hui en Nouvelle-Zélande. Nos c?urs vont aux victimes et à leurs familles, et nous partageons le deuil des Néo-Zélandais et des musulmans du monde entier», a-t-il écrit sur Twitter.

«Beaucoup trop souvent, les musulmans subissent une perte et une douleur inimaginables dans les endroits où ils devraient pourtant se sentir en sécurité. Le Canada se souvient malheureusement du chagrin que nous avons ressenti suite à l'attentat insensé qui a été perpétré au Centre culturel islamique de Québec à Ste-Foy. Cet attentat a enlevé la vie de nombreuses personnes innocentes qui s'étaient alors rassemblées pour la prière», a-t-il par la suite rappelé dans une déclaration officielle.

Affirmant que le Canada condamne l'attentat, il a ajouté que pour aller de l'avant, il faudra reconnaître que la diversité est une force, et non une menace.

«Les victimes d'hier soir étaient des pères, des mères et des enfants. Ils étaient des voisins, des amis et de la parenté. Comme c'est le cas chaque fois qu'une vie est interrompue trop tôt, nous ne connaîtrons jamais l'ampleur réelle de leur perte.»

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a écrit sur Twitter que la liberté avait été attaquée vendredi en Nouvelle-Zélande et que tous devraient pouvoir pratiquer leur religion librement et sans peur.

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Après avoir essuyé quelques critiques pour avoir omis de mentionner que l'attaque avait visé des musulmans dans des mosquées, M. Scheer a toutefois transmis une déclaration révisée en après-midi.

«Les lieux de culte, comme les deux mosquées attaquées la nuit dernière, devraient être des lieux où tous peuvent se rencontrer librement et sans crainte. Nous nous tenons aux côtés de nos frères et soeurs musulmans pour veiller à ce que cela puisse continuer. Nous devons condamner avec la plus grande fermeté le type de haine extrême qui a motivé cet acte odieux», a-t-il déclaré.

Le chef néo-démocrate a écrit avoir eu le «coeur brisé» en apprenant la nouvelle.

«Mon coeur va aux familles des personnes tuées et à tous ceux qui ont été touchés par cet acte de terreur. L'islamophobie tue, et n'a sa place nulle part dans le monde», a publié Jagmeet Singh sur Twitter.

Au Québec

Le premier ministre du Québec, François Legault, a pour sa part écrit que ses pensées accompagnaient les proches des victimes de l'attaque des mosquées.

«Comme le Québec et le Canada, la Nouvelle-Zélande est un endroit paisible où la population souhaite vivre en sécurité et dans la paix. Nous avons récemment connu une tragédie qui nous a, toutes et tous, très affectés au Québec. Je me sens totalement solidaire de la première ministre, Mme Jacinda Ardern, et je comprends parfaitement son émotion aujourd'hui. Il n'y a pas de place pour l'extrémisme dans nos sociétés; il n'y a pas de place pour l'intolérance. Nous ne permettrons pas à la violence de prendre racine dans nos sociétés démocratiques», a-t-il affirmé dans une déclaration officielle.

Le chef par intérim du Parti libéral, Pierre Arcand, a lui aussi indiqué qu'il gardait les Néo-Zélandais dans ses pensées. «Continuons de dénoncer ces actes de violence insensés», ajoute-t-il.

«De tout coeur avec la Nouvelle-Zélande», écrit de son côté le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Manon Massé, de Québec solidaire, parle quant à elle de «consternation» et d'«horreur».

«Mes pensées vont aux gens de la Nouvelle-Zélande, aux familles touchées, aux communautés musulmanes, en particulier à nos ami-es de Québec qui voient leurs plaies rouvertes aujourd'hui. Ces actes de terrorisme ne nous diviseront pas», écrit-elle.

Au Centre culturel islamique de Québec, où une fusillade du genre a fait 6 morts et 8 blessés le 29 janvier 2017, l'ancien président Mohamed Labidi, a affirmé que l'actuel état d'esprit de sa communauté était le même qu'au lendemain de la fusillade d'il y a deux ans.

Dans le monde

Le président des États-Unis, Donald Trump, a exprimé ses «plus sincères sympathies» et transmis ses «meilleurs voeux» au peuple néo-zélandais après «l'horrible massacre dans les mosquées».

Le pape François dénonce de son côté «les actes de violence insensés» survenus à Christchurch et dit prier pour la communauté musulmane et pour tous les Néo-Zélandais.

Dans un télégramme de condoléances transmis vendredi, le pape a offert sa solidarité et ses prières aux blessés et aux personnes en deuil d'êtres chers, soulignant qu'il s'agissait d'un moment particulièrement difficile pour le personnel des services d'urgence et de sécurité.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a manifesté son horreur et sa profonde tristesse en affirmant que la Nouvelle-Zélande peut compter sur des appuis dans la lutte à la haine.

«Toutes nos pensées pour les victimes des crimes odieux contre les mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande et pour leurs proches. La France se dresse contre toute forme d'extrémisme et agit avec ses partenaires contre le terrorisme dans le monde», écrit de son côté le président français Emmanuel Macron, sur Twitter.

Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, a transmis ses condoléances aux victimes, soulignant que celles-ci «ont été touchées alors qu'elles se trouvaient dans un lieu de prière. Toute forme d'intolérance, de haine et de violence est inacceptable».

La chancelière allemande Angela Merkel a envoyé un télégramme à la première ministre de la Nouvelle-Zélande pour lui offrir ses sympathies.

«Il s'agit d'une attaque perfide sur des fidèles et sur leur lieu de prière, a-t-elle déclaré vendredi. L'attaque contre des citoyens musulmans est également une attaque contre la démocratie de la Nouvelle-Zélande et sa société ouverte et tolérante. Nous partageons ces valeurs et par conséquent, l'horreur des Néo-Zélandais.»

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, estime que les attentats constituent l'exemple le plus récent de la montée du racisme et de l'islamophobie dans le monde.

Le premier ministre du Pakistan, Imran Khan, a ajouté que cette islamophobie a culminé depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis car la communauté musulmane est désormais pointée du doigt pour tout acte terroriste commis par un musulman.