L’Inde est à la recherche depuis vendredi d’une cordée de quatre Britanniques, deux Américains, un Indien et une Australienne dans le massif de la Nanda Devi, deuxième plus haut sommet du pays situé dans l’État d’Uttarakhand, frappé la semaine dernière par d’importantes chutes de neige et des avalanches.

Alpinistes disparus en Inde: des corps repérés par hélicoptère

PITHORAGARH — Des corps ont été repérés lundi lors de recherches aériennes pour retrouver huit alpinistes, un Indien et sept Occidentaux, disparus depuis la semaine dernière dans un massif reculé de l’Himalaya indien.

«Durant cette recherche, des photos ont été prises et sur ces photos nous pouvons voir quatre à cinq corps. La résolution est assez mauvaise, c’est pourquoi leurs visages ou caractéristiques précises ne sont pas nets», a déclaré à la presse V.K. Jogdande, un responsable administratif du district.

Sur ces clichés dont l’AFP a pris connaissance, des formes sombres qui semblent être des corps et du matériel éparpillé affleurent d’un immense mur de neige particulièrement raide. Les autorités ont ordonné une évaluation technique pour envisager une récupération des corps «au plus vite».

L’Inde est à la recherche depuis vendredi d’une cordée de quatre Britanniques, deux Américains, un Indien et une Australienne dans le massif de la Nanda Devi, deuxième plus haut sommet du pays situé dans l’État d’Uttarakhand, frappé la semaine dernière par d’importantes chutes de neige et des avalanches.

Les corps «se trouvent sur la même route que celle que les alpinistes ont empruntée», a précisé à l’AFP une source militaire indienne, qui a requis l’anonymat pour des raisons professionnelles.

La cordée disparue, conduite par le guide britannique Martin Moran, était censée être de retour au camp de base le 26 mai. «Les chances qu’ils aient survécu sont très très faibles à une altitude de 4600 à 5500 mètres. Il est presque impossible qu’ils soient vivants», a poursuivi la source militaire.

Une équipe de secouristes à pied a atteint le camp de base, mais devait encore effectuer un trek de 90 kilomètres pour atteindre la zone en hauteur où se trouvaient les huit alpinistes.

«Grandes avalanches»

D’après Vivek Kumar Pandey, porte-parole de la police de la frontière indo-tibétaine, larguer des secouristes par hélicoptère n’est pas envisageable: «même si nous déposons quelqu’un par voie aérienne, il lui faudra au moins six à huit jours pour s’acclimater [à l’altitude] avant de pouvoir entreprendre une quelconque mission de sauvetage», a-t-il dit à l’AFP.

«Ce sont tous de bons alpinistes, ils ne sont pas des amateurs. Mais nos reconnaissances aériennes montrent certaines poches formées par de grandes avalanches», a ajouté M. Pandey.

D’épais nuages avaient retardé lundi de plusieurs heures les recherches aériennes sur une zone d’environ 50 kilomètres carrés, délimitée à partir des indications de quatre alpinistes britanniques secourus dimanche sur les flancs de la Nanda Devi.

Ces derniers faisaient partie de la même expédition de départ, qui s’est scindée en deux groupes à partir du camp de base le 19 mai, ont précisé lundi les autorités. Les quatre alpinistes secourus avaient tenté l’antécime orientale de la Nanda Devi, mais ont dû rebrousser chemin en raison du mauvais temps.

Le second groupe de huit personnes, porté disparu, était lui parti gravir un pic vierge de 6647 mètres. Le dernier contact entre les deux équipes a eu lieu le 25 mai.

D’après le Sydney Morning Herald, la ressortissante australienne de l’expédition se nomme Ruth McCance et est d’origine britannique. Le journal rapporte que la dernière communication reçue par son mari était un texto il y a environ une semaine disant «OK au camp de base».

L’un des grimpeurs britanniques est Richard Payne, professeur à l’université de York en Grande-Bretagne. «Nous restons très inquiets pour sa sécurité et nos pensées vont à sa famille, ses amis et ses collègues en ces temps difficiles», a déclaré un porte-parole de l’université britannique.

Des centaines d’alpinistes viennent du monde entier en Inde chaque année pour tenter l’ascension de sommets qui font partie de la chaîne de l’Himalaya.

L’Inde a sur son territoire dix sommets de plus de 7000 mètres, dont le troisième plus haut du monde, le Kangchenjunga (8586 m), coincé entre Inde et Népal.