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Autour du globe, 18 octobre 2019

Monde

La Turquie accepte un cessez-le-feu de 120 heures en Syrie

ANKARA, Turquie — Le vice-président américain Mike Pence a annoncé jeudi que la Turquie avait accepté un cessez-le-feu en Syrie.

M. Pence a fait cette annonce après qu’une délégation américaine de haut niveau eut rencontré le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara.

M. Pence a précisé qu’il y aurait «une pause de 120 heures des opérations militaires» pour permettre aux Kurdes syriens, auparavant soutenus par les États-Unis, de se retirer de la zone.

Le vice-président a ajouté que les États-Unis et la Turquie s’étaient «mutuellement engagés à trouver une résolution et un avenir pacifiques pour la zone de sécurité».

Plus de détails à venir

Monde

Donald Trump accueillera le G7 à son club de golf de Miami

WASHINGTON — La Maison-Blanche a annoncé jeudi avoir choisi le terrain de golf du président Donald Trump à Miami comme site du sommet du Groupe des Sept l’année prochaine.

L’annonce intervient au moment même où le président Trump accuse la famille de Joe Biden de profiter de la fonction publique en raison des activités commerciales de Hunter Biden en Ukraine lorsque son père était vice-président.

Le sommet du G7 se tiendra du 10 au 12 juin. L’idée d’organiser l’événement dans la station balnéaire de M. Trump a été critiquée par les organes de surveillance de l’éthique du gouvernement.

M. Trump a vanté son complexe, soulignant qu’il se trouvait à proximité de l’aéroport, qu’il disposait de nombreuses chambres d’hôtel et qu’il proposait des bâtiments séparés pour chaque délégation.

Une équipe visitant les sites a déclaré que c’était «l’endroit idéal pour le faire», a déclaré le chef de cabinet de M. Trump par intérim, Mick Mulvaney. Il a ajouté qu’environ une dizaine de sites potentiels avaient été réduits à une liste de quatre finalistes avant que Doral soit finalement sélectionné.

«C’est presque comme s’ils avaient construit cette installation pour accueillir ce type d’événement», a fait valoir M. Mulvaney.

L’organisation de l’événement à Doral coûterait également beaucoup moins cher que d’autres sites, a-t-il ajouté.

«Il n’est aucunement question que (M. Trump) en profite de quelque manière que ce soit», a assuré M. Mulvaney.

Lorsque les États-Unis ont accueilli le sommet du G7 par le passé, il s’est déroulé à Porto Rico; Williamsburg, Virginie; Houston; Denver; Sea Island, Géorgie; et Camp David, la retraite présidentielle dans le Maryland.

Monde

Hong Kong: chaos au Parlement, Carrie Lam renonce à un discours

HONG KONG — L'escalade se poursuit à Hong Kong, où un leader du mouvement de contestation a été, selon ses proches, violemment agressé mercredi, tandis que la chef de l'exécutif a dû interrompre un discours de politique générale sous les huées de parlementaires de l'opposition.

Jimmy Sham, le dirigeant du Front civil des droits de l'homme (FCDH), a été attaqué à coups de marteau et blessé à la tête par des inconnus, a annoncé mercredi l'organisation, qui a immédiatement dénoncé un acte de «terreur politique».

Monde

Un des derniers procès de gardien de camp nazi s'ouvre en Allemagne

HAMBOURG — Il s'agit sans doute d'un des derniers procès d'un ancien gardien de camp nazi : un SS du camp de concentration polonais de Stutthof comparaît jeudi à Hambourg pour complicité de milliers de meurtres.

Les audiences du procès, qui se tient au moins jusqu'à mi-décembre, seront restreintes à deux par semaine et à deux heures maximum chacune, en raison de l'état de santé précaire de Bruno Dey, 93 ans.

Monde

Troisième nuit de violences en Catalogne

BARCELONE — Des militants indépendantistes ont affronté la police pour la troisième nuit consécutive en Catalogne, une escalade dénoncée par les autorités séparatistes de cette région autonome tandis que le gouvernement espagnol se tient prêt à intervenir.

Après une marche pacifique de milliers de manifestants à Barcelone, des centaines de jeunes militants en vêtements sombres, masqués et portant des casques de moto, ont dressé et mis le feu à des barricades, incendié des voitures et lancé des pierres et des bouteilles sur la police antiémeutes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Monde

Trump vante son retrait de Syrie et une surprenante lettre à Erdogan

WASHINGTON — Donald Trump a défendu mercredi bec et ongles le retrait des troupes américaines de Syrie, minimisant la menace qui pèse sur les forces kurdes et faisant l’éloge d’une incroyable lettre adressée à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Vantant une approche «brillante d’un point de vue stratégique», le milliardaire républicain a balayé un à un tous les arguments de ses nombreux détracteurs sur ce dossier, y compris au sein de son propre camp.

Quelques heures avant le départ du vice-président Mike Pence pour Ankara, où il espère convaincre les Turcs de mettre fin à leur invasion dans le nord de la Syrie visant les Kurdes, le président a pris ses distances avec le conflit en cours.

«Si la Turquie pénètre en Syrie, c’est une affaire entre la Turquie et la Syrie, ce n’est pas une affaire entre la Turquie et les États-Unis comme beaucoup de gens stupides voudraient vous le faire croire», a-t-il lancé.

Une réunion organisée peu après avec les leaders démocrates à la Maison-Blanche a donné lieu à un vif affrontement, Donald Trump qualifiant Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, de «politicienne de bas étage».

«Nous avons vu le président craquer, c’est triste à dire», a relaté cette dernière après la rencontre au cours de laquelle il a, selon les démocrates, vanté sa lettre «agressive» à M. Erdogan.

Le courrier en question, qui a fuité peu après, a suscité la stupeur à Washington.

«Trouvons un bon accord», suggère M. Trump dans cette missive dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP. Datée du 9 octobre, elle a été adressée au président turc le jour où il a lancé ses troupes à l’assaut des Kurdes dans le nord de la Syrie.

«Vous ne souhaitez pas être responsable du massacre de milliers de personnes, et je ne veux pas être responsable de la destruction de l’économie turque — ce que je ferais (si nécessaire)» écrit le président américain.

«L’Histoire vous jugera d’un œil favorable si vous agissez de façon juste et humaine. Elle vous considérera à jamais comme le diable si les choses se passent mal», met en garde M. Trump, sans autre précision.

«Ne jouez pas au dur! Ne faites pas l’idiot!» conclut le locataire de la Maison-Blanche. «Je vous téléphonerai plus tard».

«C’est ce que l’Amérique veut» 

En se retirant abruptement de Syrie, Washington ne risque-t-il pas de laisser Moscou devenir un acteur encore plus omniprésent en Syrie? «Si la Russie aide à protéger les Kurdes, c’est une bonne chose, pas une mauvaise chose», a répondu M. Trump lors d’une conférence de presse.

L’influent sénateur républicain Lindsey Graham estime qu’il est en train de faire «la plus grande erreur de sa présidence»? «Lindsey devrait se concentrer sur les démocrates-qui-ne-font-rien», a-t-il rétorqué, appelant l’élu avec lequel il joue régulièrement au golf à consacrer plus de temps à ses électeurs de Caroline du Sud qu’à la géopolitique du Moyen-Orient.

«Nous n’avons pas besoin d’être engagés dans des guerres sans fin, nous ramenons nos soldats», a-t-il martelé. «J’ai gagné l’élection sur cette base. Que ce soit bien ou mal, c’est comme ça!»

«Je suis prêt à parier —c’est mon instinct politique qui me le dit— que c’est ce que l’Amérique veut».

Un argument revient en boucle depuis quelques jours dans la bouche du 45e président américain : il est temps que d’autres pays —amis ou ennemis— prennent le relais dans la lutte contre les jihadistes du groupe État islamique (EI).

«Tout le monde déteste l’EI», martèle-t-il. «Pourquoi protéger la Syrie, qui n’est pas un pays ami? Pourquoi protéger leur territoire?»

À ceux soulignant que les États-Unis ont une responsabilité particulière envers les Kurdes, qui se sont battus à leur côté contre les jihadistes de l’EI, le locataire de la Maison-Blanche rétorque qu’il ne faut pas trop s’inquiéter, et ne pas les idéaliser.

Monde

Maroc: Hajar Raissouni, condamnée pour avortement illégal, libérée après une grâce royale

RABAT — «La grâce royale a corrigé un procès injuste», a déclaré à l'AFP la journaliste marocaine Hajar Raissouni, libérée mercredi après avoir été emprisonnée pour «avortement illégal» et «sexe hors mariage».

La décision du roi de gracier la jeune reporter de 28 ans, son fiancé et l'équipe médicale accusée de l'avoir aidée à avorter a été rendue publique mercredi après-midi, suscitant des flots de réactions positives sur les réseaux sociaux, au Maroc et à l'étranger.

Autour du globe, 17 octobre 2019

Monde

Théorie du complot sur Sandy Hook: le père d’une victime obtient 450 000$ pour diffamation

MADISON, Wisconsin - Un jury du Wisconsin a attribué 450 000 $US au père d’un garçon tué lors de la fusillade de l’école Sandy Hook en 2012.

Leonard Pozner avait intenté un procès en diffamation contre des théoriciens du complot qui affirmaient que le massacre n’avait jamais eu lieu.

Un jury du comté de Dane a décidé mardi que James Fetzer devait verser cette somme à M. Pozner, dont le fils Noah, âgé de 6 ans, figurait parmi les 26 victimes massacrées à l’école secondaire Sandy Hook de Newtown, dans le Connecticut, le 14 décembre 2012.

M. Fetzer, un professeur à la retraite de l’Université du Minnesota à Duluth qui vit actuellement dans le Wisconsin, et Mike Palacek ont coécrit un livre intitulé «Nobody Died at Sandy Hook» (Personne n’est mort à Sandy Hook), dans lequel ils affirment que la fusillade n’a jamais eu lieu.

Ils prétendent qu’il s’agissait plutôt d’une mise en scène du gouvernement fédéral dans le cadre des efforts de l’administration Obama pour adopter des restrictions plus sévères concernant les armes à feu. Un juge avait déjà décidé que M. Pozner avait été diffamé par des déclarations du livre selon lesquelles il aurait fabriqué des copies du certificat de décès de son fils.

M. Fetzer a qualifié le montant des dommages «d’absurde» et dit qu’il fera appel. M. Palacek est parvenu à un accord avec M. Pozner le mois dernier, mais les termes n’ont pas été dévoilés.

M. Pozner est la cible depuis plusieurs années de canulars harcelants et de menaces de mort. On l’accuse d’être un acteur et on prétend que son fils n’a jamais existé. Il a passé des années à inciter Facebook et d’autres à supprimer des vidéos de complot, et il a créé un site Web pour démystifier les théories du complot.

D’autres personnes qui ont perdu des membres de leur famille à Newtown se sont récemment ralliées au combat après avoir enduré discrètement des actes de harcèlement et des affirmations ridicules pendant des années. Leurs efforts ont renversé la vapeur face aux harceleurs. Une affaire de diffamation des parents de Sandy Hook contre Alex Jones, hôte du site Web «Infowars», qui est axé sur le complot, est en cours.

M. Pozner a remercié le jury «d’avoir reconnu la douleur et la terreur que M. Fetzer m’avait intentionnellement infligée ainsi qu’aux autres victimes de ces terribles pertes de vies humaines, comme la fusillade de Sandy Hook».

«M. Fetzer a le droit de croire que Sandy Hook ne s’est jamais produit, a-t-il déclaré. Il a le droit d’exprimer son ignorance. Ce dédommagement illustre toutefois encore la différence entre le droit des personnes comme M. Fetzer de se tromper et le droit des victimes comme moi et mon enfant de ne pas subir de diffamation ni de harcèlement, et d’être libres de l’infliction intentionnelle de terreur».

Au cours du procès, M. Pozner a déclaré qu’il avait été harcelé à plusieurs reprises par des personnes qui ne croyaient pas à la fusillade de Sandy Hook, notamment par le biais de messages postés sur les photos de son fils sur un site Web commémoratif. Il a dit que le livre de M. Fetzer l’avait amené à s’inquiéter pour sa sécurité et celle de sa famille et de la façon dont ses enfants survivants pourraient être traités. Une de ses deux filles est la jumelle de Noah.

Monde

Le pape épingle les habitudes alimentaires des 700 millions de personnes en surpoids

CITÉ DU VATICAN — Le pape a critiqué mercredi les habitudes alimentaires «mauvaises» voire «destructrices» des près de 700 millions de personnes en surpoids de la planète, dans un message envoyé à la FAO à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation.

«Nous voyons comment la nourriture cesse d’être un moyen de subsistance pour devenir un moyen de destruction personnelle», a commenté le pape dans un message écrit à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

«Ainsi, devant les 820 millions de personnes affamées, nous avons sur l’autre plateau de la balance pratiquement 700 millions de personnes en surpoids, victimes d’habitudes alimentaires mauvaises», souligne le souverain pontife.

Le surpoids n’est plus seulement le symbole des «peuples de l’opulence», mais aussi un fléau dans les pays à faible revenu, «où on continue à manger peu et mal, en copiant des modèles alimentaires des régions développées», décortique le pape.

Les «pathologies liées à l’opulence» débouchent sur le diabète et les maladies cardiovasculaires, mais aussi l’anorexie et la boulimie. Il faut combattre les troubles alimentaires par «des styles de vie inspirés par une vision reconnaissante de ce qui nous est donné, en cultivant la tempérance, la modération, l’abstinence, la maîtrise de soi et la solidarité», recommande le pape argentin.

Le souverain pontife a par ailleurs jugé «cruel, injuste et paradoxal» qu’il y ait aujourd’hui «de la nourriture pour tous et que tout le monde ne puisse pas y accéder». Il regrette aussi que dans certaines régions du monde la nourriture soit «gaspillée, jetée, consommée en excès, ou bien destinée à d’autres fins qui ne sont pas alimentaires».

Monde

Des pluies «sans précédent» frappent le Japon

TOKYO — Les sauveteurs recherchaient toujours mardi soir des personnes piégées par les inondations monstres provoquées par le passage au Japon dans la nuit de samedi à dimanche du puissant typhon Hagibis, qui a tué plus de 70 personnes et semé la désolation.

Plus de 100 000 soldats, pompiers, policiers et garde-côtes cherchaient encore des survivants dans les zones inondées et affectées par des glissements de terrain meurtriers déclenchés par les pluies accompagnant Hagibis qualifiées de «sans précédent» par les météorologues japonais.

Le bilan était évalué mardi soir à 74 morts et une douzaine de disparus par la chaîne de télévision publique NHK sur la base d’informations recueillies sur le terrain par ses journalistes. Le gouvernement donnait des chiffres inférieurs qu’il continuait de mettre à jour.

Des personnes sont peut-être encore isolées dans des zones inondées où les sauveteurs n’ont pu accéder, soulignaient les médias qui ont survolé en hélicoptère nombre de localités ravagées.

«Les secours continuent 24 heures sur 24», a affirmé en matinée le premier ministre, Shinzo Abe.

Plus de 3000 personnes ont déjà été secourues dans les 36 préfectures touchées sur les 47 du pays.

Eau en furie

Hagibis avait accosté samedi soir sur Honshu, l’une des quatre principales îles du Japon, venant du Pacifique, accompagné de rafales de quelque 200 km/h et précédé de pluies diluviennes.

Des précipitations mardi constituaient une nouvelle menace pour les habitants et compliquaient la tâche des secours.

«Les fortes pluies ont fait monter le niveau des cours d’eau et fragilisé la terre par endroits», a averti le porte-parole du gouvernement, Yoshihige Suga. «Nous appelons les habitants à ne pas relâcher leur attention et à maintenir la vigilance maximale».

Quelque 200 cours d’eau sont partiellement sortis de leur lit ou ont vu leurs digues détruites par une eau en furie qui a envahi des quartiers résidentiels en zones rurales, mais aussi dans de populeuses villes de la banlieue tokyoïte comme Kawasaki.

Des images télévisées ont montré des maisons près de cours d’eau s’affaisser et être emportées ou d’autres, en aval de collines, s’effondrer sous des glissements de terrain.

Des dizaines d’écoles, maisons de repos pour personnes âgées et autres établissements publics ont également été inondés.

Des milliers de sinistrés ont passé déjà plusieurs nuits dans des refuges. Après la révélation par les médias que deux sans-abri avaient été refoulés d’un refuge à Tokyo en s’entendant dire qu’il était prévu pour les habitants du quartier, le premier ministre a souligné mardi devant le Parlement que les refuges devaient accueillir quiconque s’y présentait. Il a promis des mesures pour éviter que cela se reproduise.

Monde

Pence et Pompeo dépêchés en Turquie

RAS AL-AIN — Les forces kurdes en Syrie ont tenté mardi de repousser les troupes turques engagées dans une offensive dans le nord du pays, que le président américain Donald Trump cherche à stopper en dépêchant en Turquie son vice-président et son chef de la diplomatie.

M. Trump a annoncé que le vice-président Mike Pence et le secrétaire d’État Mike Pompeo se rendraient mercredi en Turquie pour négocier un «cessez-le-feu».

Selon la Maison-Blanche, M. Pence rencontrera jeudi à Ankara le président Recep Tayyip Erdogan, qui ne cesse de répéter vouloir poursuivre l’offensive contre la milice kurde syrienne des YPG, qualifiée de «terroriste» par les autorités turques.

Le vice-président américain «réaffirmera l’engagement de M. Trump à maintenir les sanctions économiques punitives visant la Turquie tant qu’une solution n’aura pas été trouvée», a indiqué la Maison-Blanche.

M. Erdogan a encore réitéré son refus dans des déclarations au quotidien Hurriyet. «Ils nous disent de “déclarer un cessez-le-feu”. Nous ne pourrons jamais déclarer un cessez-le-feu», a dit le président turc à des journalistes dans l’avion qui le ramenait d’Azerbaïdjan.

En lançant le 9 octobre son offensive avec des supplétifs syriens pour éloigner de sa frontière les Unités de protection du peuple (YPG), la Turquie a ouvert un nouveau front dans la guerre complexe en Syrie qui a fait plus de 370 000 morts depuis 2011.

Pour contrer l’offensive, les forces kurdes ont appelé à la rescousse Damas, qui a déployé des troupes dans le nord du pays, notamment à Minbej et à Ras Al-Aïn, où deux soldats du régime ont été tués mardi soir par des tirs d’artillerie des rebelles proturcs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Plusieurs pays interviennent militairement en Syrie mais les soldats américains, qui étaient présents dans le nord pour aider les Kurdes face au groupe djihadiste État islamique ont reçu de Washington l’ordre de partir.

L’offensive turque a provoqué un tollé international — le Canada s’est joint mardi aux pays qui suspendent leurs ventes d’armes à la Turquie — et le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir à nouveau mercredi. La Turquie a toutefois assuré qu’elle poursuivrait son opération «avec ou sans le soutien» du monde, dénonçant le «sale marché» conclu entre les forces kurdes et le régime Assad.

Son objectif affiché : la création d’une «zone de sécurité» de 32 km de profondeur le long de sa frontière, qui permettrait notamment de rapatrier une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens installés en Turquie.

Depuis le 9 octobre, les forces turques et leurs supplétifs syriens ont pris le contrôle d’une bande frontalière de près de 120 km. Une ville clé reste à conquérir, celle de Ras Al-Aïn.

Patrouilles russes

C’est là où les combats les plus violents se concentrent, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, opposant une résistance acharnée en utilisant un réseau de tunnels. Dans la soirée, les affrontements se sont poursuivis dans l’ouest de Ras al-Aïn et près de la ville de Tal Abyad, selon l’OSDH.

Les forces du régime de Bachar Al-Assad se sont déployées dès lundi dans des secteurs du nord, notamment à Aïn Issa et à Minbej où les soldats syriens ont hissé le drapeau national, après le retrait des soldats américains.

Dans ses déclarations à Hurriyet, M. Erdogan a minimisé l’importance de l’entrée des forces régulières syriennes dans Minbej. «Pour moi, l’entrée du régime dans Minbej n’est pas un [développement] très, très négatif. Pourquoi? Parce que c’est leur territoire.»

Dans ce contexte, la Russie a souligné qu’elle ne permettrait pas des combats entre les armées turque et syrienne. De tels combats «ne sont dans l’intérêt de personne et seraient inacceptables», a déclaré l’émissaire russe pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev. La police militaire russe mène «des patrouilles le long de la ligne de contact» entre les forces syriennes et turques dans le secteur de Minbej, selon Moscou.

Deux soldats turcs ont toutefois été tués, selon Ankara, par des obus tirés depuis la région de Minbej, où de violents combats nocturnes avaient opposé les forces d’Ankara aux Kurdes.

En sept jours, 71 civils, 158 combattants des FDS ainsi que 128 combattants proturcs ont été tués, d’après l’OSDH. Ankara a déploré la mort de six soldats en Syrie ainsi que de 20 civils par des tirs de roquettes sur des villes turques en provenance de Syrie.

Monde

Le président haïtien exclut toute démission, qui serait «irresponsable»

PORT-AU-PRINCE — Le président haïtien Jovenel Moïse a affirmé mardi qu’il serait «irresponsable» de sa part de démissionner, alors que de larges manifestations se sont multipliées depuis fin août à travers le pays pour exiger son départ.

«Il serait irresponsable de ma part si aujourd’hui je me levais, sortais une lettre de démission, la signais et partais en laissant le pays comme ça», a déclaré Jovenel Moïse lors d’une conférence de presse donnée mardi au palais national à Port-au-Prince.

Depuis le début du mouvement de contestation, fin août, le chef d’État haïtien ne s’était exprimé que dans une allocution préenregistrée, diffusée à la télévision d’État le 25 septembre à 2h, heure locale.

Les «gardiens du système»

Mardi, le chef d’État haïtien a reconnu sa part de responsabilité dans la crise politique, mais a surtout blâmé «le système» comme responsable des difficultés de développement du pays. «Le système a ses gardiens, ses héritiers et ses victimes. [...] Le système est une couleuvre à plusieurs têtes qui se régénère dans les transitions», a expliqué M. Moïse évoquant les régimes de transition ayant suivi les chutes du dictateur Jean-Claude Duvalier en 1986 et du président Jean-Bertrand Aristide en 2004.

Après près d’une heure d’échange avec les journalistes, le chef d’État haïtien a refusé de nommer ceux qu’il estime être les «gardiens du système» en répétant de façon appuyée : «Suivez mon regard et vous saurez de qui je parle.»

Son appel au dialogue, renouvelé lors de la conférence de presse de mardi, avait déjà fait l’objet d’une fin de non-recevoir par plusieurs partis d’opposition et des organisations de la société civile qui travaillent sur des plans pour l’installation d’un régime de transition.

Alors que les activités avaient timidement repris dans les rues de la capitale mardi matin, plusieurs rassemblements de jeunes en colère, dressant de nouvelles barricades, ont été observés dans différents quartiers à l’issue de la prise de parole de Jovenel Moïse.

La colère populaire contre le président, décrié par les opposants les plus radicaux depuis son arrivée au pouvoir en février 2017, s’est accentuée fin août à la suite d’une pénurie de carburants généralisée à travers le pays. 

Monde

Débat des candidats démocrates: unis contre Trump

WESTERVILLE, Ohio — Les candidats à la primaire démocrate ont ouvert leur débat mardi soir en offrant un front largement uni en faveur de la procédure explosive de destitution contre le président américain Donald Trump, l’un des grands favoris, Joe Biden, se défendant de toute irrégularité dans l’affaire ukrainienne.

Le vent en poupe, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren a fait pour la première fois l’objet d’attaques directes de rivaux centristes.

Très attendu après avoir subi une crise cardiaque, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, s’est montré combatif dans les premiers échanges, notamment sur le sujet de la santé qui l’anime depuis des années.

La terre a tremblé pour la politique américaine depuis le précédent débat démocrate en septembre, avec l’ouverture il y a trois semaines au Congrès d’une enquête initiant une procédure de destitution à l’encontre du président républicain Donald Trump.

«Ce président est le plus corrompu de l’Histoire moderne», a lancé Joe Biden, l’ancien vice-président de Barack Obama.

Les démocrates du Congrès «n’ont pas d’autres choix que d’avancer» en direction de sa destitution, a-t-il affirmé avant de se défendre de tout acte répréhensible face au président qui l’accuse sans preuve, ainsi que son fils Hunter, d’être «corrompus».

«Mon fils n’a rien fait de mal. Je n’ai rien fait de mal», a-t-il déclaré.

«Ce que nous devons faire désormais c’est nous concentrer sur Donald Trump. Il ne veut pas que je sois le candidat démocrate [...] parce qu’il sait que je le battrai à plates coutures» lors de la présidentielle américaine de novembre 2020, a-t-il martelé.

C’est parce qu’il a demandé à Kiev d’enquêter sur les Biden que Donald Trump est aujourd’hui soupçonné par les démocrates d’abus de pouvoir et d’avoir réclamé l’ingérence d’une puissance étrangère pour son bénéfice politique.

Une «erreur» politique

Membre du conseil d’administration d’un grand groupe gazier ukrainien, Burisma, entre 2014 et 2019, Hunter Biden a reconnu mardi avoir commis une «erreur» politique en prenant ses fonctions alors que son père était vice-­président de Barack Obama, mais il s’est défendu de toute activité illégale.

Le scandale a éclaté alors même que Joe Biden, 76 ans, était rattrapé au sommet des sondages par la progressiste Elizabeth Warren, 70 ans (29,4 % pour lui, contre 23,4 % selon la dernière moyenne établie par RealClearPolitics).

Ancienne professeure en droit à Harvard, pourfendeuse de Wall Street, elle a nettement grimpé cet été jusqu’à dépasser clairement le sénateur indépendant Bernie Sanders (15,6 %) avec qui elle partage l’aile gauche de la primaire.

Après avoir été épargnée lors des trois premiers débats, Elizabeth Warren a reçu le feu croisé de ses rivaux, particulièrement les candidats centristes Pete Buttigieg, un jeune maire quatrième dans les sondages (5,2 %), et Amy Klobuchar, une sénatrice, qui l’ont notamment accusée de ne pas avoir de propositions réalistes sur la réforme de la santé ou sur son programme fiscal.

La capacité de Mme Warren à réagir aux attaques est scrutée de près puisqu’elle pourrait se révéler essentielle aux yeux des électeurs démocrates qui veulent avant tout s’assurer qu’ils choisiront le candidat capable de battre Donald Trump, connu pour ses critiques acérées de ses rivaux.

Bernie Sanders signait sur le plateau son grand retour dans la campagne après son infarctus du 1er octobre.

Les doutes pèsent sur sa capacité à tenir la longueur d’une campagne présidentielle exténuante. Et cet accident de santé est venu ponctuer une mauvaise passe pour le sénateur dans les sondages.

Douze candidats à l’investiture démocrate ont débattu dans l’Ohio, un nombre record.

Complétaient l’affiche les plus petits candidats qui tentent une percée : la sénatrice Kamala Harris, l’ancien élu de la Chambre Beto O’Rourke, le jeune homme d’affaires Andrew Yang, le sénateur Cory Booker, le milliardaire californien Tom Steyer, l’ancien ministre de Barack Obama Julian Castro et l’élue de la Chambre Tulsi Gabbard.

Cette dernière a été l’une des rares voix réticentes à destituer Donald Trump.  

Monde

Scènes de guérilla urbaine à Barcelone

BARCELONE — Conteneurs en feu, charges policières : le centre de Barcelone a vécu des scènes de guérilla urbaine mardi soir au deuxième jour des manifestations contre la condamnation des dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Après le blocage de l’aéroport de Barcelone lundi par des milliers de manifestants, la tension est montée d’un cran dans la région.

Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez a dénoncé dans un communiqué la «violence généralisée» dans les manifestations ayant eu lieu à Barcelone et d’autres villes comme Tarragone, Gérone ou Lérida.

«Une minorité veut imposer la violence dans les rues des villes catalanes (...) Il est évident que nous ne sommes pas face à un mouvement citoyen pacifique, mais coordonné par des groupes qui utilisent la violence dans la rue pour rompre la coexistence en Catalogne», a ajouté le gouvernement en promettant de «garantir la sécurité» avec «fermeté».

Barricades 

En fin de soirée, l’élégante avenue du Paseo de Gracia à Barcelone, où la circulation était interdite, était jonchée de conteneurs en feu, ont constaté les journalistes de l’AFP.

Des barricades étaient érigées dans des rues alentour tandis que des policiers poursuivaient des manifestants leur ayant lancé bouteilles ou objets incendiaires.

Selon des images diffusées par la télévision régionale, des heurts ont également eu lieu à Gérone, Tarragone ou Lérida où, comme à Barcelone, les associations indépendantistes avaient appelé à manifester devant les bâtiments gouvernementaux.

À Barcelone, 40 000 personnes ont participé à la manifestation avant que les heurts n’opposent quelques centaines de militants, souvent le visage masqué, aux forces de l’ordre qui ont chargé.

La police catalane a indiqué avoir arrêté quatre personnes dont trois à Barcelone.

Selon les services d’urgence, 74 personnes ont dû être prises en charge médicalement mardi dans l’ensemble de la région.

«Cela ne peut pas continuer ainsi. Ou (les politiciens) s’assoient et trouvent une solution, où nous allons avoir cela» plus souvent, a déclaré à l’AFP Iván González, employé dans une boutique de vêtements.

Avant ces manifestations, des militants indépendantistes avaient coupé des routes dans la région, dont l’autoroute reliant Barcelone à la France, et des voies ferrées, selon le ministère espagnol des Transports.

Lundi, quelques heures après l’annonce de la condamnation des leaders indépendantistes par la Cour suprême, des milliers de militants avaient fait le blocus de l’aéroport de Barcelone à l’appel de la mystérieuse organisation «Tsunami démocratique».

Quelque 10 000 manifestants selon le gouvernement avaient bloqué ses accès jusque tard dans la nuit. Plus de 100 vols avaient été annulés, selon le gestionnaire de l’aéroport, AENA.

Des heurts avaient opposé manifestants et forces de l’ordre qui avaient tiré des balles en mousse et en caoutchouc. 131 personnes avaient dû être prises en charge médicalement lundi dans la région, dont 115 à l’aéroport, selon les services d’urgence. Un manifestant a perdu l’usage d’un œil, selon l’hôpital où il a été opéré mardi.

«Maintenant, le peuple doit être dans la rue, toutes les révoltes partent de là, regardez Hong Kong!» a déclaré Victoria Santos, manifestante barcelonaise de 62 ans.

Marches mercredi dans toute la région 

La Cour suprême d’Espagne a condamné mardi douze indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la région en 2017, pire crise politique vécue par le pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Neuf d’entre eux ont été condamnés à des peines allant de 9 à 13 ans de prison. La plus lourde peine a été infligée à l’ancien numéro deux du gouvernement catalan Oriol Junqueras.

D’anciens «ministres» régionaux et l’ex-présidente du parlement catalan ont reçu de 10 ans et demi à 12 ans de prison tandis que deux dirigeants des associations indépendantistes ANC et Omnium se sont vu infliger une peine de 9 ans.

Mercredi, la mobilisation doit se poursuivre avec des marches partant de cinq villes catalanes pour converger à Barcelone vendredi, jour de «grève générale» et de manifestation de masse.

Prochain chef de la diplomatie européenne, le ministre espagnol des Affaires étrangères Josep Borrell, qui est catalan, a qualifié de «totalitaire» l’attitude des séparatistes qui «considèrent que les seuls Catalans sont ceux qui suivent leurs idées».

D’après le dernier sondage publié en juillet par le gouvernement catalan, 44 % des habitants de la région sont favorables à l’indépendance et 48,3 % y sont opposés.

Autour du globe, 16 octobre 2019

Monde

Hunter Biden dit n'avoir rien à se reprocher

WASHINGTON - Le fils de Joe Biden, Hunter, rejette les allégations du président Donald Trump et de ses alliés républicains qui l’accusent d’avoir commis une faute en s’engageant dans des travaux étrangers en Ukraine et en Chine.

Hunter Biden a également reconnu ne pas avoir pris en compte les implications potentielles pour la carrière politique de son père. L’ancien vice-président est à l’avant-garde du concours présidentiel démocrate de 2020.

Dans une entrevue diffusée mardi sur ABC News, Hunter Biden admet qu’il a peut-être commis une erreur «dans le grand schéma des choses» en ne voyant pas les répercussions politiques pour son père. Mais, ajoute-t-il, «Ai-je commis une erreur sur la base de manquements éthiques? Absolument pas».

Hunter Biden a aussi admis qu’il n’aurait probablement pas été nommé au conseil d’administration d’une société étrangère si son nom de famille n’était pas Biden.

«Je pense que plusieurs choses ne se seraient pas produites dans ma vie si mon nom de famille n’était pas Biden», a-t-il déclaré.

M. Trump et les républicains ont attaqué Hunter Biden pour son travail en Ukraine et en Chine, lançant notamment des accusations sans fondement de corruption.

Lors d’un appel téléphonique du 25 juillet, M. Trump a fait pression sur le président ukrainien pour qu’il enquête sur les Bidens. Hunter Biden était membre du conseil d’administration d’une entreprise énergétique en Ukraine. Cet appel est au coeur de l’enquête formelle de destitution de la Chambre contre M. Trump.

Hunter Biden a assuré qu’il n’avait jamais discuté de ses relations commerciales avec son père.

L’entrevue a été diffusée quelques heures avant que l’ancien vice-président et d’autres candidats démocrates à la présidence ne participent à leur quatrième débat mardi soir en Ohio.

Hunter Biden, qui a récemment annoncé qu’il se retirerait du conseil d’administration d’une société de capital-investissement soutenue par la Chine, a accusé les opposants politiques de son père d’être à l’origine de la tempête.

«J’ai donné la chance à certaines personnes très peu éthiques d’agir illégalement pour tenter de faire du mal à mon père. C’est là que j’ai commis une erreur, a-t-il déclaré. Donc, j’en assume l’entière responsabilité. Ai-je fait quelque chose d’inapproprié? Non, pas du tout. Pas du tout.»

Il a ajouté: «Ce que je regrette, c’est de ne pas avoir pris en compte le fait qu’il y aurait un Rudy Giuliani» - l’avocat personnel de M. Trump - «et un président des États-Unis qui écouterait cette idée de complot ridicule».

M. Trump a nié avoir commis quelque faute que ce soit lors de son appel téléphonique avec le président ukrainien, le qualifiant de «parfait» et «beau».

Monde

La Russie fait ses adieux à Alexeï Leonov, le premier «piéton de l’espace» [PHOTOS]

MYTICHTCHI — Des centaines de personnes, dont des vétérans russes et américains de la conquête spatiale, sont venus mardi faire leurs adieux à l’ancien cosmonaute soviétique Alexeï Leonov, le premier homme, en 1965, à être sorti dans l’espace.

Thomas Stafford, un astronaute de 89 ans, Valentina Terechkova, la première femme dans l’espace, et le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou étaient parmi les figures de premier plan venues à la cérémonie d’obsèques qui se déroulait au mémorial militaire de Mytichtchi, en banlieue de Moscou.

«C’est dur d’accepter qu’il faille te dire au revoir aujourd’hui», a déclaré Mme Terechkova, 82 ans, s’adressant au défunt, deux fois héros de l’Union soviétique, mort la semaine passée à 85 ans.

Le cercueil, enveloppé dans le drapeau russe et entouré de fleurs, était encadré de soldats en uniforme d’apparat, tandis que les multiples décorations de cette figure de la conquête spatiale étaient épinglées face au public.

Autour du globe, 15 octobre 2019

Monde

Une Afro-américaine abattue à son domicile au Texas par un policier blanc

WASHINGTON — Un policier blanc américain faisait l’objet d’une enquête lundi après avoir abattu une Afro-américaine à son domicile de Fort Worth, au Texas, lors d’une banale opération de contrôle.

La famille d’Atatiana Jefferson, 28 ans, a demandé lors d’une conférence de presse que la police de Fort Worth, qui dirige les investigations, soit dessaisie du dossier et que l’agent soit inculpé « rapidement ».  

Le drame intervient moins de deux semaines après la condamnation à dix ans de prison d’une policière blanche qui avait tué un voisin noir en affirmant se tromper d’appartement en 2018 à Dallas, à une cinquantaine de kilomètres de Fort Worth.

Il suscite une forte émotion dans cette ville de 900 000 habitants, où des centaines de personnes ont exprimé leur colère dimanche soir lors d’une veillée en mémoire de la victime, et relance le débat sur les violences policières envers les Afro-américains, dénoncées par le mouvement Black Lives matter (« les vies des Noirs comptent », en français).

Cette fois, l’affaire a débuté par un appel à la police, dans la nuit de vendredi à samedi, émis par un homme inquiet de voir la porte d’entrée de sa voisine ouverte depuis plusieurs heures.  

Dépêchés sur les lieux, deux agents ont contourné le domicile et ont « observé une personne debout près d’une fenêtre », selon un communiqué de la police. « Percevant une menace, un policier a sorti son arme de service et tiré un coup de feu », selon ce document.

L’agent, un homme blanc employé depuis avril 2018 par la police de Fort Worth, « n’a pas annoncé qu’il était un policier avant de tirer », a reconnu le lieutenant Brandon O’Neil.  

Vidéo

Mme Jefferson était en train de jouer à des jeux vidéo avec son neveu de 8 ans quand elle a entendu un bruit dans le jardin, a précisé l’avocat de sa famille, Lee Merritt.  

Selon lui, elle s’est dirigée alors vers sa fenêtre pour regarder ce qui se passait. Elle est morte avant l’arrivée des secours.

Diplômée en biologie, elle travaillait dans une entreprise pharmaceutique, a précisé sa famille. Elle avait ouvert la porte pour laisser l’air circuler et rafraîchir la maison, ont-ils ajouté.  

La police de Fort Worth, qui assure « partager les graves inquiétudes du public », s’est engagée à la plus grande transparence.

Elle a diffusé des extraits d’une vidéo de l’intervention. On y voit les agents vérifier les abords de la maison avec des lampes torches. Après un mouvement à une fenêtre, l’un d’eux crie « Mains en l’air, montrez-moi vos mains ! » et tire quasi immédiatement.

Le policier a été immédiatement suspendu et doit subir un interrogatoire lundi, mais la famille de la jeune femme souhaite qu’un service fédéral s’empare de l’enquête. « Il n’y a aucune justification possible à ses actions », a déclaré la sœur de la victime, Ashley Carr.  

La maire de Fort Worth, Betsy Price, envisage de faire venir un tiers pour mener une enquête distincte, selon le journal Star-Telegram.

Monde

Nigéria: 300 enfants violés et torturés dans une école coranique

KADUNA — Une nouvelle « maison de l’horreur » a été découverte dans une école coranique de l’État de Katsina, dans le nord du Nigeria, dans laquelle plus de 300 jeunes garçons étaient enchaînés, torturés et victimes d’abus sexuels, a annoncé lundi la police locale qui les a secourus.

Début octobre, une opération policière avait déjà mis au jour les pratiques d’une autre institution islamique, de l’État voisin de Kaduna, où autant d’élèves subissaient les mêmes sévices.

Cette découverte fait suite à une descente dans l’école coranique de Daura, après que des étudiants se sont échappés dimanche de leur foyer et ont dénoncé dans la rue leurs conditions de vie.

« Nous avons appris que les détenus ici sont plus de 300 et qu’en raison des traitements inhumains qu’ils subissent, ils se sont révoltés hier (dimanche) », a déclaré à la presse le chef de la police de Katsina, Sanusi Buba.

« Certains des détenus se sont échappés pendant qu'une soixantaine d’autres sont restés sur place », a-t-il ajouté, précisant que la plupart d’entre eux ont été retrouvés enchaînés.

Selon M. Buba, cet établissement a été créé il y a 40 ans par un religieux musulman de 78 ans, Bello Mai Almajirai, qui a ensuite transféré la gestion à son fils.  

Y étaient inscrits des étudiants originaires de « diverses régions du Nigeria » - dont l’État de Katsina et du Niger voisin - amenés par leurs familles pour apprendre le Coran et être traités notamment pour l’addiction aux drogues.

Les pensionnaires ont été « soumis à des conditions inhumaines », certains élèves ayant révélé qu’ils avaient été sodomisés par leurs professeurs, a précisé le chef de la police.

Il a également promis d’arrêter le propriétaire de l’établissement et ses professeurs qui ont réussi à s’échapper pendant le raid, qui devront « affronter la pleine colère de la loi ».

Les autorités se sont engagées à établir l’identité des victimes pour leur permettre de retrouver leurs familles.

Située dans le nord du pays, à quelques kilomètres de la frontière avec le Niger, Daura est la ville natale de l’actuel président du pays, Muhammadu Buhari.

Les écoles islamiques privées sont très répandues dans le nord du Nigeria, principalement musulman, où la pauvreté est très élevée et où les services publics sont souvent absents.  

Le taux élevé de consommation de drogues et le manque d’installations de réadaptation poussent de nombreux parents à inscrire leurs enfants dans ces écoles de redressement informelles.

Monde

Typhon Hagibis au Japon: des dizaines de morts et des milliers de réfugiés

TOKYO - Les sauveteurs recherchaient toujours mardi soir des personnes piégées par les inondations monstres provoquées par le passage au Japon dans la nuit de samedi à dimanche du puissant typhon Hagibis, qui a tué plus de 70 personnes et semé la désolation.

Plus de 100 000 soldats, pompiers, policiers et garde-côtes cherchaient encore des survivants dans les zones inondées et affectées par des glissements de terrain meurtriers, déclenchés par les pluies accompagnant Hagibis qualifiées de «sans précédent» par les météorologues japonais.

Le bilan était évalué mardi soir à 72 morts et une douzaine de disparus par la chaîne de télévision publique NHK sur la base d’informations recueillies sur le terrain par ses journalistes. Le gouvernement donnait des chiffres inférieurs qu’il continuait de mettre à jour.

Des personnes sont peut-être encore isolées dans des zones inondées où les sauveteurs n’ont pu accéder, soulignaient les médias qui ont survolé en hélicoptère nombre de localités ravagées.

«Les secours continuent 24 heures sur 24», a affirmé en matinée le premier ministre, Shinzo Abe.

Plus de 3000 personnes ont déjà été secourues dans les 36 préfectures touchées sur les 47 du pays.

«Peine» du couple impérial

Hagibis avait accosté samedi soir sur Honshu, l’une des quatre principales îles du Japon, venant du Pacifique, accompagné de rafales de quelque 200 km/h et précédé de pluies diluviennes.

Des précipitations mardi  constituaient une nouvelle menace pour les habitants et compliquaient la tâche des secours.

«Les fortes pluies ont fait monter le niveau des cours d’eau et fragilisé la terre par endroits», a averti le porte-parole du gouvernement, Yoshihige Suga. «Nous appelons les habitants à ne pas relâcher leur attention et à maintenir la vigilance maximale».

Quelque 200 cours d’eau sont partiellement sortis de leur lit ou ont vu leurs digues détruites par une eau en furie qui a envahi des quartiers résidentiels en zones rurales, mais aussi dans de populeuses villes de la banlieue tokyoïte comme Kawasaki.

Des images télévisées ont montré des maisons près de cours d’eau s’affaisser et être emportées ou d’autres, en aval de collines, s’effondrer sous des glissements de terrain.

Des dizaines d’écoles, maisons de repos pour personnes âgées et autres établissements publics ont également été inondés.

L’empereur Naruhito et l’impératrice Masako ont exprimé leur «profonde peine pour le si grand nombre de personnes affectées» et dit «espérer de tout coeur que celles qui sont portées disparues seront retrouvées au plus tôt», a déclaré un responsable de l’Agence de la maison impériale.

Sans-abri refoulés

Des milliers de sinistrés ont passé déjà plusieurs nuits dans des refuges.

Après la révélation par les médias que deux sans-abri avaient été refoulés d’un refuge à Tokyo en s’entendant dire qu’il était prévu pour les habitants du quartier, le premier ministre a souligné mardi devant le Parlement que les refuges devaient accueillir quiconque s’y présentait. Il a promis des mesures pour éviter que cela se reproduise.

Parmi les provinces les plus meurtries figurent Miyagi et Fukushima, déjà frappées par le tsunami et l’accident nucléaire de mars 2011, catastrophes dont elles ne sont toujours pas pleinement remises.

D’énormes sacs noirs contenant de la terre et des feuillages issus de la décontamination radioactive des sols de la province de Fukushima ont aussi subi le typhon.

Dix des 2667 sacs entreposés non loin d’un cours d’eau «ont été emportés par la rivière, mais six ont pu être récupérés», a indiqué à l’AFP Keisuke Takagi, un porte-parole du ministère de l’Environnement.

Il n’y a «pas d’informations selon lesquelles les sacs ont été déchirés», a-t-il affirmé, «il n’y a rien à craindre».

Il existe toutefois des dépôts de ce type en plusieurs endroits de la région.

Hagibis continuait d’entraver les transports, paralysés samedi. Des lignes de trains régionaux, dont une interrompue huit ans durant après le tsunami de 2011, ont été durement endommagées et leur rétablissement prendra des jours voire plusieurs mois, selon les autorités.

Le gouvernement est disposé à dégager une rallonge budgétaire, selon son porte-parole.

Quelque 24 000 foyers restaient privés d’électricité mardi soir et environ 128 000 n’avaient plus accès à l’eau potable.

Le typhon a aussi causé l’annulation de trois rencontres de la Coupe du monde de rugby et perturbé les essais du Grand prix de Formule 1.

Monde

La Russie et l’Arabie saoudite s’engagent pour un «OPEP+»

RYAD — La Russie et l’Arabie saoudite ont scellé lundi leur entente pétrolière et prôné une coopération renforcée tous azimuts, à l’occasion d’une visite à Ryad du président russe Vladimir Poutine.

Espace, culture, santé, hautes technologies et agriculture : une vingtaine d’accords et de contrats, prévoyant des investissements pour des milliards de dollars ont été signés à l’issue de pourparlers entre M. Poutine et le roi Salmane. Parmi eux figure la charte de coopération «OPEP+» — appellation rassemblant les 14 pays du cartel et dix pays non-membres.

Ce document crucial vise à «renforcer la coopération et soutenir davantage la stabilité sur les marchés pétroliers», s’est félicité le ministre de l’Énergie saoudien, le prince Abdel Aziz ben Salmane.

L’Arabie saoudite, chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), et la Russie, non-membre du groupe, coopèrent étroitement ces dernières années pour limiter l’offre de l’or noir et tenter d’en faire remonter le prix.

Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, «la coopération militaire et technique a été évoquée» également lors de pourparlers entre Vladimir Poutine et les dirigeants saoudiens.

«Un dialogue sur ce sujet sera poursuivi», a-t-il dit à la presse, sans fournir plus de détails.

Moscou et Ryad ont affiché ces dernières années un rapprochement spectaculaire, marqué par une visite en Russie du roi Salmane en octobre 2017, première historique.

Un an plus tard, alors que Mohammed ben Salmane était sous le feu des critiques après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul, Vladimir Poutine a salué le prince héritier saoudien d’une poignée de main enthousiaste et très remarquée à une réunion du G20.

Forte de ses relations avec Ryad et en même temps alliée à l’Iran, ennemi juré du royaume saoudien, la Russie pourrait chercher à «jouer le rôle de pacificateur» dans les tensions irano-saoudiennes, estime l’analyste Fiodor Loukianov.

«Nous allons tout faire pour créer les conditions nécessaires pour une dynamique positive» visant à calmer les tensions, a dit M. Poutine aux chaînes arabophones.

Monde

Trump condamne une vidéo parodique violente le mettant en scène

WASHINGTON — Le président Donald Trump condamne « fermement » une vidéo parodique le montrant en train de poignarder ou tirer sur des journalistes et des opposants politiques, a indiqué lundi sa porte-parole Stephanie Grisham.

« Le président n’a pas encore vu la vidéo. Il la verra rapidement, mais sur la base de tout ce qu’il a entendu, il condamne fermement cette vidéo », a tweeté la porte-parole de l’exécutif américain.

Cette vidéo, qui a été présentée durant une conférence de ses partisans à Miami et dont l’existence a été révélée par le New York Times, a suscité une vague d’indignation.

Dans une scène tirée du film Kingsman : The Secret Service, comédie d’espionnage britannique de 2015, un homme dont le visage porte en surimpression celui du président américain ouvre le feu sur des personnes dont les visages ont été remplacés par les logos de médias comme CNN, le Washington Post ou NBC.

Le déchaînement de violence se poursuit dans une « église des fake news » où le personnage représentant M. Trump repousse des fidèles et s’attaque au défunt sénateur John McCain, au sénateur Bernie Sanders – l’un de ses rivaux démocrates pour la prochaine présidentielle – ou au sénateur républicain Mitt Romney ainsi qu’à l’ancien président Barack Obama.

Selon l’organisateur de l’événement, intitulé « American Priority » et qui s’est tenu la semaine dernière dans le club de golf de M. Trump à Miami, le clip a été montré dans le cadre d’une « exposition sur les mèmes » internet.

« American Priority rejette toute violence politique et cherche à promouvoir un dialogue sain sur la protection de la libre expression », a déclaré Alex Phillips au quotidien américain.

Monde

Syrie: Trump réclame un cessez-le-feu

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a soudain durci le ton lundi face à la Turquie, l’appelant à mettre fin à son opération militaire en Syrie et annonçant une série de sanctions au moment où les troupes syriennes se déployaient dans le nord du pays.

Cibles d’une offensive turque meurtrière et abandonnées par leurs alliés américains, les forces kurdes se sont tournées vers les troupes de Damas qui se sont rapprochées lundi de la frontière.

«Les États-Unis veulent que la Turquie mette fin à l’invasion, mette en œuvre un cessez-le-feu immédiat et commence à négocier avec les forces kurdes en Syrie», a indiqué le vice-président américain Mike Pence qui a précisé qu’il se rendrait prochainement en Turquie.

Lancée le 9 octobre, l’opération turque a ouvert un nouveau front dans le conflit en Syrie, où interviennent acteurs régionaux et internationaux, et qui a fait depuis 2011 plus de 370 000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes.

Le chef du Pentagone Mark Esper a de son côté souligné que l’offensive militaire turque avait entraîné la libération de nombreux détenus «dangereux» du groupe jihadiste État islamique (EI). «Cette incursion inacceptable a sapé la mission internationale anti-EI, couronnée de succès en Syrie», a-t-il déploré.

Après une semaine d’annonces contradictoires, un responsable américain a indiqué que tous les militaires américains, environ 1000, déployés depuis quelques années dans le nord de la Syrie pour soutenir les forces kurdes dans leur combat contre le groupe jihadiste État islamique (EI), avaient reçu l’ordre de quitter le pays.

Les sanctions américaines signées lundi par M. Trump visent les ministres turcs de l’Énergie, de la Défense et de l’Intérieur. Leurs éventuels avoirs aux États-Unis sont gelés et leurs transactions internationales en dollars sont bloquées.

Offensive turque

L’opération militaire turque vise à instaurer une «zone de sécurité» de 32 km de profondeur pour séparer la frontière turque des territoires contrôlés par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de «terroriste» par Ankara, mais soutenue par l’Occident.

Lundi, les forces du régime se sont déployées au sud de Ras al-Ain, à la périphérie de la ville Tal Tamr. Des unités de l’armée sont désormais à 6 km de la frontière, a dit l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). 

Aux abords ouest de la ville, des combattants proturcs et des véhicules militaires turcs se sont massés par centaines, selon un correspondant de l’AFP sur place.

160 000 personnes déplacées

L’intervention du régime de Bachar al-Assad, qui a longtemps opprimé les Kurdes, est un véritable retournement de situation illustrant la complexité de la guerre syrienne.

Depuis le début de l’offensive turque, 133 combattants kurdes et 69 civils ont été tués, ainsi que 108 rebelles proturcs, selon l’OSDH. Et 160 000 personnes ont été déplacées, d’après l’ONU.

L’intervention turque a suscité de nombreuses condamnations surtout de la part de pays européens qui semblent impuissants à porter secours à leurs alliés kurdes dans la guerre contre l’EI vaincu en mars dernier en Syrie.

Monde

Les Catalans en colère contre Madrid

BARCELONE — Des milliers d’indépendantistes catalans en colère sont descendus dans les rues lundi et ont tenté de paralyser l’aéroport de Barcelone, après la condamnation de neuf de leurs dirigeants à des peines de prison pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Dès l’annonce des peines allant de 9 à 13 ans de prison, des rassemblements spontanés ont eu lieu dans la métropole catalane avant que les militants ne rejoignent, à l’appel d’un mouvement anonyme baptisé «Tsunami démocratique», l’aéroport pour le bloquer.

La police anti-émeutes a chargé à plusieurs reprises des centaines de militants tentant de pénétrer dans le terminal et jetant pierres et poubelles, a constaté l’AFP.

La police a arrêté un manifestant et 75 personnes ont été blessées, selon les services d’urgence, qui n’ont pas précisé la gravité de ces blessures.

Cent dix vols ont été annulés, selon le gestionnaire aéroportuaire Aena, tandis que des voyageurs ont été contraints de quitter leurs véhicules sur l’autoroute pour rejoindre le terminal à pied avec leurs valises.

À travers la région, dont le gouvernement est toujours contrôlé par les indépendantistes, des militants ont coupé des routes et des voies de chemin de fer.


Monde

L’Espagne émet un nouveau mandat d’arrêt international contre Puigdemont

MADRID — La justice espagnole a émis un nouveau mandat d’arrêt européen et international contre l’ancien président régional catalan Carles Puigdemont, après la condamnation lundi de neuf autres indépendantistes à des peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

Dans un communiqué, la Cour suprême a annoncé que le juge Pablo Llarena, qui avait retiré «un mandat d’arrêt européen et international» pour rébellion contre M. Puigdemont devant l’impossibilité de le faire appliquer par des partenaires européens, en avait émis un nouveau «pour les délits de sédition et détournements de fonds publics».

C’est en vertu de ces délits que la Cour a condamné lundi son ancien vice-président Oriol Junqueras et d’autres dirigeants indépendantistes à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison.

Principal acteur de la tentative de sécession de 2017, M. Puigdemont avait fui en Belgique pour échapper aux poursuites.

En juillet 2018, le juge Llarena avait dû retirer son mandat d’arrêt international à l’encontre de M. Puigdemont et d’autres indépendantistes partis à l’étranger après une décision de la justice allemande favorable à l’ex-président catalan, arrêté quelques mois plus tôt en Allemagne.

La justice allemande avait décidé de n’autoriser l’extradition de M. Puigdemont vers l’Espagne que pour le délit de détournement de fonds publics et non pour rébellion, qui le rendait passible de 25 ans de réclusion, dont il était alors accusé.

Elle avait en effet estimé que cette accusation n’était pas recevable en droit allemand, car M. Puigdemont «n’était pas le chef spirituel de violences» et parce que les violences ayant eu lieu en octobre 2017 au moment de la tentative de sécession «n’étaient pas d’une ampleur suffisante» pour justifier de telles poursuites.

Selon le juge Llarena, la condamnation pour sédition prononcée lundi contre d’autres indépendantistes est un «élément renforçant le pronostic de responsabilité du fugitif», explique la Cour suprême dans son communiqué.

La justice belge elle aussi avait refusé d’appliquer le mandat d’arrêt européen, mais apparemment pour vice de forme.

Affaires

Nobel d'économie: la deuxième femme et plus jeune lauréat du prix parmi les vainqueurs

STOCKHOLM — Le Nobel d’économie a été attribué lundi à un trio de chercheurs spécialisés dans la lutte contre la pauvreté, dont la Franco-américaine Esther Duflo, deuxième femme distinguée dans la discipline et plus jeune lauréat de l’histoire de ce prix.

Esther Duflo, 46 ans, son mari américain d’origine indienne Abhijit Banerjee et l’Américain Michael Kremer «ont introduit une nouvelle approche (expérimentale) pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde», a annoncé à Stockholm le secrétaire général de l’Académie royale des sciences, Göran Hansson.

Au milieu des années 90, Michael Kremer, 54 ans, professeur à l’Université d’Harvard, a «démontré à quel point cette approche peut être puissante en utilisant des expériences de terrain pour tester diverses interventions susceptibles d’améliorer les résultats scolaires dans l’ouest du Kenya», explique l’Académie.

Esther Duflo s’est fait un nom en conduisant des recherches avec Abhijit Banerjee, 58 ans, qui fut son directeur de thèse, sur des communautés pauvres d’Inde et d’Afrique, pour mesurer l’impact réel de micro-politiques. Leurs méthodes de recherche expérimentale dominent désormais l’économie du développement.

Grâce à eux, «plus de cinq millions d’enfants en Inde ont bénéficié de programmes efficaces de soutien dans les écoles» et «de nombreux pays ont débloqué d’importantes subventions pour la médecine préventive», explique l’académie.

«Malgré de récentes et importantes améliorations», rappelle-t-elle toutefois, «l’un des défis les plus urgents de l’Humanité est la réduction de la pauvreté dans le monde, sous toutes ses formes». Quelque 700 millions de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté, selon la Banque mondiale.

Duflo, plus jeune des lauréats du prix

Esther Duflo, professeure d’économie au Massachusetts Institute of Technology (MIT), est l’une des économistes les plus célébrées dans le monde, notamment aux États-Unis. Récipiendaire en 2010 de la médaille John Bates Clark, elle est seulement la seconde femme à recevoir le prix Nobel d’économie après l’Américaine Elinor Ostrom en 2009.

«Je suis très honorée. Pour être honnête, je ne pensais pas qu’il était possible de gagner le Nobel aussi jeune», a réagi l’économiste qui devient à 46 ans la plus jeune des lauréats du prix d’économie et la quatrième Française sacrée après Jean Tirole (2014), Maurice Allais (1988) et Gérard Debreu (1983).

Seule femme honorée de l’édition Nobel 2019, ses travaux lui avaient valu en 2013 d’être choisie par la Maison-Blanche pour conseiller le président Barack Obama sur les questions de développement, en siégeant au sein du nouveau Comité pour le développement mondial.

«Notre vision de la pauvreté est dominée par les caricatures et les clichés», expliquait-elle à l’AFP dans un entretien en septembre 2017.

Interrogée en anglais lundi sur ce qu’elle fera de la somme de neuf millions de couronnes suédoises (environ 830 000 euros) à partager entre les lauréats, la Franco-américaine a répondu: «À l’âge de 8 ou 9 ans, j’ai lu une biographie de Marie Curie, et quand elle a eu son premier prix Nobel elle a acheté un gramme de radium […] j’imagine que nous allons discuter tous les trois pour savoir ce que sera notre gramme de radium».

Emmanuel Macron a salué sur Twitter le «magnifique Prix Nobel» qui «rappelle que les économistes français sont actuellement au meilleur niveau mondial et montre que les recherches dans ce domaine peuvent avoir un impact concret sur le bien-être de l’humanité».

Une saison sans polémiques 

Après une édition 2018 hors norme du fait du report du prix de littérature, la saison Nobel 2019 n’aura guère soulevé de passions ni suscité de polémiques par-delà la consécration de l’écrivain autrichien Peter Handke.

L’auteur de «L’Angoisse du gardien de but au moment du pénalty» est honni dans une partie des Balkans pour ses positions pro-Serbes et sa présence en 2006 aux funérailles de l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, accusé de crimes contre l’humanité et génocide.

Comme attendu par la critique, le prix de littérature 2018 reporté d’un an après un scandale d’agressions sexuelles en plein mouvement  #MeToo est revenu à une femme, la Polonaise Olga Tokarczuk.

Quant au plus prestigieux des Nobel, le prix de la paix annoncé à Oslo, il est allé au premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan d’une réconciliation spectaculaire avec l’ex-frère ennemi érythréen.

Les prix sont remis à leurs récipiendaires lors de cérémonies à Stockholm et Oslo le 10 décembre, date anniversaire de la mort de leur créateur, l’industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896).

Dans un testament rédigé un an avant sa mort, l’inventeur de la dynamite avait souhaité voir récompensés «ceux qui au cours de l’année écoulée auront rendu à l’humanité les plus grands services».

Monde

Hong Kong : des dizaines de milliers de personnes de nouveau dans la rue

HONG KONG — Des dizaines de milliers de manifestants pro-démocratie ont à nouveau investi le centre commercial de Hong Kong lundi pour réclamer le soutien de la communauté internationale, en particulier celui des États-Unis.

«Nous lançons un appel urgent à la communauté internationale pour qu’elle nous soutienne, il n’y a pas d’autre solution», a déclaré à l’AFP une étudiante de 24 ans, Chun, qui participait à ce rassemblement autorisé par la police.

Les manifestants exhortent les élus américains à voter un texte qui permettrait de sanctionner les dirigeants chinois, accusés de mainmise sur la politique du territoire semi-autonome, en proie à une crise sans précédent.

Le Hong Kong Human Rights and Democracy Act, qui pourrait être voté dès cette semaine par la Chambre des représentants américains, impliquerait une réévaluation annuelle du statut particulier que les États-Unis accordent à Hong Kong en termes commerciaux, et pourrait prévoir des sanctions contre des responsables chinois.

L’un des promoteurs du projet, le sénateur républicain Josh Hawley, a dénoncé une dérive vers un «état policier» lors d’une visite de deux jours dans l’ex-colonie britannique, théâtre depuis quatre mois de manifestations pro-démocraties de plus en plus violentes.

Le mouvement a débuté en juin du rejet d’un projet de loi sur les extraditions — désormais suspendu — puis considérablement élargi ses revendications. Les protestataires demandent notamment de plus grandes libertés démocratiques ou une enquête sur l’attitude de la police depuis le début de la mobilisation.

Situation critique

«La situation ici est critique», a déclaré lundi à la presse le sénateur américain Josh Hawley, qui avait assisté dimanche soir à une manifestation dans le quartier populaire de Mongkok. Il a aussi, lors de sa visite, rencontré l’activiste pro-démocratie Joshua Wong.

Prié de dire ce que serait son message en rentrant à Washington, il a répondu: «Que Hong Kong risque de devenir un État policier, qu’il y a un risque pour son gouvernement représentatif et pour le principe “Un pays, deux systèmes”».

C’est au nom de ce principe que Hong Kong jouit de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu’en 2047. Mais les manifestants accusent la Chine de ne plus le respecter et de s’ingérer de plus en plus dans les affaires de sa région semi-autonome.

De son côté, Pékin accuse la mobilisation en cours à Hong Kong d’être en fait attisée par des «forces extérieures», en voulant pour preuve tel ou tel propos de responsables étrangers soutenant les manifestants.

«Taillé en pièces»

Le président Xi Jinping vient d’avertir les partisans du «séparatisme» en Chine qu’ils seraient «taillés en pièces», dans un contexte de militantisme toujours actif pour l’indépendance du Tibet et de manifestations à Hong Kong.

Le chef d’État chinois s’exprimait durant une visite ce week-end au Népal voisin, selon des propos rapportés dimanche par le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Quiconque se livre au séparatisme dans une quelconque partie de la Chine sera réduit à l’état de poussière et taillé en pièces», a déclaré Xi Jinping.

«Toute force extérieure qui soutient la scission de la Chine [...] se berce d’illusions.»

Plus jeune sénateur américain en exercice, Josh Hawley, 39 ans, est aussi très critique de la politique chinoise. Il a qualifié les propos de M. Xi de «rhétoriques violentes» illustrant la nécessité pour les États-Unis et leurs alliés européens de faire preuve d’une plus grande fermeté contre Pékin.

Initialement pacifiques, les manifestations tendent à dégénérer de plus en plus en violents heurts entre radicaux et forces de l’ordre.

Dimanche soir, un policier a ainsi été blessé au cou à coups de couteau. Des manifestants ont par ailleurs passé à tabac un autre policier en civil qui s’était infiltré dans leurs rangs.

La police a également annoncé qu’une bombe artisanale commandée à distance avait explosé près des forces de l’ordre dans le quartier de Mongkok, sans faire de blessé. Il s’agirait si cette explosion est confirmée de la première utilisation d’un tel engin depuis le début de la mobilisation.