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Hong Kong: malgré la grande manifestation pacifique, la tentation de la violence

HONG KONG - Les manifestants prodémocratie ont réussi leur pari, dimanche à Hong Kong, avec un rassemblement massif et surtout pacifique pour démentir les accusations chinoises de terrorisme. Mais faute de concessions de l’exécutif pro-Pékin, le risque de nouvelles violences reste bien réel.

Les organisateurs affirment que le succès de cette marche -une marée noire de centaines de milliers de personnes envahissant dans le calme le coeur de l’ex-colonie britannique- est la preuve que la mobilisation sans précédent qui a débuté début juin n’a pas échappé à tout contrôle.

Les semaines précédentes, la plupart des manifestations s’étaient achevées par des batailles rangées entre militants radicaux et forces de l’ordre faisant un usage massif de lacrymogènes. Des violences qui donnaient aussi à Pékin des arguments en faveur d’une reprise en main de la turbulente région semi-autonome.

Policiers et manifestants ne cessent de se renvoyer la responsabilité de l’escalade de la violence. Celle-ci a sidéré la communauté internationale en minant la réputation de stabilité sur laquelle s’est assise la prospérité de l’ex-colonie britannique.

Deux mois et demi après le début de la contestation, en dépit de cette démonstration de force tranquille du week-end, il est probable que la mobilisation continue de faire coexister «les rassemblements pacifiques et le recours à la force de la frange radicale», estime Willy Lam, politologue à l’Université chinoise de Hong Kong.

«Les deux continueront»

Si le gouvernement hongkongais n’accède pas à leurs demandes, avertit-il, «les deux continueront».

Cette crise politique, la plus grave à Hong Kong depuis sa rétrocession en 1997, est née en juin du rejet d’un projet de loi de l’exécutif local pro-Pékin qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine.

Le mouvement a depuis considérablement élargi ses revendications, toutes plus ou moins directement liées à la dénonciation d’un recul des libertés et d’une ingérence grandissante de la Chine.¨

Les manifestants ont cinq demandes fondamentales, parmi lesquelles l’abandon total du projet de loi sur les extraditions, la démission de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam ou encore une enquête sur l’usage de la force par la police.

Le gouvernement se dit prêt à «un dialogue sincère» avec la population. Mais à condition que l’ordre soit rétabli.

Cette inflexibilité justifie selon les manifestants que la mobilisation, globalement pacifique, ait pu déraper en affrontements de rue, ou que le sit-in à l’aéroport de Hong Kong, bon enfant pendant plusieurs jours, ait pris un tour plus musclé la semaine dernière, certains contestataires empêchant les voyageurs d’embarquer, ce qui a entraîné l’annulation de centaines de vols.

L’image de la mobilisation a par ailleurs été ternie par l’agression à l’aéroport de deux hommes soupçonnés d’être des espions pro-Pékin.

Peu de révolutions pacifistes

«Nous avons commencé de façon très pacifique, mais le gouvernement ne répond pas à nos cinq demandes», a accusé lundi un manifestant masqué se faisant appeler Brian, lors d’une conférence de presse.

«Une chose en entraîne une autre», a-t-il ajouté, en refusant d’exclure a priori de nouvelles violences.

La police, elle, accuse les radicaux de plonger la ville, un des plus grands centres financiers de la planète, dans le chaos.

«Si les manifestants sont violents, la police utilisera la force», a déclaré lundi John Tse, un haut responsable de la police.

En toile de fond plane la menace d’une intervention chinoise, entretenue par les accusations de terrorisme formulées par Pékin, ou par les images de forces chinoises concentrées à Shenzhen, ville frontalière de Hong Kong.

Pour certains manifestants, l’équilibre est difficile à trouver entre les rassemblements non-violents et les actions musclées.

«Les révolutions sans que le sang ne coule sont très rares», observe de son côté Adrian, un manifestant de 24 ans.

«Mais tout le monde n’est pas prêt à la confrontation. Le prix sera très élevé pour les manifestants, donc ceux qui sont favorables à la violence doivent y réfléchir attentivement.»

Le mouvement prodémocratie n’est probablement pas uni quant à la marche à suivre, d’autant plus qu’il n’a pas de leaders identifiés. Mais il est indéniablement sorti renforcé du test de ce week-end.

«Il est dans une très bonne position», estime Suzanne Pepper, de l’Université chinoise de Hong Kong.

«Les militants prodémocratie n’étaient jamais parvenus à mobiliser autant contre les ingérences grandissantes» de la Chine, rappelle-t-elle.

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Pékin a utilisé Twitter et Facebook contre les manifestants à Hong Kong

SAN FRANCISCO — Les autorités chinoises ont utilisé près d'un millier de comptes Twitter, et dans une moindre mesure des pages Facebook, pour discréditer et diviser les manifestants pro-démocratie à Hong Kong, ont indiqué lundi les deux réseaux sociaux.

Twitter a suspendu 936 comptes, «coordonnés dans le cadre d'une opération soutenue par l'État» chinois pour «miner la légitimité et les positions politiques» des manifestants, affirme Twitter dans un post de blogue.

«Nous avons identifié de larges ensembles de comptes qui se comportaient de façon coordonnée de manière à amplifier les messages concernant les manifestations à Hong Kong», souligne le groupe californien.

Facebook, informé par Twitter, a indiqué pour sa part avoir supprimé, pour les mêmes raisons, sept pages, cinq comptes et trois groupes du réseau social, eux aussi «liés à des individus associés au gouvernement de Pékin».

Non sans ironie, Twitter rappelle qu'il est banni de Chine continentale par le régime de Pékin, dont les agents ont dû en grande partie faire appel à un VPN (un réseau virtuel permettant de contourner des restrictions géographiques par exemple). D'autres ont avancé moins masqué en utilisant des adresses IP débloquées pour l'occasion.

Au total, Twitter indique avoir suspendu 200 000 comptes avant qu'ils ne soient réellement actifs sur le réseau.

Facebook — également interdit en Chine continentale — a précisé qu'environ 15 500 comptes suivaient l'une ou plusieurs des pages désormais supprimées de sa plateforme.

Mais Twitter et Facebook ne disent rien de l'impact qu'ont pu avoir ces comptes.

Ce nombre de comptes de propagande ou de désinformation pilotés par les autorités de Pékin reste relativement limité, le gouvernement disposant de nombreux leviers à Hong Kong pour influencer l'opinion publique et exerçant un contrôle très sévère de l'information en Chine continentale même.

Les manifestations pro-démocratie qui durent maintenant depuis plusieurs mois à Hong Kong ont suscité la diffusion sur internet d'innombrables rumeurs, de florès de fausses informations et de théories du complot venant en soutien à l'une ou l'autre partie.

Selon Rachel Lao, une avocate proche des manifestants pro-démocratie, «le parti communiste chinois est très habile à créer la confusion parmi le public en Chine et à dénigrer ces mouvements».

Russie, Iran, Birmanie...

La Russie de Vladimir Poutine avait déployé des efforts bien plus conséquents sur plusieurs années aux États-Unis pour influer sur les élections présidentielles en faveur de Donald Trump.

L'Iran se voit aussi régulièrement cloué au pilori par Twitter et Facebook qui accusent Téhéran de manipuler les comptes par centaines pour faire passer ses messages sous couvert de sites d'informations notamment.

En Birmanie, l'armée avait fait de ses comptes Facebook un véritable outil de propagande pour nier le nettoyage ethnique contre la minorité Rohingyas avant que le réseau ne suspende ses pages. Pour faire bonne mesure, Facebook avait aussi mis sur sa liste noire des groupes rebelles qui, selon le réseau, appelaient à la violence.

Là comme aux États-Unis, Facebook avait tardé à mesurer l'ampleur de la désinformation et à réagir pour supprimer les sites incriminés ce qui lui a valu de nombreuses récriminations d'élus comme de groupes de défense des droits humains.

Le premier réseau social du monde fondé par Mark Zuckerberg a depuis investi beaucoup d'argent dans l'intelligence artificielle et des humains pour éviter que ces problèmes ne se reproduisent avec plus pou moins de succès face au torrent d'informations que font circuler les quelques deux milliards et demi d'usagers réguliers de Facebook.

Les usagers eux mêmes peuvent maintenant signaler plus facilement des contenus qu'ils estiment être de la désinformation, même si on reproche encore très souvent aux réseaux de mettre trop de temps à bloquer ou supprimer un compte.

Instagram — le réseau social centré sur l'image et contrôlé par Facebook — a annoncé le 15 août qu'il serait possible d'ici la fin du mois de dénoncer la désinformation en quelques clics. Cela permettra de signaler une publication puis de choisir «désinformation» (false information) et ainsi attirer l'attention de fact-checkers indépendants pour qu'ils puissent la vérifier

Les publications sur Instagram qui auront été signalées ne seront pas effacées, si elles ne violent pas le règlement du réseau, mais elles n'apparaîtront pas en utilisant la fonction «explore» ou en faisant une recherche à l'aide d'un mot-dièse.

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New York: cinq ans après, renvoi d'un policier accusé d'avoir asphyxié un Noir

NEW YORK — L'affaire avait catalysé le mouvement BlackLivesMatter dénonçant les violences policières contre les Noirs: cinq ans après, le chef de la police new-yorkaise a annoncé le renvoi du policier accusé d'avoir asphyxié un homme non armé qui résistait aux injonctions de la police.

Le chef James O'Neill a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative, qui avait appelé au licenciement à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin.

«Je suis d'accord» avec cette recommandation, l'officier de police Daniel «Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York», a indiqué James O'Neill, tout en soulignant que la décision avait été «extrêmement difficile».

L'histoire, qui suscita de nombreuses manifestations et déchaîna les passions, remonte au 17 juillet 2014 : Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island.

Obèse et asthmatique, M. Garner, qui refusait d'être interpellé mais n'était pas armé, avait perdu connaissance alors que cinq hommes s'employaient à le menotter, avant de décéder.

Les images de l'interpellation, filmées par un ami, avaient fait le tour du monde : on y entend Eric Garner répéter à maintes reprises, «Je ne peux pas respirer» («I can't breathe»).

Malgré les manifestations que la mort avait suscitées, le policier Daniel Pantaleo avait gardé son emploi, mais était cantonné à des tâches administratives. Il avait été récemment suspendu dans l'attente de la décision de M. O'Neill.

Pressions

Son licenciement semblait cependant la seule option depuis la recommandation de la juge début août.

De puissantes associations de défense des droits civiques, dont celle du célèbre révérend Al Sharpton, avaient appelé le chef de la police à s'y conformer.

Le sujet était aussi devenu très sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio. Candidat à la présidentielle 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts.

Lundi, il a, comme la procureure noire de New York Letitia James et d'autres responsables démocrates, salué une décision «objective», espérant qu'elle «apporte la paix et le sentiment que la page peut être tournée à la famille Garner».

Emerald Garner, fille d'Eric Garner, a cependant prévenu qu'elle allait «continuer à se battre» pour une loi interdisant les techniques d'asphyxie que les policiers restent autorisés à pratiquer dans certains cas limités.

«Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il n'y ait plus jamais d'Eric Garner», a-t-elle déclaré, Al Sharpton à ses côtés.

Colère des policiers

M. O'Neill, qui a servi quelque 30 ans comme policier avant d'être promu à la tête de la police new-yorkaise, a lui anticipé que sa décision déclencherait la colère parmi les policiers new-yorkais.

«Si j'étais encore policier aujourd'hui, je serai probablement furieux contre moi», a-t-il déclaré, faisant valoir que les policiers exerçaient «l'un des métiers les plus difficiles au monde» et devaient prendre des décisions difficiles «en un instant».

Mais «c'est ma responsabilité de protéger la ville comme les policiers new-yorkais», s'est-il justifié.

Un syndicat de policiers, the Police Benevolent Association, l'a immédiatement accusé d'avoir, par cette décision, «privilégié la politique et ses propres intérêts plutôt que ceux des policiers qu'il prétend diriger».

Explications «mensongères»

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains dimanche, la juge qui a présidé au procès administratif avait estimé que le policier Daniel Pantaleo avait fourni, lors d'une enquête interne sur les circonstances de la mort d'Eric Garner, des explications «non plausibles et mensongères».

Elle avait aussi jugé «non fiables» les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident.

Si le mouvement BlackLivesMatter est moins fort aujourd'hui, les polémiques sur les violences policières contre des Noirs reviennent régulièrement.

En janvier 2019, un policier blanc de Chicago, reconnu coupable du meurtre, quatre ans plus tôt, d'un adolescent sur lequel il avait tiré 16 fois, a été condamné à près de sept ans de prison.

La condamnation, relativement clémente, a choqué une partie de la ville, et le maire démocrate Rahm Emanuel a décidé de ne pas se représenter, après avoir été critiqué pour avoir tardé à diffuser la vidéo de la fusillade.

Monde

La course aux missiles reprend

WASHINGTON — Moins d'un mois après la mort du traité de désarmement INF, la course aux missiles a déjà repris: les États-Unis ont annoncé lundi avoir réalisé avec succès leur premier test de missile de portée intermédiaire depuis la Guerre froide.

Le test, réussi, a été effectué dimanche depuis l'île de San Nicolas, au large de la Californie, à 14h30 locales (17h30, heure du Québec), a précisé le Pentagone dans un communiqué.

«Le missile testé a quitté sa rampe de lancement terrestre et touché avec précision sa cible après plus de 500 km de vol», a précisé le ministère américain de la Défense dans un communiqué.

«Les données recueillies et les leçons tirées de ce test donneront au ministère de la Défense les informations nécessaires au développement de nouvelles armes de moyenne portée», conclut le Pentagone dans ce très bref communiqué.

Le missile testé est «une variante d'un missile de croisière d'attaque sol-sol Tomahawk», a précisé un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Robert Carver. Le test a été mené par l'US Navy, en coopération avec le bureau des capacités stratégiques du Pentagone, a-t-il précisé.

Des images publiées par l'armée américaine montrent le missile tiré à proximité du rivage, depuis un système de lancement vertical Mark 41.

Les États-Unis déploient depuis longtemps des missiles de croisière de moyenne portée embarqués, et ils sont généralement tirés depuis des systèmes Mark 41. Ce qui est nouveau avec ce test, c'est que le système de lancement était installé au sol.

Selon le responsable militaire, qui a requis l'anonymat, le lanceur est d'un type différent de celui qui équipe le système antimissile AEGIS déployé en Roumanie et en cours de déploiement en Pologne, que la Russie accusait depuis des années de violer le traité INF.

Le missile testé dimanche est conventionnel, mais tout missile peut, par la suite, être équipé de tête nucléaire.

Recherches lancées en 2017

Les États-Unis ont quitté le 2 août le traité de désarmement INF qui abolissait les tests et l'usage de toute une série de missiles d'une portée variant de 500 à 5500 km.

Le jour-même, le ministre de la Défense Mark Esper annonçait que les États-Unis allaient désormais accélérer le développement de nouveaux missiles sol-air, en réponse au missile russe 9M729 qui selon les Occidentaux viole le traité INF, ce que Moscou dément, insistant sur le fait que son nouveau missile a une portée maximale de «480 km».

«Maintenant que nous nous sommes retirés, le ministère de la Défense va poursuivre pleinement le développement de ces missiles sol-air conventionnels dans une réponse prudente aux actions de la Russie», expliquait M. Esper.

Il avait précisé que les Américains avaient commencé en 2017 des recherches sur ces systèmes de missiles, tout en restant dans les limites du traité INF sur les Forces nucléaires intermédiaires.

Mais pour le député russe Iouri Chvytkine, vice-président de la Commission de la défense de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, «les essais de ce missile confirment une fois de plus que les USA violaient l'accord INF».

«Ils préparaient à l'avance d'en sortir unilatéralement», a précisé à l'agence russe Ria-Novosti cet élu de la chambre basse du Parlement russe.

Le traité INF avait permis dans les années 1980 l'élimination des missiles russes SS20 et américains Pershing, au coeur de la crise des euromissiles.

En visite en France, le président russe Vladimir Poutine a évoqué le sujet lors d'une conférence de presse commune avec le président français Emmanuel Macron, rendant Washington responsable de la mort du traité.

«Ce n'est pas la Russie qui s'est retirée de manière unilatérale du traité», a-t-il dit. «Maintenant il y a la question de reconduire le traité START III. Pour l'instant nous ne voyons pas non plus d'initiative de la part de nos partenaires américains bien que nos propositions soient déjà sur la table.»

Le dernier volet du traité START, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en-deçà du niveau de la Guerre froide, arrive à échéance en 2021.

M. Poutine a assuré que Moscou ne déploierait pas d'armes nucléaires de portée moyenne et de plus petite portée «tant que les systèmes américains ne seront pas déployés».

Monde

Epstein aurait pu être arrêté il y a plus de 20 ans, soutient une femme

SANTA MONICA — Il y a plus de 20 ans, en 1997, une femme déposait en Californie l'une des plus anciennes plaintes pour crimes sexuels portées contre Jeffrey Epstein : elle soutenait à l'époque que l'influent financier l'avait touchée de façon inappropriée pendant ce qui devait être une entrevue de mannequin pour le catalogue «Victoria's Secret».

Alicia Arden soutient qu'elle n'a jamais eu de nouvelles des enquêteurs par la suite — et aucune accusation n'a jamais été portée non plus dans cette affaire. Aujourd'hui, elle estime que cela aurait pu empêcher Jeffrey Epstein d'agresser sexuellement des dizaines d'adolescentes et de jeunes femmes par la suite.

Un épais mystère plane toujours sur la vie des «amis» riches et célèbres qui ont gravité autour de Jeffrey Epstein, mais aussi sur ses contacts précoces avec la justice. Lorsque la plainte déposée par Mme Arden en 1997 auprès de la police de Santa Monica a été révélée pour la première fois il y a plusieurs années, le service policier en a peu parlé et les avocats de M. Epstein ont seulement plaidé que la police avait écarté les allégations.

En réponse aux requêtes de l'Associated Press et à une demande d'accès à l'information, la police de Santa Monica a accepté la semaine dernière de résumer certaines parties des notes de l'enquêteur au dossier. Ce policier masculin a notamment écrit que Mme Arden ne voulait pas porter plainte contre M. Epstein : elle voulait seulement le mettre en garde sur son comportement — une affirmation qu'elle nie catégoriquement. Dans une déclaration ultérieure, la porte-parole de la police, la lieutenante Candice Cobarrubias, a refusé de fournir une preuve documentaire de cette affirmation.

Jointe cette semaine par l'AP, Mme Arden est catégorique: elle n'a en aucune manière indiqué à la police qu'elle ne voulait pas porter plainte. Elle était d'ailleurs outrée d'apprendre que la police soutenait le contraire.

«Le fait de ne rien faire et de me discréditer de la sorte, c'est comme un coup de poignard au coeur», a déclaré Mme Arden.

Autour du globe, 20 août 2019

Monde

Arrestations à Moscou: passe d'armes Poutine-Macron sur les «gilets jaunes»

BORMES-LES-MIMOSAS — Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont eu un échange virulent lundi quand le président russe a cité la crise des «gilets jaunes» pour justifier les arrestations massives d'opposants à Moscou.

Arrivé tout sourire au Fort de Brégançon, le président russe est passé à l'offensive à la fin d'une conférence de presse commune, en réponse à une question sur la répression des manifestations organisées depuis la mi-juillet dans la capitale russe, avec près de 3000 arrestations.

«Ce genre de situation ne se passe pas qu'en Russie. Je suis invité par le président français et je suis un peu mal à l'aise en évoquant ce sujet. Mais nous savons ce qui s'est passé pendant les manifestations des gilets jaunes, où — selon notre décompte — il y a eu onze personnes tuées et 2500 blessées, dont 2000 policiers. On ne veut pas du tout que des événements pareils se passent dans la capitale russe», a lancé M. Poutine.

Selon les autorités françaises, un seul mort a été recensé lors des manifestations de gilets jaunes : une femme de 80 ans tuée par une grenade lacrymogène alors qu'elle était sur son balcon. Dix autres personnes ont été tuées dans des accidents causés par des barrages routiers des manifestants.

Piqué au vif, Emmanuel Macron a répliqué sèchement à Vladimir Poutine que «partout dans nos pays il y a des manifestations qui se tiennent» mais «ce qui est important est que quand on a contracté souverainement des traités, on les respecte».

«La Russie comme la France ont contracté des accords internationaux qui font que nous avons décidé que la liberté d'expression, d'opinion, de manifestations, de se présenter librement à des élections soit respectée dans nos démocraties. C'est pourquoi la France s'est exprimée cet été pour qu'il en soit ainsi, y compris sur la situation à Moscou car beaucoup s'inquiètent», a-t-il ajouté.

«Il y a eu en France des situations qui ont donné lieu à des violences» avec des manifestants et des policiers gravement blessés. «Néanmoins la France a toujours respecté sa constitution et les droits du Conseil de l'Europe» a martelé le président français.

«La liberté de manifestation a été protégée, mais lorsque certains attentent à l'ordre public, il faut [le] protéger», a-t-il poursuivi.

«En France je le dis ici clairement, et c'est pour cela que comparaison ne vaut pas raison, ceux qui ont manifesté se sont présentés librement aux élections. Ceux qu'on appelle les gilets jaunes sont allés librement aux élections européennes et iront aux municipales», s'est-il félicité, jugeant que cela «réduit la conflictualité».

«On est un pays ou les gens peuvent s'exprimer, librement, manifester librement, exprimer leur opinion librement», c'est «la différence entre la liberté qui suppose de protéger l'ordre public et le non-respect de liberté», a-t-il conclu.

«C'est ce que nos faisons», a riposté à nouveau le président Poutine, soulignant que «deux fois en juillet et août des manifestations de masse ont été déclarées et autorisées». «C'est de cette manière que je voudrais que les choses se passent chez nous et dans d'autres pays», a-t-il conclu.

Monde

Le randonneur français Simon Gautier serait mort peu après sa chute

SAN GIOVANNI A PIRO — Le randonneur français Simon Gautier serait mort peu après sa chute dans un ravin du sud de l’Italie, selon une source au sein de la gendarmerie italienne, qui a procédé lundi à une première analyse de son corps.

«La mort a suivi de peu son appel (au secours, à 8h57). À 10h, il était probablement déjà mort», a souligné cette source à des journalistes. Le corps du randonneur présentait de graves blessures aux jambes, mais sa tête ne semblait pas avoir été touchée, a-t-on précisé de même source.

Le père de Simon, qui a participé aux recherches avec sa mère et d’autres proches du jeune homme, a reconnu le corps à l’hôpital de Sapri.

Des membres des secours alpins avaient veillé toute la nuit le corps retrouvé dimanche soir après neuf jours de recherche. Les délicates opérations pour le remonter ont duré toute la matinée.

Dans cette zone escarpée où les falaises plongent dans la mer, sur la commune de San Giovanni a Piro, à près de 200 km au sud de Naples, les secouristes ont placé le corps sur une civière et l’ont fait descendre en rappel jusqu’à une petite plage en contrebas.

De là, une vedette des garde-côtes l’a récupéré et emmené au port de Policastro Bussentino.

Sportif et organisé, Simon Gautier vivait depuis deux ans à Rome pour rédiger une thèse en histoire de l’art.

Il était parti le jeudi 8 août, avec de l’eau et des vivres, pour plusieurs jours de randonnée en solitaire le long de la côte, mais avait appelé à l’aide le lendemain matin en expliquant s’être cassé les deux jambes en tombant d’une falaise.

Malheureusement, il n’a pas pu dire où il se trouvait. «Au milieu de nulle part, sur la côte». Il n’a pas été possible de localiser son téléphone et il n’a pas répondu aux appels successifs des secours. «Il a probablement perdu connaissance et laissé tomber son téléphone», a souligné cette même source au sein de la gendarmerie.

«On pouvait faire plus»

C’est seulement après une forte mobilisation de ses proches et des appels dans les médias que des témoignages ont permis de restreindre la vaste zone de recherche et que des renforts expérimentés sont arrivés sur place.

«Il y a eu des erreurs du début à la fin, depuis le moment où la machine des secours s’est mise en marche», ont dénoncé des amis du jeune homme à des médias italiens. «On pouvait faire plus et surtout, les efforts qui ont été faits ces derniers jours auraient dû être faits dès le 9 août».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pour sa part remercié dimanche soir les autorités italiennes «qui se sont mobilisées pour le retrouver», tout en exprimant sa «tristesse».

Samedi, la préfecture de Salerne avait assuré dans un communiqué que tout avait été fait dès l’appel à l’aide pour localiser le jeune homme puis tenter de le retrouver, dans une vaste zone escarpée qui s’étendait au départ sur 140 km2.

D’abord peu nombreux, les spécialistes (pompiers, secours alpins, équipes cynophiles) étaient une centaine à pied d’oeuvre dimanche, neuf jours après la disparition de Simon Gautier, avec un hélicoptère et des drones, ainsi que l’aide d’habitants des environs.

C’est finalement avec une paire de jumelles qu’un membre des secours alpins a repéré un sac en plastique blanc.

Dépêchée sur place, une équipe a découvert en contrebas le sac à dos du jeune homme, puis son corps sans vie.

«Comme vous pouvez l’imaginer, nous sommes tous épuisés, tant physiquement que psychologiquement», a réagi sur les réseaux sociaux une amie du jeune homme, à propos de la vingtaine de proches accourus pour arpenter les sentiers à sa recherche, pendant plusieurs jours sous un soleil de plomb.

Une cagnotte ouverte dimanche sur internet pour soutenir financièrement ceux d’entre eux à court de ressources a récolté plus de 8700 euros.

Insolite

Une bouteille à la mer d'un marin russe trouvée 50 ans après en Alaska

WASHINGTON — Un Américain ramassant du bois sur une plage en Alaska a trouvé une bouteille contenant un message écrit il y a un demi-siècle par un marin russe.

«Bien le bonjour! Du vaisseau-mère de la Flotte d’extrême orient le VRXF Soulak», indiquait le message, roulé dans la bouteille fermée par un bouchon en plastique. «Nous vous souhaitons une bonne santé, une longue vie et une bonne navigation. 20 juin 1969.»

Tyler Ivanoff, un assistant scolaire habitant le village de Shishmaref en Alaska, a relaté avoir dû ouvrir ce bouchon avec ses dents.

«L’intérieur était resté étanche, avec une odeur évoquant du vin ou un vieil alcool. Le message était sec», a-t-il expliqué au journal Nome Nugget.

M. Ivanoff a publié le 5 août sur Facebook des photos de la bouteille et du message, demandant l’aide des internautes pour le traduire.

Une chaîne de télévision russe, Rossiya 1, s’est alors rendue à l’adresse de l’expéditeur à Vladivostok. Ses journalistes sont ensuite remontés jusqu’à un capitaine de la marine soviétique à la retraite, Anatoli Botsanenko, qui avait navigué en 1969 sur le Soulak alors qu’il avait 35 ans.

À l’observation d’une photographie du message, M. Botsanenko a toutefois déclaré: «Ce n’est pas mon écriture». Il a en revanche reconnu son ancienne adresse à Vladivostok.

Affaires

Washington donne un nouveau répit de 90 jours au géant chinois Huawei

WASHINGTON — L’administration Trump a accordé lundi un nouveau répit au géant chinois des télécoms Huawei, au moment où une grande incertitude entoure les négociations qui doivent mettre un terme à la guerre commerciale qui oppose les deux premières économies mondiales.

Le ministère américain du Commerce a prolongé lundi pour 90 jours la première période d’exemption accordée en mai à certains clients et fournisseurs américains de Huawei.

Cette nouvelle période «a pour but de donner aux consommateurs à travers toute l’Amérique le temps nécessaire de trouver des fournisseurs autres que Huawei, en raison de la menace permanente (qu’il représente) pour la sécurité nationale et la politique étrangère», a expliqué le ministère du Commerce.

L’administration Trump avait placé Huawei sur une liste noire en mai, accusant le groupe de travailler avec les autorités chinoises.

Les exemptions sont accordées à certaines entreprises américaines pour qu’elles puissent continuer à vendre des produits de faible technologie au groupe chinois ou pour permettre à certains de ses clients de changer de fournisseurs.

«Il y a 90 jours en plus pour des entreprises de télécoms américaines, dont certaines entreprises rurales, qui dépendent de Huawei», a expliqué le ministre du Commerce Wilbur Ross sur Fox Business, ajoutant: «nous leur donnons plus de temps pour se sevrer».

Au-delà de ces exemptions, les agences fédérales ont toujours interdiction de travailler avec le géant chinois. Et l’administration a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que Huawei ne peut pas participer à la construction du réseau mobile 5G aux États-Unis.

Washington mène une campagne active auprès de ses alliés pour qu’ils fassent de même.

Le ministère a précisé lundi qu’il avait ajouté 46 filiales de Huawei à la liste noire lundi, soulignant que depuis le mois de mai il avait au total inscrit une centaine de filiales et de personnes liées au groupe chinois.

Confusion

Dimanche, Donald Trump avait laissé à penser que la période d’exemption pourrait ne pas être prolongée, «pour des raisons de sécurité nationale».

M. Trump avait également lié l’attitude de Pékin envers les manifestants pro-démocratie à Hong Kong et le sort des discussions commerciales entre les deux pays.

«Je pense qu’il serait très difficile de conclure un accord s’ils exercent de la violence, […] si c’est une autre place Tiananmen», avait dit le président républicain, après avoir affirmé sur Twitter que son pays «avançait très bien avec la Chine».

Plus tôt dans la journée, son principal conseiller économique, Larry Kudlow, avait affirmé que Washington et Pékin tentaient activement de remettre sur les rails les négociations pour mettre un terme à cette guerre commerciale qui pèse sur les perspectives de croissance mondiale.

Selon M. Kudlow, les hauts fonctionnaires des deux camps qui doivent se parler au téléphone «dans la semaine ou les 10 jours à venir».

Les déclarations du conseiller de la Maison-Blanche laissent toujours planer le doute sur l’arrivée d’une délégation chinoise à Washington au courant du mois de septembre.

Les marchés financiers, rendus extrêmement nerveux par toute une série de signes d’un fort ralentissement de l’économie mondiale --notamment à cause de la guerre que se livrent les deux premières économies du monde--, scrutent la moindre information sur ce front et réagissent fortement.

Cadeau de Noël

Au printemps, le président américain a abruptement mis fin aux discussions alors qu’un accord semblait à portée de main.

Finalement, les deux camps avaient repris langue au plus haut niveau, entre Donald Trump et Xi Jinping, en marge du sommet du G20 à Osaka en juin.

Mais, peu après, l’hôte de la Maison-Blanche a décidé d’annoncer l’imposition à partir du 1er septembre de 10% de tarifs douaniers punitifs sur les 300 milliards de dollars de produits importés de Chine jusque-là épargnés.

M. Trump, qui est en campagne pour sa réélection, a finalement décidé de reporter au 15 décembre l’imposition de cette taxe sur toute une série de produits de grande consommation afin de ne pas gâcher les fêtes de fin d’année des Américains.

Ce geste a été perçu comme une concession à la Chine et un demi-aveu que les tarifs douaniers pouvaient bien avoir un impact sur l’économie américaine, même si le principal conseiller du président en matière de commerce, Peter Navarro, a tenté sur plusieurs émissions dominicales de convaincre du contraire.

Monde

Merkel commémore la fin du Rideau de fer et plaide pour une Europe «à visage humain»

SOPRON — Trente ans après la chute du Rideau de fer, la chancelière allemande Angela Merkel a plaidé lundi pour une Europe «de solidarité et de liberté», à l’image des événements de 1989 qui ont conduit à la fin de la séparation entre l’est et l’ouest du continent.

À l’invitation du premier ministre Viktor Orban, Angela Merkel s’est rendue lundi en Hongrie, dans la ville frontalière de Sopron où, le 19 août 1989, plus de 600 Allemands de l’Est, en vacances en Hongrie, avaient profité de l’ouverture d’un poste-frontière avec l’Autriche, à l’occasion d’un «pique-nique paneuropéen», pour fuir à l’Ouest.

L’événement fut une brèche décisive dans le «Rideau de fer», cette séparation idéologique puis physique, établie en Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale entre la zone d’influence soviétique à l’Est et les pays de l’Ouest, symbolisée par le Mur de Berlin.

Ce pique-nique «est devenu un symbole international prouvant que le désir de liberté ne peut pas être repoussé», a estimé Mme Merkel lors d’un discours prononcé aux côtés de M. Orban, après un service religieux dans une église de la ville.

«Sopron montre ce qui fait de nous des Européens, a-t-elle ajouté: (le pique-nique) était un positionnement en faveur de la solidarité, de la liberté et de la paix, pour une Europe à visage humain».

Ce sont ces valeurs qui doivent continuer «d’unir l’Europe», a soutenu la chancelière, appelant à «combattre les causes de la fuite et des persécutions» qui poussent les réfugiés issus de «zones de guerre et de crise» à l’exil, vers l’Europe notamment.

La politique européenne d’asile a suscité ces dernières années de vives crispations incarnées par les postures divergentes d’Angela Merkel et Viktor Orban au pic de la vague de réfugiés de 2015.

Alors que la chancelière conservatrice avait d’abord plaidé pour une politique généreuse envers les réfugiés fuyant la guerre, le premier ministre souverainiste hongrois y a opposé un refus catégorique de l’immigration au nom de la défense de valeurs chrétiennes.

Libérés du «joug soviétique»

Vétérans de la politique européenne — Angela Merkel est au pouvoir depuis 2005, Viktor Orban depuis 2010 — les deux dirigeants se sont rencontrés pour la dernière fois en juillet 2018, à l’occasion d’un déplacement de Viktor Orban à Berlin.

Angela Merkel avait profité de l’occasion pour rappeler son homologue au devoir «d’humanité», alors que la Hongrie a été épinglée à de nombreuses reprises pour son traitement des demandeurs d’asile retenus à ses frontières.

Depuis 2015, plus de 200 kilomètres de clôtures érigées par le gouvernement de Viktor Orban contre les migrants ferment les frontières sud de la Hongrie avec la Serbie et la Croatie. Angela Merkel a toujours rejeté cette «politique des barbelés» au coeur de l’UE.

Chacun à sa façon, la chancelière et le premier ministre ont été profondément marqués par les événements de 1989 qui menèrent à la chute du Mur, le 9 novembre.

«L’ouverture du Rideau de fer en Hongrie a ouvert la route vers la réunification allemande», a rappelé Viktor Orban lundi.

«Nous savions que notre libération du joug soviétique ne serait définitive qu’avec une Allemagne unie», a-t-il ajouté.

Fille d’un pasteur parti vivre avec toute sa famille volontairement dans l’Allemagne de l’Est communiste et athée pour prêcher l’Évangile, Angela Merkel, âgée de 65 ans, s’affiche comme une responsable qui ne cède rien sur les valeurs de liberté, de justice et d’État de droit.

Aux yeux de Viktor Orban, âgé de 56 ans et qui a débuté dans l’arène politique comme dissident libéral en 1989, la chute du communisme a d’abord marqué pour la Hongrie et les pays de l’Est la reconquête de leur souveraineté, une notion sur laquelle il s’est montré de plus en plus intransigeant au fil des ans, jusqu’à être accusé de dérives antidémocratiques dans son exercice du pouvoir.

Au-delà de leurs divergences politiques, les deux gouvernements ont des intérêts économiques étroitement liés, l’Allemagne étant le principal partenaire économique de la Hongrie du fait notamment de la forte implantation de ses constructeurs automobiles dans le pays.

Monde

«Drame environnemental» à Grande Canarie, ravagée par un incendie

MONTAñA ALTA — Des centaines de pompiers restaient mobilisés dans la nuit de lundi à mardi sur l'île touristique de Grande Canarie, pour lutter contre «l'incendie le plus important» survenu cette année en Espagne, selon le gouvernement.

Le président des Canaries, Angel Victor Torres, l'a qualifié de «drame environnemental» car il touche des espaces naturels protégés de l'île située dans l'Atlantique, au large du Maroc.

«Il s'agit d'un grand incendie de forêt, extrêmement sérieux, qui est arrivé avec une vague de chaleur» et n'est toujours pas contrôlé, a dit vers 23h30 locales (17h, heure du Québec) M. Torres, lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision.

Le périmètre de ce feu de forêt, qui s'était déclaré samedi dans le centre montagneux de l'île située au large du Maroc, «augmente» et «on estime que 10 000 hectares sont affectés», ont déploré les services d'urgence régionaux sur leur compte Twitter.

Plus de 9000 personnes ont déjà été évacuées de leur logement, mais aucun blessé n'a été déploré.

«Nous allons vaincre cet incendie et ce que nous voulons, c'est que quand il s'achèvera, nous n'ayons pas à déplorer des victimes», a dit M. Torres.

«Il s'agit probablement de l'incendie le plus important que nous ayons eu en Espagne depuis le début de l'année», a commenté à son côté le ministre de l'Agriculture, Luis Planas.

Un millier de pompiers et agents ont été mobilisés sur le terrain lundi, ainsi que 14 moyens aériens.

Les avions ont déversé tout au long de la journée «un million de litres d'eau», selon les services d'urgence.

Deux autres hélicoptères bombardiers d'eau doivent arriver sur place mardi, a confirmé le ministre de l'Agriculture.

Les températures élevées, le vent et les pluies de cendres pouvant causer de nouveaux départs de feu rendent cet incendie particulièrement difficile à combattre.

Son front principal se trouve dans le parc naturel de Tamadaba, une forêt de pins parmi les territoires les plus sauvages de Grande Canarie.

«C'est le principal poumon vert de l'île, [...] le joyau environnemental de Grande Canarie», a également estimé Lourdes Hernandez, une spécialiste des incendies de forêt de l'organisation de protection de l'environnement WWF, interrogée par l'AFP.

«Ce n'est pas un incendie comme il y en avait ces dernières années», souligne-t-elle, mettant en exergue «la virulence du feu, la vitesse à laquelle les flammes se propagent et l'intensité des fronts».

Tourisme pas affecté

L'intérieur de Grande Canarie, aux paysages et micro-climats très divers, est prisé des randonneurs, bien que le gros des touristes fréquente plutôt les plages de l'île, la deuxième plus fréquentée de l'archipel des Canaries.

Les Canaries ont accueilli l'an dernier 13,7 millions de touristes, en particulier britanniques et allemands, et le tourisme représentait en 2017 35% du PIB et 40% des emplois de l'archipel, selon l'organisation patronale Exceltur.

Le gouvernement régional a d'ailleurs tenu à souligner dans un communiqué que le tourisme n'était pas affecté par l'incendie car «aucun complexe touristique n'en ressent les effets».

Reste que les incendies de cette ampleur vont se multiplier, conséquence du réchauffement climatique, a rappelé M. Planas.

La semaine dernière, une vague d'incendies a touché la Grèce, obligeant d'autres pays dont l'Espagne à envoyer des renforts pour les combattre. Fin juillet, c'est le Portugal qui a vu ses forêts brûler.

Cet incendie est le troisième en dix jours à avoir touché l'île de Grande Canarie. Les pompiers n'étaient pas parvenus à éteindre complètement le plus important des deux, qui a parcouru 1500 hectares, lorsque le nouvel incendie s'est déclaré.

Monde

Un «Tiananmen» à Hong Kong compromettrait un accord commercial avec la Chine selon Trump

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a prévenu dimanche la Chine qu’une répression des manifestations de Hong Kong similaire à l’écrasement du mouvement de la place Tiananmen compromettrait la conclusion d’un accord commercial sino-américain.

«Je pense qu’il serait très difficile de conclure un accord s’ils exercent de la violence […] si c’est une autre place Tiananmen», a déclaré M. Trump à des journalistes dans le New Jersey (nord-est des États-Unis) alors que des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont à nouveau défilé dimanche à Hong Kong.

«Je crois que ce serait très difficile à faire s’il y avait de la violence», a ajouté le président.

Les manifestations se succèdent à Hong Kong depuis plus de deux mois et la Chine a récemment durci le ton, faisant redouter une répression comme celle de juin 1989 à Pékin, lorsque l’armée chinoise avait mis fin au mouvement pro-démocratie mené par des étudiants en faisant des centaines voire plus d’un millier de morts.

Si une telle situation se répétait à Hong Kong, «je crois qu’il y aurait un sentiment politique énorme» qui porterait à «ne rien faire» dans le domaine des négociations commerciales avec la Chine, a déclaré M. Trump.

Une issue pacifique

Le président des États-Unis a de nouveau exprimé son souhait que la crise de Hong Kong ait une issue pacifique. «J’aimerais beaucoup voir cela résolu d’une manière humaine», a-t-il dit, appelant le président chinois Xi Jinping à négocier avec les contestataires.

M. Trump a fait ces déclarations alors que son principal conseiller économique, Larry Kudlow, a assuré dimanche matin que Washington et Pékin tentaient activement de remettre sur les rails les négociations pour mettre un terme à la guerre commerciale qui les oppose et agite les marchés.

Des entretiens téléphoniques sont prévus pour les dix prochains jours, et s’ils sont fructueux, des négociations sino-américaines à un niveau plus élevé pourraient reprendre, a précisé M. Kudlow.

Alors que M. Trump était de plus en plus critiqué à Washington pour une position jugée trop prudente sur la crise de Hong Kong, l’administration américaine a haussé le ton depuis le milieu de la semaine.

Les États-Unis sont «très préoccupés» par «les mouvements paramilitaires chinois» à la frontière avec Hong Kong et appellent la Chine à «respecter le haut degré d’autonomie» de l’ex-colonie britannique, a déclaré mercredi le département d’État.

«Nous condamnons la violence et exhortons toutes les parties à faire preuve de retenue, mais restons déterminés dans notre soutien à la liberté d’expression et à la liberté de réunion pacifique à Hong Kong», a dit un porte-parole de la diplomatie américaine.

«Les États-Unis exhortent fermement Pékin à respecter ses engagements contenus dans la déclaration commune sino-britannique (de 1984, encadrant la rétrocession intervenue en 1997) afin de permettre à Hong Kong d’exercer un haut degré d’autonomie», a insisté le porte-parole américain.

Un quotidien chinois a fait vendredi une rare allusion à la répression de Tiananmen, sujet tabou en Chine, pour expliquer qu’une éventuelle intervention armée à Hong Kong ne serait pas une répétition du carnage commis en 1989 par les militaires chinois.

«Pékin n’a pas décidé d’intervenir par la force afin de mater les émeutes à Hong Kong, mais cette option est à l’évidence à sa disposition», a averti dans un éditorial le quotidien de langue anglaise Global Times.

Mais même si le régime communiste décidait d’envoyer l’armée contre les manifestants, «l’incident à Hong Kong ne sera pas une répétition de l’incident politique du 4 juin en 1989», a assuré le quotidien.

Avant Donald Trump, son conseiller à la sécurité nationale John Bolton a évoqué la répression de la place Tiananmen pour appeler la Chine à la modération.

«Les Chinois doivent faire très attention aux mesures qu’ils prennent, parce que les Américains se souviennent de la place Tiananmen», a déclaré M. Bolton dans un entretien à Voice of America diffusé jeudi.

«Ils se souviennent de l’homme debout face à une file de tanks. Et ils se souviennent de la répression du gouvernement chinois en 1989. Ce serait une grosse erreur de créer de nouveaux souvenirs comme ceux-là à Hong Kong», a insisté M. Bolton.

Affaires

Les économistes prédisent une récession aux États-Unis en 2020 ou 2021

WASHINGTON — Une majorité d’économistes prédisent une récession aux États-Unis dans les deux ans, même s’ils estiment qu’elle sera retardée grâce aux actions de la Réserve fédérale américaine (Fed), selon un sondage publié lundi.

Sur les 226 économistes interrogés par la National Association for Business Economists (NABE), 38% pronostiquent une entrée de la première économie mondiale en récession en 2020, 34% en 2021 et 14 % plus tard. En revanche, ils ne sont que 2 % à prédire le début de la récession en 2019, contre 10 % lors du précédent sondage réalisé en février.

«Les personnes interrogées estiment que l’expansion sera prolongée par le changement de politique monétaire» de la Fed, qui a abaissé les taux d’intérêt pour la première fois en onze ans fin juillet, a estimé la présidente de la NABE, Constance Hunter, qui est également économiste en chef chez KPMG.

Toujours selon ce sondage, 46 % des économistes interrogés s’attendent à au moins une nouvelle baisse des taux par la banque centrale d’ici la fin de l’année, tandis que 32 % pensent que le loyer de l’argent de la Fed terminera 2019 à son niveau actuel.

La Fed a réduit le 31 juillet les taux directeurs d’un quart de point pour les fixer dans la fourchette de 2% à 2,25 %.

Monde

«Ocean Viking»: l'insouciance et les cauchemars sur les dessins des migrants

À BORD DE L'OCEAN VIKING — Les coups en Libye, la guerre au Darfour, mais aussi le village familial dans le sud du Soudan, un chanteur pop et le baobab emblématique du Sénégal et des bateaux salvateurs... les dessins accrochés sur le pont de l'«Ocean Viking» racontent les vies malmenées des migrants.

En attendant un port où mettre pied à terre, les 356 migrants secourus par le navire de SOS Méditerranée et Médecins sans Frontières (MSF) ont été invités à dessiner : d'un trait de crayon et quelques couleurs, ils ont consigné leurs pires cauchemars et leurs meilleurs souvenirs.

Entouré de compatriotes, Arun Mohamed détaille ses images : le Darfour en feu qu'il a quitté en 2011 pour gagner Khartoum puis la Libye, les avions qui pilonnent sa maison, le toit en flammes, la famille qui s'enfuit.

Le croquis d'Adam, 18 ans, qui rêve avec sa haute stature de devenir footballeur professionnel, raconte la suite : dans l'une des cases, un petit bonhomme est accroché au plafond, pieds et poignets liés, tandis que deux hommes le frappent à toute volée devant d'autres prisonniers alignés. Case suivante : il est allongé et bastonné sur la plante des pieds.

Un attroupement s'est formé et commente : «oui, c'était comme ça, on attendait en file, chacun son tour»...

Allahaddin a reproduit une carte de Libye rouge sang barrée des lettres «HELL», l'enfer. «Bye Hell», sourit-il en faisant le V de la Victoire.

Monde

Un incendie ravage l'île de Grande Canarie, 5000 personnes évacuées

LOMO DEL PINO — Environ 5000 personnes ont été évacuées d'une zone touristique de l'île espagnole de Grande Canarie en raison d'un incendie de forêt qui a ravagé quelque 3400 hectares depuis samedi, ont annoncé les autorités dimanche.

L'incendie est «extrêmement virulent» et n'est pour l'instant «ni circonscrit, ni stabilisé ni sous contrôle», a averti dimanche soir dans un communiqué le président de la région des Canaries, Angel Victor Torres.

Le sinistre n'a pas fait de victimes pour le moment mais a obligé les autorités à évacuer quelque 5000 personnes y compris dans des zones touristiques comme Cruz de Tejeda, un site montagneux célèbre pour ses vues spectaculaires, dans le centre de la Grande Canarie.

Plus de 600 pompiers et 14 aéronefs étaient engagés dimanche dans la lutte contre cet incendie qui a entraîné la fermeture de 20 routes de cette île de l'archipel des Canaries.

Les conditions climatiques sont difficiles, avec des vents forts et des températures élevées.

«Les prochaines heures seront très importantes parce que les prévisions météorologiques pour la nuit ne sont pas bonnes», a ajouté M. Torres.

La vague de chaleur doit en effet se poursuivre lundi, et les autorités préviennent qu'il faudra peut-être plusieurs jours avant que l'incendie ne puisse être contrôlé.

Les flammes ont commencé à affecter le parc naturel de Tamadaha, une importante réserve d'arbres particuliers aux Canaries.

L'incendie survient quelques jours après que les pompiers ont réussi à contenir un feu dans la même zone de l'archipel des Canaries, qui avait entraîné l'évacuation de plusieurs centaines de personnes.

Monde

L'Islande dit adieu à l'Okjökull, glacier disparu sous l'effet du réchauffement

REYKJAVIK — Alors que le monde a connu en juillet son mois le plus chaud jamais observé, l'Islande a dévoilé dimanche une plaque à la mémoire de l'Okjökull, premier glacier de l'île volcanique disparu sous l'effet du réchauffement, un symbole pour alerter l'opinion.

En route dans l'ouest de l'Islande sur la kaldidalur (la «vallée froide» en français), le panorama alterne entre le brun et le gris des montagnes environnantes, les vastes plaines désertiques au relief tourmenté et le blanc des neiges éternelles du Langjökull, deuxième plus grand glacier du pays — encore bien vivant.

Sur le bord de la route, un petit panneau avec des lettres et nombres jaunes sur fond bleu indique : «Ok 1.141 m» et pointe en direction du glacier disparu et de son sommet.

Puis, un immense cairn, lieu de rendez-vous pour un rapide discours de la première ministre islandaise, Katrín Jakobsdóttir, et l'ancienne commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme Mary Robinson.

«J'espère que cette cérémonie sera une source d'inspiration non seulement pour nous ici en Islande, mais également pour le reste du monde car ce que nous voyons ici n'est qu'un visage de la crise climatique», a déclaré Katrín Jakobsdóttir à l'AFP.

L'ascension débute entre les rochers. C'est sur l'un d'entre eux que des chercheurs islandais et de l'Université Rice aux États-Unis ont choisi de fixer la plaque commémorative inaugurée devant une assemblée de quelque centaines de scientifiques et de nombreux passionnés.

Le texte inscrit sur la plaque de bronze en islandais et en anglais a pour titre : «Une lettre pour l'avenir», pour sensibiliser la population au déclin des glaciers et aux effets du changement climatique.

«Tous nos glaciers devraient connaître le même sort au cours des 200 prochaines années. Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l'avons fait», dit la plaque à l'adresse des générations futures.

«Quand on vous demande d'écrire quelque chose comme ça, vous pensez dans une échelle de temps complètement différente. C'est presque comme envoyer du texte sur la Lune ou une autre planète», témoigne Andri Snær Magnason, l'écrivain islandais de 46 ans qui est l'auteur de ces lignes.

La plaque porte également la mention «415 ppm CO2», en référence au niveau record de concentration de dioxyde de carbone enregistré dans l'atmosphère en mai dernier.

«Voir un glacier qui disparaît c'est quelque chose qu'on ressent, qu'on comprend et c'est assez visuel», reconnaît Julien Weiss. Professeur d'aérodynamique à l'université de Berlin, il a fait le voyage express avec sa femme et leur fils de 7 ans.

«Le changement climatique, on ne le ressent pas au quotidien, c'est quelque chose qui arrive très lentement à l'échelle humaine mais très rapidement à l'échelle géologique.»

Monde

Trump tourne le dos à Fox et fait les yeux doux à une chaîne plus jeune

WASHINGTON — «Fox, ce n'est clairement plus ce que c'était», s'est récemment indigné Donald Trump, dans un tacle visant sa chaîne longtemps préférée, et qui le lui a bien rendu.

Après des années d'idylle, le président américain semble en proie au désamour, tournant son regard vers un canal plus jeune et plus à droite : One America News Network (OANN).

Cette petite chaîne n'a été lancée qu'en 2013 par un millionnaire du secteur technologique, Robert Herring, qui cherchait à offrir une option plus conservatrice parmi les géants médiatiques.

Depuis, OANN est parvenue à s'attirer les faveurs de Donald Trump, qui l'a encore couverte d'éloge la semaine dernière en épinglant, d'un même tweet, Fox et sa bête noire CNN.

«Regarder les infos bidon de CNN, c'est finalement mieux que regarder Shepard Smith, l'émission aux plus basses audiences de @FoxNews. D'ailleurs, dès que c'est possible, je mets @OANN», avait-il écrit sur son compte aux 63 millions d'abonnés, à propos de l'un des présentateurs vedette de la chaîne.

Depuis mars, il a retweeté des articles d'OANN ou signalé qu'il appréciait la chaîne plus d'une dizaine de fois.

À la grande joie de son fondateur : «La chaîne préférée du président», est-il écrit dans le tweet épinglé sur le profil Twitter de Robert Herring.

Et lorsque Fox avait interrompu la retransmission d'un rassemblement de campagne de Donald Trump la semaine dernière, le patron d'OANN avait tweeté : «Nous n'interromprons jamais!»

Merci, «c'est très bien»

Leur relation remonte à loin. Dès 2015, M. Trump avait été interviewé par l'ancienne colistière de John McCain pour la présidentielle Sarah Palin, qui co-présentait l'une des émissions, On Point.

Puis à sa première conférence de presse comme président, en janvier 2017, il avait donné un tour de questions à OANN, choisie ensuite, parmi des médias beaucoup plus renommés, des dizaines de fois lors des conférences de presse quotidiennes de ses porte-parole pendant ses 100 premiers jours au pouvoir.

Et lors de sa conférence de presse après un sommet historique avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, Donald Trump avait publiquement salué le travail de la chaîne en donnant la parole à sa correspondante à la Maison-Blanche, Emerald Robinson.

«Merci pour la gentille façon dont vous nous traitez. Nous l'apprécions», avait-il déclaré. «Vraiment, c'est très bien. C'est très beau ce que vous faites.»

Basée à San Diego, en Californie, OANN ne se soumet pas aux mesures d'audience du cabinet Nielsen, qui font référence dans le secteur.

Si elle se définit comme une chaîne d'«infos pures, sans opinion», son biais pro-Trump est évident, avaient confié en 2017 au Washington Post plus d'une dizaine d'employés et ex-collaborateurs.

Accusée de relayer des théories du complot, OANN a également tendance à donner un ton «anti-musulmans, anti-immigrés et anti-avortement à ses reportages», estime Media Matters, un observatoire des médias marqué à gauche.

«Mal traité»

Malgré ses critiques, Donald Trump ne s'est pas encore tout à fait détaché de Fox, dont il suit fidèlement l'émission du matin Fox & Friends, à laquelle il n'est pas rare qu'il participe, par téléphone ou interview improvisée devant la Maison-Blanche.

Souvent lorsqu'il surprend en évoquant des sujets au débotté, l'émission en a parlé dans la matinée.

Certains liens sont solides : l'un des grands noms de Fox, Sean Hannity, était intervenu en même temps que Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne pour les élections de mi-mandat de 2018.

Mais à l'approche de la présidentielle, Donald Trump s'est agacé publiquement des rencontres télévisées avec les électeurs organisées par Fox pour plusieurs candidats démocrates qui espèrent le défier en novembre 2020.

«Dur de croire que @FoxNews gâche du temps d'antenne pour» Pete Buttigieg, le jeune maire de South Bend, dans l'Indiana, cinquième dans les sondages pour la primaire démocrate, avait-il tweeté en mai. «Fox va de plus en plus vers le côté perdant [mauvais] en couvrant les démocrates.»

Les sondages menés par Fox News pour la présidentielle ont aussi le don de l'énerver. Le républicain a vu son taux de popularité baisser à 43% à la mi-août, le même sondage le donnant perdant dans d'éventuels duels avec les principaux candidats démocrates.

Fin juillet, il avait tonné : les sondages de Fox «m'ont toujours très mal traité».

Monde

Violences à Hong Kong: Pékin réplique à Chrystia Freeland

OTTAWA — Des responsables chinois ont accusé la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, de «s'immiscer» dans les affaires intérieures de la Chine dimanche à la suite de sa déclaration du week-end condamnant les violences à Hong Kong dans la foulée de l'escalade des tensions entre les manifestants prodémocratie et les policiers.

Mme Freeland a fait ces commentaires dans une déclaration commune publiée samedi avec son homologue de l'Union européenne, Federica Mogherini, exhortant les parties à faire preuve de retenue devant «un nombre croissant d'incidents violents inacceptables».

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«Il est crucial de faire preuve de retenue, de rejeter la violence et de prendre des mesures urgentes pour désamorcer la situation», écrivaient mesdames Freeland et Mogherini, ne blâmant pas explicitement le gouvernement ni les manifestants.

«Il est essentiel de s'engager dans un processus de dialogue étendu et inclusif, impliquant tous les principaux intéressés», notait le communiqué, soulignant que le Canada et l'Union européenne appuient le «degré élevé d'autonomie» de Hong Kong en Chine, ainsi que le droit de «réunion pacifique» de ses résidents.

Cette déclaration a incité le porte-parole de l'ambassade de Chine au Canada à riposter, appelant Mme Freeland à «cesser immédiatement de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine».

«La partie canadienne devrait être prudente sur ses paroles et ses actes» lorsqu'il s'agit de Hong Kong, a prévenu le porte-parole.

Il a noté que le principe «un pays, deux systèmes» — le cadre dans lequel la ville opère depuis le transfert de l'ancienne colonie britannique à la Chine en 1997 — est une politique nationale et non une loi internationale, et a soutenu que les commentaires de Mme Freeland sur le sujet n'avaient pas leur place.

L'ambassade a également défendu les actions de la police de Hong Kong, affirmant que les manifestations «se sont détériorées et ont évolué vers une violence extrême».

«Face des violences et à des infractions aussi graves, aucun gouvernement ayant le sens des responsabilités ne resterait les bras croisés», a écrit le porte-parole.

Des manifestations se tiennent depuis des mois dans la région semi-autonome et certains résidents accusent le gouvernement chinois, dirigé par le parti communiste, d'avoir porté atteinte aux droits démocratiques de Hong Kong.

Bien que le mouvement de protestation a été marqué par de violents affrontements avec la police, la marche de dimanche s'est déroulée dans le calme et sans violence signalée.

Les revendications du mouvement incluent la démission de Carrie Lam, la dirigeante de Hong Kong, des élections démocratiques et une enquête indépendante sur le recours à la force par les policiers.

Monde

Trump confirme qu'il aimerait acheter le Groenland

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a confirmé dimanche son intérêt pour acheter le Groenland au Danemark, une éventualité qu'il a qualifié de «grosse transaction immobilière», tout en précisant qu'il ne s'agissait pas d'une priorité pour les États-Unis.

«C'est quelque chose dont nous avons parlé», a déclaré M. Trump aux journalistes. «Le concept a surgi et j'ai dit que stratégiquement, c'est certainement intéressant et que nous serions intéressés, mais nous parlerons un peu"»avec le Danemark, a poursuivi le président, précisant que ce n'était pas «la priorité numéro un» pour son gouvernement.

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Le quotidien économique The Wall Street Journal avait écrit jeudi que le président américain, magnat de l'immobilier avant de se lancer en politique, s'était «montré à plusieurs reprises intéressé par l'achat» de ce territoire qui compte quelque 56 000 habitants et en avait parlé à ses conseillers à la Maison-Blanche.

Le président s'est notamment renseigné sur les ressources naturelles et l'importance géopolitique de la région, selon le journal.

Interrogé par les reporters sur la possibilité d'échanger le Groenland contre un territoire américain, M. Trump a répondu que «beaucoup de choses peuvent se faire».

«Essentiellement, c'est une grosse transaction immobilière», a-t-il estimé. La gigantesque île de l'Arctique «fait beaucoup de mal au Danemark parce qu'ils perdent environ 700 millions $ chaque année pour l'entretenir... Et stratégiquement, pour les États-Unis, ce serait sympa», a expliqué le président.

Le Groenland était une colonie danoise jusqu'en 1953, date à laquelle il est entré dans la «Communauté du Royaume» danois. En 1979, l'île a obtenu le statut de «territoire autonome», mais son économie dépend toujours fortement des subsides versés par Copenhague.

«Le Groenland est riche en ressources précieuses [...]. Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre» le territoire, a réagi vendredi le ministère groenlandais des Affaires étrangères sur Twitter.

Autour du globe, 19 août 2019

Monde

À Hong Kong, la plus grande manif pro-démocratie depuis plusieurs semaines

HONG KONG — Des centaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont envahi dimanche les rues de Hong Kong, bravant la police et des trombes d'eau pour montrer que leur mouvement reste populaire en dépit des violences et des menaces d'intervention de Pékin.

La mobilisation, qui a débuté en juin et est sans précédent dans l'ex-colonie britannique, avait vu son image ternie cette semaine par des scènes de violences après cinq jours de sit-in dans l'aéroport.

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Pour couper court aux accusations de «terrorisme» qui ont émané du gouvernement central chinois, un appel à un rassemblement «rationnel et non violent» pour dimanche avait été lancé par le Front civil des droits de l'Homme (FCDH).

Selon cette organisation non violente, plus de 1,7 million de personnes ont défilé dimanche, soit la plus forte mobilisation depuis des semaines.

La police a de son côté estimé à 128 000 le nombre des personnes ayant participé à la manifestation autorisée dans un parc de la ville, sans compter celles massées dans les nombreuses rues avoisinantes.

«Ce fut une longue journée et nous sommes très fatigués, mais voir autant de gens marcher pour Hong Kong sous la pluie, ça donne de la force à tout le monde», a lancé un des manifestants, Danny Tam, 28 ans.

En début d'après-midi, la foule s'était d'abord massée sous une pluie battante dans le Parc Victoria, au coeur de l'île de Hong Kong, formant une mer de parapluies multicolores.

Les manifestants ont ensuite défilé en direction du quartier d'Admiralty, plus à l'ouest, bravant l'interdiction de la police qui n'avait autorisé qu'un rassemblement statique dans le parc.

Tard dimanche soir, des centaines de manifestants masqués tournaient autour du siège du gouvernement, scandant «Reprenons Hong Kong, révolution de notre temps».

Monde

Argentine: démission du ministre des Finances

BUENOS AIRES — Le ministre argentin des Finances Nicolas Dujovne a démissionné samedi, selon les médias argentins, au terme d’une semaine de turbulences sur les marchés qui a vu le peso perdre plus de 20 % de sa valeur et la Bourse plonger de plus de 30 %.

M. Dujovne sera remplacé par Hernan Lacunza, ministre de l’Économie de la province de Buenos Aires, affirment les médias argentins, qui ont publié sa lettre de démission.

Dans cette lettre, reproduite sur le site du quotidien La Nacion, M. Dujovne se dit «convaincu qu’en raison des circonstances, la gestion (gouvernementale) nécessite une rénovation significative dans le secteur économique».

Nicolas Dujovne quitte ses fonctions alors que la crise économique que connaît le pays s’est aggravée après le revers électoral du président Mauricio Macri qui brigue un nouveau mandat lors de la présidentielle d’octobre.

Le président sortant a été sèchement battu dimanche dernier lors de primaires au sein de son parti par Alberto Fernandez, un péroniste modéré devenu le favori de la présidentielle d’octobre.

Le peso et la Bourse ont aussitôt plongé lundi, et vendredi les agences Fitch et S&P ont abaissé la note de la dette souveraine de l’Argentine.

Sous pression, le président Macri a annoncé mercredi une série de mesures pour «donner un coup de pouce» au pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires et tenter de combler son retard avant le scrutin présidentiel du 27 octobre : hausse du salaire minimum, primes ponctuelles, réductions d’impôts et gel des prix de l’essence durant trois mois.

Dans ce pays en récession depuis l’an dernier, l’inflation reste par ailleurs très élevée sur les 12 derniers mois, à 40 %, alors que le taux de chômage atteint 10,1 %.

Monde

Attentat lors d'un mariage à Kaboul: au moins 63 morts

KABOUL — L'attentat qui a visé samedi soir un mariage à Kaboul a tué au moins 63 personnes et en a blessé 182, ont indiqué dimanche matin (heure locale) les autorités.

«Parmi les victimes il y a des femmes et des enfants», a précisé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi.

C'est un des attentats les plus meurtriers depuis le début de l'année en Afghanistan.

L'explosion est survenue à 22h40 (14h10, heure du Québec) «dans la salle de mariage Shar Dubai dans l'ouest de Kaboul», avait indiqué samedi soir M. Rahimi sans être alors en mesure de livrer un premier bilan.

Les porte-parole talibans ont nié dimanche matin l'implication du groupe insurgé.

«L'Émirat islamique [appellation que se donnent les talibans, NDLR] condamne fermement l'attentat contre des civils à Kaboul. Commettre de tels assassinats délibérés et brutaux et prendre pour cible des femmes et des enfants n'ont aucune justification», ont tweeté deux porte-parole des talibans.

La branche afghane du groupe armé État islamique (EI), l'autre groupe terroriste qui commet des attentats dans ce pays en guerre, ne s'est pas manifestée.

Monde

Syrie: 11 civils dont six enfants tués dans des bombardements

DAYR SHARQI — Onze civils, dont une femme et six de ses enfants, ont été tués samedi dans des raids du régime et de la Russie dans le nord-ouest syrien, a rapporté une ONG, au lendemain de bombardements sur un camp de déplacés dans cette même région.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie, des raids visant le village de Dayr Sharqi, dans le sud de la province d’Idleb, ont tué une femme et ses six enfants âgés entre 4 et 18 ans.

Un photographe collaborant avec l’AFP a vu un homme transportant le corps d’une jeune fille ensanglantée qui avait été touchée à la tête lors de ces raids sur le village de Dayr Sharqi.

Un cadavre d’enfant couvert de poussière a été sorti des décombres et des secouristes tentaient d’extraire une autre dépouille.

Quatre autres civils ont péri dans des raids de l’aviation russe sur d’autres localités de la province d’Idleb, selon l’OSDH.

Depuis fin avril, des centaines de personnes ont été tuées dans la région d’Idleb, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et pilonnée par Damas et Moscou.

Vendredi, 15 civils, dont six enfants, ont été tués dans des raids aériens de Damas et Moscou, notamment sur un camp de déplacés, dans le sud d’Idleb, d’après l’OSDH.

Mentionnant les raids contre le camp de déplacés, le ministère des Affaires étrangères français a condamné dans un communiqué les «frappes aériennes sans discernement du régime et de ses alliés à Idleb» et appelé à «une cessation immédiate des hostilités».

L’ONU par la voix d’un de ses porte-parole à Amman, David Swanson, fait part à l’AFP de sa «grande préoccupation après la récente reprise de la violence dans le nord-ouest de la Syrie.

Elle déplore «la poursuite sans relâche des affrontements, des bombardements et des frappes aériennes, y compris l’utilisation de barils d’explosifs à Idleb, dans l’ouest d’Alep et dans le nord de Hama, endommageant des écoles, des hôpitaux et d’autres infrastructures civiles essentielles, et empêchant l’aide humanitaire».

Depuis plusieurs jours, les forces prorégime ont progressé sur le terrain et espèrent reprendre la ville de Khan Cheikhoun, située sur l’autoroute qui traverse Idleb, reliant Damas à Alep (nord), toutes deux sous contrôle gouvernemental.

HTS contrôle depuis janvier la majorité de la province d’Idleb et des secteurs des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié, où des groupes rebelles sont présents.

La région d’Idleb a fait l’objet d’un accord sur une «zone démilitarisée» conclu en septembre 2018 par Ankara, parrain des rebelles, et Moscou. Mais celui-ci n’a été que partiellement appliqué, les jihadistes ayant refusé de se retirer.

Depuis avril, les raids du régime et de la Russie ont tué plus de 850 civils, d’après l’OSDH. Plus de 400 000 personnes ont été déplacées, selon l’ONU qui craint une «catastrophe» pour l’humanité.

D’après des correspondants de l’AFP, des dizaines de familles ont fui ces derniers jours vers le nord, à bord de camions chargés d’effets personnels.

Déclenchée en 2011 après la répression meurtrière par le régime de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370 000 morts et des millions de déplacés.

MONDE

Marathon en l’honneur des victimes du Mur de Berlin, tombé il y a 30 ans

BERLIN — Des centaines de coureurs ont entamé samedi un ultra-marathon de la mémoire sur les 160 km de tracé de l’ancien Mur de Berlin, à l’endroit même où patrouillaient autrefois des gardes armés, entre barbelés et miradors.

Symbole de la Guerre froide et de la séparation de l’Europe en deux blocs, l’espace où s’érigeait jadis le Mur de Berlin, tombé en novembre 1989, est désormais un lieu prisé de balade, une attraction touristique et artistique dont il ne reste que de rares vestiges.

Les sportifs se sont aussi approprié les vestiges du Mur, élevé en quelques jours à l’été 1961. Mais cet ultra-marathon, s’il représente un défi physique hors norme, est surtout l’occasion de se souvenir de ses victimes.

Pour sa 8e édition, quelque 500 participants de 32 nationalités différentes se sont élancés à 4h00 GMT. Les plus aguerris vont devoir courir toute la nuit de samedi avant de boucler l’épreuve aux premières heures de dimanche.

«Tu sais que tu vas avoir mal, il faut l’accepter et se dire “Je peux encore faire un pas de plus”», a confié avant le départ le coureur suédois Patrik Gullerstrom, 43 ans, qui a déjà participé quatre fois.

L’Israélien né en Russie Tom Shenbrun, 50 ans, raconte que son grand-père était soldat dans l’Armée rouge quand elle est entrée dans Berlin en 1945.

«En tant que juif, c’est quelque chose de très spécial. Vous sentez l’histoire tout au long du trajet (...) Vous pouvez comprendre comment (le Mur) a divisé une nation, des familles, des amis».

138 tués

L’itinéraire passe notamment par la Porte de Brandebourg et le mythique Checkpoint Charlie, mais aussi par de nombreux monuments dédiés aux 138 personnes tuées en tentant de passer à l’Ouest.

«Ce qui m’impressionne vraiment, c’est le nombre de participants, car l’histoire du Mur est importante pour eux», salue Nina Blisse, une organisatrice de la course. «Beaucoup ne le font pas pour courir vite, ils lisent chaque mémorial le long du parcours», dit-elle.

Les organisateurs ne lésinent pas sur les symboles pour inscrire la course dans une dimension historique.

Les inscriptions pour l’épreuve de 2020 seront par exemple ouvertes à 18h57 (16h57 GMT) le 9 novembre, pour marquer l’heure exacte à laquelle en 1989 la RDA communiste a levé l’interdiction de voyager, provoquant la chute du Mur.

Chaque année, l’une des 138 victimes est choisie pour un hommage particulier : son portrait figure sur la médaille de ceux qui parviennent au terme de la course et une cérémonie a lieu sur le parcours à l’endroit exact de sa mort.

Lors de la première édition en 2011, c’est ainsi la dernière victime du Mur, Chris Gueffroy, tué début 1989, qui avait été honorée. Dimanche, c’est sa mère qui remettra les médailles.

MONDE

Fusillade au Texas: des centaines d’anonymes accompagnent un veuf esseulé

EL PASO — Des centaines d’anonymes ont assisté aux funérailles d’une femme, sa mort dans la fusillade d’El Paso il y a deux semaines au Texas avait laissé son mari dans une solitude qui a profondément ému les Américains.

«C’est incroyable», a déclaré, en pleurant, Antonio Basco, alors qu’il serrait dans ses bras les nombreux inconnus venus lui présenter leurs condoléances vendredi soir, devant le cercueil couvert de fleurs de son épouse.

Lorsque Margie Reckard est tombée sous les balles du tireur qui a abattu 22 personnes dans un supermarché d’El Paso le 3 août, son époux de 61 ans a pensé qu’il devrait l’enterrer seul.

Marié depuis plus de vingt ans, l’époux endeuillé n’a «pas d’autre famille» pour l’assister dans ce deuil et avait donc demandé au funérarium de convier «tout le monde» à assister aux funérailles de son épouse.

«J’ignore ce qu’elle trouvait en moi (mais) nous avons passé ensemble des années merveilleuses, les plus belles années de toute ma vie», avait-il confié sur CNN.

Quelque 10 000 mots de condoléances et plus de 900 bouquets et couronnes de fleurs ont été envoyés, certains depuis l’Asie, selon le New York Times.

Et vendredi soir, environ 700 personnes ont attendu en pleine chaleur, dans une queue dévalant la rue, pour présenter leurs hommages.

Face à l’avalanche de soutiens, la cérémonie avait été déplacée dans un lieu plus spacieux que prévu au départ.

Un groupe de mariachis a rythmé la cérémonie au son de chansons mexicaines.

Si certains anonymes étaient venus de loin pour assister à la cérémonie, beaucoup étaient des habitants d’El Paso encore traumatisés par la fusillade meurtrière.

S’élevant sur les rives du Rio Grande, à la frontière avec le Mexique, la ville compte 680 000 habitants, dont 83 % sont Hispaniques.

Le tireur d’El Paso, un jeune homme blanc de 21 ans, a admis en garde à vue avoir voulu attaquer des «Mexicains».

MONDE

République Démocratique du Congo: la rougeole a fait plus de 2700 morts en sept mois

KINSHASA — Une épidémie de rougeole a provoqué plus de 2700 décès entre janvier et début août en République Démocratique du Congo (RDC), y faisant plus de morts en sept mois que la maladie Ebola en un an, a rapporté Médecins sans Frontières (MSF) dans un tweet consulté samedi par l’Agence France-Presse.

«L’épidémie de rougeole déclarée le 10 juin dernier est la plus meurtrière que la RDC ait connue depuis 2011-2012. Entre janvier et début août 2019, elle a infecté plus de 145 000 personnes et entraîné 2 758 morts», selon le tweet de MSF-RDC daté de vendredi.

«Malgré l’ampleur de l’épidémie de rougeole en RDC, il y a un manque alarmant d’acteurs et de fonds. Avec 2,5 millions de dollars mobilisés sur les 8,9 millions requis pour le plan de réponse, le contraste avec l’urgence #Ebola, qui attire des centaines de millions de dollars, est frappant», ajoute l’organisation médicale humanitaire.

MSF affirme combattre l’épidémie de rougeole dans 13 provinces de la RDC aux côtés des équipes locales du ministère congolais de la Santé. L’épidémie de rougeole est signalée dans 23 provinces sur 26 que compte le pays, avaient déclaré les autorités sanitaires en juin.

«Depuis le début de l’année, MSF a vacciné 474 863 enfants et pris en charge 27 439 patients», lit-on encore.

La rougeole atteint essentiellement les enfants à partir de l’âge de 5-6 mois et les jeunes adultes.

La maladie à virus Ebola a totalisé 1 905 décès depuis sa déclaration le 1er août 2018, selon le dernier bilan des autorités sanitaires congolaises datant de mercredi.

Mi-juillet, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait alerté sur le fait que l’épidémie de rougeole tuait presque autant que les deux autres épidémies réunies : celles d’Ebola et de choléra. La rougeole avait alors fait 1 981 morts, contre 1 676 pour Ebola et 279 pour le choléra.

MONDE

Hong Kong: les manifestants se préparent à un rassemblement de masse dimanche

HONG KONG — Les manifestants pro-démocratie se préparent à un rassemblement de masse dimanche à Hong Kong, qu’ils espèrent massif et pacifique, après avoir déjà défilé en grand nombre samedi dans les rues de l’ex-colonie britannique.

Principale manifestation du week-end, il s’agira d’un véritable test de la détermination des militants pro-démocratie comme de celle des autorités pro-Pékin.

L’appel à manifester dimanche a été lancé par le Front civil des droits de l’Homme, organisation non violente à l’origine des manifestations géantes de juin et juillet auxquelles ont pris part des centaines de milliers de personnes.

«La marche de dimanche devrait encore rassembler un million de personnes. Le peuple hongkongais ne peut pas être battu», a déclaré sur Facebook la députée prodémocratie Claudia Mo.

La police a donné son feu vert à ce rassemblement dans un grand parc de l’île de Hong Kong, mais a interdit aux manifestants de défiler dans la rue. Ce genre d’interdiction a presque systématiquement été ignoré par les manifestants ces dernières semaines, donnant lieu à des heurts avec les forces de l’ordre.

Les autorités justifient ces interdictions par les violences de plus en plus récurrentes lors des cortèges, les manifestants s’en prenant aux commissariats. Le mouvement ne plie pas, malgré l’arrestation de plus de 700 personnes en plus de deux mois de manifestations.

Née en juin du refus d’un projet de loi controversé autorisant les extraditions vers la Chine, la mobilisation a depuis élargi ses revendications pour demander notamment l’avènement d’un véritable suffrage universel, sur fond de crainte d’une ingérence grandissante de Pékin.

Monde

Pas d’incident majeur à Portland lors de manifestations des deux extrêmes

PORTLAND, Ore. — Aucun incident majeur n’avait été signalé samedi après-midi à Portland (ouest des États-Unis) lors d’un rassemblement d’extrême droite et d’une contre-manifestation d’extrême gauche faisant craindre des heurts violents aux autorités locales et au président américain Donald Trump, qui surveillait l’événement «de très près».

Après la dispersion des rassemblements à la mi-journée, de petits groupes d’extrémistes des deux bords ont échangé des quolibets et quelques coups accompagnés de gaz au poivre, selon plusieurs témoignages.

La police de Portland a fait état d’au moins treize interpellations, mais personne n’a été sérieusement blessé, selon une porte-parole.

«On surveille Portland de très près. On espère que le maire pourra bien faire son travail!», a tweeté Donald Trump.

«Sérieuse réflexion engagée sur la possibilité de désigner les ANTIFA comme une +organisation terroriste+», a ajouté, sans plus de précisions, le président républicain à propos des groupes radicaux d’extrême gauche se réclamant de «l’antifascisme».

Plusieurs organisations d’extrême droite avaient appelé à un rassemblement samedi dans la plus grande ville de l’État d’Oregon, bastion progressiste de la côte ouest américaine. Leur mot d’ordre était «Mettre fin au terrorisme intérieur», en référence aux groupes radicaux d’extrême gauche avec lequel ils se sont déjà physiquement affrontés ces derniers mois à Portland.

Des groupes d’extrême gauche, comme le Rose City Antifa considéré comme le plus ancien groupe «antifa» du pays, ont organisé une contre-manifestation, à laquelle se sont joints de nombreux habitants protestant contre la présence de mouvements ultra-nationalistes dans leur ville.

Ces événements, non autorisés, ont rassemblé de part et d’autre «plusieurs centaines de personnes dans le centre-ville» selon la police de Portland.

Pont et rues fermés, policiers anti-émeutes lourdement équipés et maniant de longues matraques, agents à vélo sillonnant les rues, bateaux sur la rivière Willamette divisant la ville : les forces de l’ordre ont déployé d’importants moyens pour s’interposer entre les deux groupes et empêcher les affrontements tout au long de la journée.

D’un côté, on trouvait des drapeaux américains brandis par un mélange de militants d’extrême droite comme les Proud Boys, considérés comme racistes par certains experts, et de partisans plus classiques du président Donald Trump, souvent coiffés de casquettes rouges «Make America Great Again», le slogan de M. Trump lors de la campagne présidentielle de 2016.

De l’autre, une troupe hétéroclite de jeunes au visage parfois masqué, entièrement vêtus de noir, côtoyant de simples habitants de Portland, pour certains déguisés en licorne ou en banane.

En début de journée, la police avait indiqué avoir saisi des vaporisateurs répulsifs contre les ours, des boucliers artisanaux, des bâtons et même des tringles à rideaux.

Le maire démocrate de la ville, Ted Wheeler, a promis une tolérance zéro face à d’éventuels actes de vandalisme ou de violence.