Monde

L’étrange bataille autour de la mémoire de Gandhi

Le 30 janvier 1948, à New Delhi, Gandhi est assassiné par un fanatique qui l’accuse «d’émasculer» la nation hindoue. Le tueur, Nathuram Godse, prétend que les appels à la non-violence font partie d’un vaste complot pour que les musulmans massacrent des hindous. Malgré tout, après avoir tiré trois balles à bout portant sur le vieil homme, on raconte que l’assassin fait un geste incroyable. Il s’incline respectueusement devant celui qu’il vient d’abattre! (1)

L’année 2018 marque le 70e anniversaire de l’assassinat de Gandhi, symbole planétaire de la non-violence. Mais les temps sont durs pour le Grand Homme. En Inde, le gouvernement lui préfère des héros plus guerriers. Et voilà qu’une nouvelle biographie rappelle ses étranges expériences sexuelles avec de jeunes femmes. Gandhi peut-il être tué deux fois?

Monde

Les «gilets jaunes» prêts à réinvestir la rue

PARIS — Les «gilets jaunes» seront-ils dans la rue samedi pour une cinquième journée de manifestation en France? Les protestataires semblaient déterminés vendredi malgré l’appel au calme du président Emmanuel Macron et les inquiétudes des commerçants.

«Aujourd’hui notre pays a besoin de calme, il a besoin d’ordre», a déclaré vendredi à Bruxelles le président français.

Les «gilets jaunes», mobilisés depuis un mois pour plus de justice sociale et contre la politique gouvernementale, appellent de nouveau à se rassembler à Paris et dans les autres villes de France samedi.

Et ce en dépit des annonces faites lundi par Emmanuel Macron, qui incluent une hausse de 100 euros par mois pour les salariés payés au salaire minimum et une annulation de la taxe sur les petites retraites.

«J’ai apporté une réponse» aux demandes des «gilets jaunes», a dit le chef de l’État à l’issue du sommet européen. «Le dialogue (...) ne se fait pas par l’occupation du domaine public et par des violences», selon lui.

«C’est le moment où justement il ne faut pas lâcher (...) On doit continuer», a exhorté jeudi l’un des initiateurs du mouvement, Eric Drouet, dans une vidéo sur Facebook. «Ce que Macron a fait lundi, c’est un appel à continuer parce qu’il commence à lâcher quelque chose et, venant de lui, c’est inhabituel».

Sur Facebook, principal canal de mobilisation de ce mouvement, les nombreux appels à manifester un cinquième samedi de suite rassemblent plusieurs milliers de participants.

Après quatre samedis de mobilisation, dont trois émaillés de spectaculaires violences et dégradations, qui ont plongé le pouvoir dans la tourmente, certains prônent toutefois l’apaisement.

Le collectif des «gilets jaunes libres», vu comme plus modéré que le «canal historique», appelle à une «trêve», estimant que «le temps du dialogue est venu».

Six personnes sont mortes et des centaines ont été blessées en marge des blocages et manifestations déclenchés le 17 novembre.

Inquiétudes des commerçants

Après l’attentat de Strasbourg mardi - qui a fait quatre morts et a fait ressurgir le spectre terroriste - de nombreuses voix, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, avaient appelé à ne pas manifester.

«Je ne supporte pas l’idée qu’aujourd’hui on applaudisse nos policiers et que certains demain pensent qu’il est encore utile de les caillasser», a affirmé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner lors de la réouverture vendredi du marché de Noël de Strasbourg.

«Quel rapport entre le tueur de Strasbourg et le mouvement des “gilets jaunes”? Aucun», s’était cependant indigné la veille le chef de file du parti de gauche, La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Dans la capitale, pour faire face au risque de violences, le préfet de Paris a annoncé un dispositif musclé: 8.000 forces de l’ordre et 14 véhicules blindés à roues seront déployés dans la capitale samedi.

De nouveau, des fouilles auront lieu en amont, notamment sur les routes, dans les gares et les transports en commun menant à Paris. Les accès aux institutions (Palais de l’Elysée, Hôtel Matignon, Assemblée nationale, ministère de l’Intérieur, etc.) seront protégés.

Vendredi, plusieurs milliers de Français ont également manifesté dans toute la France pour réclamer des hausses de salaire à l’appel de la CGT, deuxième syndicat en France.
La poursuite du mouvement des «gilets jaunes» inquiète les commerçants, frappés de plein fouet par cette fronde survenue en pleine période d’achats de Noël.

«C’est dramatique, décembre c’est normalement 25% de mes ventes», soupire Anne Sicher, propriétaire d’une boutique d’accessoires de luxe à Bordeaux.

«Les manifestations qui dégénèrent, les transports paralysés, et maintenant la menace terroriste» sont pour cette commerçante en colère autant de facteurs qui «plombent l’ambiance festive de Noël, et empêchent les gens de faire leur shopping en toute sérénité».

L’économie française en a pâti: l’activité du secteur privé est tombée en décembre à son plus bas niveau en deux ans et demi, selon un indice provisoire publié par le cabinet IHS Markit.

Monde

Le décès d'une fillette détenue aux États-Unis souligne le drame cruel des enfants migrants

WASHINGTON — La mort d’une fillette guatémaltèque de 7 ans, quelques heures après son arrestation par des garde-frontières américains, a suscité une onde de choc vendredi aux Etats-Unis, où des milliers d’enfants migrants sont actuellement détenus dans des structures surpeuplées.

L’émotion n’a pas empêché la Maison-Blanche et l’opposition démocrate de croiser à nouveau le fer sur la politique migratoire du Donald Trump, et plus particulièrement sur le mur que le président veut ériger à la frontière mexicaine.

La petite fille décédée s’appelait Jackeline Caal et voyageait avec son père Nery Caal, 29 ans. Ils venaient d’une communauté maya du nord du Guatemala, a déclaré à l’AFP une source au sein du gouvernement de ce petit pays pauvre d’Amérique centrale gangrené par la violence.

Le 6 décembre, à l’issue d’un long périple, le père et sa fille avaient traversé la frontière sud des États-Unis au niveau du désert du Nouveau-Mexique. Ils se trouvaient dans un groupe de 163 migrants, comptant de nombreux mineurs, qui s’étaient rendus volontairement aux garde-frontières américains.

Un examen préliminaire de la fillette «n’avait pas révélé de problèmes de santé», selon le ministère américain de la Sécurité intérieure.

Mais dans le bus qui la transportait vers le centre de détention à 150 km de là, elle avait commencé à vomir. À son arrivée, environ une heure et demie plus tard, son père a signalé qu’elle ne respirait plus.

Transférée par hélicoptère à l’hôpital d’El Paso avec une fièvre de 41 degrés, elle était arrivée en arrêt cardiaque. Les médecins avaient réussi à la réanimer mais elle est morte d’un choc septique le 8 décembre, selon le ministère.

À qui la faute?

Sa mort a été révélée jeudi soir par le quotidien Washington Post et de nombreuses voix se sont élevées pour demander pourquoi les autorités étaient restées muettes pendant une semaine.

L’administration a assuré avoir «fait de son mieux» pour empêcher cette tragédie et pointé du doigt les parents de la fillette. «Cette famille a choisi de traverser illégalement» la frontière, a déclaré la ministre de la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen.

Une enquête administrative a toutefois été ouverte et ses conclusions seront rendues publiques.

De son côté, la Maison-Blanche s’en est prise à l’opposition. Cette mort «tragique» «aurait pu être évitée», si tous les élus s’étaient entendus pour «décourager» les étrangers de traverser illégalement la frontière, a déclaré un de ses porte-parole, Hogan Gidley.

«La politique de tolérance zéro» contre l’immigration illégale prônée par le président Trump a entraîné «une escalade dans le traitement cruel des immigrés», a rétorqué le parti démocrate dans un communiqué.

Les démocrates refusent actuellement de voter le financement du mur à la frontière avec le Mexique, promesse de campagne du magnat de l’immobilier. Le président a menacé d’aller jusqu’au «shutdown» (paralysie de certaines administrations faute d’accord sur le budget) s’ils ne cédaient pas.

Militarisation

«Quand l’administration Trump insiste pour militariser la frontière et poursuivre la construction du mur, elle pousse des gens qui fuient la violence vers les régions désertiques», a également jugé Cynthia Pompa, une des responsables de la puissante organisation des droits humains ACLU.

Plus de 2300 mineurs avaient été séparés de leur famille entre le 5 mai et le 9 juin au nom de cette politique de «tolérance zéro». L’indignation avait été telle aux États-Unis et dans le monde que le président avait été obligé de revoir sa copie, en interdisant par décret la séparation systématique des familles.

Depuis, les mineurs étrangers continuent d’affluer à la frontière.

Près de 15 000 mineurs non accompagnés sont actuellement détenus, en attendant d’être remis à un «sponsor», souvent un membre de la famille déjà installé aux États-Unis.
Ces mineurs, aux trois quarts âgés de plus de 14 ans, très majoritairement de sexe masculin (71%), originaires du Guatemala (54%), du Salvador (12%) ou du Honduras (26%), passent en moyenne 60 jours en détention, selon des statistiques officielles.

L’organisme responsable de leur prise en charge assure faire face à ces flux grâce à «des lits d’appoint» mais les défenseurs des migrants dénoncent un système en sous-capacité.

Autour du globe, 15 décembre 2018

Monde

Congo: un bébé miraculé de six jours a survécu à l'Ebola

JOHANNESBOURG — Les médecins n'hésitent pas à parler d'un miracle : un bébé admis à un centre de traitement du virus Ebola seulement six jours après sa naissance a survécu à la terrifiante maladie.

Le ministère de la Santé du Congo affirme qu'il s'agit de la plus jeune survivante connue de ce qui est maintenant la deuxième épidémie la plus mortelle d'Ebola.

Le ministère a transmis tard jeudi sur Twitter une photo de la petite victime, entourée du personnel médical qui a veillé sur elle 24 heures par jour pendant des semaines.

La mère de l'enfant, qui était porteuse de l'Ebola, est morte en lui donnant naissance, selon le ministère. Le bébé a reçu mercredi son congé du centre de traitement de Beni, où elle a été confiée à son père et à une tante.

Des experts ont précédemment témoigné d'un nombre exceptionnellement élevé d'enfants infectés dans le cadre de cette éclosion, qui a jusqu'à présent fait au moins 255 morts. Plus de 500 personnes pourraient avoir été infectées.

La petite survivante se nomme Bénédicte. Des images fournies par l'Unicef la montrent dans une zone de soins isolée, dans les bras de soignants vêtus de combinaisons de protection ou de survivants à la maladie qui n'ont pas besoin de telles précautions.

Les enfants composent plus du tiers des victimes cette épidémie, a indiqué l'Unicef plus tôt cette semaine. Une infection sur dix concerne un enfant de moins de cinq ans, selon l'agence onusienne de l'enfance, et le risque de mortalité est nettement plus élevé chez les enfants que chez les adultes.

Les cas de bébés infectés sont plutôt rares, mais les experts croient que le virus leur est transmis lors de l'allaitement ou d'un contact étroit avec un parent malade. Certains sont aussi infectés lorsqu'ils doivent soigner leurs proches.

Plus de 400 enfants ont été rendus orphelins par la maladie depuis le début de cette épidémie, a dit l'Unicef; d'autres sont livrés à eux-mêmes pendant plusieurs semaines, pendant que leurs parents sont soignés. Une maternelle a été ouverte près du centre de Beni pour «accueillir les enfants les plus jeunes pendant que leurs parents sont isolés», explique l'agence onusienne.

Il s'agit de la dixième épidémie d'Ebola au Congo. L'Organisation mondiale de la Santé a décrit jeudi des circonstances «impitoyables», puisque des rebelles armés interfèrent fréquemment avec l'intervention des travailleurs de la santé. Une élection présidentielle doit aussi avoir lieu le 23 décembre.

Monde

L'école Sandy Hook évacuée le jour anniversaire de la tuerie de 2012

NEW YORK — L'école primaire Sandy Hook, théâtre d'une fusillade qui a fait 26 morts en 2012, a été évacuée après une alerte à la bombe vendredi, jour anniversaire de la tuerie, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police de Newtown, dans le Connecticut.

Tous les enfants ont été évacués sans incident, a précisé le porte-parole.

Les recherches effectuées par la suite en quête d'un éventuel engin explosif n'ont rien donné, mais la responsable éducative du secteur, Lorrie Rodrigue, a ordonné que l'école soit fermée pour la journée.

L'incident est intervenu à la date anniversaire de la tuerie du 14 décembre 2012.

Ce jour-là, Adam Lanza, âgé de 20 ans, avait fait irruption dans l'école élémentaire muni notamment d'un fusil d'assaut et tué 26 personnes, dont 20 enfants âgés de 6 à 7 ans, avant de mettre fin à ses jours.

Le drame avait choqué l'opinion publique et suscité de nouveaux appels à un renforcement de la législation sur les armes, notamment par le président Barack Obama, mais aucune mesure significative n'a été prise depuis.

L'établissement a été démoli en 2013 et entièrement reconstruit, avec un dispositif de sécurité renforcé et un mémorial dans un jardin situé dans la cour de l'école.

Comme chaque année, Newtown a commémoré le souvenir des victimes, notamment en observant une minute de silence vers 9h30, heure à laquelle Adam Lanza était entré dans l'école.

Monde

Attentat de Strasbourg: une quatrième victime succombe à ses blessures

STRASBOURG — Au lendemain de la mort du tireur du marché de Noël de Strasbourg, sept membres de son entourage étaient toujours en garde à vue vendredi, tandis que les enquêteurs français poursuivaient leurs investigations pour «identifier d'éventuels complices» du djihadiste.

Le parquet de Paris a par ailleurs annoncé vendredi qu'une quatrième victime avait succombé à ses blessures à la suite de l'attentat.

La vie reprenait doucement son cours dans la capitale alsacienne, toute proche de la frontière allemande, avec la réouverture du très touristique marché de Noël, endeuillé par l'équipée meurtrière de Chérif Chekatt, tué jeudi soir par la police au terme de 48 heures d'une traque angoissante.

Entre les chants de Noël et les guirlandes des cabanons rallumées, l'odeur de vin chaud se répandait dans les allées. «Il est très bon, on sent bien la cannelle», savoure Philippe, en déambulant avec sa femme parmi les étals de pains d'épices, bretzel et confiseries.

C'est dans ce décor de fête, fréquenté chaque année par deux millions de visiteurs venus du monde entier, qu'a frappé mardi soir Chérif Chekatt, un délinquant multirécidiviste de 29 ans, qui a tué quatre personnes et en a blessé 12 autres, selon le dernier bilan.

Le groupe État islamique, qui appelle régulièrement à viser les pays membres de la coalition internationale anti-djihadiste en Syrie et en Irak, a affirmé jeudi soir que Chekatt était l'un de ses «soldats», peu après la mort de ce dernier.

Mais cette revendication a été qualifiée de «totalement opportuniste» par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

L'enquête devra élucider si le tueur a bénéficié d'éventuelles complicités «susceptibles de l'avoir aidé ou encouragé dans la préparation de son passage à l'acte», a de son côté souligné le procureur de Paris, Rémy Heitz, lors d'une conférence de presse.

Sept membres de l'entourage du tueur étaient en garde à vue vendredi, dont ses parents et deux de ses frères, a précisé le procureur.

800 témoignages

Un autre de ses frères, également radicalisé et visé par un mandat de recherche émis après l'attentat, a été interpellé en Algérie, selon plusieurs sources proches du dossier.

Né à Strasbourg, Chérif Chekatt avait un passé judiciaire très chargé (27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse) et était fiché «S» («sûreté de l'État») pour sa radicalisation islamiste.

Faute de piste, malgré les importants moyens déployés, la police avait fini par diffuser un avis de recherche avec sa photo mercredi soir.

Cela a «permis de recueillir près de 800 appels» dont deux témoignages «déterminants» pour localiser la zone où se cachait le fugitif, a souligné le procureur de Paris. «Une opération d'ampleur mobilisant un hélicoptère» a alors été engagée, «afin de concentrer les recherches sur ce secteur», situé au sud du centre-ville, a-t-il indiqué.

Repéré par une patrouille de police, Chérif Chekatt a fait mine d'entrer dans un immeuble avant de pointer son arme vers les policiers qui se rapprochaient, selon le procureur.

«Un projectile a atteint le véhicule de la police au-dessus de la portière arrière gauche. Deux des trois policiers ont alors riposté, tirant à de nombreuses reprises, et tuant l'auteur», a-t-il précisé.

Après ce dénouement, les forces de l'ordre ont été applaudies par les badauds, rassemblés aux abords du périmètre de sécurité. «Bravo!» ont lancé certains d'entre eux.

Prosélytisme «parfois agressif»

«Merci à l'ensemble des services mobilisés, policiers, gendarmes et militaires. Notre engagement contre le terrorisme est total», a tweeté le président Emmanuel Macron, qui se rendra à Strasbourg en fin de journée.

Malgré ces hommages rendus aux forces de l'ordre, des questions demeurent sur d'éventuelles failles.

«La sûreté à 100 %, c'est très difficile à organiser mais les forces de sécurité qui étaient présentes et nombreuses sur le marché de Strasbourg ont parfaitement réagi», a estimé vendredi la ministre des Armées, Florence Parly.

Autre débat, des voix se sont aussi élevées dans l'opposition de droite pour réclamer des mesures plus strictes à l'encontre des personnes suivies par les services de renseignement pour leur radicalisation religieuse.

À chacun de ses séjours en prison, Chérif Chekatt avait été repéré pour son prosélytisme «parfois agressif», lui qui avait une affiche de Ben Laden dans une de ses cellules.

Les «fichés S» tels que lui doivent pouvoir être déférés devant la justice pour «intelligence avec l'ennemi», a réclamé la présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national (RN) Marine Le Pen, rejointe par certains responsables de la droite modérée.

«Un mauvais débat», leur a répondu vendredi Florence Parly, estimant qu'on «ne peut pas arrêter quelqu'un pour le seul motif qu'on pense qu'il va peut-être commettre quelque chose».

Monde

Trump de nouveau accusé par son ex-avocat Michael Cohen

WASHINGTON — L'ex-avocat Michael Cohen a de nouveau chargé Donald Trump vendredi, affirmant dans une interview télévisée que le président américain n'ignorait rien de l'illégalité de versements effectués à deux anciennes maîtresses supposées pour prix de leur silence.

Interrogé sur ABC News sur le fait de savoir si Donald Trump savait lors de la campagne de 2016 que ces paiements à Stormy Daniels, une ancienne actrice pornographique, et Karen McDougal, une playmate, étaient «répréhensibles», Michael Cohen a répondu : «bien sûr».

Donald Trump a agi ainsi car «il était très inquiet des effets que [ces affirmations des deux femmes] auraient pu avoir sur l'élection», a poursuivi Michael Cohen, dans de premières déclarations publiques depuis sa condamnation jeudi à trois années de prison par un tribunal de New York.

Donald Trump assure de son côté qu'il n'a jamais demandé à Michael Cohen de violer la loi et fait porter à l'avocat la responsabilité d'éventuelles erreurs.

«Je ne pense pas que quelqu'un puisse croire cela», a répliqué Michael Cohen, dans l'émission Good Morning America.

«Tout d'abord, rien de ce qui était fait au sein de la Trump Organisation ne pouvait avoir lieu sans l'assentiment de M. Trump. Il m'a ordonné d'effectuer ces versements, il m'a ordonné d'être impliqué dans ces affaires», a dit l'ancien homme de confiance de Donald Trump.

L'avocat de 52 ans a notamment été condamné pour avoir organisé le paiement de 280 000 $ aux deux femmes afin d'acheter leur silence et ainsi d'«influencer l'élection» présidentielle de 2016.

Pour la justice, ces versements constituent une violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

En plus de sa peine de prison, qu'il commencera à purger en mars prochain, Michael Cohen a été condamné à 100 000 $ d'amende.

«Loyauté aveugle»

Donald Trump «connaît la vérité. Je connais la vérité, d'autres connaissent la vérité», a affirmé Michael Cohen.

«Et voici la vérité : le peuple des États-Unis, les gens dans le monde ne croient pas ce qu'il dit. Cet homme ne dit pas la vérité. Et il est triste que je doive prendre la responsabilité de ces sales coups», a-t-il ajouté, reprenant certains des mots qu'il avait utilisés cette semaine lorsqu'il avait fait amende honorable devant la cour de New York.

Ce dossier sur ces versements d'argent est venu s'ajouter à l'enquête sur les ingérences russes dans la campagne de 2016 et une éventuelle collusion entre Moscou et l'équipe Trump que mène le procureur spécial Robert Mueller.

Michael Cohen a affirmé que, selon lui, Donald Trump ne disait pas la vérité à propos de cette enquête russe. «Non», a-t-il laconiquement répondu, sans commenter plus en détail, disant ne pas vouloir risquer de «compromettre» les enquêtes en cours.

L'ex-avocat, qui se disait prêt il y a encore quelques mois à «prendre une balle» pour Donald Trump, a affirmé «en avoir fini avec les mensonges» ainsi qu'avec sa «loyauté aveugle» pour un homme qu'il admirait, mais qui est selon lui très «différent» depuis qu'il est entré dans le Bureau ovale.

Ces déclarations de l'ancien homme de confiance sont une nouvelle manifestation du climat délétère autour de la Maison-Blanche. La possibilité d'une inculpation du président américain ou du déclenchement d'une procédure de destitution est désormais ouvertement évoquée par des élus démocrates.

Et les révélations sur les affaires autour de Donald Trump se succèdent.

Vendredi, le New York Times et le Wall Street Journal ont ainsi affirmé qu'une enquête fédérale était en cours pour déterminer l'existence de versements illicites de personnalités étrangères au comité chargé d'organiser l'investiture de Donald Trump.

Les quotidiens, citant des sources proches du dossier, affirment que cette nouvelle enquête se concentre sur de possibles versements de donateurs originaires du Qatar, de l'Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, qui auraient cherché à influencer la politique américaine.

Monde

Khashoggi: le Sénat américain blâme le prince saoudien

WASHINGTON — Le Sénat américain a adopté jeudi une résolution affirmant que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est responsable du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cette réprimande directe envers le prince héritier a été adoptée à l’unanimité. La résolution appelle le gouvernement saoudien à «assurer une reddition de comptes appropriée».

On ne sait pas encore si la résolution sera soumise à la Chambre des représentants.

Les sénateurs ont décidé de présenter ce texte après que le président Donald Trump eut mis en doute la responsabilité du prince saoudien dans la mort de M. Khashoggi et louangé le royaume ultraconservateur.

Les responsables du renseignement américain ont conclu que le prince Ben Salmane devait au moins être au courant du complot.

Les sénateurs avaient précédemment adopté une autre mesure réclamant la fin du soutien américaine à la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen.

Autour du globe, 14 décembre 2018