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Monde

Les avocats de Trump présentent leur défense contre la destitution

WASHINGTON — Les avocats de Donald Trump ont présenté samedi leur ligne de défense à trois jours de l’ouverture des débats au procès en destitution du président des États-Unis, une procédure qu’ils jugent inconstitutionnelle et «dangereuse».

C’est la première fois depuis que l’équipe de défense a été annoncée vendredi par la Maison-Blanche qu’elle présentait ses arguments, calqués sur ceux avancés depuis septembre par Donald Trump et les républicains.

Dans une première «réponse» écrite à l’acte d’accusation dressé par la Chambre des représentants avec les seules voix démocrates, les avocats de Donald Trump estiment qu’il s’agit d’«une dangereuse attaque contre le droit des Américains à choisir librement leur président».

«C’est une tentative effrontée et illégale de renverser les résultats de l’élection de 2016 et d’interférer avec l’élection de 2020, à quelques mois de celle-ci», ajoutent les avocats, Jay Sekulow et Pat Cipollone.

Le milliardaire républicain est formellement accusé d’avoir abusé de son pouvoir en réclamant de l’Ukraine qu’elle enquête sur son adversaire politique Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de novembre. Selon l’acte d’accusation, il a fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky en conditionnant une invitation à la Maison-Blanche et une aide militaire cruciale à Kiev à l’annonce de ces enquêtes.

Ensuite, il est accusé d’avoir fait entrave à l’enquête menée par la Chambre des représentants, en refusant toute coopération gouvernementale.

«L’acte d’accusation est constitutionnellement irrecevable» et «ne comporte aucun crime ou violation de la loi», affirment les deux juristes.

La réponse des avocats de Donald Trump aborde également le fond du dossier. Ils estiment ainsi que le président Trump avait finalement rencontré son homologue ukrainien en septembre à l’ONU, et que l’aide militaire avait été débloquée - même si, entre-temps, un lanceur d’alerte à l’intérieur de l’administration avait déclenché l’affaire.

«Preuves écrasantes»

Il n’y a donc eu aucun donnant-donnant imposé à Kiev par l’ex-homme d’affaires new-yorkais, considèrent-ils.

Pat Cipollone, avocat de la Maison-Blanche, dirigera l’équipe de défense, a annoncé vendredi la présidence. Il sera secondé par Jay Sekulow, avocat personnel de Donald Trump.

Mais le camp présidentiel a également annoncé l’arrivée dans cette équipe de l’ex-procureur Kenneth Starr, acteur central de l’affaire Lewinsky et du procès en destitution de l’ancien président Bill Clinton, et du constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui fut l’un des avocats d’O.J. Simpson.

Dans le même temps, les démocrates de la Chambre des représentants ont eux aussi soumis samedi au Sénat leur argumentaire avant l’ouverture mardi des débats au procès du président américain.

Ils y reprennent les principaux éléments de l’acte d’accusation qu’ils ont voté à la fin de l’année dernière. Et ils estiment que la conduite de Donald Trump aurait été «le pire cauchemar» des concepteurs de la Constitution américaine.

Ils y appellent le Sénat à «éliminer la menace que le président fait peser pour la Sécurité nationale de l’Amérique».

«Le dossier contre le président des États unis est simple, les faits sont incontestables, et les preuves écrasantes», écrivent les élus démocrates qui mèneront l’accusation devant le Sénat contre Donald Trump.

Le procès contre Donald Trump s’est formellement ouvert jeudi avec la prestation de serment des sénateurs qui ont juré d’être impartiaux. Il entrera dans le vif du sujet mardi, avec une première confrontation des arguments.

Donald Trump est le troisième président de l’Histoire des États-Unis à subir l’affront d’un procès en destitution.

Monde

Australie : les agriculteurs comptent leurs plaies

ÎLE KANGOUROU — Après les terribles incendies sur l’île Kangourou qui ont dévasté ce sanctuaire naturel australien, Rick Morris a dû affronter une épreuve supplémentaire en tant qu’agriculteur et se résoudre à enterrer 400 de ses moutons morts dans son exploitation en flammes.

Et encore, «nous comptons parmi ceux qui ont eu de la chance», observe-t-il.

Les gigantesques incendies qui sévissent depuis septembre en Australie ont fait 28 morts, dont deux sur l’île Kangourou dans l’État d’Australie-Méridionale, et dévoré 10 millions d’hectares soit une superficie supérieure à celle de la Corée du Sud ou du Portugal.

Une bonne partie des vastes étendues brûlées servaient de pâturages à des troupeaux de bovins et d’ovins.

Le cheptel australien dépasse 100 000 têtes de bétail dont au moins 43 000, sur l’île Kangourou, selon les estimations officielles. Et les agriculteurs comme Rick Morris, avec son exploitation de 930 hectares, ont subi trois incendies en à peine dix jours.

«Nous avons pu voir toute l’étendue de la colère de Mère Nature», confie à l’AFP Rick Morris qui est également président de la Chambre d’agriculture de l’île.

Du foin par hélicoptères

Le feu a balayé «l’île depuis le côté sud jusqu’au côté nord et n’a fait aucun quartier entre les deux», observe-t-il. «Je suis étonné qu’il n’y ait pas eu davantage de gens tués».

L’armée australienne, qui a déployé 3000 hommes pour contribuer aux secours dans les zones affectées du pays, a transporté par avion des pompiers sur l’île Kangourou. Elle a aussi largué par hélicoptères des balles de foin à des agriculteurs de l’île coupés du monde.

Pour le général Damian Cantwell, qui commande la force conjointe de lutte contre les incendies en Australie-Méridionale, l’île Kangourou a «un long chemin devant elle» pour récupérer.

«J’ai vu un niveau de destructions qui me surprend encore», déclare-t-il à l’AFP. «Beaucoup d’agriculteurs sont dans la détresse, beaucoup d’habitants souffrent, certaines familles ont tout perdu et se débattent pour savoir ce qu’elles vont pouvoir faire».

«Il n’y a pas de date de fin pour cette mission et c’est très important que personne […] ne se demande quand cela va se terminer», ajoute-t-il.

Les activités agricoles sur l’île Kangourou représentent 150 millions de dollars australiens (135 millions $)) de chiffre d’affaires.

L’agriculture est le principal employeur de l’île et les feux laisseront une trace durable, souligne un agronome local, Daniel Pledge.

Selon lui, les paysans devront acheter de la nourriture supplémentaire pour leur bétail, des semences pour leurs parcelles incendiées. En outre, leurs bêtes seront moins fertiles en raison du stress enduré.

«C’est un effet boule de neige que nous ne pouvons pas mesurer et, à dire vrai, nous sommes très inquiets pour notre économie locale», déclare-t-il à l’AFP. «Pour certains individus, ces effets pourraient perdurer durant cinq ans et c’est long».

Les agriculteurs australiens ont déjà subi une sécheresse prolongée qui a pesé sur l’accès à l’eau dans le sud-est du pays. Pour Fiona Simpson, qui préside la Fédération nationale des agriculteurs, tous les agriculteurs australiens sont sous tension.

«Brûlés, pas brisés»

«Que ce soit la sécheresse ou les incendies récents, les conditions d’aridité poussent à bout beaucoup de nos agriculteurs», dit-elle. «La situation s’aggrave de jour en jour et il n’y a aucun signe d’amélioration».

Le gouvernement a promis une aide immédiate aux agriculteurs de 75 000 dollars australiens (67 546$), puisée dans les 2 milliards (1,8 milliard $) sur deux ans affectés à un fonds national de soutien à la reconstruction.

Cette aide sera bienvenue sur l’île Kangourou, estime Rick Morris. En attendant, il garde enfermé son troupeau qui compte encore 4500 bêtes, jusqu’à ce que le feu ne menace plus.

«Nous les nourrissons à la main avec tous les nutriments dont ils ont besoin et ce sera comme ça jusqu’en avril ou, mai à l’arrivée espérée de la pluie», explique-t-il.

Durement atteints psychologiquement et financièrement, les agriculteurs de l’île devraient voir disparaître certaines exploitations, mais beaucoup se tournent quand même déjà vers l’avenir. À l’instar de Rick Morris, qui se veut optimiste: «quand ces feux vont cesser, nous pourrons nous regrouper et avancer tous ensemble», assure-t-il. «Nous avons été brûlés, pas brisés».

Monde

Trump raconte la frappe contre Soleimani : un compte à rebours et puis «boum»

WASHINGTON — Des caméras «à des kilomètres dans le ciel», un compte à rebours et puis «boum» : Donald Trump a raconté les derniers instants du puissant général iranien Qassem Soleimani, tué par l’armée américaine dans une frappe qui a «secoué le monde».

Ce récit, le président des États-Unis l’a livré vendredi soir à des donateurs du Parti républicain réunis dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, pour l’un des nombreux dîners privés de collecte de fonds qu’il enchaîne.

La chaîne CNN a diffusé samedi un enregistrement sonore qu’elle s’est procuré, dans lequel on entend le milliardaire parler du haut gradé des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, éliminé le 3 janvier à l’aéroport de Bagdad avec son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis.

«Il était censé être invincible», a-t-il lancé.

Selon lui, avant la frappe qui l’a visé dans la capitale irakienne, «il disait des mauvaises choses sur notre pays». «Il disait, genre, “nous allons attaquer votre pays, nous allons tuer vos gens”. J’ai dit : “combien de temps est-ce qu’on doit encore écouter cette merde ?”»

Donald Trump a ensuite reproduit la scène, imitant les militaires qui s’adressaient à lui alors qu’il suivait l’opération en simultané depuis les États-Unis.

«Ils ont dit : “Monsieur — et vous savez, ça vient de caméras à des kilomètres dans le ciel. Ils sont ensemble, Monsieur […] Ils ont deux minutes et onze secondes à vivre. Ils sont dans la voiture. Ils sont dans un véhicule blindé qui est en marche. Monsieur, ils ont environ une minute à vivre, Monsieur... 30 secondes, 10, 9, 8... Et puis soudain, boom. Ils ne sont plus là, Monsieur.”»

Le président américain s’est réjoui d’en avoir éliminé «deux pour le prix d’un» — Qassem Soleimani et Abou Mehdi al-Mouhandis.

Il a reconnu que la frappe avait «secoué le monde», mais, a-t-il dit, «il méritait qu’on le frappe durement». «Parce qu’il était méchant, il a tué […] des centaines de milliers de personnes et des milliers d’Américains», a-t-il ajouté au sujet du général iranien.

L’Iran a riposté quelques jours plus tard en tirant des missiles contre des cibles américaines en Irak, sans toutefois faire de morts. Dans le sillage de ces représailles, l’armée iranienne a toutefois abattu «par erreur» un avion de ligne ukrainien au départ de Téhéran, tuant 176 personnes.

Monde

Liban : 100 blessés dans des heurts entre manifestants et forces de l’ordre

BEYROUTH — Cent personnes ont été blessées samedi à Beyrouth dans des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, parmi les plus violents depuis le début il y a trois mois du mouvement de contestation contre une classe politique accusée de corruption et d’inertie.

La colère populaire a été exacerbée par une dégradation rapide ces dernières semaines de la situation socioéconomique et l’incapacité des autorités à former un gouvernement, plus de deux mois après la démission du premier ministre Rafic Hariri.

Les violences ont commencé devant l’une des principales entrées du Parlement, au coeur de Beyrouth, lorsque des contestataires s’en sont pris aux membres de la police anti-émeute, stationnés derrière des barricades et des barbelés.

Les manifestants, certains au visage masqué, ont lancé différents projectiles, notamment des pierres, des poteaux de signalisation et des branches d’arbres. Quelques-uns ont tenté de franchir les barbelés.

«La colère est la solution»

La police anti-émeute a dispersé la foule au moyen de canons à eau avant de recourir à des tirs de gaz lacrymogène.

Selon la Croix-Rouge libanaise, 100 personnes ont été blessées durant les affrontements, dont 40 ont été transportés vers des hôpitaux de la ville.

Les heurts se poursuivent en début de soirée. Retranchés dans les rues aux alentours du Parlement, les manifestants lancent des pierres et des feux d’artifice sur les forces de l’ordre.

Des inconnus ont mis le feu aux tentes dressées par les contestataires depuis le début du mouvement près de la place des Martyrs, au centre-ville de Beyrouth.

Une manifestation était initialement prévue samedi près du Parlement, vers lequel devaient converger plusieurs marches parties depuis différents points de la capitale. Mais la situation a dégénéré avant l’arrivée des groupes de protestataires.

De part et d’autre de l’artère menant à l’entrée du Parlement, des vitres de panneaux publicitaires ont été brisées, selon un photographe de l’AFP, qui a fait état de cas d’évanouissement parmi la foule sous l’effet des tirs de gaz lacrymogène.

«Je suis là parce qu’après 90 jours dans la rue, ils continuent de se disputer les parts (du gâteau) au sein du gouvernement sans se soucier» du peuple, a déploré Maya, une manifestante de 23 ans.

«La colère populaire est désormais la solution», a-t-elle martelé.

Crise économique

Dans un communiqué sur Twitter, les forces de sécurité intérieure (FSI) ont déploré des actes «violents» appelant les «manifestants pacifiques à quitter les lieux urgemment pour leur propre sécurité».

Ces derniers jours, les protestataires ont ciblé les banques, accusées de complicité avec le pouvoir, attaquant plusieurs branches dans le quartier de Hamra dans la capitale.

Des dizaines de personnes ont été arrêtées mardi et mercredi puis relâchées. Des dizaines d’autres ont été blessées durant les deux nuits de violences, selon la Croix-Rouge libanaise.

Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont déploré des «arrestations arbitraires» et un «niveau inacceptable de violence» exercée à l’égard des manifestants.

La contestation réclame depuis le début du mouvement un gouvernement formé de technocrates et de personnalités indépendantes du sérail politique traditionnel.

Mais les tractations trainent en longueur depuis la nomination le 19 décembre d’un nouveau Premier ministre, sur fond de divergences sur le partage des portefeuilles au sein même des partis politiques ayant appuyé sa nomination, ce qui a attisé la colère de la rue.

Face à l’impasse, la contestation a connu un regain cette semaine après une période d’essoufflement. La colère a été exacerbée par une détérioration rapide des conditions de vie et des restrictions draconiennes imposées aux retraits par les banques.

Le Liban croule sous une dette avoisinant les 90 milliards de dollars (81 milliards d’euros), soit plus de 150% de son PIB, et la Banque mondiale a averti en novembre que le taux de pauvreté pourrait en arriver à englober 50% de la population, contre le tiers à l’heure actuelle.

De plus, la monnaie nationale a perdu de sa valeur sur le marché parallèle -2500 livres pour un $US contre un taux officiel de 1507 livres/dollarUS.

Monde

Dernière Marche des femmes avant l'élection présidentielle américaine

WASHINGTON — Quelques milliers de manifestants et manifestantes se sont réunis samedi à Washington pour la quatrième édition de la «Marche des femmes», ce rendez-vous annuel de protestation contre la politique de Donald Trump et de lutte pour le droit des femmes et des minorités.

«Je suis encore plus scandalisée que je l’étais il y a trois ans», a écrit sur une pancarte Kim Elliott, une habitante de Washington d’une quarantaine d’années.

«On savait tous que Trump allait être horrible, et il est encore pire, on ne réalise même pas à quel point», a-t-elle expliqué à l’AFP à côté de sa fille de sept ans, qui participait, avec enthousiasme, à sa première Marche des femmes.

Comme elles, une petite foule de femmes de 7 à 77 ans, féministes affirmées venues entre amies ou en famille et vêtues du bonnet rose emblématique de ces marches, chantaient derrière la Maison-Blanche, dans le froid et sous de fins flocons de neige.

En 2017, ce défilé avait eu lieu pour sa première édition au lendemain de la cérémonie de prestation de serment du magnat de l’immobilier new-yorkais, et avait marqué la première grande réaction de la société civile à son accession au pouvoir.

Les manifestants et manifestantes étaient près de 500 000 à Washington et des millions à travers le pays pour dénoncer sa victoire face à Hillary Clinton, acquise malgré les polémiques sur son attitude vis-à-vis des femmes.

Trois ans plus tard, la foule est clairsemée sur la petite place de la capitale américaine d’où s’élance la marche et à peine 6000 personnes disaient participer à l’événement sur Facebook.

«J’ai vu des cabinets plus malins chez Ikea», «La place d’une femme est à la Chambre... et au Sénat»: les messages politiques rivalisaient d’humour, malgré la gravité des thèmes abordés.

À l’année prochaine ?

Lauren Sloniger, une habitante de la banlieue de Washington de 26 ans, a décidé de jouer sur l’ironie générationnelle en adressant sur sa pancarte un «OK Boomer», («Cause toujours le baby-boomer», en français) au président Donald Trump, 73 ans, qui a assuré n’avoir «rien fait de mal» dans l’affaire qui lui vaut un procès en destitution au Congrès.

Le message qu’elle veut envoyer au milliardaire républicain: «On a vu ce que t’as fait, on va te dénoncer».

Des rassemblements avaient lieu dans d’autres villes américaines, dont New York, où deux milliers de personnes se sont rassemblées à Times Square. Elles ont notamment écouter Evelyn Yang, la femme du candidat à la primaire démocrate Andrew Yang qui a raconté récemment dans les médias avoir été agressée sexuellement par son médecin lors de sa grossesse.

«Peu importe qui est le candidat qui sera face à Donald Trump, cette personne devra faire du droit des femmes une priorité pour aider notre grande nation», explique Rebecca Snell, une jeune femme habillée en noir et portant un bonnet rouge pour interpréter «Le violeur, c’est toi», la chorégraphie chilienne devenue hymne international contre les violences faites aux femmes.

«C’est encore pire que ce qu’on imaginait», soupire pour sa part Catherine Stevens, 57 ans, qui a fait le long trajet en train de Boston à Washington pendant la nuit.

«J’ai des amis conservateurs qui sont horrifiés par les attaques contre ‘Roe v. Wade’», l’arrêt de la Cour suprême qui a légalisé l’avortement en 1973 et qui est fragilisé depuis l’arrivée au pouvoir de M. Trump, explique-t-elle.

Alors qu’elle s’interroge sur une forme de «complaisance» des participants qui expliquerait l’essoufflement de la mobilisation, les organisateurs, sur scène, remercient les manifestants présents malgré les conditions météo défavorables pour «leur engagement, leur ardeur, leur insolence et leur ténacité».

Tout le monde s’accorde en tout cas sur le même point : si Donald Trump est réélu en novembre, le mouvement reprendra comme jamais.

Monde

Harry et Meghan renoncent à leurs titres royaux

LONDRES — Le prince Harry et son épouse Meghan vont renoncer à leur titre d’altesse royale et cesseront de recevoir des fonds publics après leur décision de se mettre en retrait de la famille royale, a annoncé samedi dans un communiqué le palais de Buckingham, mettant fin à 10 jours de crise.

«Le duc et la duchesse de Sussex n’utiliseront plus leur titre d’altesse royale étant donné qu’ils ne sont plus des membres actifs de la famille royale», précise le palais. «Ils ne rempliront plus d’obligations royales» et «ne peuvent plus formellement représenter la reine», ajoute le texte. Ils garderont toutefois leur titre de duc et duchesse de Sussex.

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Monde

L’ex-procureur de l’affaire Lewinsky défendra Trump

WASHINGTON — L’ex-procureur Kenneth Starr, acteur central de l’affaire Lewinsky, et le constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui a été l’avocat d’O.J. Simpson, feront partie de l’équipe de défense de Donald Trump dans son procès en destitution.

Si la Maison-Blanche avait décidé de ne pas participer à l’enquête sur la mise en accusation du président, conduite à la Chambre des représentants où les démocrates sont majoritaires, elle sera donc représentée en force devant le Sénat, dominé par les républicains.

L’objectif est double : l’acquittement, bien sûr, mais aussi une victoire dans la guerre de communication qui se jouera à l’extérieur de la vénérable Chambre haute, avec en ligne de mire l’élection du 3 novembre 2020.

Le 45e président des États-Unis est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Alan Dershowitz a défendu nombre de célébrités au fil des années. Il a en particulier été l’avocat du financier Jeffrey Epstein, accusé d’avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures et qui a été retrouvé mort en prison en août 2019.

Interrogé sur SiriusXM, Alan Dershowitz a tenu à minimiser son rôle et à prendre ses distances : «Je pense que c’est aller trop loin que de dire que je suis un membre de l’équipe Trump.»

«On m’a demandé de présenter mes arguments constitutionnels contre la destitution. Je serai présent pour une heure et c’est tout», a-t-il ajouté.

«Vous vous foutez de ma gueule?»

Kenneth Starr, dont le nom a fait le tour du monde dans les années 90 en raison de son enquête, en tant que procureur spécial, sur la liaison du président Bill Clinton avec Monica Lewinsky, a depuis exercé comme avocat, professeur ou recteur d’université.

«C’est clairement le genre de journée où tu te dis : “Vous vous foutez de ma gueule?” a réagi sur Twitter l’ancienne stagiaire de la Maison-Blanche, à l’annonce, par les médias américains, du futur rôle de l’ancien procureur.

Habitué des plateaux de télévision, Kenneth Starr a souligné à diverses reprises que la mise en accusation de Donald Trump n’était pas fondée, par contraste selon lui avec celle de Bill Clinton, qui avait été accusé d’avoir menti sous serment.

Interrogé en 1999 sur Kenneth Starr à l’issue de la mise en accusation de Bill Clinton, Donald Trump l’avait qualifié de «cinglé».

«Nous sommes prêts!»

L’équipe rapprochée de Donald Trump martèle que tout est en place pour un procès dont il sortira, assure-t-elle, renforcé.

«Nous sommes prêts!» affirmait il y a quelques jours Kellyanne Conway, très combative conseillère du président. «Nous avons une équipe de défense en place» et elle n’hésitera pas à «passer à l’offensive».

C’est Pat Cipollone, avocat de la Maison-Blanche, qui sera en première ligne.

Plutôt discret, peu habitué des plateaux de télévision, ce fils d’immigrés italiens ayant grandi dans le Bronx, fervent catholique et père de 10 enfants, a peu de choses en commun avec le tempétueux magnat de l’immobilier.

«Il est du genre solide et silencieux», soulignait Donald Trump il y a quelques semaines lors d’une cérémonie à la Maison-Blanche, ne tarissant pas d’éloges sur «Pat» et son «équipe extraordinaire».

Il va devoir s’adapter à un nouveau rôle, en pleine lumière, devant les sénateurs et des millions de téléspectateurs.

Il s’est jusqu’ici surtout fait remarquer par sa plume incisive : c’est lui qui a rédigé les courriers dénonçant la procédure de mise en accusation du président, à la tonalité très agressive et où l’on sentait le souffle de Donald Trump.

Après un courrier particulièrement offensif daté du 15 mai 2019, il s’était attiré les foudres de Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants. «Cette lettre qui a été envoyée depuis la Maison-Blanche était une blague, indigne de la présidence des États-Unis [...]. Honte à eux», avait-elle lancé.

Jay Sekulow, avocat personnel de Donald Trump, sera également de la partie. Il avait représenté le milliardaire dans l’enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, menée par le procureur spécial Robert Mueller. Il est aussi en première ligne dans le combat judiciaire que mène le président pour ne pas rendre publiques ses déclarations d’impôt.

Monde

Mystérieuse pneumonie en Chine: de nouveaux cas signalés

PÉKIN — La mystérieuse pneumonie virale apparue dans le centre de la Chine a contaminé au moins 45 personnes ont indiqué samedi les autorités sanitaires, alors que deux patients sont morts de problèmes respiratoires et que quelques cas se déclarent à l’étranger.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus.  Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume) mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère).

La totalité des cas chinois ont été signalés depuis le mois dernier à Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants qui est aussi un important point de passage pour les déplacements dans le pays.

Au total, au moins 45 malades ont été recensés, soit quatre cas supplémentaires par rapport au précédent bilan, a indiqué la Commission municipale de l’hygiène et de la santé.  

Parmi eux, 15 ont pu sortir de l’hôpital et cinq sont toujours dans un état grave.  

Ce virus suscite des inquiétudes croissantes après le décès mercredi en Chine d’un second patient, un homme de 69 ans, tombé malade le 31 décembre. Il avait vu son état de santé s’aggraver cinq jours plus tard.

Cette pneumonie alimente les craintes d’une réapparition d’un virus de type Sras, hautement contagieux, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003. L’enquête des autorités chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients travaillaient sur un marché de la ville spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons.

La municipalité a pris plusieurs mesures, ordonnant en particulier la fermeture du marché concerné, où des opérations de désinfection se poursuivent, ont précisé samedi les autorités sanitaires.

Pour l’heure, la Chine n’a annoncé aucune restriction aux déplacements dans le pays à l’approche des festivités du Nouvel An lunaire (25 janvier), une période sensible pendant laquelle des centaines de millions de Chinois empruntent autocars, trains et avions pour aller passer les fêtes en famille.

D’autres cas de cette mystérieuse pneumonie ont été détectés à l’étranger : deux en Thaïlande et un au Japon. Les autorités de ces deux pays affirment que les patients s’étaient rendus à Wuhan avant leur hospitalisation.  

Monde

Cantines scolaires: Trump s’attaque au programme de Michelle Obama

WASHINGTON — Pizzas et frites pourraient reprendre toute leur place dans les cantines scolaires américaines, l’administration Trump voulant de nouveau revenir sur le programme initié par Michelle Obama pour promouvoir des repas plus sains dans les écoles.

Le ministre américain de l’Agriculture Sonny Perdue a présenté vendredi une proposition de réforme fédérale pour « assouplir » le programme de l’ex-première dame, qui fête ce même jour son 56e anniversaire.

Partant du constat que les élèves jettent la nourriture qui leur est proposée si elle n’est pas « appétissante », il propose par exemple non de rayer les légumes du menu, mais de les présenter sous forme de frites.

« Les écoles et académies scolaires nous disent qu’il y a encore trop de gaspillage alimentaire et qu’une plus grande flexibilité de bon sens est nécessaire pour fournir aux élèves des repas nutritifs et appétissants », justifie le ministre dans un communiqué.

Il propose ainsi, entre autres, d’offrir à 100 000 écoles et 30 millions d’élèves « plus de variétés de légumes », ainsi que des « menus à la carte ».

Les organisations liées à la santé sont immédiatement montées au créneau.

« L’administration Trump poursuit son assaut sur la santé des enfants sous le prétexte de “simplifier” les menus scolaires », a dénoncé dans un communiqué le responsable juridique du Centre pour la science dans l’intérêt public, Colin Schwartz.

Cela « (permettra) aux enfants de choisir des pizzas, hamburgers, frites, et autre nourriture riche en calories, saturée en graisses, au lieu d’avoir des menus scolaires équilibrés chaque jour », a-t-il alerté.

Pour beaucoup d’écoliers des quartiers pauvres, il s’agit du seul repas possiblement équilibré de la journée.

« Il ne s’agit pas seulement de ce qu’il y a dans l’assiette, mais également de la manière dont c’est préparé », a également regretté Nancy Roman, présidente du Partenariat pour une Amérique en meilleure santé, citée dans le Washington Post.

« Les jeunes enfants ont particulièrement besoin d’être exposés aux fruits et légumes non transformés, faciles à manger », a-t-elle ajouté.

L’initiative de Michelle Obama, adoptée en 2012, avait été jugée cruciale pour lutter contre l’obésité infantile, dans un pays où près d’un enfant ou adolescent sur cinq est en surpoids. Elle mettait des restrictions sur les quantités de sel et les laits sucrés et imposait d’augmenter les céréales complètes dans les repas scolaires.

Elle avait déjà été affaiblie par une première règlementation votée en 2018 par l’administration Trump.

Autour du globe, 18 janvier 2020

Monde

France : face à face tendu entre touristes et grévistes bloquant le Louvre

PARIS — «Les touristes avec nous!» scandent les grévistes bloquant vendredi à Paris l’entrée du Louvre, musée le plus fréquenté au monde, pour manifester leur opposition à un projet de réforme des retraites.

«Honte à vous !», répondent furieux des visiteurs, venus en majorité de l’étranger et de province.

Avec des slogans comme «Grève, blocage, Macron, dégage» et «on ira jusqu’au retrait» du projet gouvernemental, plus d’une centaine de manifestants ont bloqué vendredi l’entrée de la Pyramide du Louvre en agitant des drapeaux. Ils appellent les touristes massés devant les barrières de sécurité à s’associer au mouvement : «les touristes avec nous !»

Mais ceux-ci, pour beaucoup venant de l’étranger, expriment surtout colère et incompréhension. Derrière des barrières de sécurité, certains lancent des injures à l’encontre des grévistes, beaucoup huant les manifestants. Une femme dans tous ses états, hurle «liberté, liberté !»

«On va foncer sur eux, on est plus nombreux», éclate un homme rouge de colère venu de Bourgogne, dans le centre-est de la France, tandis que, devant l’entrée vitrée du musée, micro à la main, une syndicaliste proclame : «la lutte s’élargit, la lutte s’amplifie.»

Marie, arrivée de Caen (Nord-Ouest) pour voir avec son mari la grande exposition Léonard de Vinci, exprime son grand dépit avec humour :  «On est venu par le train, on a tout réservé en octobre, notre train a été supprimé, donc on a racheté un autre billet parce que ce n’était pas facile pour faire l’échange. Ce soir on a un hôtel à payer, tout ça pour voir Léonard, qu’on ne verra pas !»

À côté, Lucien ne comprend pas : «de Bruxelles, je suis venu à la journée pour Léonard. Il y a plein de véhicules de CRS, les grévistes sont peu nombreux», dit-il, dépité qu’ils n’interviennent pas.

«Beaucoup de gens viennent de partout pour cette exposition. J’aime la France, mais cette fois je la déteste. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas des policiers qui font leur travail», dit Mila, venue d’Espagne.

Et un touriste chinois de qualifier les grévistes d’»égoïstes» : «on est égoïste si on fait la grève en empêchant d’autres. On doit choisir une meilleure voie.»

L’intersyndicale justifie son action, qui a abouti à la fermeture du musée pour la première fois depuis le 5 décembre, début du mouvement de contestation de la réforme des retraites, par «les conditions des agents du musée qui se dégradent de jour en jour» évoquant «pertes d’effectifs», «précarité» et «désengagement de l’État».

«Pas vital»

Un des manifestants, Dominique, se défend des critiques des touristes, en affirmant avoir aussi reçu d’eux des soutiens. «Notre action ne va tuer personne. Visiter le Louvre ce n’est pas vital. On défend nos droits, on a des enjeux plus forts». Il explique que certains syndicalistes sont venus, «en solidarité», de l’extérieur. Une banderole «Profs en grève» flotte au milieu des drapeaux.

«Ce lieu, il faut beaucoup de travailleurs pour l’entretenir... Les toilettes de ces touristes, il faut bien les laver ! Avec quelle retraite vont finir ceux qui s’en chargent», s’exclame Dominique.

«C’est au coeur même de la Pyramide du Louvre, où Emmanuel Macron a choisi de consacrer son investiture, que se hisse contre lui un front d’opposition syndical contre ses orientations désastreuses en matière de retraite», a écrit l’intersyndicale CGC-CGT-FSU-SUD dans un communiqué.

En début d’après-midi, le Louvre n’excluait pas une réouverture si le blocage cessait, notamment en raison de la nocturne prévue jusqu’à 22h. Les visiteurs sont tenus informés sur les sites internet et les réseaux sociaux. Tous ceux qui avaient un billet seront remboursés.

Mais pour Léonard de Vinci, il sera difficile de retrouver des places pour ceux ayant réservé pour ce jour, les réservations étant déjà très pleines, reconnaît la direction.

Le Louvre a reçu l’an dernier 9,6 millions de visiteurs, dont 75 % d’étrangers, Américains, Chinois et Européens en tête.

Monde

Un dessin du XIVe siècle représentant Venise découvert

ROME - La récente découverte d’une vue de Venise remontant au XIVe siècle, un dessin considéré comme la plus ancienne représentation de la ville connue à ce jour, montre l’intérêt qu’a exercée très tôt la Cité des Doges sur ses contemporains.

Le dessin, découvert par l’historienne Sandra Toffolo, de l’université écossaise de St Andrews, fait partie d’un manuscrit racontant le voyage de Niccolò da Poggibonsi, un pèlerin italien qui s’est rendu à Jérusalem au cours de la période 1346-1350.

«La découverte de cette vue de la ville a de grandes conséquences pour notre connaissance des représentations de Venise, car elle montre que la ville exerçait déjà très tôt une grande fascination sur ses contemporains», a expliqué Sandra Toffolo dans un communiqué, annonçant la découverte, publié sur le site de St Andrews début janvier.

Outre Venise, le pèlerinage de Niccolò da Poggibonsi l’a conduit en Terre Sainte, à Damas ainsi qu’au Caire et Alexandrie en Egypte.

Sa description écrite de Venise est accompagnée d’un dessin à la plume de la cité lacustre où l’on reconnaît des églises, des gondoles et des canaux dessinés.

Le manuscrit, aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de Florence, a probablement été réalisé peu après son retour en Italie en 1350.

Spécialisée dans l’histoire de Venise à la Renaissance, Mme Toffolo a découvert l’image en mai 2019 au cours de recherches à la bibliothèque florentine dans le but de réaliser une monographie sur la cité lacustre à cette époque, à paraître en 2020, a précisé l’université écossaise de St Andrews.

En découvrant l’image, l’historienne a réalisé que cette vue de Venise était antérieure à toutes celles de la ville connues auparavant — même si des cartes et portulans (cartes de navigation utilisée du XIIIe au XVIIIe siècle) de la ville avaient pu être réalisées antérieurement.

La plus ancienne carte de Venise a été réalisée par Fra Paolino, un frère franciscain de Venise, et date d’environ 1330, selon St Andrews.

Piqûres d’épingles

Depuis sa découverte, Sandra Toffolo a passé les derniers mois à étudier le dessin en consultant des livres, des manuscrits et des articles.

L’universitaire a notamment découvert sur le dessin original une série de petites piqûres qui suggère également que la vue de Venise a été plus largement diffusée.

Cette technique était utilisée à la Renaissance pour copier les images grâce à de la poudre qui était tamisée à travers les piqûres d’épingle sur une autre surface, transférant ainsi les contours de l’image.

«La présence de ces piqûres d’épingle est une forte indication que cette vue de la ville a été copiée», explique Sandra Toffolo.

«En effet, il y a plusieurs images dans les manuscrits et les premiers livres imprimés qui sont clairement basées sur l’image du manuscrit à Florence», précise l’historienne.

Selon l’historienne de l’art, Kathryn Blair Moore, qui l’explique dans un article publié en 2018 sur le site de l’université de Cambridge, le manuscrit de Niccolò da Poggibonsi correspond à l’émergence d’un nouveau genre, celui du «guide de pèlerinage».

«Contrairement aux guides latins des siècles précédents, la volonté d’inclure ensemble des illustrations qui recréent l’expérience du pèlerinage et la description inédite de la prose suggèrent que l’ouvrage peut être considéré comme le texte fondamental pour le genre du guide illustré du pèlerinage», écrit l’experte.

Monde

Mort de Soleimani : les États-Unis s'attendent à des cyberattaques venues d'Iran

WASHINGTON — Des cyberattaques plutôt que des missiles : le spectre d’une guerre ouverte entre l’Iran et les États-Unis semble se dissiper, mais des analystes s’accordent à dire que Téhéran n’a pas renoncé à venger la mort du général Soleimani et fourbit une riposte sur le front numérique.

La tension, chronique, entre l’Iran et les États-Unis a brusquement grimpé le 3 janvier avec l’élimination en Irak par Washington d’un puissant général iranien, Qassem Soleimani, suivie de représailles contre des cibles militaires américaines en Irak.

Chaque camp a depuis fait des déclarations allant dans le sens de l’apaisement.

«Je pense que nous aurions tort de croire que tout est terminé», relève toutefois Jon Bateman, un ancien responsable des services de renseignement du Pentagone, spécialiste du cyberespace au sein du cercle de réflexion Carnegie Endowment for International Peace.

Les offensives informatiques sont «le moyen le plus facile à disposition de l’Iran pour produire un effet direct sur le territoire américain», pointe-t-il.

L’Iran, relève-t-il, a réduit ces dernières années ses cyberactivités contre les États-Unis, mais le pays dispose toujours «de nombreux outils» qui pourraient être utilisés contre l’Amérique ou ses alliés.

L’éventail est large : cyberattaques contre des infrastructures de distribution d’eau ou d’électricité, utilisation de logiciels malveillants pour détruire ou effacer des données d’une entreprise ou d’une entité gouvernementale, désinformation sur les réseaux sociaux pour déstabiliser la campagne électorale américaine, énumère M. Bateman.

Selon les analystes, les cyberattaques peuvent permettre à l’Iran d’agir contre Washington sans pour autant défier directement son armée.

Pour James Lewis, du Centre d’études stratégiques et internationales, les Iraniens semblent avoir choisi de prendre leur temps pour préparer une intrusion informatique. «Ils pourraient vouloir faire quelque chose de spectaculaire et de symbolique», pense-t-il.

Menace «plus prononcée» aujourd’hui

D’après John Dickson, ancien officier de l’armée de l’air américaine, aujourd’hui employé par le cabinet de consultants en sécurité Denim Group, le monde de la sécurité informatique aurait tort de baisser la garde au motif que deux semaines se sont écoulées depuis la mort du général Soleimani.

«Je pense que la menace est plus prononcée actuellement», dit-il, relevant que les Iraniens «ont eu le temps de se préparer, de sortir leurs plans du placard, c’est davantage conforme à leur manière d’opérer».

Le recours aux rançongiciels (ransomware), une forme d’extorsion de fonds, est pour lui une option vraisemblable vu qu’»ils ont été étranglés économiquement par les sanctions».

Le département de la Sécurité intérieure a publié la semaine dernière une mise en garde: «les acteurs iraniens de la cybermenace ont continuellement amélioré leurs capacités cyberoffensives».

Ils continuent, note le service gouvernemental, à s’impliquer «dans des activités +conventionnelles+, allant de la dégradation de sites web aux attaques par déni de service (DDoS), en passant par le vol de données personnelles, mais ont aussi fait preuve d’une volonté de repousser les limites de leurs activités», avec potentiellement des attaques causant des dégâts matériels.

La riposte pourrait aussi se jouer sur les réseaux sociaux.

Facebook et Twitter avaient déjà tenté de freiner, en 2018, ce qu’ils présentaient comme des campagnes de manipulation de l’opinion initiées depuis l’Iran.

Ces opérations ont été pensées comme «une extension de la politique étrangère» de l’Iran, notent les experts numériques du centre de réflexion stratégique Atlantic Council dans un rapport.

Les chercheurs remarquent que le hashtag  #HardRevenge (vengeance dure) a commencé à proliférer début janvier. «Cela pourrait préfigurer une série d’opérations sur l’information plus intense en provenance d’Iran», selon le rapport.

Les cyberopérations font désormais pleinement partie de l’arsenal militaire et l’Iran a conscience que les États-Unis n’hésiteront pas non plus à s’en servir contre lui, souligne Jon Bateman.

Ils n’ont pas dû oublier, note-t-il, l’épisode de Stuxnet, un virus présumé de conception américano-israélienne introduit en 2010 dans un ordinateur du complexe nucléaire iranien, entraînant des dysfonctionnements majeurs dans le parc de centrifugeuses utilisées pour l’enrichissement de l’uranium.

Les États-Unis ne riposteraient pas forcément à une cyberattaque iranienne par une autre cyberattaque, juge l’analyste. «Ils pourraient recourir à des sanctions, des poursuites pénales ou des actions militaires», suppose-t-il.

Jon Bateman considère que l’Iran semblait décidé malgré tout à laver l’affront de la mort de Soleimani, l’initiative «la plus provocatrice des États-Unis depuis longtemps».

Monde

Australie : la pluie est tombée sur les feux, faisant le bonheur des pompiers et des fermiers

SYDNEY — De fortes précipitations sont tombées vendredi sur les incendies qui ravagent l’est de l’Australie, au grand soulagement de certains fermiers qui ont déjà perdu une importante partie de leurs bêtes et de leurs récoltes.

La pluie a apporté un sérieux coup de pouce aux soldats du feu exténués par des mois de combat engagés depuis septembre sur le front de ces incendies sans précédent.

Ce week-end, certaines régions situées à proximité des brasiers les plus importants devraient à leur tour connaître d’importantes précipitations.

Aggravée par le réchauffement climatique, cette crise des feux de forêt, qui a déjà fait 28 morts, a été alimentée par un temps particulièrement chaud et sec au cours des derniers mois sur l’immense île-continent.

Ils ont détruit de vastes superficies de forêts vierges dans l’est et le sud de l’Australie, décimé du bétail dans les fermes et détruit quelque 2000 maisons.

Après une longue période de sécheresse et de températures exceptionnelles, les plus fortes précipitations depuis près de dix ans sont tombées vendredi sur certaines régions voisines des incendies les plus importants.

«Au cours des 24 dernières heures, la pluie est tombée sur la plupart des endroits ravagés par les feux, ce qui est une excellente nouvelle», a déclaré le service rural de lutte contre les incendies de Nouvelle-Galles-du-Sud.

«Nous croisons les doigts pour que cela continue dans les jours à venir».

La pluie n’est cependant pas tombée sur tous les feux qui brûlent en Nouvelle-Galles-du-Sud ni sur l’État de Victoria où se trouvent des foyers particulièrement virulents.

Des fermiers poussés à bout

Elle n’a pas non plus atteint l’île Kangourou, un véritable sanctuaire pour une faune et une flore d’exception, située au sud, au large d’Adélaïde.

Les flammes ont dévasté le parc national de cette île, tuant une grande partie de sa population de koalas et menaçant d’éradiquer complètement certaines espèces d’oiseaux et de marsupiaux endémiques.

Les autorités ont cependant averti que la crise pourrait à nouveau s’aggraver, l’Australie n’étant qu’au milieu de son été.

Néanmoins, la perspective d’un temps plus humide dans l’est et le sud de l’Australie au cours des prochains jours laissait encore de l’espoir.

Les incendies et la sécheresse ont poussé à bout de nombreux agriculteurs et ces précipitations leur ont mis du baume au coeur.

«Que puis-je dire, nous sommes si chanceux. Avant cela, les barrages étaient à sec et nous avons transporté de l’eau et de la nourriture pendant des mois», a expliqué à l’AFP, Stephanie Stewart, qui possède une exploitation dans le nord de la Nouvelle-Galles-du-Sud.

«Maintenant, nous espérons que cela va s’étendre et que cela permettra d’alléger le poids porté par tant d’autres agriculteurs étonnants qui ont été et sont encore confrontés à cette redoutable sécheresse».

Les scientifiques évaluent à plus d’un milliard le nombre d’animaux tués à travers le territoire australien.

Une grande partie de leurs habitats ont été détruits et les associations de lutte pour l’environnement ont mis en garde contre un risque d’extinction de certaines espèces.

Koalas sauvés des flots

Les célèbres koalas concentrent une large partie de l’attention. Des images montrant ces adorables petites bêtes à la fourrure grise être sauvées de l’enfer des flammes ont fait la une de journaux du monde entier.

Mais vendredi matin, certains koalas et d’autres animaux du parc des reptiles d’Australie, sur le littoral est de la Nouvelle-Galles-du-Sud, ont été sauvés des flots.

«C’est incroyable, la semaine dernière encore nous avions des réunions tous les jours sur la menace imminente que représentaient les feux de forêt», a déclaré le directeur du parc Tim Faulkner.

«Aujourd’hui, toute l’équipe est sur le terrain, trempée, se démenant pour mettre nos animaux en sécurité et protéger le parc contre les flots. Nous n’avons pas connu de telles inondations dans le parc depuis plus de 15 ans», a-t-il souligné.

Ces pluies diluviennes se révèlent être une arme à double tranchant.

L’eau peut en effet compliquer l’intervention des camions de pompiers contraints de s’aventurer sur des pistes boueuses au plus profond des forêts, ont averti les autorités.

Les crues soudaines provoquent aussi l’inquiétude. Les montagnes qui ont brûlé ne peuvent pas retenir l’eau et risquent de rejeter des courants de cendres boueuses dans les cours d’eau.

De tels torrents sont déjà responsables de la mort d’un nombre considérable de poissons, empoisonnés par ces cendres boueuses, ont rapporté des médias.

Monde

En Irak, 17 ans d’échecs américains

BAGDAD — En 2003, en renversant la dictature de Saddam Hussein, ils promettaient démocratie, prospérité et un nouvel Irak. Dix-sept ans plus tard, les Américains pourraient quitter un pays aux institutions inopérantes, aux confessions et ethnies divisées, et sous la coupe de l’ennemi iranien.

État faible, économie et industrie à genoux, renouvellement politique rendu impossible par l’attribution des postes en fonction des confessions... Pour Karim Bitar, spécialiste du Moyen-Orient, «c’est un échec total» et prévisible car «le ver était dans le fruit» dès le 20 mars 2003, date de l’entrée des troupes américaines en Irak.

«Les montages constitutionnels élaborés par les Américains, notamment inspirés de la formule libanaise et son institutionnalisation du communautarisme» ont fait prospérer les divisions et entretenu un flou légal et économique dans lequel se sont engouffrés dirigeants véreux et groupes armés décidés à imposer leur loi.

Les minorités, notamment chrétienne, ont fui le pays, et «les élections qui devaient être des modèles ont tourné au recensement communautaire», affirme M. Bitar.

Constitution sans consistance

Quant à la Constitution, non seulement elle est «constamment violée» depuis son adoption en 2005, renchérit un responsable gouvernemental irakien, mais, en plus, elle ne prévoit pas les soubresauts politiques qui se succèdent en Irak.

Le fédéralisme et les territoires disputés par le Kurdistan? La Constitution les renvoie à plus tard.

Que faire si le premier ministre démissionne? Quand Adel Abdel Mahdi l’a fait fin novembre, tout le monde a semblé découvrir que la Constitution avait oublié cette possibilité.

En Irak, depuis 2003, ce n’est pas un cadre légal fort qui a prospéré sur les ruines de la dictature, mais les moyens de contourner la loi : les multiples commissions anticorruption n’en finissent plus d’énumérer les techniques développées par des politiciens inamovibles pour empocher l’argent public.

Alors que le passage de l’économie socialiste de l’Irak de Saddam Hussein sous embargo à une économie de marché n’a jamais été réalisé, le clientélisme a fait gonfler la facture des salaires des fonctionnaires et la corruption s’envoler une part significative du budget de l’État.

Sur le plan sécuritaire, les forces irakiennes auxquelles les Américains avaient remis les rênes du pays à la fin de l’occupation en 2011 ont battu en retraite face aux jihadistes du groupe État islamique (EI).

Car, affirme M. Bitar, «la plus grande erreur stratégique» des Américains après mars 2003 a été de «démanteler la police et l’armée dans un parallèle hasardeux avec la dénazification de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale».

Avec le secteur sécuritaire, la santé et l’éducation irakiennes, autrefois des modèles dans la région, se sont liquéfiées. Et la société civile, qui n’a pas été à l’origine ou associée au changement de régime en 2003, n’a pu se consolider par la suite.

Aujourd’hui, après la guerre contre l’EI, un nouvel acteur a gagné sa légalité : le Hachd al-Chaabi, qui regroupe des anciens miliciens ayant combattu l’occupant américain. Cette coalition est aujourd’hui l’acteur le plus puissant au sein des forces de sécurité — et agit pour préserver les intérêts de l’Iran.

Trump, «allié objectif» de l’Iran

Le grand voisin iranien «a des leviers politiques et un passé politique et culturel commun que les États-Unis n’ont pas», souligne auprès de l’AFP Fanar Haddad, spécialiste de l’Irak.

Washington n’a «pas transformé sa puissance militaire en levier politique», note-t-il.

Ne restent plus en main des Américains que deux cartes: le déchaînement des armes ou un nouvel embargo et la fermeture du robinet à dollars.

En face, l’Iran a aujourd’hui à ses portes un marché économique en expansion — neuf milliards de dollars d’exportation en 2019 —, des agents armés qu’il peut mobiliser sur place et au-delà et un canal pour contourner les sanctions américaines et obtenir des dollars.

Pour faire avancer sa «stratégie forgée depuis la guerre de 1980-88, qui vise, au moins, la neutralisation de l’Irak et au mieux sa mise sous protectorat», Téhéran a trouvé un allié objectif, dit Jean-Pierre Filiu, professeur à Science Po à Paris : le président américain Donald Trump lui-même.

«L’objectif de Téhéran est rendu plus accessible par les errements de la Maison-Blanche», affirme à l’AFP ce spécialiste du Moyen-Orient.

Il y a quelques jours, dans le tumulte lié à l’assassinat à Bagdad du puissant général iranien Qassem Soleimani dans un tir de drone américain, le commandement militaire américain en Irak a envoyé une lettre annonçant son retrait d’Irak. Le Pentagone a démenti. Bagdad a surenchéri.

La tension n’a fait qu’augmenter tandis que, sur le terrain, des hélicoptères américains continuent de voler, les Irakiens évoquant un départ, les Américains un «repositionnement». Tout ça, commente laconiquement un responsable militaire américain, est «stupide».

Si l’Iran a la haute main sur la classe politique — toutes ethnies et confessions confondues —, un acteur a changé la donne : la rue, qui manifeste depuis octobre.

Elle a montré que «les Irakiens, au-delà de leurs divergences communautaires, ont encore envie de mettre la priorité sur les enjeux sociaux et économiques et refusent d’être instrumentalisés par les puissances étrangères», affirme M. Bitar.

L’alternative que beaucoup d’entre eux proposent est de revenir à l’ancien régime, présidentiel. Et d’effacer toutes les institutions créées par les Américains.

Monde

45 millions de personnes menacées par la famine en Afrique australe

JOHANNESBURG — Un nombre record de 45 millions de personnes sont menacées par la famine dans les pays d’Afrique australe en raison de la sécheresse, des inondations et des difficultés économiques dans leurs pays, ont alerté jeudi les Nations unies.

«Cette crise de la faim atteint des proportions jamais vues et nos observations sur le terrain montrent qu’elle va encore empirer», a averti dans un communiqué la responsable régionale du Programme alimentaire mondial (PAM), Lola Castro.

Depuis cinq ans maintenant, toute la pointe sud du continent africain souffre d’un important déficit de pluies, aggravé par la répétition d’épisodes de l’anomalie climatique connue sous le nom d’El Niño, qui pèse sur les récoltes agricoles de ses 16 pays, pour la plupart très pauvres.

Le réchauffement mondial des températures y provoque également des tempêtes ou cyclones de plus en plus violents.

L’an dernier, le cyclone Idai a causé des inondations catastrophiques au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi, y faisant plus d’un millier de morts, des millions de sinistrés et des dégâts considérables, notamment aux réserves alimentaires. «La saison des cyclones a débuté, on ne peut pas se permettre la répétition des dégâts de l’an dernier», a souligné Mme Castro.

Météo sèche et chaude

Selon le PAM, les températures augmentent dans la région à un rythme deux fois supérieur à celui observé sur la planète. Cette année encore, les prévisions anticipent une météo sèche et chaude, laissant augurer d’une nouvelle mauvaise récolte.

Aux quatre coins de la région, de nombreuses familles ont déjà été contraintes de supprimer un de leurs repas quotidiens et ne survivent plus que grâce à l’aide d’urgence. 

Monde

Mystérieuse pneumonie en Chine: un second patient est décédé

PÉKIN — La mystérieuse pneumonie virale apparue dans le centre de la Chine, et dont le virus appartient à la même famille que le SRAS, a fait une seconde victime, ont annoncé jeudi les autorités sanitaires.

Un homme de 69 ans est décédé mercredi à Wuhan, où la maladie a été détectée le mois dernier pour la première fois, a indiqué la Commission municipale de l’hygiène et de la santé sur son site Internet.

Le patient, qui est tombé malade le 31 décembre, a vu son état de santé s’aggraver cinq jours plus tard avec une myocardite sévère (inflammation du muscle cardiaque), une fonction rénale anormale et de multiples organes gravement touchés, ont précisé les autorités sanitaires.

Selon le tout dernier bilan disponible, au moins 41 malades ont été recensés en Chine dont cinq sont dans un état grave.

Cette pneumonie alimente les craintes d’une réapparition d’un virus de type SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), hautement contagieux, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

L’enquête des autorités sanitaires chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients sont des vendeurs d’un marché de fruits de mer et de poissons de Wuhan.

La municipalité a pris plusieurs mesures, ordonnant en particulier la fermeture du marché concerné, où des opérations de désinfection et des analyses ont été effectuées.

Deux autres cas de cette mystérieuse pneumonie ont par ailleurs été détectés en Thaïlande et au Japon, où les autorités de ces deux pays affirment que les patients s’étaient rendus à Wuhan avant leur hospitalisation. 

Monde

Une élue afro-américaine révèle être chauve dans une vidéo devenue virale

WASHINGTON — Ayanna Pressley, élue démocrate au Congrès américain, a révélé jeudi avoir perdu subitement tous ses cheveux dans une vidéo devenue rapidement virale et relayée par nombre de ses collègues.

«En tant que femme noire, le privé est politique. L’histoire de mes cheveux n’est en rien une exception. Je partage aujourd’hui une histoire très intime afin de créer une plateforme pour d’autres», a-t-elle déclaré sur Twitter, en relayant la vidéo de son témoignage poignant confié au média The Root.

L’élue du Massachusetts a révélé souffrir d’alopécie, une maladie provoquant une perte soudaine de cheveux. Elle raconte se réveiller un matin, puis tous les matins, avec un lavabo plein de cheveux.

«La veille de l’impeachment, mes derniers cheveux sont tombés, j’étais complètement chauve et je devais aller voter dans quelques heures», confie la femme de 45 ans, visiblement émue, en référence au vote de mise en accusation de Donald Trump à la Chambre des représentants, le 18 décembre 2019.

Elle raconte s’être sentie exposée, nue, honteuse, vulnérable et avoir eu le sentiment de participer à une «trahison culturelle» envers toutes les petites filles qui avaient jusqu’ici salué, voire imité ses tresses.

Ayanna Pressley, dit avoir senti qu’«elle devait une explication à toutes ces petites filles». «Mon mari m’a dit que non, que tout n’a pas besoin d’être politique, mais la vérité c’est que je suis une femme noire en politique et que tout ce que je fais est politique.»

L’écran s’assombrit alors et la femme originaire de Chicago revient sans sa perruque en affirmant : «Je ne suis pas ici que pour occuper l’espace, je suis là pour le créer.»

Une étude publiée en juillet 2019 dans le Journal of the American Academy of Dermatology a révélé que les Afro-Américains souffraient d’alopécie à un taux plus élevé que d’autres, les chercheurs suggérant qu’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux étaient en cause.

La vidéo, publiée jeudi, avait dépassé le million de vues sur Twitter, en soirée.

«Ayanna, tu es un don du ciel», a applaudi l’étoile montante du parti démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, benjamine du Congrès.

«Tu es une reine noire absolument magnifique. Je sais que des femmes et des jeunes filles dans le monde entier vont porter leurs couronnes avec plus de fierté aujourd’hui grâce à toi», a abondé sa collègue Ilhan Omar.

Autour du globe, 17 janvier 2020

Monde

Procès en destitution de Donald Trump: premiers «frissons» au Sénat

WASHINGTON — Du silence, des serments et de la gravité : le Sénat a ouvert solennellement jeudi le procès en destitution de Donald Trump, le troisième président de l’histoire des États-Unis confronté à telle avanie.

«C’est une mascarade, c’est une honte», a tonné le milliardaire républicain, tout en affichant son optimisme sur une issue rapide à cet épisode qui entache sa campagne de réélection.

«Ça devrait aller très vite...», a-t-il espéré, en comptant sur la majorité républicaine du Sénat pour être acquitté sans avoir à subir de longs débats.

Son procès, qui divise autant la classe politique que le pays, a débuté quand sept élus démocrates de la Chambre des représentants se sont présentés au Sénat pour lire l’acte d’accusation adopté le 18 décembre par leur assemblée.

«Donald John Trump, président des États-Unis, a été mis en accusation pour des crimes et délits graves», a énoncé Adam Schiff, qui dirige cette équipe chargée du rôle de procureur. L’ancien magnat de l’immobilier «a agi d’une manière contraire à la confiance placée en un président et subversive pour la conduite du gouvernement», a-t-il poursuivi d’un ton grave, empreint d’émotion. Selon un sénateur démocrate, des «frissons» ont alors parcouru l’assistance.

Après une pause, les parlementaires sont revenus dans l’hémicycle pour prêter serment devant le chef de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, chargé par la Constitution de présider le procès.

Ils ont collectivement juré de rendre la justice «de manière impartiale en accord avec la Constitution et les lois», devant le plus haut magistrat des États-Unis qui, drapé dans sa toge noire, a prononcé le même serment, la main sur la Bible.

Monde

Les milléniaux craignent une attaque nucléaire au cours de la décennie, révèle une enquête

GENÈVE - Quelque 54% des milléniaux (génération née entre 1980 et la fin des années 1990) sont convaincus qu’une attaque nucléaire se produira au cours de la décennie, selon une enquête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publiée jeudi.

Toutefois, 84% des personnes interrogées considèrent que l’utilisation d’armes nucléaires n’est en aucun cas acceptable, et 54% pensent que ces armes devraient être interdites.

Dans cette enquête commandée par le CICR, 16 000 milléniaux (également appelés génération Y, 20 à 35 ans) de 16 pays différents - dont la moitié en situation de conflit - exposent leur point de vue sur les guerres et le droit international humanitaire.

«Pour les membres de la génération Y, le risque qu’une guerre dévastatrice ait lieu de leur vivant est réel», constate le président du CICR, Peter Maurer, dans le rapport de synthèse de l’enquête.

«Il est alarmant de constater que près de la moitié des personnes interrogées pensent qu’une troisième guerre mondiale éclatera au cours de leur existence, tandis qu’une majorité est convaincue qu’une attaque nucléaire se produira ces dix prochaines années», relève-t-il.

L’enquête révèle des «tendances inquiétantes, qui traduisent un manque de respect des valeurs humaines fondamentales consacrées par le droit international», selon le CICR.

Ainsi, 37% des personnes interrogées considèrent que la torture est acceptable dans certaines circonstances, et ce même après avoir reçu des explications sur la Convention des Nations unies contre la torture.

Et 15% estiment que les combattants devraient employer tous les moyens pour atteindre leurs objectifs, quelles que soient les pertes civiles engendrées.

Le CICR juge toutefois «encourageant» de constater que 74% des milléniaux pensent que les guerres peuvent être évitées, et que 75% estime nécessaire d’imposer des limites aux méthodes et aux moyens de guerre.

Les jeunes adultes vivant dans les pays touchés par la guerre sont pour leur part plus susceptibles de croire qu’on observera moins de guerres, ou plus de guerres du tout, à l’avenir par rapport aux milléniaux dans les pays en paix (46% contre 30%).

Quant aux milléniaux en Ukraine et en Syrie, ce sont les plus optimistes selon le CICR: respectivement 69% et 60% d’entre eux sont convaincus que la guerre dans leur pays devrait prendre fin dans les cinq prochaines années.

Monde

Destitution de Trump: «Aujourd’hui, nous entrons dans l’Histoire»

WASHINGTON — Le dossier d’accusation contre Donald Trump a été officiellement transmis mercredi au Sénat, où le procès en destitution du président, le troisième seulement dans l’histoire des États-Unis, débutera mardi prochain.

Le milliardaire républicain devra répondre de deux chefs d’accusation, abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès, en raison des pressions exercées pour convaincre l’Ukraine d’ouvrir une enquête sur Joe Biden, son potentiel rival à la présidentielle de novembre.

Donald Trump avait été mis en accusation le 18 décembre par la Chambre des représentants, où l’opposition démocrate est majoritaire, lors d’un vote d’impeachment qui avait à de très rares exceptions strictement suivi les lignes partisanes.

Toujours aussi divisés entre démocrates et républicains, les élus de la Chambre ont avalisé mercredi le transfert du dossier au Sénat et la nomination de sept d’entre eux pour assurer le rôle de procureurs au procès.

Un peu plus tard, la chef démocrate de la chambre Nancy Pelosi a signé l’acte d’accusation lors d’une cérémonie solennelle. «Aujourd’hui, nous entrons dans l’Histoire», a-t-elle déclaré.

«C’est tellement tragique pour notre pays que les actions du président [...] nous aient amenés là», a-t-elle ajouté tout en affichant un large sourire immédiatement critiqué par les partisans du président.

Les sept parlementaires démocrates désignés pour porter l’accusation contre Donald Trump ont alors traversé les couloirs du Capitole, sous bonne escorte, pour remettre le dossier d’accusation au Sénat. Les républicains y sont majoritaires avec 53 sièges sur 100 et Donald Trump devrait donc vraisemblablement y être acquitté.

«Fièvre partisane»

À l’arrivée des sept élus, le chef républicain du Sénat Mitch McConnell a fait savoir qu’ils seraient reçus le lendemain à midi pour présenter formellement l’acte d’accusation aux élus de la chambre haute.

Le chef de la Cour suprême des États-Unis, John Roberts, chargé par la Constitution de présider le procès, fera ensuite jurer aux sénateurs de «rendre la justice de manière impartiale».

«Espérons qu’ils respecteront leur serment», avait glissé Mme Pelosi.

Le procès débutera «véritablement» mardi, a précisé M. McConnell.

«C’est un moment difficile pour notre pays, mais c’est pour ça que les pères fondateurs ont créé le Sénat», a ajouté ce fidèle défenseur de Donald Trump. «Je suis sûr que cette assemblée pourra s’élever au dessus du court-termisme et de la fièvre partisane et servir les intérêts à long terme de notre nation.»

Selon un haut responsable de l’administration de Donald Trump, le procès ne devrait pas durer plus de deux semaines, ce qui permettra au magnat de l’immobilier de se tourner résolument vers sa campagne de réélection.

Pendant cette période, les sénateurs devront assister aux audiences, sans sortir de la salle et en respectant le plus grand silence. S’ils ont des questions pour les parties, ils devront les poser par écrit à John Roberts qui les lira ensuite à voix haute.

«Arnaque»

Le procureur en chef sera Adam Schiff, l’une des bêtes noires de Donald Trump. Chef de la commission du Renseignement de la Chambre, l’élu de 59 ans a supervisé l’enquête en destitution contre le président qui l’a affublé de plusieurs surnoms dont «Schiff le fourbe».

Son équipe compte six autres parlementaires démocrates, dont Jerry Nadler, un autre ennemi juré du locataire de la Maison-Blanche. Avec trois femmes, deux Noirs et une Hispanique, elle reflète la diversité du parti.

Nancy Pelosi a expliqué les avoir choisis en raison de leur «expérience juridique» puisqu’il s’agit d’ex-procureurs, d’un avocat ou encore d’une ancienne chef de police.

«Nous y voici : une autre arnaque orchestrée par les démocrates-qui-ne-font-rien», a commenté le locataire de la Maison-Blanche qui se dit victime d’une «chasse aux sorcières» sans précédent.

Donald Trump «n’a rien fait de mal», a réaffirmé de son côté la Maison-Blanche. «Il est impatient de bénéficier au Sénat des droits que Mme Pelosi et les démocrates de la Chambre lui ont refusés et s’attend à être complètement innocenté», a ajouté sa porte-parole Stephanie Grisham dans un communiqué.

Jusqu’ici, les républicains sont restés soudés autour de leur président, ce qui augure, sauf énorme surprise, de son acquittement. Il faudrait une majorité des deux tiers pour le destituer.

Malgré tout, les démocrates espèrent que le procès fera émerger de nouveaux éléments embarrassants pour Donald Trump et réclament l’audition de quatre proches conseillers du président.

Ils cherchent à prouver que le locataire de la Maison-Blanche a gelé une aide militaire destinée à l’Ukraine afin de la forcer à ouvrir une enquête compromettante sur Joe Biden, dont le fils a longtemps fait des affaires dans ce pays.

«C’est aussi le procès du Sénat», a estimé Jerry Nadler. «On va voir s’ils acceptent de mener un procès équitable en autorisant des témoins, ou s’ils veulent étouffer l’affaire», a-t-il lancé.

Monde

Avion abattu en Iran: priorité à l’indemnisation des familles

OTTAWA — L’une des priorités du gouvernement canadien est d’obtenir de Téhéran une indemnisation pour les familles des 57 Canadiens qui ont péri la semaine dernière dans l’écrasement d’un Boeing abattu par erreur par l’Iran, a affirmé le ministre des Transports mercredi.

«L’une des exigences, du point de vue du Canada, avec la justice, est l’indemnisation. L’indemnisation doit être assurée par ceux qui sont coupables, ayant joué un rôle dans ce tragique accident», a rappelé Marc Garneau, lors d’une conférence de presse, visant sans le nommer l’Iran.

Le premier ministre Justin Trudeau avait indiqué la semaine dernière qu’Ottawa comptait demander à Téhéran des dédommagements pour les familles des victimes canadiennes. L’Iran a reconnu avoir abattu «par erreur» le Boeing 737-800 de la compagnie Ukraine International Airlines et dans lequel se trouvaient 176 personnes, dont une majorité d’Iraniens et de Canadiens.

«Notre première priorité pour le moment est de soutenir les familles et amis des 57 Canadiens qui ont perdu la vie dans cette tragédie», a déclaré M. Garneau, précisant qu’aucune dépouille n’avait été rapatriée au Canada pour le moment.

«Même si nous ne pouvons pas leur rendre leurs proches, nous pouvons nous assurer qu’ils recevront une indemnisation pour les aider à passer ce cap difficile», a-t-il ajouté à la veille d’une réunion à Londres des pays touchés par ce drame.

Le groupe de coordination des pays dont des ressortissants sont morts dans l’écrasement a été créé par le Canada dans la foulée du drame et réunit également le Royaume-Uni, l’Ukraine, la Suède et l’Afghanistan. Ces pays appelleront jeudi «les autorités iraniennes à coopérer pleinement» avec eux, selon le ministre.

L’Iran a déjà invité des experts du Canada, de France, d’Ukraine et des États-Unis à participer à l’enquête. Le gouvernement canadien appelle également l’Iran à «officialiser la participation active du Canada dans l’enquête en tant que représentant accrédité», a expliqué M. Garneau.

Le ministre canadien a précisé que deux experts du Bureau de la sécurité des transports devaient accéder à l’épave de l’avion dans la journée de mercredi à Téhéran.

Une semaine après la catastrophe, les universités canadiennes ont observé une minute de silence à 13h en hommage aux victimes, parmi lesquelles de nombreux étudiants.

Accord sur le nucléaire

Par ailleurs, le président iranien a haussé le ton, mercredi, face aux trois pays européens qui ont pris des mesures pour forcer Téhéran à respecter l’accord international sur son programme nucléaire — une démarche diplomatique soutenue par le Canada.

«Nous n’acceptons pas l’argument selon lequel l’Iran serait autorisé à cesser partiellement la mise en œuvre de ses engagements» en vertu de l’accord de Vienne sur le nucléaire, ont indiqué mardi les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, dans une déclaration commune. «Contrairement à ses déclarations, l’Iran n’a jamais déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu par [l’accord] et n’a aucun fondement en droit pour cesser de mettre en œuvre» ses dispositions.

Après avoir nié pendant des jours avoir abattu l’avion civil, les dirigeants iraniens se sont finalement excusés et ont admis leur «erreur», sur un ton conciliant. Ce ton a toutefois changé, mercredi, lorsque le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré que les soldats européens au Moyen-Orient «pourraient être en danger» à la suite de la décision prise mardi en Europe d’appliquer une disposition de l’accord de Vienne qui pourrait ramener les sanctions contre Téhéran.

Avant de se rendre à Londres, mercredi, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a publié un communiqué dans lequel il rappelle le soutien du Canada à la démarche européenne «visant à faire pression sur l’Iran afin qu’il respecte ses engagements en vertu du plan, notamment en déclenchant le mécanisme de règlement des différends». Le ministre rappelle par ailleurs que le Canada «est l’un des principaux pays à contribuer à la surveillance et à la vérification rigoureuses qu’effectue l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en ce qui concerne le respect des engagements de l’Iran».

Le sort de l’accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015, est étroitement lié à l’escalade entre l’administration de Donald Trump et le régime de Téhéran, qui a culminé mercredi dernier par la destruction de l’avion d’Ukraine International Airlines par un ou deux missiles sol-air iraniens. 

Le président Trump a retiré les États-Unis en 2018 de cet accord signé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies plus l’Allemagne, alors que la Maison-Blanche était dirigée par Barack Obama. L’accord est destiné à empêcher l’Iran d’enrichir suffisamment d’uranium pour produire une bombe atomique.

Monde

Epstein a agressé sexuellement des mineures jusqu’en 2019, selon une procureure

NEW YORK — La procureure des îles Vierges a saisi mercredi la justice pour demander la saisie des biens du financier défunt Jeffrey Epstein, qu’elle accuse d’avoir agressé sexuellement des mineures dans l’archipel jusqu’en 2019.

Inculpé en juillet 2019 d’agressions sexuelles par le procureur fédéral de Manhattan, le sexagénaire s’est pendu dans sa cellule le 10 août, à New York.

Le recours déposé par la procureure des îles Vierges, Denise George, est un prolongement des poursuites engagées au pénal contre le financier, qui ont été abandonnées après son décès.

Le millionnaire possédait, en effet, deux îles privées dans l’archipel des îles Vierges, Little St. James et Great St. James.

Les Iles Vierges sont un territoire américain, mais ne font pas officiellement partie des États-Unis.

Cette nouvelle action en justice constitue un développement important, car le gestionnaire de fortune n’avait jusqu’ici jamais été inculpé pour des faits postérieurs à 2005.

Le recours déposé mercredi couvre une période allant de 2001 à 2019.

Lors d’une conférence de presse mercredi, Denise George a indiqué avoir ordonné une enquête sur Jeffrey Epstein peu après sa prise de fonctions, en mai 2019.

D’après la procureure, l’enquête a montré que le financier avait organisé un «vaste réseau de traite d’êtres humains, et d’abus sexuels de jeunes femmes et de mineures ici, aux îles Vierges».

Les plus jeunes victimes présumées seraient âgées de 12 ans, a précisé la procureure.

Pour cacher ces activités, Jeffrey Epstein aurait utilisé un montage complexe impliquant une série de sociétés et de fondations, toujours selon Denise George.

La procureure demande la saisie de tous les biens ayant pu servir, dans son «entreprise criminelle», à cet homme dont la fortune personnelle, aux origines mystérieuses, atteindrait plus de 500 millions de dollars.

Plusieurs actions en justice ont déjà été entamées au civil, principalement par des victimes présumées de Jeffrey Epstein, qui réclament des dommages-intérêts.

Parallèlement, plusieurs enquêtes sont en cours pour tenter d’établir d’éventuelles complicités.

La justice américaine s’intéresse notamment à l’ancienne compagne de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, accusée par plusieurs victimes présumées d’avoir joué un rôle déterminant dans l’organisation du réseau présumé d’exploitation de mineures.

Autour du globe, 16 janvier 2020

Monde

Incendies en Australie: craintes pour la santé dans les grandes villes

CANBERRA — Des alarmes d’incendie ont retenti dans les gratte-ciel du centre-ville de Sydney et de Melbourne alors que la fumée dense provoquée par les lointains incendies de forêt confond les capteurs électroniques.

Les immeubles de bureaux modernes du gouvernement dans la capitale australienne, Canberra, ont été fermés parce qu’il est dangereux de respirer l’air à l’intérieur.

Le soleil a brillé d’un rouge étrange avec un ciel brun en arrière-plan pendant des semaines au-dessus des zones métropolitaines australiennes qui occupent généralement un rang élevé dans les indices des villes les plus agréables au monde.

Pour les Australiens habitués au ciel bleu et aux journées ensoleillées, la situation fait craindre des conséquences à long terme sur la santé si une exposition prolongée à la fumée étouffante devient la nouvelle norme estivale.

Des préoccupations similaires au sujet de la fumée émergent dans d’autres régions du globe affectées par davantage d’incendies liés au changement climatique, y compris dans l’ouest des États-Unis.

«Je vais accoucher n’importe quel jour maintenant, littéralement, et je vais avoir un nouveau-né que je vais protéger de tout cela», a déclaré Emma Mauch, une femme enceinte de Canberra.

Son amie, Sonia Connor, a décrit comment il était compliqué de garder sa propre fille énergique de 3 ans confinée à l’intérieur de leur maison à Canberra avec des fenêtres et des portes scellées par du ruban adhésif alors que la température extérieure dépassait 42 degrés Celsius.

«Ma fille n’a montré aucun symptôme, disons. Pour moi, je le sens dans mes poumons, ma gorge est bizarre», a déclaré Sonia Connor.

«Cela ne semble pas l’arrêter, mais les effets à long terme? Qui sait? Elle a 3 ans. Qui sait ce qui va se passer?», a-t-elle ajouté.

La joueuse de tennis slovène Dalila Jakupovic est tombée à genoux, prise d’une quinte de toux mercredi alors qu’elle participait à un match de qualification pour l’Open d’Australie à Melbourne.

«Je n’ai jamais vécu quelque chose comme ça», a déclaré Dalila Jakupovic à l’Australian Broadcasting Corp.

«Nous sommes habitués à la pollution — par exemple, nous jouons en Chine et dans des pays plus pollués —, mais cette fumée est quelque chose de différent auquel nous ne sommes certainement pas habitués.»

Mardi, la Québécoise Eugenie Bouchard a eu besoin de soins médicaux lors d’un match de qualification au tournoi de tennis de l’Open d’Australie, tandis qu’au moins un autre match a été annulé en raison de la fumée.
Canberra ainsi que les deux plus grandes villes d’Australie, Sydney et Melbourne, se sont à plusieurs reprises classées au cours des dernières semaines comme les villes les plus polluées du monde, bien que certains soutiennent que les polluants industriels dans des endroits tels que New Delhi sont plus dangereux que la fumée des incendies de forêt.

Les incendies ont fait au moins 27 morts depuis septembre, détruit plus de 2600 maisons et rasé plus de 10,3 millions d’hectares, principalement dans l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud. La zone brûlée est plus grande que l’État américain de l’Indiana.

Les admissions à l’hôpital ont augmenté dans les villes touchées par la fumée, certains patients souffrent d’asthme pour la première fois de leur vie. Le gouvernement a réagi en distribuant 3,5 millions de masques de protection respiratoire.

Le médecin-chef de l’Australie par intérim, Paul Kelly, a déclaré qu’il discutait avec le gouvernement du lancement d’une étude sur les implications à long terme pour la santé de cette fumée.

Bruce Thompson, président de la Thoracic Society of Australia and New Zealand, fait partie des spécialistes des maladies respiratoires qui prévoient une augmentation des maladies cardiaques et pulmonaires ainsi que de certains cancers si le changement climatique fait de l’exposition prolongée à la fumée des feux de forêt un phénomène annuel.

«Nous respirons des choses que les poumons n’aiment pas et qui entraînent des changements importants, en particulier les personnes prédisposées aux maladies respiratoires», a déclaré Bruce Thompson.

Monsieur Thompson, qui souffre de démangeaisons aux yeux et de nez qui coule, dans sa maison de Melbourne, a déclaré que des comparaisons pourraient être établies entre la crise actuelle et un feu dans la mine de charbon d’Hazelwood près de la ville de Morwell dans l’État de Victoria en 2014. L’incendie a brûlé pendant 45 jours, recouvrant Morwell et ses 14 000 habitants d’une épaisse fumée et de poussière de charbon.

Cette exposition a toujours des conséquences néfastes sur la santé de la communauté de Morwell et de la vallée de Latrobe, en particulier chez les jeunes, a déclaré Bruce Thompson.

Monde

Les États-Unis et la Chine signent un accord commercial «historique»

WASHINGTON — «Étape historique»: Donald Trump s’est félicité mercredi de l’accord commercial signé avec le vice-premier ministre chinois Liu He qui suspend un bras de fer inédit entre les deux premières puissances économiques du monde.

«Aujourd’hui marque une étape historique, une étape qui n’avait jamais été franchie avec la Chine, vers un accord commercial juste et réciproque entre les États-Unis et la Chine», a déclaré le président américain.

Cet accord va être profitable «à la Chine, aux États-Unis, au monde entier», a déclaré son homologue chinois, Xi Jinping dans une lettre adressée à l’hôte de la Maison-Blanche.

Ce traité devrait largement profiter à la base électorale du président républicain, en particulier agriculteurs et industriels, victimes collatérales de la guerre commerciale.

La Chine s’est engagée à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires au cours des deux prochaines années, selon le texte de l’accord commercial publié mercredi dans son intégralité, soit 94 pages.

Ces achats ont pour but de réduire le déficit commercial américain, grande revendication de la Maison-Blanche.

L’accord contient également des dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle et aux conditions de transfert de technologies, autres grandes exigences des États-Unis.

Déclenché au printemps 2018 pour mettre fin aux pratiques commerciales chinoises jugées «déloyales», ce conflit s’est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises.

Mais Donald Trump a indiqué que les droits de douane punitifs qui frappent actuellement plus de 370 milliards de dollars de produits chinois seront maintenus tant que la phase 2 de l’accord ne serait pas signé.

«Nous gardons les tarifs douaniers, mais j’accepterais de les supprimer si nous arrivons à conclure la phase 2», a déclaré le locataire de la Maison-Blanche, soulignant: «Je vais les garder sinon nous n’aurons aucune carte en main pour négocier».

Et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a prévenu sur CNBC, peu avant la cérémonie, que si Pékin ne respectait pas ses engagements, Washington était disposé à les augmenter.

L’administration prédit que cet accord dopera la croissance de la première économie du monde d’un demi-point de pourcentage.

Ce conflit a pourtant durement affecté le monde agricole et l’industrie manufacturière aux États-Unis, ceux-là mêmes qui avaient porté le président républicain au pouvoir en 2016.

Donald Trump a parié sur leur patriotisme, leur demandant de la patience avant des lendemains meilleurs.

L’ancien homme d’affaires, qui clamait que les guerres commerciales étaient faciles à gagner, a aussi constamment répété que l’économie américaine n’était pas affectée par les droits de douane quand la croissance chinoise ralentissait.

Pourtant, ce conflit inédit par son intensité et sa durée, a freiné l’appétit des investisseurs et donc la croissance mondiale comme la croissance chinoise et américaine.

Qui plus est, l’essentiel du coût des tarifs douaniers a été supporté par les importateurs américains.

Cérémonie éclipsée par les démocrates

«Nous savons qu’il y aura encore des différends entre nos deux pays, mais ce jour marque le début d’un nouveau chapitre dans les relations commerciales entre les deux plus importantes économies du monde», a renchéri le vice-président américain, Mike Pence.

Aussi historique soit-elle, la cérémonie de signature retransmise en direct par toutes les grandes chaînes de télévision américaines, a été brutalement interrompue pour donner la parole aux démocrates de la Chambre des représentants.

Ces derniers vont transmettre au Sénat l’acte d’accusation retenu contre Donald Trump avant un procès qui doit démarrer mardi.

«Pour la première fois, nous avons un accord complet» avec un «vrai mécanisme pour faire appliquer» l’accord, a fait valoir le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

«La Chine reconnaît l’importance d’établir et de mettre en oeuvre un système juridique complet de protection (...) de la propriété intellectuelle», est-il notamment stipulé dans le texte.

En outre, tout transfert ou licence de technologie doit être basé sur la base du volontariat et «reflétant un accord mutuel», est-il dit alors que la Chine imposait jusqu’alors aux entreprises américaines le transfert forcé de leur savoir-faire pour faire affaire en Chine.

Un chapitre entier est en outre consacré à l’ouverture du marché chinois aux services financiers.

Donal Trump a par ailleurs confirmé qu’il comptait se rendre bientôt en Chine alors que les négociations pour une seconde phase de l’accord doivent commencer «immédiatement».

Les deux parties doivent négocier les termes d’un accord portant sur des sujets plus sensibles tels que la cybersécurité.

Monde

Poutine annonce une réforme de la Constitution; démission du gouvernement de Medvedev

MOSCOU — Révision de la Constitution et démission surprise du gouvernement : Vladimir Poutine a annoncé mercredi une série de changements au système qu’il pilote depuis 20 ans, nourrissant les conjectures quant à son avenir après 2024.

Une «demande de changement a clairement émergé au sein de la société», a dit Vladimir Poutine, avant une après-midi d’annonces-chocs pendant et après un discours annuel devant le Parlement et les élites politiques du pays.

Lors de son allocution centrée sur les défis auxquels doit faire face la Russie telle que la crise démographique ou la pauvreté, M. Poutine a proposé de soumettre à l’avis des Russes une série de réformes de la Constitution devant renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système.

Le premier ministre Dmitri Medvedev, un fidèle de M. Poutine, a dans la foulée annoncé la démission du gouvernement, qui reste chargé des affaires courantes jusqu’à la nomination d’une nouvelle équipe.

«Je veux vous remercier pour tout ce qui a été fait, exprimer ma satisfaction pour les résultats obtenus (...)  même si tout n’a pas réussi», a déclaré M. Poutine.

M. Medvedev, qui devrait devenir vice-président du Conseil de sécurité russe, a expliqué que le gouvernement devait démissionner pour «donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent».

Il a souligné que les réformes constitutionnelles proposées par Vladimir Poutine modifiaient «l’équilibre des pouvoirs» dans le pays.

République présidentielle forte

La démission intervient alors que la popularité du premier ministre stagne à moins de 30% - contre près de 70% pour M. Poutine - sur fond d’anémie économique et de niveau de vie en baisse.

Le Kremlin a fait aussi face cet été au plus grand mouvement de contestation, vivement réprimé, depuis le retour en 2012 de Vladimir Poutine à la présidence. Les candidats du pouvoir ont essuyé dans la foulée un camouflet aux élections locales à Moscou.

Dmitri Medvedev est un proche parmi les proches du chef de l’État. Il a occupé de 2008 à 2012 les fonctions de président russe, Vladimir Poutine ayant dû céder la place et prendre la tête du gouvernement le temps d’un mandat pour respecter la limite de deux mandats présidentiels consécutifs, fixée par la Constitution. En 2012, les deux hommes ont de nouveau permuté, Vladimir Poutine revenant au Kremlin.

La principale réforme constitutionnelle annoncée mercredi vise à renforcer le rôle du Parlement dans la formation du gouvernement, lui donnant la prérogative d’élire le premier ministre que le président sera alors «obligé de nommer». Actuellement, la Douma ne fait que confirmer le choix du chef de l’État.

Selon M. Poutine, il s’agit d’un changement «significatif» pour lequel la Russie est assez «mûre». Les deux chambres du Parlement sont dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

Les propositions de réformes exposées par M. Poutine visent aussi à renforcer les gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges de disposer d’un permis de séjour à l’étranger et à obliger tout candidat à la présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie.

Néanmoins, Vladimir Poutine, qui en l’état actuel de la législation n’a pas le droit de se représenter en 2024, a souligné que la Russie devait rester régie par un système présidentiel.

Le chef de l’État conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement et nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires.

«Dirigeant à vie»

Il a également proposé de renforcer les pouvoirs du Conseil d’État, une institution consultative composée de divers responsables nationaux et régionaux, et de placer la Constitution russe au-dessus du droit international dans la hiérarchie des normes.

Ce projet de réforme du système politique sera soumis à un «vote» des Russes qui ne portera pas pour autant le nom de référendum, car le cadre légal ne le permet pas, a ensuite précisé son porte-parole, Dmitri Peskov.

Les annonces de mercredi sont dès lors pour les analystes comme pour les opposants la preuve que M. Poutine organise l’après-2024, date de la fin de son mandat actuel à l’issue duquel il ne peut se représenter en l’état actuel de la législation.

Sans apporter de précisions, le président russe a évoqué de manière très vague la question d’un changement à l’article qui limite le nombre des mandats présidentiels «à deux mandats successifs».

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a lui jugé que, quelles que soient les annonces, Vladimir Poutine cherche à «rester dirigeant à vie».

Selon l’expert indépendant Konstantin Kalatchev, qui s’exprimait avant la démission du gouvernement, le maître du Kremlin a lancé «un réel débat sur le transfert du pouvoir» après 2024.

«Plutôt que de dessiner un avenir clair pour la vie politique russe, les réformes de Poutine permettent à tous les acteurs d’imaginer une multitude de futurs et donc à se préparer à chacun d’entre eux», juge pour sa part le directeur de l’Institut Russie du King’s College de Londres.

Monde

Débat démocrate: Sanders passe à l’attaque

DES MOINES — Le vent en poupe dans les sondages, Bernie Sanders a taclé mardi soir le favori Joe Biden sur son bilan en politique étrangère à l’ouverture du dernier débat avant le vote très attendu dans l’Iowa, qui marquera le 3 février le coup d’envoi des primaires démocrates.

Après une période de très vives tensions entre les États-Unis et l’Iran, six candidats espérant défier le républicain Donald Trump en novembre ont été longuement interrogés sur leurs programmes concernant le Moyen-Orient.

L’occasion pour le socialiste Bernie Sanders de critiquer une nouvelle fois le modéré Joe Biden sur son vote en 2002, lorsqu’il était sénateur, pour autoriser George W. Bush à intervenir militairement en Irak.

«Joe et moi avions écouté» les arguments de l’administration Bush. «Je pensais qu’ils mentaient [...] J’ai fait tout ce que j’ai pu pour empêcher cette guerre. Joe a vu les choses autrement», a lâché Bernie Sanders.

L’ancien vice-président Joe Biden a qualifié une nouvelle fois son vote d’«erreur», mais a souligné que cela n’avait pas empêché Barack Obama, qui s’était opposé à la guerre en Irak, de le choisir ensuite comme son bras droit.

Troisième dans les sondages nationaux derrière les deux hommes, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren a affirmé qu’elle était pour le retrait des troupes américaines du Moyen-Orient.

Sur le nouvel accord commercial négocié entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, les six candidats, avec l’ex-maire Pete Buttigieg, la sénatrice modérée Amy Klobuchar et le milliardaire Tom Steyer, ont là aussi exposé leurs divisions.

«Joe et moi avons un désaccord fondamental ici, au cas où vous n’ayez pas remarqué», a déclaré Bernie Sanders, qui est contre l’accord, provoquant les rires de l’assemblée.

Le débat était organisé à Des Moines, dans l’Iowa. État rural peu peuplé, il pourrait avoir une grande influence sur la course démocrate puisqu’il sera le premier à voter, le 3 février. Les sondages y sont extrêmement serrés entre quatre favoris : Biden, Sanders, Buttigieg et Warren.

Joute Warren-Sanders

Fort de sa bonne place dans les intentions de vote et de collectes de fonds impressionnantes en 2019 auprès de ses partisans, Bernie Sanders n’avait pas non plus épargné ses rivaux avant le débat.

«Quand on observe mon bilan face à celui de Joe Biden, je ne pense pas que le bilan de Biden puisse apporter l’énergie dont nous avons besoin pour battre Trump», avait-il tweeté.

La température est aussi montée entre les deux grands candidats progressistes de la primaire, Bernie Sanders et Elizabeth Warren, lorsqu’un article a affirmé que l’équipe du socialiste donnait comme consigne à ses volontaires de dépeindre sa rivale comme une candidate des élites.

Alors que l’ambiance était déjà tendue, une autre polémique a explosé avec des révélations de la chaîne CNN affirmant que M. Sanders avait déclaré fin 2018 à sa rivale qu’une femme ne pourrait pas gagner la présidentielle contre Donald Trump.

«Je n’ai pas dit cela», a affirmé le sénateur indépendant lors du débat.

Provoquant les rires de l’assemblée, Elizabeth Warren a immédiatement contredit son «ami».

Avant d’empoigner la grande question derrière ce débat : «Une femme peut-elle battre Donald Trump? Regardez les hommes sur ce plateau. À eux tous, ils ont perdu dix élections. Les seules personnes ici qui aient gagné toutes les élections auxquelles elles se sont présentées sont les femmes, Amy [Klobuchar, NDLR] et moi», a-t-elle déclaré.

Lors d’une réunion de campagne organisée le même soir dans l’État voisin du Wisconsin, Donald Trump a éreinté ses rivaux, se moquant des gaffes de Joe Biden et taclant Bernie Sanders : «C’est un mauvais type».

Âgé de 78 ans, ce dernier avait fait une crise cardiaque le 1er octobre, dont il s’est bien remis selon ses médecins.

Joe Biden, vétéran de la politique de 77 ans, doit aussi faire face aux doutes sur son âge.

Alors que la course démocrate avait débuté avec une diversité record au sein des prétendants, les six candidats sur le plateau étaient pour la première fois tous blancs.

Monde

Le Sénat reçoit l’acte d’accusation de Trump, le procès va commencer

WASHINGTON — Après des semaines d’attente, la Chambre des représentants va voter mercredi pour transmettre au Sénat l’acte d’accusation qu’elle a retenu contre Donald Trump, ultime étape avant le début du procès en destitution du président républicain.

La présidente démocrate de la Chambre et principale adversaire de Donald Trump au Congrès, Nancy Pelosi, a annoncé mardi à l’issue d’une réunion à huis clos avec ses élus que l’acte d’accusation serait enfin transmis mercredi au Sénat, à majorité républicaine, après un ultime vote en séance plénière à la chambre basse.

Elle doit d’abord annoncer à 10h qui sont les «procureurs désignés», ces élus démocrates de la Chambre chargés dans un premier temps de traverser le Capitole pour apporter l’acte d’accusation à la chambre haute.

Après le vote historique à la Chambre le 18 décembre, à l’occasion duquel les chefs d’accusation d’abus de pouvoir et d’entrave à la bonne marche du Congrès ont été retenus contre Donald Trump, Nancy Pelosi a tardé à transmettre l’acte d’accusation au Sénat dans l’espoir d’obtenir des garanties sur l’organisation d’un procès «équitable».

Le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell a fait savoir mardi qu’il engagerait «selon toute probabilité» avant la fin de la semaine les «démarches préliminaires» à l’ouverture du procès, dont la prestation de serment des sénateurs devant le chef de la Cour suprême des États-Unis John Roberts.

«Pourquoi Nancy la nerveuse et le politicien corrompu Adam Schiff le fourbe ne nous ont-ils pas accordé un procès équitable à la Chambre?» s’est pour sa part ému le président républicain dans un tweet mardi soir, fidèle à sa ligne de défense qui l’a vu notamment qualifier cette procédure à son encontre de «coup d’État».

L’opposition est convaincue que le président a usé des moyens de l’État pour faire pression sur l’Ukraine afin qu’elle enquête sur le démocrate Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle de novembre.