Monde

Une fratrie involontaire née du sperme d'un médecin escroc sous le choc

Matt White se souvient de ce jour de septembre 2016.

Tout a commencé par la lecture d'un article concernant un certain Donald Cline, un ancien médecin spécialiste de la fécondation d'Indianapolis accusé d'avoir menti en niant avoir inséminé des patientes involontaires avec son propre sperme, plusieurs décennies auparavant. Il a recherché l'adresse du médecin sur Internet. Il constata alors qu'il s'agissait de l'endroit où sa mère allait voir son médecin. Il a alors fait une nouvelle recherche sur Google. Quand la photo de l'homme est apparue sur l'écran, cela l'a frappé comme un train lancé à haute vitesse : il ressemblait à Donald Cline.

«On se ressemblait vraiment trop pour que cela ne soit qu'une simple coïncidence», lâche-t-il. M. White savait depuis longtemps qu'il avait été un bébé conçu artificiellement, mais ce jour-là, il voyait les traits de celui qui était vraisemblablement son père biologique.

Toujours à la même époque, Julie Harmon regardait un reportage à la télévision portant sur Cline. Quelques années auparavant, elle avait appris que son type sanguin démontrait qu'elle n'était pas l'enfant biologique de ses parents. Ce reportage sur celui qui fut aussi le médecin de sa mère était troublant.

«Je sentais au fond de moi-même que quelque chose n'allait pas», souligne-t-elle.

Le reportage parlait de Jacoba Ballard, dont la mère, à l'instar de celle de Mme Harmon, était une patiente de Cline.

Mme Harmon est entrée en contact avec Mme Ballard et elles se sont échangé des photographies. «J'ai regardé les photos et j'ai su, a-t-elle raconté. On peignait même nos cheveux de la même manière.»

Les deux femmes et Matt White étaient présents dans la salle d'un tribunal à Indianapolis lorsque Cline a été condamné à une probation d'un an pour avoir menti aux enquêteurs. Les tests d'ADN ont prouvé qu'il était le père biologique de Mme Ballard et d'une autre femme dont la mère avait elle aussi consulté le médecin. Cline a présenté des excuses «pour les souffrances que [ses] gestes ont pu causer», mais il n'a pas précisé le nombre de fois qu'il a utilisé son propre sperme pour rendre des femmes enceintes. Dans les documents fournis à la cour, il aurait reconnu à Mme Ballard l'avoir fait une cinquantaine de fois.

Une singulière famille

Fascinante et extraordinaire conclusion de cette histoire abracadabrante : Matt White, Julie Harmon et Jacoba Ballard ont forgé entre eux une grande amitié. Tous trois ont parlé à 21 autres personnes — hommes et femmes — tous âgés de la trentaine et tous, comme l'ont prouvé les tests d'ADN, sans doute leurs demi-frères et leurs demi-soeurs.

Plusieurs d'entre eux ont gardé le contact par l'entremise d'une page privée de Facebook. Plusieurs se sont même rencontrés l'automne dernier lors d'un barbecue.

Mme Harmon et Mme Ballard se parlent tous les jours. Si certains préfèrent conserver leur intimité, d'autres ont participé à des rencontres, se sont échangés des photos d'enfance ou des confidences.

«J'ai partagé des histoires que je n'avais racontées à personne, sauf à ma femme, dit M. White. On a presque un lien spontané avec ceux qui ont vécu cette situation horrible, mais avec qui, on peut se rattacher de façon plus intime.»

Mme Ballard dit les considérer tous comme ses frères et ses soeurs.

Monde

Xi Jinping pourrait se maintenir à la présidence en Chine au-delà de 2023

PÉKIN — Le Parti communiste au pouvoir en Chine propose de ne plus imposer une limite de deux mandats consécutifs pour le président et le vice-président du pays, a indiqué l'agence officielle Chine nouvelle, semblant préparer le terrain pour un maintien du chef Xi Jinping à la présidence au-delà de 2023.

Selon l'agence officielle, le comité central du parti a recommandé d'éliminer de la Constitution l'article qui empêche les deux hauts dirigeants de solliciter un troisième mandat d'affilée.

Monde

L'opposition russe rend hommage à Nemtsov, trois ans après son assassinat à Moscou

MOSCOU — Des milliers de Moscovites, parmi lesquels des figures de l'opposition, ont défilé dimanche à Moscou pour rendre hommage à l'opposant Boris Nemtsov, assassiné il y a trois ans au pied du Kremlin, a constaté une journaliste de l'AFP.

Les participants à cette marche autorisée, qui a eu lieu à moins d'un mois de la présidentielle russe, portaient des portraits de Nemtsov et des fleurs et brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Je n'ai pas peur» et «Nous nous souvenons, nous ne pardonnerons pas».

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France: un os humain relance une affaire criminelle un siècle après

MORLAIX, France — Une retentissante affaire criminelle vieille d'un siècle a ressurgi en fin de semaine avec des fouilles dans une maison de l'ouest de la France pour retrouver un cadavre et la découverte d'un os humain.

«L'affaire Seznec», sujet de téléfilms, d'une pièce de théâtre, de musique ou d'écrits divers, ressurgit 95 ans après la disparition d'un élu de l'ouest du pays.

Autour du globe, 26 février 2018

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Monde

Grande-Bretagne: explosion à Leicester, «incident majeur» selon la police

LONDRES — La police britannique a indiqué dimanche ne pas disposer d'éléments pour lier à une quelconque activité terroriste, l'explosion et l'effondrement d'un immeuble, qui ont fait quatre blessés graves à Leicester, dans le centre de l'Angleterre.

«L'origine de l'explosion va faire l'objet d'une enquête conjointe de la police et des pompiers», a déclaré la police locale dans un communiqué.

«Nous demandons à la presse et à l'opinion publique de ne pas se lancer dans des spéculations quant aux circonstances de cet incident, mais à ce stade, il n'y a pas d'indication d'un lien avec une activité terroriste», a-t-elle ajouté.

La police avait fait état plus tôt d'un «incident majeur», précisant que «tous les services des urgences» étaient mobilisés, et demandé à la population d'«éviter de se rendre dans ce secteur» où les routes ont été fermées.

Quatre personnes ont été hospitalisées dans un «état critique», a déclaré une source hospitalière.

Un habitant de Leicester, qui habite non loin du lieu de l'incident, a raconté à l'AFP avoir ressenti l'explosion.

«C'était très effrayant, a déclaré Graeme Hudson. J'habite à cinq minutes [...] mais ma maison a été ébranlée. Je suis sorti et vu beaucoup de fumée et des flammes très hautes.»

«Je me suis vite rendu [sur place] pour voir ce qui se passait. Je ne suis pas resté longtemps car je craignais pour la sécurité de mon fils de 11 ans», a-t-il poursuivi.

Les pompiers locaux ont reçu des appels vers 19h GMT (14h, heure du Québec) de la part d'habitants du quartier faisant état d'une explosion et d'un incendie, a déclaré leur porte-parole, précisant que six véhicules de pompiers avaient été aussitôt déployés.

«Nous étions en route [vers le lieu de l'incident] lorsque la police a appelé pour nous dire qu'un immeuble s'était effondré», a précisé la porte-parole.

D'autres experts secouristes, dont une unité dotée de chiens de sauvetage, ont été dépêchés sur place, a-t-elle souligné.

Des représentants de compagnies de gaz et d'électricité étaient également sur les lieux, une mesure habituelle dans telle situation.

Des photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux montraient un immeuble en proie aux flammes, ainsi que des débris couvrant la rue.

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Élèves et enseignants de Parkland angoissés de reprendre les cours

WASHINGTON - Les rescapés de la fusillade de Floride se préparaient dimanche à revenir dans leur lycée, une perspective jugée «effrayante», tout en continuant d’appeler les élus à prendre des mesures pour renforcer leur sécurité.

«Imaginez avoir survécu à un accident d’avion et devoir reprendre l’avion tous les jours», a indiqué à la chaîne ABC David Hogg, 17 ans, rescapé du carnage perpétré le 14 février dans le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, où 17 personnes ont perdu la vie. «Je n’arrive pas à imaginer comment mes camarades et moi allons pouvoir vivre cette journée sur le plan émotionnel».

Pour Delaney Tarr, une autre lycéenne ayant survécu à la fusillade, le retour sera encore plus difficile. «C’est inquiétant [...] et effrayant parce que je ne sais pas si je serai en sécurité, là-bas», a-t-elle dit sur Fox News. «Mais je sais qu’il faut le faire».

Certains étudiants et enseignants devaient revenir dès dimanche dans l’établissement pour une session dite «d’orientation». 

Coup à donner

L’ensemble du corps enseignant et le personnel administratif doit y revenir lundi et mardi pour y préparer le retour des élèves mercredi.

Une enseignante qui est déjà revenue au lycée a raconté à la radio publique NPR que le choc de voir sa salle de classe dans l’état exact où elle l’avait laissée pendant la fusillade, avec des cahiers ouverts sur les bureaux et le calendrier encore réglé à la date du 14 février, l’avait rendue tellement malade qu’elle s’était enfuie en courant.

Sous la pression des lycéens de Parkland, le président Donald Trump s’est déclaré en faveur d’un relèvement de l’âge légal pour acheter certaines armes, évoquant même la possibilité, extrêmement controversée, d’autoriser le port d’armes pour certains enseignants.

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Rapprochement possible entre la Corée du Nord et Washington

SÉOUL, Corée, République de - Le Bureau du président sud-coréen Moon Jae-in a indiqué dimanche que la Corée du Nord était prête à entamer des pourparlers avec les États-Unis.

L’administration sud-coréenne a cité un délégué nord-coréen présent aux Jeux olympiques, qui aurait déclaré que le régime de Pyongyang était prêt à mener des négociations avec Washington.

Les États-unis et la Corée du Nord n’ont aucune relation diplomatique. Au cours des derniers mois, le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump se sont mutuellement attaqués, par des propos souvent provocateurs.

Ce revirement de situation survient alors que la Corée du Nord a présenté dimanche les dernières sanctions unilatérales américaines annoncées vendredi comme un acte de guerre, selon un communiqué diffusé par l'agence nord-coréenne KCNA.

Le président américain, Donald Trump, a annoncé vendredi de nouvelles mesures visant à isoler encore plus la Corée du Nord en raison de ses programmes nucléaire et balistique, parlant des sanctions les plus lourdes jamais imposées contre un pays.

Ces mesures visent plus de 50 sociétés de transport maritime et navires qui, selon l'exécutif américain, aident Pyongyang à contourner les nombreuses restrictions auxquelles le régime est assujetti.

Entre deux lignes

Le ministère promet par ailleurs des représailles si les États-Unis «ont vraiment le culot» de défier Pyongyang de façon «rude».

Lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre australien Malcolm Turnbull, M. Trump avait appelé vendredi à l’union pour «empêcher cette dictature brutale de menacer le monde de dévastation nucléaire», en référence à la Corée du Nord.

Il avait indiqué que, si les sanctions ne fonctionnaient pas, les États-Unis devraient «passer à la phase 2» et ajouté que «cela pourrait être rude».

Dimanche, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a promis de «mater les États-Unis à notre façon» en cas de provocation.

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Armer les enseignants doit être laissé à la discrétion des États, dit Trump

Le président Donald Trump a encore défendu, samedi, l’idée qu’armer les enseignants aurait un effet dissuasif sur les tireurs qui ciblent les écoles.

S’exprimant sur Twitter, il a toutefois spécifié que cette décision devrait être laissée à la discrétion des États.

Donald Trump a fortement encouragé l’idée de placer des enseignants et des employés armés dans les écoles pour protéger les étudiants depuis la fusillade qui a fait 17 morts à l’école Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride.

Plus tôt cette semaine, le président avait proposé l’idée que des bonus soient offerts aux éducateurs qui se portent volontaires pour être armés, et il s’était aussi déclaré favorable à un renforcement du contrôle des antécédents lors de l’achat d’une arme à feu.

Âge légal

Il avait également suggéré sur Twitter de rehausser à 21 ans l’âge légal pour posséder une multitude d’armes.

Plusieurs observateurs s’attendaient à ce que Donald Trump propose une loi fédérale pour armer les enseignants, mais ça ne semble pas être le cas.

Samedi, le président américain a écrit sur Twitter: «Des éducateurs armés (et des gens de confiance qui travaillent dans une école) aiment nos élèves et les protègeront. Des gens très brillants. Ces gens doivent être des adeptes des armes à feu, et suivre une formation annuelle. Ils devraient recevoir un bonus annuel. Il n’y aura plus de fusillades- un gros effet dissuasif peu coûteux. À la discrétion des États».

La Maison-Blanche n’a pas immédiatement répondu à la demande de l’Associated Press au sujet des commentaires du président sur Twitter.

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L'archevêque de Guatemala, critique du régime présidentiel, s'éteint

GUATEMALA — L'archevêque de Guatemala, Mgr Oscar Julio Vian Morales, 70 ans, figure médiatique et critique sévère du président Jimmy Morales, est décédé samedi d'un cancer, ont annoncé les évêques Antonio Martinez et José Cayetano.

«Nous déplorons le décès de Monseigneur Oscar Julio Vian Morales», ont écrit les deux évêques qui avaient fait part, vendredi dans une lettre, de la maladie de l'archevêque.

Le gouvernement du Guatemala a exprimé «ses plus sincères condoléances» et déclaré trois jours de deuil national.

Mgr Morales, très médiatique, se montrait critique envers le président Jimmy Morales, lui reprochant de ne pas avoir tenu ses promesses électorales.

«Le vote est un devoir et un droit que nous avons tous, et c'est peut-être aussi le moment de protester contre les nouveaux dirigeants, pour qu'ils ne ressemblent pas à ceux que nous avions», avait déclaré Mgr Morales en 2015 à la veille des élections législatives, après la départ puis l'incarcération en 2015 du président Otto Perez, accusé de corruption.

Mgr Morales avait été ordonné en 1976 et nommé archevêque de Guatemala, la capitale éponyme du pays, en octobre 2010, en remplacement du cardinal Toruno, parti à la retraite et décédé deux ans plus tard.