Monde

Pornographie juvénile: le tribunal du Vatican déclare un ex-diplomate coupable

VATICAN — Le tribunal du Vatican a déclaré coupable, samedi, un ancien diplomate du Saint-Siège et l’a condamné à cinq ans de prison pour possession et distribution de matériel pornographique.

Il s’agit du premier procès du genre à la suite de l’adoption en 2013 par l’État de la cité du Vatican d’une loi criminalisant la possession et la distribution de matériel pornographique juvénile.

Monseigneur Carlo Capella a admis avoir visionné les images durant ce qu’il a décrit comme une période de «vulnérabilité» et de crise suscitée par sa mutation à l’ambassade du Vatican à Washington. Il a présenté ses excuses à sa famille et au Saint-Siège, et imploré leur clémence pour cet «incident de parcours».

Le président du tribunal, Giuseppe Dalla Torre, a lu le verdict après un procès de deux jours et a condamné Capella à cinq ans de prison et à une amende de 5000 euros (7660 $ CAN).

L’ex-diplomate purgera sa peine dans la caserne du Vatican, où il est détenu depuis son arrestation plus tôt cette année.

Le procureur Gian Pierro Milano avait réclamé une sentence plus sévère en raison du nombre «important» de documents, incluant 40 à 55 photos, films et dessins animés japonais découverts sur le téléphone mobile de Capella ainsi que sur ses comptes iCloud et Tumblr, que l’accusé avait consultés même après avoir été rappelé par le Vatican en août 2017.

Selon les procureurs et les enquêteurs du Vatican, le matériel mettait en scène des adolescents âgés de 14 à 17 ans.

Le Vatican avait rapatrié Carlo Capella après que le département d’État américain l’eut avisé en août dernier que l’un des diplomates de son ambassade à Washington avait possiblement enfreint les lois concernant la pornographie juvénile.

Peu après, les autorités canadiennes avaient publié un mandat d’arrêt contre Capella, l’accusant d’avoir accédé à de la pornographie juvénile, de l’avoir eu en sa possession et distribuée en décembre 2016 depuis une église de Windsor, en Ontario, par le biais d’un réseau social.

Il n’a pas été possible dans l’immédiat de savoir si le Canada irait de l’avant dans ce dossier puisque le Vatican n’extrade pas ses citoyens.

Carlo Capella devra maintenant subir un procès canonique au terme duquel il pourrait être défroqué.

Monde

Trump demande au Canada d’augmenter ses dépenses de défense

MONTRÉAL — À l’approche du sommet de l’OTAN du mois prochain, le président américain Donald Trump a de nouveau demandé au Canada et à d’autres membres de l’Alliance atlantique d’augmenter leurs dépenses de défense.

Dans une lettre au premier ministre Justin Trudeau datée du 19 juin, le président américain fait état d’une «frustration croissante aux États-Unis que des alliés clés comme le Canada n’aient pas augmenté leurs dépenses de défense comme promis».

Le texte de la lettre a été rendu public par le site iPolitics et un porte-parole du bureau du premier ministre a confirmé samedi à l’AFP l’existence de la missive.

Pour le président américain, le fait que le Canada continue de consacrer moins de 2 % de son PIB à la défense «compromet la sécurité de l’alliance» et conforte les autres membres «qui ne respectent pas non plus leurs engagements en matière de défense».

Les membres de l’OTAN avaient pris en septembre 2014 l’engagement d’allouer 2 % de leur PIB à la défense.

Le président américain qui s’est souvent plaint du niveau des dépenses militaires de plusieurs pays membres de l’Otan, a réitéré qu’il réclamerait le respect de cet engagement lors du sommet de l’OTAN à Bruxelles, les 11 et 12 juillet prochains.

«Il sera de plus en plus difficile de justifier auprès des citoyens américains que certains pays continuent à ne pas respecter nos engagements communs de sécurité collective», écrit-il.

La porte-parole du ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan, Renée Filiatrault, a fait valoir de son côté samedi que le  gouvernement canadien a pris en 2017 l’engagement d’augmenter de 70 % les dépenses militaires sur dix ans et souligné que la «participation du Canada aux opérations de l’OTAN à travers le monde constituait un signe tangible de son engagement envers l’alliance transatlantique».

L’envoi de cette lettre intervient dans un contexte de tension entre le Canada et les États-Unis, après l’imposition de taxes américaines sur les importations d’acier et d’aluminium et les attaques de M. Trump contre M. Trudeau qu’il avait traité de «malhonnête» et «faible» après le sommet du G7.

Monde

Des démocrates dénoncent la confusion de la politique migratoire

WASHINGTON — Des élus démocrates visitant samedi un centre de détention de migrants au Texas ont dénoncé la politique de «tolérance zéro» de Donald Trump, qui fait face au casse-tête des familles séparées à la frontière et à l’afflux des nouveaux arrivants.

Après l’immense tollé déclenché par une politique inflexible qui, en quelques semaines, a séparé plus de 2300 enfants de leurs parents entrés illégalement aux États-Unis, le gouvernement doit répondre au défi de réunifier ces familles.

Le locataire de la Maison-Blanche multiplie les signaux contradictoires sur ce dossier explosif. Confronté aux critiques jusque dans son propre camp, le président américain a fait volte-face et signé mercredi un décret mettant fin aux séparations systématiques.

La plus grande confusion règne depuis sur le sort des enfants déjà arrachés à leurs parents. L’exécutif a procédé à un premier pas concret en créant une cellule spécialisée, chargée de s’attaquer à la question.

Quelque 25 élus du Congrès américain se sont de leur côté rendus au centre de détention pour migrants de McAllen dans l’État du Texas, à la frontière mexicaine.

«La raison pour laquelle je suis ici, c’est parce que Donald Trump a changé les politiques en traitant les familles d’une façon inhumaine», a tonné Mike Capuano, représentant du Massachusetts, lors d’une conférence de presse.

Monde

Attentat raté contre le premier ministre d'Éthiopie

ADDIS ABEBA, Éthiopie — Un attentat raté contre le nouveau premier ministre de l’Éthiopie a provoqué une explosion mortelle, samedi, durant un grand rassemblement en faveur des changements importants récemment survenus dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique.

Au moins une personne a été tuée et 153 autres blessées, dont 10 gravement, a révélé le ministre de la Santé, Amir Aman.

Selon des témoins, un homme a tenté de lancer une grenade sur la scène où le premier ministre Abiy Ahmed se trouvait, saluant la foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes après avoir plaidé pour l’unité.

Dans un message à la population diffusé après qu’il eut été mis à l’abri, M. Ahmed a déclaré que l’explosion était une «attaque bien orchestrée», mais qui avait échoué. Il n’a pas désigné de coupables, indiquant seulement que la police avait ouvert une enquête.

Monde

Le président du Zimbabwe échappe à une explosion

BULAWAYO — Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a échappé samedi à un probable attentat à la bombe qui a visé une réunion de campagne à laquelle il participait à Bulawayo et fait quinze blessés, à un mois des prochaines élections générales.

D’origine encore indéterminée, l’explosion s’est produite après un discours prononcé par le chef de l’État et candidat à la présidentielle devant des milliers de partisans réunis dans un stade de la deuxième ville du pays, un fief de l’opposition.

Évacué sain et sauf juste après la déflagration, M. Mnangagwa a rapidement suggéré qu’il avait été la cible de l’attaque.

Monde

Violences au Nicaragua: 5 morts dont un enfant

MANAGUA — Au moins cinq personnes, dont un enfant de 15 mois, ont été tuées samedi dans des opérations des forces de l'ordre et des groupes paramilitaires à Managua, marquant un regain de la répression contre les opposants au président nicaraguayen Daniel Ortega.

Le bilan de la vague de contestation lancée le 18 avril pour exiger le départ du président Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, dépasse désormais les 200 morts.

«Nous parlons de cinq morts, dont l'enfant, mais il pourrait y en avoir plus», a déclaré samedi à l'AFP Georgina Ruiz, membre du Centre nicaraguayen des droits de l'Homme (CENIDH).

Dans la nuit de vendredi à samedi, et huit heures durant, les forces de l'ordre et groupes paramilitaires ont lancé une attaque contre des étudiants retranchés dans les locaux de l'Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), au sud-ouest de Managua, ainsi que dans six quartiers de l'est de la capitale, selon le témoignage d'étudiants, confirmé par des défenseurs des droits de l'Homme.

«Ils nous attaquent depuis une heure du matin. [...] Il y a aussi des franc-tireurs, nous sommes sur les barricades», a témoigné un jeune, le visage masqué par un foulard, dans une transmission en direct sur Facebook, où on le voit dans une tranchée avec d'autres jeunes tandis que l'on entend des tirs.

«Ils tirent pour tuer»

«Ils tirent pour tuer. Ils sont en train de massacrer le peuple, les jeunes. Nous sommes assiégés. C'est une guerre inégale», a-t-il ajouté.

Un autre jeune évoque le survol du campus universitaire par «quatre drones». Pendant ces témoignages en direct sur les réseaux sociaux, des tirs se faisaient entendre. «Nous ne nous rendrons pas», criaient des jeunes.

Le CENIDH a précisé que deux des morts ont été tués dans la zone de l'université UNAN. Quinze étudiants ont été blessés.

Les trois autres décès, y compris l'enfant mortellement touché par une balle perdue, ont été recensés dans d'autres quartiers, selon la même source.

«La police a tiré. Je l'ai vu : c'étaient des policiers et ils ont commencé à tirer [...] J'attends que justice soit faire», a affirmé à l'AFP la mère de l'enfant, Kenia Navarrete.

Dans un communiqué, la police a imputé la responsabilité du crime aux «délinquants» qui occupent les quartiers.

La Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui a oeuvré depuis le début de la crise pour maintenir un dialogue entre le gouvernement et ses opposants, a envoyé une délégation de quatre prêtres sur place pour évaluer la situation. «Au nom de Dieu, nous demandons que cessent ces attaques, que cesse cette vague de violence, que cessent les morts», a déclaré le père Raùl Zamora depuis l'université.

Une coalition de groupes d'opposition de la société civile, l'Alliance civique pour la Justice et la Démocratie, a annoncé suspendre une «marche des fleurs» en mémoire des victimes de la répression, programmée dans l'après-midi de samedi dans la capitale.

Ce groupe a toutefois appelé «tous les secteurs de la société à observer une grève de 48 heures» dans les jours à venir. Une grève générale avait déjà paralysé le Nicaragua le 14 juin.

Avant le déclenchement de l'attaque, qui a fait au moins cinq morts samedi, la CEN avait invité le gouvernement et l'Alliance civique à renouer le dialogue — déjà suspendu à trois reprises — pour discuter de la proposition d'organiser des élections anticipées.

L'Église appelle le président Ortega à organiser des élections générales anticipées en mars 2019, au lieu de fin 2021. L'ex-guérillero de 72 ans, au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990, reste muet sur ce point.

«L'action répressive de l'État a fait au moins 212 morts au 19 juin et 1337 blessés», avait indiqué vendredi la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), ajoutant que plus de 500 personnes avaient été détenues au 6 juin.

Monde

Française détenue par erreur dans une prison de migrants

PARIS — Pour avoir accidentellement franchi la frontière entre le Canada et les États-Unis en faisant son jogging, elle a été détenue pendant quinze jours dans un centre américain pour migrants: après le choc, Cedella Roman, jeune Française de 19 ans, a raconté samedi à l’AFP «la peur de (s)a vie».

«Quand j’y repense, je me dis “tout ça pour ça”. C’est un peu incroyable», dit la jeune femme qui peine encore à mettre des mots sur sa mésaventure, révélée par la chaîne canadienne CBC en pleine controverse sur la politique migratoire de l’administration Trump.

Originaire de Briançon dans les Alpes françaises, cette métisse aux longs cheveux lisses décide, après l’obtention de son diplôme de fin d’études secondaires, d’aller «apprendre l’anglais» au Canada, à White Rock, en Colombie britannique, où vit sa mère.

Le 21 mai, tout bascule. En fin de journée, la jeune femme décide de faire un jogging en bord de mer. «Rapidement, j’arrive vers la fin de la plage et je m’aperçois que la marée commence à monter», dit-elle, jointe par téléphone.

Elle rebrousse alors chemin quand elle aperçoit un petit chemin de terre qu’elle décide d’emprunter pour photographier le paysage avant de repartir.

C’est alors que deux agents américains chargés de la surveillance de la frontière l’accusent d’être entrée illégalement aux États-Unis.

Prise au dépourvu, sans papiers d’identité, elle tente de leur expliquer qu’elle est française, qu’elle dispose d’un visa au Canada et qu’elle a franchi la frontière «sans s’en rendre compte».

Selon ses dires, les deux agents l’informent, au bout d’une vingtaine de minutes, qu’ils ne peuvent pas la laisser repartir.

«Comme en prison» 

Elle raconte avoir été emmenée «dans un bâtiment» où des agents prennent ses empreintes digitales et lui retirent ses effets personnels: «C’est à ce moment-là que j’ai commencé a avoir très peur. J’avais l’impression d’être une grande criminelle», dit-elle.

Les agents la laisseront téléphoner à sa mère qui croit d’abord à une mauvaise plaisanterie: «C’est lorsque je lui ai passé un des officiers qu’elle a tout de suite compris et qu’elle s’est mise à paniquer», détaille-t-elle.

Cedella arrive dans un centre de rétention de Tacoma (État de Washington) entre 1h et 2h du matin le 22 mai. Sur place, c’est le choc: «Je me retrouve en prison. Nous sommes enfermés en permanence et dans la cour, il y a des barbelés et des chiens.»

Pendant quinze jours, la jeune fille vit dans une grande pièce qui abrite 60 lits superposés et une centaine de migrants.

«On essayait de s’entraider, il y avait une bonne ambiance. Et voir des gens venus d’Afrique et d’ailleurs enfermés pour avoir essayé de passer la frontière, ça m’a fait relativiser mon expérience», dédramatise-t-elle.

Sa mère qui, pendant ce temps, se démène pour la libérer, arrive sur place deux jours plus tard avec le passeport et le visa de sa fille.

Pour autant, Cedella n’est pas relâchée immédiatement en raison d’un imbroglio administratif. Selon elle, «les États-Unis ont cherché à joindre le Canada pour avoir le plus d’informations sur moi. Mais comme je n’étais pas ressortissante canadienne, ça a pris du temps».

Elle sera finalement libérée le 6 juin et retournera directement au Canada avant de rentrer en France une semaine plus tard. Si la jeune femme ne fait pas l’objet de poursuites judiciaires, elle assure néanmoins être interdite de séjour aux États-Unis.

Contactés par l’AFP, les services américains de l’immigration ont justifié son arrestation en rappelant les règles en vigueur. «Il est de la responsabilité de tout individu se trouvant à proximité d’une frontière internationale d’avoir à tout moment connaissance [...] de sa localisation pour s’assurer qu’il ne la franchit pas illégalement», a déclaré un porte-parole du Customs and Border Protection (CPB).

Ce porte-parole a également appelé les personnes voyageant à proximité d’une frontière à conserver leurs papiers d’identité «à tout instant».

Contactée par les médias locaux, l’Agence des services frontaliers du Canada a, elle, refusé de s’exprimer sur ce cas spécifique «en raison de la protection des renseignements personnels».

Monde

Manifestation courue contre le Brexit à Londres

LONDRES — Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE, actuellement négociées à Bruxelles entre les deux parties.

Deux ans jour pour jour après le référendum sur le Brexit, cette marche organisée par l’association The People’s Vote (Le vote du peuple) marque le début d’une campagne d’actions qui doit durer tout l’été pour exiger une nouvelle consultation populaire.

«J’étais en larmes lors des résultats du référendum, ça laissait présager d’un avenir très sombre», a expliqué à l’AFP Chiara Liduori, une Italienne installée à Londres, venue participer à la manifestation avec sa fille de 2 ans, et sa nièce de 14 ans. «C’est pour elles que je suis venue, elles vont grandir dans Europe différente, qui n’est pas celle que je connais, ni celle que je veux».

Sous un ciel bleu, une foule compacte a traversé le quartier des ministères, ne manquant pas de huer en passant devant Downing Street, résidence de la première ministre conservatrice Theresa May.

Sur les pancartes s’affichaient de nombreux slogans contre la sortie de l’UE ou le gouvernement, notamment «Le Brexit détruit le Royaume-Uni», «Theresa, dis-nous la vérité», ou encore «Le Brexit n’est pas une affaire conclue».

«Je suis vraiment favorable à ce qu’on laisse les gens s’exprimer une nouvelle fois, beaucoup ont changé d’avis, on comprend mieux les enjeux aujourd’hui», a confié Emily Hill, une infirmière de 55 ans, qui a fait deux heures de route depuis le comté de Gloucestershire (sud-ouest de l’Angleterre) pour participer à l’évènement.

«De nombreux électeurs ont exprimé un vote de contestation» lors du premier référendum, en 2016, estime-t-elle, brandissant un drapeau européen. «Certains ne soutiennent pas l’Europe, mais je ne pense pas que cela représente la majorité de l’opinion dans le pays».

«Longue bataille» 

Dans un sondage de l’institut Survation pour la chaine ITV publié vendredi, 48 % des personnes interrogées étaient favorable à un second référendum, 25 % s’y opposaient, et 27 % n’avaient pas d’opinion.

«Le débat sur le Brexit crée des tensions, et polarise encore davantage la société», regrette William Diaz, un journaliste de 52 ans, qui défile avec une pancarte «Je suis un citoyen européen». «C’est une question très compliquée, ce n’est pas une décision que l’on devrait prendre en votant par oui ou par non».

Il évoque également ses craintes des «conséquences économiques» que pourrait avoir la sortie du pays de l’UE, mentionnant les menaces formulées cette semaine par les dirigeants d’Airbus ou BMW de mettre fin à leurs activités au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord.

À l’avant du cortège, le chef du Parti libéral-démocrate, Vince Cable, ou la députée conservatrice europhile Anna Soubry défilaient derrière une bannière demandant «un vote sur l’accord final du Brexit».

Vince Cable a défendu la légitimité d’une seconde consultation. «C’est courant dans certains pays, comme en Suisse, vous votez d’abord sur le principe, puis vous votez sur le résultat final», a-t-il exposé à l’AFP.

«C’est le début d’une longue bataille», a-t-il reconnu, «aujourd’hui nous envoyons un puissant message au gouvernement sur les inquiétudes générées par sa gestion du Brexit».

«Brexit complet» 

Divisé sur le dossier, l’exécutif britannique n’a pas encore dévoilé sa vision de la relation qu’il souhaite mettre en place avec l’UE après le retrait, prévu le 29 mars 2019.

Favorable à une franche rupture, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson a exigé un «Brexit complet» dans une tribune publiée samedi par le tabloïd The Sun. Il a mis en garde Theresa May sur la nécessité de refuser un accord qui laisserait le pays «a moitié dans et à moitié hors» de l’UE, «contraint d’obéir aux règles européennes».

Le ministre du Commerce international, Liam Fox, s’est lui montré encore plus explicite sur la possibilité de conclure un Brexit sans accord.

«Je pense qu’il ne serait pas prudent pour nos partenaires dans ces négociations de penser que notre première ministre bluffe», a-t-il déclaré à la BBC. «Elle a toujours affirmé qu’aucun accord valait mieux qu’un mauvais accord».

À quelques jours d’un sommet européen à Bruxelles, l’inquiétude augmente quant à la progression des discussions, alors que d’importantes interrogations restent sans réponse, notamment la question de la frontière irlandaise. L’UE a même conseillé de se préparer à l’absence d’accord.

Monde

Malgré le sommet, la Corée du Nord reste une menace nucléaire selon Trump

WASHINGTON - Donald Trump a qualifié vendredi de «menace exceptionnelle et extraordinaire» l’arsenal nucléaire nord-coréen afin de justifier le maintien des sanctions contre Pyongyang, dix jours seulement après sa rencontre historique avec Kim Jong Un.

Le ministère américain de la Défense a toutefois annoncé dans les heures suivantes la suspension indéfinie de nouveaux exercices militaires conjoints entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, pour soutenir les négociations diplomatiques en cours avec la Corée du Nord.

«Il n’y a plus de Menace Nucléaire de la part de la Corée du Nord», avait pourtant claironné le président américain à son retour à Washington, après le sommet de Singapour le 12 juin dernier.

Mais une déclaration présidentielle envoyée au Congrès vendredi avait un ton bien différent, expliquant pourquoi Washington allait maintenir des sanctions économiques sévères contre Pyongyang.

«L’existence et le risque de prolifération de matière fissile à des fins militaires sur la péninsule coréenne et les actes et les politiques du gouvernement de Corée du Nord continuent de constituer une menace exceptionnelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des Etats-Unis», a écrit vendredi Donald Trump.

Dans cette déclaration formelle, le locataire de la Maison Blanche justifie ainsi le maintien des sanctions contre Pyongyang et la prorogation pour une année supplémentaire de «l’état d’urgence national» décrété en 2008 à cet égard.

Le sommet Trump-Kim de Singapour s’était achevé sur un engagement de la Corée du Nord en faveur d’une «dénucléarisation complète» dont les détails ont été remis à des négociations ultérieures. Dix jours après, aucune avancée concrète n’a été enregistrée.

Vendredi, la porte-parole du Pentagone, Dana White, citant trois exercices militaires qui étaient programmés dans les trois mois à venir, dont le Freedom Guardian prévu en août et déjà annulé, a indiqué que «pour soutenir l’exécution des résultats obtenus au sommet de Singapour [...] le secrétaire (américain à la Défense Jim) Mattis a suspendu indéfiniment des exercices sélectionnés».

Les armées américaine et sud-coréenne avaient confirmé mardi avoir suspendu les exercices militaires de Freedom Guardian. Environ 17 500 soldats américains devaient prendre part à ces manoeuvres.

C’est le président Donald Trump lui-même qui s’était engagé après le sommet historique avec le leader nord-coréen Kim Jong Un le 12 juin dernier à renoncer aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, où sont déployés des dizaines de milliers de soldats américains chargés de la défendre contre les menaces nord-coréennes.

Ces suspensions annoncées vendredi incluent «le Freedom Guardian ainsi que deux exercices d’entraînement du programme d’échange de la marine coréenne qui était prévu pour se dérouler dans les trois prochains mois», a souligné Mme White dans un communiqué, sans apporter plus de précisions.

«En soutien aux négociations diplomatiques à venir dirigées par le secrétaire Pompeo, des décisions supplémentaires dépendront de la façon dont la RPDC continue à mener des négociations productives, en bonne foi», a ajouté la porte-parole du Pentagone, utilisant l’acronyme de la Corée du Nord.

Autour du globe, 23 juin 2018

Partager