Monde

Une explosion aurait coulé le sous-marin San Juan

MAR DEL PLATA — C'est sans doute une explosion qui a causé la perte du sous-marin militaire argentin San Juan avec 44 sous-mariniers à bord, le 15 novembre, selon un rapport officiel communiqué jeudi qui a semé le désespoir dans les familles des marins.

Les analyses réalisées en Autriche de «l'anomalie hydro-acoustique» enregistrée ont conclu à «un évènement anormal, court, violent, pas d'origine nucléaire, correspondant à une explosion», a déclaré lors d'une conférence de presse à Buenos Aires le porte-parole de la Marine, Enrique Balbi.

À Mar del Plata, des pleurs et des manifestations de désespoir parmi les proches des 44 marins ont précédé l'annonce officielle. Ils venaient d'être informés de l'occurrence d'une explosion.

«Ils ne nous disent pas qu'ils sont morts mais qu'ils sont à 3000 mètres de fond», a témoigné, en colère, Itati Leguizamon, l'épouse d'un marin, devant la base navale.

«Ils viennent de nous dire que le sous-marin a explosé», a dit en fondant en sanglots devant les caméras Jessica Gopar, dont le mardi Fernando Santilli est électricien à bord du San Juan.

«C'était mon grand amour, sept ans fiancés avant de se marier, 13 ans d'amour et un enfant qu'on a eu du mal à avoir», a dit la jeune femme en sortant de la base navale de Mar del Plata. «Et comment je vais dire à mon fils qu'il n'a plus de père? C'est la première fois que je viens à la base et je viens d'apprendre que je suis veuve.»

«Difficile qu'il y ait des survivants»

«C'est terrible. D'après moi, après une explosion comme ça, c'est difficile qu'il y ait des survivants. C'est pratiquement impossible de trouver quelqu'un de vivant», a analysé pour l'AFP un ancien commandant de sous-marin.

Les autorités argentines et les navires et les avions étrangers mobilisés tentaient toujours de localiser le sous-marin dans l'Atlantique sud. La dernière position donnée était à 400 km des côtes argentines de la Patagonie.

Après une mission de surveillance et de patrouille, le submersible regagnait la base navale de Mar del Plata, son port d'attache.

Le journal argentin La Nacion a avancé la thèse d'une explosion, «conséquence d'un court-circuit dans le bloc de 960 batteries qui alimente en énergie» le TR-1700 de fabrication allemande.

Cela expliquerait l'absence de communications et le fait que le submersible n'a pas eu le temps d'activer sa balise de détresse.

«Un grave problème avec une batterie peut générer de l'hydrogène, qui au-delà d'un certain pourcentage, est explosif. Si une explosion s'est produite, eh bien, tout est perdu», a expliqué l'ancien commandant de sous-marin.

Selon la Marine argentine, le sous-marin avait signalé un problème de batterie avant sa dernière communication, une avarie jugée pas suffisamment grave pour déclencher une procédure d'urgence. Le commandant avait décidé de poursuivre la navigation.

Localisation

Pour Horacio Tobias, ancien chef d'immersion du San Juan, «cela a été si violent qu'il n'ont pas eu le temps de se rendre compte de quoi que ce soit».

La zone de recherche a été considérablement réduite dans une zone où la profondeur va de 200 à 350 mètres, sur la plate-forme continentale, à la limite d'une faille qui dévale vers les profondeurs de l'océan.

Depuis mercredi soir, trois navires parcourent la zone où l'explosion est survenue, où les fonds vont de 200 à 3000 mètres. En dessous de 600 mètres, le San Juan se disloquerait selon les experts.

Plus de 4000 personnes, 14 navires et 10 avions sont mobilisés pour les recherches, avec l'aide des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, du Brésil et du Chili. «Un effort national et international de grande magnitude», selon la marine.

Le drame redouté n'émeut pas outre mesure les Argentins, loin d'être en communion avec leurs forces armées. La répression du temps de la dictature a laissé des traces.

Anticipant une éventuelle localisation du submersible, deux navires avaient appareillé mardi du port de Comodoro Rivadavia, en Patagonie argentine, avec un détachement de l'US Navy équipé de matériel de sauvetage, susceptible d'être utilisé en eau profonde, au cas où le San Juan aurait sombré, afin de secourir les membres d'équipage.

La Russie a annoncé envoyer un navire océanographique disposant d'équipements permettant d'«effectuer des recherches à une profondeur allant jusqu'à 6000 mètres» grâce notamment à deux sous-marins miniatures.

Alors que des critiques ont fusé sur l'état du sous-marin, la Marine a répondu «qu'aucune unité n'appareillait si elle n'était pas en capacité de naviguer en toute sécurité».

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Monde

Quand gentrification rime avec tensions à Harlem

NEW YORK — En 1969, Samuel Hargress achetait un cabaret de jazz de Harlem et le bâtiment adjacent pour 35 000 dollars. Aujourd’hui, des agents immobiliers lui en offrent 10 millions de dollars, signe de la gentrification fulgurante -et contestée- du quartier.

«Tous mes amis dont devenus millionnaires», dit Samuel Hargress, 81 ans, assis dans son cabaret, le «Paris Blues». «Vous ne pouvez pas imaginer la différence entre autrefois et maintenant...»

Le Harlem où il arriva en 1960 était un quartier de légende pour la culture noire américaine, au nord de Manhattan. C’est là que la chanteuse Ella Fitzgerald débuta en 1934. Là que Duke Ellington connut ses premiers succès au Cotton Club.

Mais dans les années 70 et 80, Harlem sombre. Comme dans d’autres cœurs de ville américains, criminalité, drogue, prostitution et policiers corrompus envahissent les rues, se souvient M. Hargress.

Le redressement s’amorce en 2008 lorsque, la crise économique aidant, le marché réclame des biens immobiliers «abordables». Les promoteurs descendent alors sur Harlem et lancent les premiers chantiers. Et des familles, souvent blanches, commencent à débarquer.

Ressentiment 

Aujourd’hui, l’embourgeoisement urbain bat son plein, suscitant dans ce quartier chargé d’histoire un ressentiment plus profond qu’à Brooklyn ou Queens, pourtant eux aussi en pleine gentrification.

Les grandes artères de Harlem, comme les boulevards Martin Luther King ou Malcolm X - deux héros de la cause noire - grouillent désormais de New-Yorkais branchés qui sirotent du vin blanc dans des bars à la mode.

Beaucoup d’églises, qui ont contribué à la notoriété du quartier par la qualité de leur chorale, sont acculées à la vente en raison de coûts d’entretien qui explosent et d’un nombre de fidèles en baisse. Des immeubles résidentiels de luxe les remplacent, drainant leur lot de commerces haut de gamme, comme les supermarchés Whole Foods.

En septembre, une maison familiale de trois étages a été vendue pour 4,15 millions de dollars, un record pour le quartier.

Chaque jour, de petits incidents viennent illustrer les tensions nées des transformations en cours, explique le propriétaire d’un café récemment ouvert. «On a des gens qui viennent juste harceler les clients, menacer nos employés, ou qui volent le pot à pourboires», dit-il. «C’est la nature du quartier en ce moment.»

Pour chaque nouveau signe de richesse du quartier, un autre confirme la présence de populations dans le besoin. Comme les queues devant les églises qui servent des soupes populaires.

Autre preuve de ces courants contraires : les anecdotes pullulent sur de nouveaux arrivants aisés énervés par des voisins, plus pauvres, qui s’installent aux beaux jours sur le trottoir, avec musique et barbecue, pour échapper à des appartements étroits.

«Personne ne vous a invités!»

«Tout ce que je dis, c’est : “Personne ne vous a invités” lance Michael Henry Adams, résident de Harlem depuis 1985, qui milite pour la préservation du quartier. «Vous croyez que ces gens ne faisaient pas ça avant que vous arriviez? Si ça ne vous plaît pas, partez, on ne vous a pas forcés à venir. Vous iriez à Paris dire aux Parisiens que vous n’aimez pas les croissants?»

Car si des prix immobiliers en hausse peuvent profiter aux propriétaires comme Samuel Hargress et doter le quartier de services de qualité, les résidents les plus pauvres, essentiellement des Noirs et des Hispaniques, sont eux poussés dehors par leurs logeurs, en quête de locataires plus aisés.

À Harlem, quelque 30 % des habitants vivent sous le seuil fédéral de pauvreté et le revenu annuel moyen y est inférieur à 40 000 dollars.

Or le loyer pour un deux-pièces atteint désormais une moyenne de 2265 dollars par mois, selon Riccardo Ravasini, propriétaire de l’agence immobilière Rava Realty. Et les propriétaires new-yorkais exigent souvent des revenus annuels équivalents à 40 fois le loyer mensuel.

Conséquence : beaucoup d’habitants quittent Harlem.

«Trump Town»

Même la partie Est du quartier, plus hispanique et longtemps restée à l’écart de cet embourgeoisement, est désormais touchée.

Lorsque Julian Medina y a ouvert le mois dernier son petit restaurant de tacos «La Chula», il a été surpris de voir que ses nouveaux clients étaient surtout de jeunes Blancs. «C’est dingue», estime ce chef de 42 ans. «Et ils me disent tous : “Merci d’avoir ouvert, il n’y avait rien par ici!”»

Ouvrir un restaurant à Harlem n’est plus bon marché. Même pour lui qui gère déjà plusieurs restaurants au cœur de Manhattan. «Autrefois, je louais cet endroit pour le tiers du prix actuel», explique Julian Medina. «Le marché est devenu fou.»

Face à ces mutations, la mairie de New York, emmenée par le très à gauche Bill de Blasio, «ne peut pas faire grand chose» pour limiter les dégâts pour les populations défavorisées, explique Rachel Meltzer, assistante en urbanisme à l’université The New School.

Le militant Michael Henry Adams se souvient avec horreur d’un promoteur qui, dans un souci marketing, a commencé à surnommer le quartier de South Harlem «SoHa» - en allusion au chic quartier de SoHo, l’un des plus chers de Manhattan.

«Au final», dit-il, «si moi et d’autres Noirs pas riches ne pouvons plus vivre ici, je me fiche de savoir comment ils l’appelleront... Mais ce ne sera plus Harlem, ce sera plutôt “Trump Town”».

Monde

L’aube d’une «nouvelle démocratie» au Zimbabwe

HARARE — Le nouvel homme fort du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a salué mercredi le début d’une «nouvelle démocratie» dans son pays au lendemain de la démission historique du président Robert Mugabe, dont il s’apprête à prendre la délicate succession.

Quelques heures après son retour d’un bref exil sud-africain, M. Mnangagwa a réservé son premier discours public de futur président à quelques centaines de partisans enthousiastes réunis devant le siège du parti au pouvoir, la Zanu-PF.

«Aujourd’hui, nous sommes les témoins du début d’une nouvelle démocratie», a-t-il lancé, avant d’appeler «tous les patriotes du Zimbabwe [...] à travailler ensemble».

Selon le scénario écrit par la Zanu-PF, l’ex-vice-président déchu doit prendre officiellement les rênes du pays vendredi, selon le président de l’Assemblée, Jacob Mudenda.

Âgé de 75 ans, le «crocodile», ainsi qu’il est surnommé pour son caractère inflexible, tient sa revanche. Fidèle de l’ancien président et de son régime, ce héros de la guerre d’indépendance, plusieurs fois ministre, avait été sèchement remercié le 6 novembre dernier, sur injonction de la première dame Grace Mugabe, à qui elle barrait la route de la succession de son nonagénaire de mari. Il avait alors quitté le pays pour des raisons de sécurité.

Son éviction a provoqué dans la nuit du 14 au 15 novembre un coup de force de l’armée, catégoriquement opposée à l’arrivée au pouvoir de l’incontrôlable Grace.

Après avoir résisté plusieurs jours, Robert Mugabe a finalement rendu les armes mardi, alors qu’il était sous la menace d’une procédure de destitution lancée par son propre parti. 

Monde

Esclavage en Libye: des «crimes contre l’humanité»

PARIS — La France a qualifié mercredi de «crimes contre l’humanité» les ventes de migrants africains comme esclaves en Libye et demandé une réunion «expresse» du Conseil de sécurité des Nations unies sur ce sujet.

Cette pratique, exposée dans un récent reportage de la chaîne américaine CNN, «relève de la traite des êtres humains, c’est un crime contre l’humanité», a déclaré le président Emmanuel Macron à l’issue d’une rencontre avec le président guinéen Alpha Condé.

«Ce qui s’est passé [en Libye] est scandaleux [...] inacceptable», a jugé ce dernier, qui est aussi président en exercice de l’Union africaine (UA).

Un documentaire-choc de CNN diffusé le 14 novembre a montré des images d’une vente aux enchères d’esclaves près de Tripoli, suscitant une vague d’indignation, notamment en Afrique.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage depuis les côtes libyennes vers l’Italie. Beaucoup de migrants se retrouvent coincés en Libye, livrés à l’arbitraire de milices et de trafiquants sans scrupules.

La France, active dans la recherche d’une solution à la crise libyenne — en tentant de réconcilier les deux principaux rivaux, le premier ministre Fayez al-Sarraj et l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar — a décidé de prendre l’initiative au Conseil de sécurité.  

Monde

La Terre polluée par la lumière artificielle

WASHINGTON — La Terre est de plus en plus inondée de lumière artificielle, un phénomène aggravé par la nouvelle technologie des lampes à diode électroluminescentes (LED), montre une analyse des observations d’un satellite, confirmant une pollution lumineuse grandissante qui affecte la santé humaine, les animaux et les plantes.

Des chercheurs, dont les travaux sont publiés mercredi dans la revue Science Advances, ont déterminé que l’éclairage planétaire s’est accru, tant en quantité qu’en intensité, d’environ 2 % par an de 2012 à 2016.

L’accroissement de la lumière artificielle se produit presque partout sur le globe avec des régions peu éclairées précédemment où la luminescence est nettement plus importante, pointe Christopher Kyba un chercheur du Centre GFZ de recherche de géophysique à Potsdam en Allemagne, le principal auteur.

Cette étude est l’une des toutes premières à examiner depuis l’espace les effets de la transition en cours dans le monde vers l’éclairage LED qui est nettement moins gourmand en énergie.

Les résultats indiquent que les économies d’électricité résultant de cette nouvelle technologie sont plus faibles qu’attendues.

Sonnette d’alarme 

Vu que les lampes LED produisent la même quantité de lumière avec nettement moins d’électricité, les experts pensaient que les dépenses notamment des villes dans le monde consacrées à l’éclairage public auraient diminuées.

Mais les chercheurs ont conclu que les économies d’énergie réalisées grâce à la technologie LED ont apparemment été investies pour installer encore plus d’éclairages extérieurs.

«Il y a un bon potentiel pour une véritable révolution de l’éclairage permettant à la fois d’économiser de l’énergie et de réduire la pollution lumineuse, mais seulement si on ne consacre pas les économies réalisées à créer encore plus de lumière», résume Christopher Kyba.

Dans de précédents travaux, il avait montré que les émissions lumineuses par tête étaient de trois à quatre fois plus élevées aux États-Unis qu’en Allemagne. Cela montre qu’il est possible d’assurer le même niveau de prospérité et de sécurité avec un usage plus restreint de la lumière artificielle, fait valoir le chercheur.

Il pointe notamment le fait que les éclairages LED émettent beaucoup de lumière bleue ce que l’instrument utilisé dans le satellite de la NASA pour cette étude ne peut pas détecter.

Ainsi l’étude pourrait avoir sous-estimé l’ampleur de la pollution lumineuse.

En outre, cette lumière se diffuse davantage dans l’atmosphère terrestre que les autres sources lumineuses d’autres couleurs ce qui fait que le satellite n’a pas capté toute l’intensité de la lueur des villes la nuit qui apparemment étaient moins brillantes qu’avant l’adoption des ampoules LED, explique Christopher Kyba.

Selon un nouvel atlas mondial de la pollution lumineuse publié en 2016, plus de 80 % de l’humanité vit sous des cieux inondés de lumière artificielle, et un tiers de la population de la planète ne peut jamais voir la Voie lactée.

Monde

Prison à vie pour le «boucher des Balkans»

LA HAYE — Le «Boucher des Balkans» Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, a été condamné mercredi à la perpétuité par la justice internationale pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

«Pour avoir commis ces crimes, la chambre condamne M. Ratko Mladic à la prison à vie», a déclaré le juge du tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) Alphons Orie en l’absence de l’accusé, évacué de la salle peu avant pour avoir traité ses juges de «menteurs».

«Les crimes commis se classent parmi les plus haineux connus du genre humain», a martelé le magistrat, considérant que les circonstances atténuantes évoquées par la défense, dont sa capacité mentale affaiblie, «avaient peu ou pas de poids» dans le jugement.

Le fils de l’accusé, Darko Mladic, a annoncé que son père allait faire appel de ce jugement, le dernier du TPIY.

Plus de 20 ans après la guerre qui a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés dans les années 90, Ratko Mladic, 74 ans, a été reconnu coupable de 10 chefs d’accusation, dont le génocide de l’enclave de Srebrenica où 8000 hommes et garçons musulmans ont été tués en 1995. Il a été acquitté de l’accusation de génocide dans plusieurs municipalités.

À l’extérieur du tribunal, tout comme à 1800 km de là, à Srebrenica, des femmes qui ont perdu leurs époux, leurs fils, leurs proches, pleuraient et se serraient dans les bras.

Créé en 1993 pour juger les responsables présumés de crimes de guerre durant les conflits des Balkans, le TPIY a connu mercredi «une étape importante dans [son] histoire et pour la justice internationale» avant de fermer définitivement ses portes le 31 décembre, a déclaré le procureur Serge Brammertz dans le hall du tribunal.

Mais pour Darko Mladic, «cette peine est injuste et contraire aux faits, et nous la combattrons en appel pour prouver que ce jugement est faux».

«Aujourd’hui, la justice a été remplacée par de la propagande de guerre», a-t-il encore déclaré, lors d’une conférence de presse après l’énoncé du verdict.

Monde

Corée du Nord: des images spectaculaires de la défection d'un soldat

SÉOUL - De dramatiques images ont été diffusées mercredi montrant la défection rare le 13 novembre d'un militaire nord-coréen franchissant en courant la frontière avec le Sud sous les balles des soldats du Nord.

Très grièvement blessé et secouru côté Sud, le militaire qui est passé au niveau de la "zone commune de sécurité" (JSA) à Panmunjom -seul secteur de la Zone démilitarisée (DMZ) où les deux armées rivales se font face- est toujours soigné dans un hôpital sud-coréen.

Le Commandement des Nations unies en Corée (UNC) a rendu publiques mercredi de spectaculaires images de vidéosurveillance montrant la fuite du militaire nord-coréen qui est poursuivi par d'autres soldats, dont un qui franchit même la ligne de démarcation militaire (LDM) avec le Sud, effectuant quelques pas avant d'hésiter et de s'en retourner au Nord.

Le militaire blessé est ensuite secouru par trois militaires sud-coréens qui se sont portés auprès de lui en rampant.

Il est très rare que des militaires nord-coréens passent au Sud par la JSA, qui est une attraction touristique majeure pour les étrangers visitant la Corée du Sud.

Monde

Doyen démocrate de la Chambre des représentants accusé d'harcèlement sexuel

WASHINGTON — Le Congrès américain a lancé mardi une enquête interne pour harcèlement sexuel contre John Conyers, figure légendaire du Parti démocrate et doyen de la Chambre des représentants, accusé d’avoir pendant des années harcelé sexuellement ses collaboratrices.

L’élu de Detroit, âgé de 88 ans et qui siège depuis 1965 à la Chambre, a fait verser un peu plus de 27 000 dollars en 2015 à une ancienne collaboratrice parlementaire qui l’accusait de l’avoir licenciée parce qu’elle avait rejeté ses avances sexuelles, selon Buzzfeed lundi.

Ce règlement s’est fait en échange de la signature d’un accord de confidentialité, et sans reconnaissance de responsabilité par le parlementaire. La femme qui accuse John Conyers garde l’anonymat dans l’article.

John Conyers nie

Dans un communiqué, John Conyers a reconnu le versement de cette somme, mais a expliqué avoir dès le début «nié expressément et vigoureusement les accusations faites à [son] encontre». «Je continue à le faire. Mon bureau a résolu les allégations — avec un refus formel de responsabilité — afin d’éviter à toutes les personnes concernées les rigueurs d’une longue procédure judiciaire», a-t-il ajouté.

Mais la chef de l’opposition démocrate, Nancy Pelosi, a pris ses distances avec le représentant, appelant à une politique de «tolérance zéro pour le harcèlement, les discriminations ou les abus» et à l’ouverture d’une enquête.

Affaires

Uber: 57 millions d'usagers se sont fait voler des renseignements

SAN FRANCISCO - Uber met cartes sur table concernant sa dissimulation d'une attaque informatique il y a un an ayant dérobé les renseignements personnels de plus de 57 millions de clients et de chauffeurs du service de transport alternatif.

La révélation faite mardi constitue la plus récente tuile sur la réputation d'Uber.

L'entreprise de San Francisco a écarté Travis Kalanick du poste de chef de la direction en juin après qu'une enquête interne eut conclu qu'il avait bâti une culture d'entreprise ouvrant la voie au harcèlement sexuel contre des employées et encourageant les employés à étirer le cadre légal.

L'actuel chef de la direction, Dara Khosrowshahi, a critiqué la gestion par l'entreprise du vol de renseignements personnels dans un message sur un blogue, disant par ailleurs qu'il n'y avait pas d'indice d'utilisation malveillante de ces renseignements.

Les pirates ont recueilli les noms, les courriels et les numéros de téléphone de 57 millions d'usagers. Ils ont aussi intercepté les numéros de permis de conduire de 600 000 chauffeurs d'Uber.

Monde

Brésil: Greenpeace manifeste contre des exportations de «bois teinté de sang»

RIO DE JANEIRO — Des cargaisons de bois d’Amazonie ont été exportées dans plusieurs pays par une entreprise brésilienne accusée d’être impliquée dans le massacre de neuf paysans le 19 avril, selon un rapport rendu public mardi par Greenpeace.

L’organisation écologiste a organisé mardi soir une protestation afin de marquer symboliquement son accusation, en dressant des dizaines de croix blanches devant le Parlement à Brasilia.

«Aux personnes à travers le monde qui achètent du bois (de ces entreprises brésiliennes incriminées), écoutez-moi bien : cela va vous coûter le prix du sang de quelqu’un. Peut-être le mien, celui de mes camarades ou de mes amis déjà partis. Nous ne voulons pas mourir pour défendre la forêt», a déclaré iselda Pereira Ramos, une agricultrice de l’état de Rondonia (ouest du pays), présente pour dénoncer la situation.

Pour l’ONG, l’achat de «bois teinté de sang» par des pays comme la France et les États-Unis illustre le manque de régulation qui permet l’impunité des responsables de la déforestation du «poumon de la planète».

Romulo Batista, spécialiste de l’Amazonie au sein de Greenpeace Brésil, déclare à l’AFP qu’en 2016, 61 meurtres avaient été commis au nom de conflits terriens ou en lien avec la protection forestière dans le pays, dont les trois quarts en Amazonie, un record déjà battu en septembre de cette année.

Escadron de la mort

Dans son rapport, Greenpeace cite un grand nombre d’exportations en provenance de la compagnie Madeireira Cedroarana dans les mois qui ont suivi le massacre.

Les autorités brésiliennes accusent le propriétaire de cette entreprise, Valdelir Joao de Souza, d’avoir envoyé un escadron de la mort surnommé «les encagoulés» attaquer de petits paysans occupant des terres riches en bois qu’il convoitait, dans l’État du Mato Grosso (Centre-Ouest).

Les victimes ont été torturées puis tuées par balles ou à l’aide de machettes.

Le chef d’entreprise est en cavale, mais «ses exportations de bois continuent sans entrave, comme Greenpeace l’a constaté sur le terrain en juillet 2017», affirme le rapport.

L’ONG a indiqué que des compagnies de France, des États-Unis et des Pays-Bas étaient les principaux importateurs du bois de Madeireira Cedroarana l’an dernier.

D’autres clients ont été localisés en Belgique, au Canada, en Allemagne, en Italie et au Japon.

«Le jour même du massacre, l’entreprise a envoyé des cargaisons de bois aux États-Unis et en Europe», souligne le rapport.

Ce massacre de neuf paysans vivant dans une zone rurale isolée était particulièrement sordide, mais il est passé relativement inaperçu dans un pays qui recense près de 60 000 homicides par an.

«Cette violence brutale montre le quotidien des communautés rurales du Brésil, notamment dans la région amazonienne, où de violents conflits pour la terre sont monnaie courante», explique le rapport.

«Beaucoup de morts auraient pu être évitées si le problème de l’exploitation illégale de bois avait été pris au sérieux par le gouvernement brésilien ces dernières décennies», ajoute Greenpeace.

Pour l’ONG, la responsabilité des entreprises étrangères est aussi engagée, les normes américaines et européennes sur les importations de bois étant selon elle rarement appliquées.