Lundi dernier, des secouristes aidaient à dégager un corps des décombres à Abaco, île des Bahamas dévastée par l'ouragan Dorian.

Après Dorian, la tempête Humberto souffle sur les Bahamas

WASHINGTON — Des habitants du nord des Bahamas se trouvaient samedi sous la menace d'une nouvelle tempête tropicale, baptisée Humberto, moins de deux semaines après le passage de l'ouragan Dorian, dont les dégâts ont «horrifié» le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en visite dans l'archipel.

Après plusieurs heures à faire du quasi sur-place, «Humberto a commencé à se déplacer» à la vitesse de 11 km/h, a annoncé dans son dernier bulletin de 18h GMT (14h, heure du Québec) le Centre national des ouragans (NHC) américain.

La tempête se trouvait, selon ce bulletin, à 65 kilomètres d'Abaco, île dévastée par le passage de Dorian qui a fait au moins 52 mort dans l'archipel il y a près de deux semaines.

Humberto devait générer «des vents de force tropicale et de lourdes pluies sur une partie du nord-ouest des Bahamas», a mis en garde l'institut, en appelant la population à «suivre les recommandations des autorités locales».

Celles-ci ont appelé les résidents de Grand Bahama dont les maisons ont été endommagées par l'ouragan Dorian à se rendre dans des centres d'hébergement d'urgence. «Ne prenez aucune risque, les sols sont saturés et des inondations pourraient vite se produire», ont-elles souligné.

«Nous n'avons vraiment pas besoin d'un autre ouragan», a déclaré à la chaîne CBS Sinetra Higgs une résidente des Bahamas qui se préparait à affronter la nouvelle tempête.

Avec des vents soufflant à 85 km/heure et des précipitations attendues de 15 centimètres au maximum, Humberto semble moins dangereuse que Dorian, dont les vents ont atteint jusqu'à 295 km/h.

Elle devrait s'éloigner des Bahamas en fin de journée en remontant vers le nord-ouest, selon le NHC.

La tempête risque de se transformer en ouragan dimanche soir, mais elle se trouvera alors bien au large des côtes de la Floride, précise l'institut. Humberto devrait enfin effectuer un «virage franc» vers l'est lundi.

«Enfer»

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en visite dans l'archipel, s'est ému sur Twitter des dégâts visibles sur les îles Abaco, peu après y avoir atterri samedi. «Je suis horrifié par le niveau de dévastation», a-t-il témoigné.

«L'ouragan Dorian n'était pas de catégorie 5, mais de catégorie enfer», a-t-il encore écrit. «Il est temps de se réveiller et de prendre des mesures urgentes pour le climat.»

La multiplication des phénomènes climatiques extrêmes est la conséquence du réchauffement climatique, avait-il déjà estimé dans un discours vendredi soir.

Selon lui, les pays les plus impactés sont ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre. «Les Bahamas en sont un très bon exemple», avait-il souligné en livrant un vibrant plaidoyer en faveur d'une «action urgente» de la communauté internationale.

En attendant, celle-ci va continuer d'apporter son aide aux Bahamas, malgré les perturbations de l'action humanitaire causées par la tempête Humberto.

«Le mauvais temps va ralentir les opérations logistiques» alors qu'Abaco a «grand besoin d'essence et d'eau», a prévenu le porte-parole de l'Agence bahaméenne des situations d'urgence (Nema), Carl Smith.

Vols suspendus

Le Programme alimentaire mondial, qui participe à l'effort international, a suspendu ses vols vers Marsh Harbour, la ville principale d'Abaco, à cause de la tempête, a indiqué un porte-parole du PAM, Herve Verhoosel.

Plus de 2000 habitants d'Abaco et de Grand Bahama sont encore hébergés dans des refuges et les autorités cherchent toujours à localiser 1300 personnes, a précisé Carl Smith.

Le bilan officiel de l'ouragan devrait encore augmenter à mesure que les corps retrouvés lors des recherches sont identifiés, ont indiqué les autorités.

Les équipes internationales de recherches «font face à des défis logistiques sans précédents», avec des zones difficiles d'accès et un nombre important de personnes déplacées ou sans documents d'identité, a souligné l'Agence fédérale américaine des situations d'urgence, la FEMA.