Autour du globe, 8 juillet 2020

France: le conjoint d'Isabelle Boulay, Éric Dupond-Moretti, nouveau ministre de la Justice

Monde

France: le conjoint d'Isabelle Boulay, Éric Dupond-Moretti, nouveau ministre de la Justice

PARIS — Il compte parmi les avocats les plus célèbres de France, connu pour son franc-parler, mais aussi sa virulence à l’égard des magistrats : Eric Dupond-Moretti, le ténor du barreau surnommé «acquittator», a été désigné lundi ministre de la Justice, la nomination surprise du nouveau gouvernement.

Connu pour «sa grande gueule», ce novice en politique, âgé de 59 ans, devient garde des Sceaux six mois après un mouvement historique de grève des avocats contre la réforme des retraites.

Ce fils d’une femme de ménage est à l’origine de plus de 120 acquittements, ce qui lui a valu le surnom d’«acquittator», et son nom apparait dans de nombreux grands procès de ces dernières années.

En 2017, c’est sa défense du frère de Mohamed Merah auteur de sanglants attentats dans le sud-ouest de la France en 2012, Abdelkader, qui avait déchainé les passions. «C’est le procès le plus difficile de ma carrière. J’en ai pris plein la gueule, j’ai été insulté. On a dit que j’étais la honte de la profession, on a menacé mes enfants». Mais ça a été «pour moi un honneur» de le défendre, avait-il alors dit.

Il a aussi expliqué ne pas être là pour la morale, mais pour le droit et affirmé qu’il aurait pu défendre «l’homme Hitler» s’il le lui avait demandé, mais «à condition de ne pas justifier l’idéologie nazie».

Dans la salle d’audience, il rend coup pour coup à ses adversaires. Il use de sa présence physique intimidante pour mettre sous pression certains témoins à charge de l’accusation.

Cet avocat médiatique, jusqu’ici toujours classé à gauche et en couple avec la chanteuse populaire canadienne Isabelle Boulay, s’était lancé dans le théâtre en 2019 et devait assurer une chronique matinale sur la radio Europe 1 à la rentrée.

Déclaration de guerre 

Si la nomination d’Eric Dupond-Moretti a été bien accueillie par les avocats, elle a en revanche fait l’effet d’un choc chez les magistrats. «Nommer une personnalité aussi clivante et qui méprise à ce point les magistrats, c’est une déclaration de guerre à la magistrature», a déclaré à l’AFP Céline Parisot, présidente de l’USM, syndicat majoritaire chez les magistrats.

Fin juin, l’avocat s’était emporté, avec sa verve habituelle contre le parquet national financier (PNF), qui a épluché ses factures téléphoniques détaillées, comme celles de plusieurs autres avocats, dans une enquête liée à l’ancien président Nicolas Sarkozy (2007-2012). «Des méthodes de barbouzes», avait-il tonné.

«Et si vous étiez garde des Sceaux, que feriez-vous», était-il alors interrogé sur la chaîne LCI ? «D’abord il faut qu’on sépare le siège du parquet» — les juges des procureurs. «Pour moi, c’est impératif. Je fais le ménage là-dedans de façon très très très claire», répondait le ténor. Et de poursuivre. : «Je fais un système de responsabilité des juges, parce que les juges ne sont pas responsables de ce qu’ils font aujourd’hui. Ce sont les seuls dans notre société à ne pas être responsables».

Depuis Robert Badinter, ministre de la Justice de 1981 à 1986, sous la présidence du socialiste François Mitterrand, «aucun avocat du judiciaire n’avait été nommé garde des Sceaux», a relevé Estellia Araez, présidente du Syndicat des avocats de France (SAF, gauche). «Il est de bon augure qu’un confrère qui a toujours défendu les libertés […) et qui a participé au combat contre la réforme des retraites soit nommé garde des Sceaux», a-t-elle ajouté.

Boycottage publicitaire de Facebook: les associations déçues

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Boycottage publicitaire de Facebook: les associations déçues

SAN FRANCISCO — Les associations à l’origine du vaste boycottage publicitaire contre Facebook sont sorties «déçues» d’une réunion avec ses patrons et encore plus déterminées à galvaniser les centaines de marques qui demandent au réseau social de mieux lutter contre les contenus haineux et nocifs.

«Je suis très déçue que Facebook continue de refuser de se montrer responsable vis-à-vis de ses utilisateurs, de ses annonceurs et de la société en général», a assené Jessica Gonzalez, coprésidente de l’association Free Press, après l’entretien en visioconférence avec Mark Zuckerberg, le fondateur et PDG, et sa numéro deux Sheryl Sandberg.

«J’espérais voir de l’humilité et une réflexion profonde sur l’influence disproportionnée de Facebook sur l’opinion publique, les croyances et les comportements, ainsi que sur les nombreux torts qu’il a causés dans la vraie vie. Au lieu de quoi nous avons eu droit à plus de dialogue et pas d’action», a continué Mme Gonzalez dans un communiqué.

Les organisateurs ont promis que le boycottage, déjà suivi par près de 1000 entreprises — dont Adidas, Levi’s, Coca-Cola, Starbucks... — allait continuer tant que Facebook ne prendrait «aucun engagement à agir» contre les contenus qui promeuvent le racisme, la discrimination et la haine.

Le mouvement  #StopHateForProfit a été lancé il y a quelques semaines par des organisations de défense des droits civiques des Afro-Américains et contre l’antisémitisme, sur fond de manifestations contre le racisme et les violences policières dans tout le pays.

La route est longue

Elles réclament notamment un poste de référent sur les droits civiques chez Facebook, des audits, des remboursements aux annonceurs dont les publicités ont côtoyé des contenus qui ont ensuite été retirés, la création d’équipes d’experts du harcèlement en ligne ou encore le retrait de tous les groupes publics ou privés qui traitent de suprématie blanche, d’antisémitisme, de théories du complot violentes, de négationnisme, de désinformation sur les vaccins et de climato-scepticisme.

Facebook a de son côté mis en avant tous les efforts entrepris depuis plus de deux ans en termes de modération des contenus problématiques et de lutte contre la désinformation.

Les associations «veulent que Facebook soit débarrassé des contenus haineux et nous aussi», a déclaré un porte-parole du géant californien après la réunion.

«Nous avons investi des milliards en personnel et technologie pour y arriver. Nous avons créé de nouveaux règlements pour interdire les interférences avec les scrutins ou le recensement et nous avons lancé la plus importante campagne d’information sur les élections de l’histoire américaine».

Les quatre associations espéraient un retour sur leurs recommandations, présentées à Facebook «il y a trois semaines».

Mais «nous n’avons rien eu du tout», a déploré Jonathan Greenblatt, le patron de la Anti-Defamation League.

«Ils ont parlé de “nuance” [...], ils nous ont dit qu’ils étaient “en chemin”, qu’ils s’amélioraient, qu’ils y étaient presque», a-t-il raconté lors d’une conférence de presse.

Les États-Unis se retirent officiellement de l’Organisation mondiale de la santé

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Les États-Unis se retirent officiellement de l’Organisation mondiale de la santé

WASHINGTON — Donald Trump a officiellement lancé la procédure de retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), mettant à exécution ses menaces de quitter l’agence onusienne qu’il accuse d’avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus.

Des responsables de santé et des adversaires du président ont critiqué sa décision de retirer le plus gros contributeur de l’organisation basée à Genève, responsable de la lutte mondiale contre les maladies et contre la COVID-19 qui continue à se répandre dans le monde.

Et le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden, a assuré qu’il annulerait cette décision s’il était élu le 3 novembre.

«Le premier jour de ma présidence, je rejoindrai l’OMS et réaffirmerai notre leadership mondial», a-t-il écrit sur Twitter.

«Les Américains sont plus en sécurité quand l’Amérique s’engage pour renforcer la santé mondiale», a-t-il expliqué.


Bolsonaro contaminé, Washington quitte l’OMS

COVID-19

Bolsonaro contaminé, Washington quitte l’OMS

RIO DE JANEIRO — Le président brésilien Jair Bolsonaro, le plus outrageusement «corona-sceptique» des dirigeants mondiaux, a annoncé mardi qu’il avait été testé positif à la COVID-19, au moment même où Donald Trump a officiellement lancé la procédure de retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Parallèlement, l’OMS a mis en garde contre une accélération de l’épidémie et sur la probable capacité du virus à se transmettre par voie aérienne, soit de manière beaucoup plus contagieuse qu’initialement envisagé.

Le gouvernement de Donald Trump, autre dirigeant connu pour minimiser la gravité de l’épidémie dans son pays, a confirmé avoir notifié son retrait de l’OMS qu’il avait accusée d’avoir tardé à réagir après l’apparition du virus en Chine en décembre afin de ménager Pékin.

Dans l’immédiat, c’est Jair Bolsonaro, 65 ans, qui a dû se résoudre à révéler qu’il avait été contaminé. Malgré un bilan de plus de 66 000 morts, il n’a cessé de minimiser les ravages faits par le virus dans son pays. «Le résultat positif [du test] vient d’arriver», a-t-il déclaré à la télévision.

«Les médecins m’ont donné de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine (un antibiotique) et après je me suis senti mieux. Je vais parfaitement bien», a-t-il affirmé, évoquant ce premier médicament sujet de tant de débats, un temps adopté par Donald Trump, mais dont l’OMS a fini par conclure qu’il n’avait aucun effet bénéfique.

Presque au même moment, à Genève, l’OMS lançait un nouveau signal d’alarme : l’épidémie de COVID-19 «s’accélère», a fait 400 000 nouveaux cas au cours du week-end dernier et «nous n’avons pas atteint le pic».

«En réalité, certains pays ont fait des progrès significatifs dans la réduction du nombre de décès, alors que dans d’autres pays, les décès sont toujours en augmentation», a expliqué le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Plus de trois millions de cas de COVID-19 ont été recensés en Amérique latine et aux Caraïbes depuis le début de l’épidémie, dont plus de la moitié au Brésil, selon un bilan établi mardi par l’AFP à partir de sources officielles.

La pandémie a tué à ce jour au moins 539 620 personnes dans le monde.

Par voie aérienne

Pire, l’organisation a admis que de plus de plus d’éléments tendaient à prouver que le virus se transmettait non seulement par projection de gouttelettes ou contact, mais aussi par voie aérienne, en suspension dans l’air, après qu’un groupe de 239 scientifiques internationaux a alerté lundi sur ce mode de contagion.

«Nous reconnaissons que des preuves émergent dans ce domaine», a déclaré Benedetta Allegranzi, une responsable de l’OMS. «La possibilité d’une transmission par voie aérienne dans les lieux publics, particulièrement bondés, ne peut pas être exclue», a-t-elle ajouté, soulignant toutefois que les preuves devaient encore être «rassemblées et interprétées».

Car si la situation semble sous contrôle en Europe, continent le plus durement touché par le virus qui y a fait plus de 200 000 morts — dont plus des deux tiers au Royaume-Uni, en Italie, en France et en Espagne — l’inquiétude croît, notamment en Australie où le reconfinement de Melbourne (sud-est) durera au moins six semaines.

«Jusqu’aux genoux» 

De leur côté les États-Unis, pays le plus touché par la pandémie, continuent de battre des records de contaminations avec 60 000 nouveaux cas pour la seule journée de mardi selon l’université Johns Hopkins. Plus de 1100 personnes y sont décédées de la COVID-19 lors des dernières 24 heures.

Le directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses, Anthony Fauci, a jugé que son pays était encore «enfoncé jusqu’aux genoux» dans la pandémie. Selon lui, il faut agir immédiatement pour enrayer la résurgence actuelle, notamment dans l’ouest et le sud du pays.

Donald Trump estime au contraire avoir fait «du bon travail» et affirmé que le pays est «en bonne position». Son gouvernement a annoncé mardi avoir accordé 1,6 milliard $US à la biotech américaine Novavax pour son projet de vaccin, garantissant le cas échéant aux États-Unis la priorité des 100 millions de premières doses.

Explosion en Inde

Le nombre de contaminations explose aussi en Inde, troisième pays au monde en nombre de cas déclarés, et qui a franchi mardi la barre des 20 000 morts, avec une épidémie particulièrement virulente dans les grandes villes de Bombay, Delhi et Chennai.

Au Kenya, les écoles primaires et secondaires ne rouvriront qu’en janvier 2021, a annoncé mardi le ministre de l’Éducation. Quant à l’Iran, il a enregistré mardi un nombre record de 200 décès mardi.

La Chine a de son côté annoncé mardi qu’aucun nouveau malade n’avait été enregistré dans les 24 dernières heures à Pékin, une première depuis un rebond épidémique le mois dernier.

PIB en chute

L’Europe s’inquiète toujours d’une résurgence des cas, conduisant à la mise en place de nouvelles restrictions locales. En Espagne, les autorités sanitaires se disent «très préoccupées» par la reprise de l’épidémie dans une région de 200 000 habitants en Catalogne (nord-est), soumise à des mesures d’isolement samedi, à l’instar d’une autre région côtière en Galice (nord-ouest).

Sur le front économique, l’impact de la crise sanitaire sur le PIB de la zone euro sera pire que prévu : -8,7 % en 2020, a averti mardi la Commission européenne.

La Banque africaine de développement (BAD) a de son côté estimé dans un rapport mardi que près de 50 millions d’Africains pourraient basculer dans l’extrême pauvreté en raison des conséquences économiques de l’épidémie sur le continent.

Refuser le masque équivaut à conduire en état d’ébriété, selon un prix Nobel

COVID-19

Refuser le masque équivaut à conduire en état d’ébriété, selon un prix Nobel

PARIS — Refuser de porter un masque pour aider à lutter contre l’épidémie de COVID-19, c’est aussi antisocial que de conduire après avoir bu de l’alcool, selon le président de la Royal Society de Londres et prix Nobel de chimie, Venki Ramakrishnan.

Les propos de Venki Ramakrishnan interviennent alors que deux nouveaux rapports soulignent que le port du masque peut contribuer à réduire considérablement la propagation de virus comme celui de la COVID-19.

«Avant, il était tout à fait normal de prendre quelques verres et de rentrer à la maison, et il était également normal de conduire sans ceinture de sécurité», rappelle-t-il mardi dans un communiqué. «Aujourd’hui, ces deux comportements seraient considérés comme antisociaux et le fait de ne pas porter de masque en public devrait être considéré de la même manière».

«Si nous en portons tous un, nous nous protégeons les uns les autres et ainsi nous-mêmes», a-t-il poursuivi, rappelant que «le virus n’a pas été éliminé».

Le masque a un rôle à jouer, avec le fréquent lavage des mains et la distance physique, car il n’y a pas de «solution miracle» contre ce virus, selon lui.

Les masques en tissu réduisent la dispersion des particules orales avec 50 et 100 % de l’efficacité des masques chirurgicaux, en fonction d’un certain nombre de facteurs, relèvent des chercheurs des universités de Pennsylvanie et de Cambridge, rédacteurs d’un des deux rapports.

«Il y a même aujourd’hui des preuves que les masques pourraient bénéficier directement au porteur», assure Paul Edelstein, professeur émérite de pathologie et de médecine de laboratoire de l’université de Pennsylvanie.

Le deuxième rapport publié par la Royal Society relève de grandes différences dans les taux de port du masque parmi les pays riches: fin avril, l’adoption du port du masque était de 25 % en Grande-Bretagne contre 83,4 % en Italie, 65,8 % aux États-Unis et 63,8 % en Espagne.

«Dans des pays comme l’Italie, les États-Unis et l’Espagne, les gens ont rapidement adopté des masques faciaux», notamment car «les autorités leur ont fourni des directives claires», estime Melinda Mills de l’Université d’Oxford, principal auteur de ce document.

Le mois dernier, l’Organisation mondiale de la santé et les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis ont publié des directives actualisées recommandant à tout le monde de porter des masques dans les zones publiques où existe un risque de transmission de la COVID-19.

Autre gros chèque du gouvernement Trump pour un projet de vaccin

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Autre gros chèque du gouvernement Trump pour un projet de vaccin

WASHINGTON — Le gouvernement de Donald Trump a annoncé mardi avoir accordé 1,6 milliard $US à la biotech américaine Novavax pour son projet de vaccin contre la COVID-19, garantissant aux États-Unis la priorité des 100 millions de premières doses en cas d’efficacité prouvée.

L’administration de Donald Trump a lancé l’opération «Warp Speed» («au-delà de la vitesse de la lumière») pour tenter de produire 300 millions de doses d’un vaccin d’ici janvier 2021, afin de vacciner les Américains en priorité. À la différence de l’Europe et d’autres pays, les États-Unis jouent cavalier seul et ne participent pas à des collectes de fonds internationales.

Le gouvernement américain a investi des milliards de dollars dans les projets rivaux de plusieurs biotechs et de laboratoires, fondés sur des technologies différentes, pour en financer les essais cliniques et, en parallèle, la construction de sites de fabrication à très grande échelle. Sans compter l’achat de 92 % de la production de l’antiviral remdesivir jusqu’à septembre, premier médicament ayant prouvé une relative efficacité sur les malades de la COVID-19.

«L’opération Warp Speed crée un portefeuille de vaccins pour augmenter les chances que nous ayons au moins un vaccin sûr et efficace dès la fin de l’année», a déclaré Alex Azar, secrétaire à la Santé.

L’investissement des ministères de la Santé et de la Défense dans Novavax, basée dans le Maryland, devrait garantir la fabrication de 100 millions de doses à la fin de cette année, à utiliser dans des essais cliniques et, éventuellement, pour une campagne de vaccination en cas d’homologation.

«Nous sommes honorés du partenariat avec l’opération Warp Speed pour faire avancer notre projet de vaccin avec une urgence extraordinaire, dans le but de fournir une protection vitale à la population de notre pays», a déclaré Stanley Erck, PDG de Novavax.

Novavax a commencé ses essais cliniques sur 130 personnes en Australie en mai, avec l’aide de financements de la CEPI, une coalition publique-privée consacrée au financement de vaccins; les résultats n’en sont pas encore connus. Elle devrait lancer l’essai dit de phase 3 (la dernière et plus grande) à l’automne, avec jusqu’à 30 000 participants, selon un communiqué. Son projet de vaccin s’appelle NVX-CoV2373.

Les États-Unis avaient auparavant investi plus de deux milliards $US dans les projets de vaccins de Johnson & Johnson (456 millions), Moderna (483 millions) et AstraZeneca (1,2 milliard, en partenariat avec Oxford), ces deux derniers étant les plus avancés. Le laboratoire français Sanofi avait reçu un petit contrat en février (30 millions), mais on ignore s’il a été retenu dans «Warp Speed».

L’opération, selon le ministère de la Santé le 16 juin, avait initialement sélectionné 14 projets, ramenés ensuite à sept (la liste complète n’est pas publique).

Les États-Unis ont aussi investi dans d’autres sociétés pour augmenter la capacité d’usines de production pharmaceutique, ainsi que la fabrication de seringues et de flacons en verre qui seront nécessaires pour distribuer les futurs vaccins et traitements.

Mardi, Washington a également accordé 450 millions $US à la société Regeneron pour son traitement expérimental (REGN-COV2) contre la COVID-19, non prouvé, mais en cours d’essai à la fois sur des malades du coronavirus (aux États-Unis, au Brésil, au Mexique et au Chili), et sur des gens non infectés, mais récemment exposés au virus (aux États-Unis).

Les premiers résultats pourraient être annoncés cet été. À ce jour, seuls le remdesivir et le stéroïde dexaméthasone ont démontré une efficacité sur des malades du coronavirus.

Autour du globe, 7 juillet 2020

Flambée des cas de la COVID-19 aux États-Unis

COVID-19

Flambée des cas de la COVID-19 aux États-Unis

WASHINGTON — L’inquiétude face à la pandémie régnait toujours lundi aux États-Unis, où la barre des 130 000 morts de la COVID-19 a été dépassée, et des scientifiques internationaux alertaient sur la possible transmission du coronavirus dans l’air.

Le virus a fait officiellement plus de 130 240 morts dans le pays, qui continue de battre des records de contaminations (près de 55 000 en une journée lundi).

Facebook, Google et Twitter ne répondront plus aux demandes de Hong Kong

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Facebook, Google et Twitter ne répondront plus aux demandes de Hong Kong

HONG KONG — Facebook, Google et Twitter ont confirmé lundi qu’ils ne répondaient plus aux demandes d’informations sur leurs utilisateurs émanant du gouvernement et des autorités de Hong Kong, par respect pour la liberté d’expression.

«Mercredi dernier, quand la loi est entrée en vigueur, nous avons mis en pause le traitement de toute nouvelle requête de données», a déclaré un porte-parole de Google, qui comprend aussi la plateforme de vidéos YouTube.

États-Unis: les étudiants étrangers menacés d’expulsion si leurs cours restent en ligne à la rentrée

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États-Unis: les étudiants étrangers menacés d’expulsion si leurs cours restent en ligne à la rentrée

WASHINGTON — Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi qu’il n’autoriserait pas les étudiants étrangers à rester aux États-Unis si leurs universités décidaient, par peur du nouveau coronavirus, de poursuivre à enseigner uniquement en ligne à la rentrée.

Le gouvernement américain ne «donnera pas de visas aux étudiants inscrits dans des programmes intégralement en ligne à l’automne et les garde-frontières ne les laisseront pas entrer sur le territoire», a annoncé la police de l’immigration et des douanes (ICE) dans un communiqué.

Trudeau n'ira pas à Washington pour célébrer le nouvel ALENA

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Trudeau n'ira pas à Washington pour célébrer le nouvel ALENA

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau n’assistera pas à une rencontre, cette semaine, avec le président américain Donald Trump et le président mexicain Andrés Manuel López Obrador.

Le bureau de M. Trudeau a indiqué qu’il souhaitait bonne chance aux deux pays et à leurs dirigeants, mais qu’il resterait à Ottawa pour une retraite de son cabinet et une séance prévue au parlement.

M. López Obrador doit se rendre à Washington en partie pour célébrer l’entrée en vigueur du nouvel accord de libre-échange nord-américain, et il avait exprimé l’espoir que M. Trudeau se joigne à lui.

Le bureau de M. Trudeau a précisé que le premier ministre continuerait de travailler avec les deux pays pour assurer la réussite de l’accord et travailler pour que l’Amérique du Nord sorte plus forte de la pandémie de COVID-19.

La semaine dernière, on avait demandé à M. Trudeau s’il assisterait à la rencontre et il n’avait mentionné ni le parlement ni la retraite comme raisons de ne pas y aller.

Il avait toutefois évoqué des inquiétudes suscitées par les récentes réflexions des Américains concernant les tarifs sur l’aluminium.

Il avait également noté l’étendue des flambées de COVID-19 dans les autres pays.

Le premier ministre canadien s’est tout de même entretenu au téléphone avec le président mexicain lundi.

Selon un compte rendu de la discussion fourni par le cabinet du premier ministre, celui-ci aurait exprimé son regret de ne pas pouvoir se rendre à Washington en souhaitant à M. López Obrador «une rencontre fructueuse avec le président des États-Unis».

Les deux dirigeants auraient notamment discuté de la lutte contre la COVID-19 dans leur État respectif ainsi que «des investissements dans l’infrastructure d’énergie renouvelable comme moyen de contribuer à lutter contre les changements climatiques et de soutenir la croissance économique», rapporte-t-on.

Un séisme de magnitude 6,6 frappe au large de l’Indonésie

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Un séisme de magnitude 6,6 frappe au large de l’Indonésie

JAKARTA — Un séisme de magnitude 6,6 s’est produit mardi matin au large de l’île de Java en Indonésie, a annoncé l’observatoire américain USGS.

Le fort séisme s’est produit à une profondeur de plus de 500 kilomètres, a précisé l’USGS, indiquant qu’il y avait «une faible probabilité de victimes et de dégâts».

Le séisme a frappé à une centaine de kilomètres de la ville de Batang vers 18h54, heure avancée de l’Est, lundi.

L’archipel indonésien se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. En 2018, un séisme de magnitude 7,5 suivi d’un tsunami sur l’île de Célèbes avait dévasté la région de Palu et fait plus de 4300 morts et disparus.

Un autre séisme dévastateur de magnitude 9,1 avait frappé au large des côtes de Sumatra en 2004, entraînant un tsunami qui a tué 220 000 personnes dans la région, dont environ 170 000 en Indonésie.

Plus de détails à venir…

La Corée du Sud refuse d’extrader aux États-Unis un exploitant de site pédopornographique

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La Corée du Sud refuse d’extrader aux États-Unis un exploitant de site pédopornographique

SÉOUL — Un tribunal sud-coréen a rejeté lundi une demande d’extradition aux États-Unis d’un homme reconnu coupable d’avoir dirigé l’un des plus gros sites Internet de pédopornographie au monde.

Son Jong-woo, exploitant du site de pornographie enfantine sud-coréen «Welcome to Video», en vendait le contenu dans le monde entier sur le darknet pour des bitcoins, une crypto-monnaie numérique.

Reconnu coupable d’avoir violé les lois sud-coréennes sur la protection de l’enfance, il a purgé une peine de 18 mois de prison se terminant en avril. Il est resté en détention depuis, car il a également été inculpé à Washington et pourrait encourir une peine beaucoup plus longue aux États-Unis.

Ainsi des clients ont été condamnés aux États-Unis à des peines de 15 ans de prison, contrastant avec la peine légère purgée par M. Son en Corée du Sud, ce qui a suscité des appels à durcir la législation sud-coréenne contre la pédopornographie.

La Haute Cour de Séoul a justifié le rejet de la demande d’extradition en faisant valoir que son départ à l’étranger pourrait «entraver l’enquête sud-coréenne sur les contenus à caractère sexuel», a rapporté l’agence de presse Yonhap.

«La décision ne doit pas être interprétée comme une manière de l’exonérer», a ajouté le tribunal, selon Yonhap.

Mais cette décision a suscité des réactions négatives dans les réseaux sociaux en Corée du Sud.

«Je peux presque entendre divers criminels sexuels applaudir à cette nouvelle», a déclaré un utilisateur de Twitter. «La Corée du Sud doit être le seul pays à laisser en liberté les prédateurs sexuels d’enfants», a réagi un autre.

Selon le ministère américain de la Justice, 338 personnes liées au site ont été arrêtées l’an dernier à travers le monde, notamment en Corée du Sud, aux États-Unis, au Canada, en Espagne et au Brésil.

Qualifié par le gouvernement américain de «plus grand marché d’exploitation sexuelle d’enfants en termes de volumes de contenus», le site de Son donnait accès à 250 000 vidéos pornographiques pour enfants contre des paiements en bitcoins.

Il a été l’un des premiers sites du darknet (réseaux cachés non référencés par les moteurs de recherche classiques) à vendre des vidéos d’exploitation d’enfants pour des bitcoins, le site affirmant qu’elles ont été téléchargées plus d’un million de fois, selon le ministère américain de la Justice.

Inondations meurtrières au Japon : les secours retardés, le bilan humain s’alourdit

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Inondations meurtrières au Japon : les secours retardés, le bilan humain s’alourdit

KUMAMOTO — Une pluie battante ralentissait lundi les opérations de secours après des inondations et des glissements de terrain dans le sud-ouest du Japon ce week-end ayant probablement fait une cinquantaine de morts, selon un bilan toujours provisoire.

Les fortes pluies devraient par ailleurs se déplacer de l’ouest vers l’est du pays d’ici à mercredi, risquant ainsi de toucher «une région très large», a averti lundi le premier ministre Shinzo Abe, appelant la population à redoubler de prudence.

Dans la grande île de Kyushu (sud-ouest), les autorités locales craignaient un bilan d’une cinquantaine de morts après les fortes intempéries qui se sont abattues sur la région depuis samedi matin. Au moins treize personnes étaient par ailleurs toujours portées disparues.

«À cause des fortes pluies, nous avons dû annuler des vols d’hélicoptère au-dessus des zones dévastées», a déclaré à l’AFP Tsubasa Miyamoto, un responsable de la préfecture de Kumamoto.

Routes et ponts ont été emportés par les inondations, coupant certaines localités isolées du reste du monde. Dans l’une des zones les plus touchées, des habitants ont écrit les mots «riz, eau, SOS» au sol, pendant que d’autres agitaient des serviettes pour appeler à l’aide, selon des images d’hélicoptère.

Dans un centre pour personnes âgées de la région de Kumamoto, 14 personnes sont mortes noyées samedi en raison de l’inondation du rez-de-chaussée par une rivière en crue, des résidents en fauteuil roulant n’ayant pu se réfugier dans les étages supérieurs, ont confirmé lundi les autorités.

Une cinquantaine de résidents et d’employés de cette maison de retraite médicalisée ont été secourus au moyen de canots de sauvetage.

Précautions contre la COVID-19 

L’Agence météorologique japonaise a recommandé à environ 500 000 habitants des préfectures de Kumamoto et de Kagoshima d’évacuer leurs logements, en raison de nouvelles fortes pluies attendues jusqu’à mardi après-midi.

«C’est un tel désastre», a commenté sur la chaîne de télévision publique NHK Hirotoshi Nishi, un habitant sinistré en train de retirer des débris dans sa maison pleine de boue.

En plus des intempéries persistantes, les opérations de secours sont compliquées par les risques de contaminations au coronavirus. Des cloisons ont été installées dans les centres d’évacuation pour préserver une distance physique, et les déplacés sont appelés à se laver les mains fréquemment et à porter des masques.

Le Japon a été relativement épargné jusqu’à présent par la pandémie mondiale, avec environ 1000 décès pour moins de 20000 cas depuis le début de la crise sanitaire. La plupart des nouvelles infections à l’heure actuelle sont recensées à Tokyo.

Pour la vie économique locale déjà durement frappée par l’effondrement du tourisme à cause de la pandémie, cette catastrophe naturelle tombe au pire moment.

«Ce magnifique endroit a été bouleversé du jour au lendemain», a déclaré à l’AFP Yuji Hashimoto, responsable de l’office du tourisme de la ville de Yatsushiro dans la région de Kumamoto, réputée pour ses sources d’eau chaude (onsen).

«Les dégâts dépassent l’entendement, cela nous est tombé dessus de manière totalement inattendue. C’est une double peine, alors que notre ville souffrait déjà de l’impact du coronavirus».

Plus de 40 000 policiers, pompiers, garde-côtes et membres des Forces d’auto-défense japonaises étaient mobilisés dans les régions sinistrées, et quelque 800 personnes ont déjà été secourues, a précisé lundi le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga. En outre, 10 000 foyers étaient toujours privés d’électricité et 2400 foyers sans eau, a-t-il ajouté.

La saison des pluies bat son plein dans l’archipel nippon en ce moment, une période à hauts risques en matière d’inondations, coulées de boue et glissements de terrain.

Le changement climatique joue également un rôle, car une atmosphère plus chaude retient davantage d’eau, accroissant le risque et l’intensité des précipitations extrêmes.

La Chine appelle ses citoyens au Canada à la «prudence»

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La Chine appelle ses citoyens au Canada à la «prudence»

PÉKIN — La Chine a mis en garde lundi ses ressortissants contre les «fréquents incidents violents» au Canada et appelé «à la prudence», dans un contexte de vives tensions entre les deux pays.

Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées depuis l’arrestation fin 2018 à Vancouver d’une haute dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, suivie de l’arrestation en Chine de deux ressortissants canadiens.

«Récemment, le Canada a connu de fréquents incidents violents impliquant les forces de l’ordre, qui ont donné lieu à un certain nombre de manifestations», a indiqué dans un bref communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères.

«Les citoyens chinois doivent être très attentifs à leur sécurité» et «faire preuve de prudence», a-t-il écrit.

Le communiqué ne précise pas quels sont ces «incidents violents».

Lundi déjà, la Chine a adressé une mise en garde au Canada contre une nouvelle dégradation des relations bilatérales, après les sanctions annoncées par Ottawa à la suite de la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée à Hong Kong.

Le Canada avait annoncé vendredi suspendre son traité d’extradition avec l’ex-colonie britannique ainsi que ses exportations de matériel militaire «sensible».

«La Chine condamne fermement [les sanctions canadiennes] et se réserve le droit de prendre des mesures complémentaires», a déclaré devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

«Le Canada devra en assumer toutes les conséquences», a-t-il dit.

Pour M. Zhao, ces décisions constituent «une violation grave du droit international» ainsi qu’une «ingérence» dans les affaires chinoises.

«La Chine appelle le Canada à rectifier immédiatement ses erreurs […] afin d’éviter une nouvelle dégradation des relations» entre les deux pays, a-t-il averti.

Plusieurs pays ont appelé la Chine à revenir sur sa loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, qui fait craindre à l’opposition démocrate locale un grave recul des libertés en vigueur dans la Région administrative spéciale revenue à la Chine en 1997.

Autour du globe, 6 juillet 2020

COVID-19: inquiétude aux États-Unis face à la flambée des cas, qui touche aussi l'Inde 

Monde

COVID-19: inquiétude aux États-Unis face à la flambée des cas, qui touche aussi l'Inde 

WASHINGTON — L'inquiétude commence à poindre chez des élus américains face à la flambée des cas de coronavirus, minimisée par le président Donald Trump, alors que la recrudescence de la pandémie touche aussi notamment le Mexique, l'Inde et l'Iran.

Les États-Unis, qui enregistrent depuis plus d'une semaine des nombres d'infections record, célébrait ce week-end sa fête nationale, réputée pour ses réunions familiales, barbecues, et feux d'artifice, en dépit de la pandémie.

Sur la plage new-yorkaise de Coney Island rouverte à la baignade depuis mercredi, rares sont les vacanciers à bronzer masqués. Mark Ruiz, venu pique-niquer avec sa femme et ses deux enfants, se dit «clairement inquiet», mais n'imaginait pas rester chez lui pour les festivités du 4 juillet. «Nous ne pouvons pas rester dans une bulle tout l'été», a confié à l'AFP cet homme de 37 ans.

Du haut de sa tour Eiffel, le chef Anton ne veut pas entendre parler de monde d'après

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Du haut de sa tour Eiffel, le chef Anton ne veut pas entendre parler de monde d'après

PARIS — Du haut des 125 mètres de son restaurant niché sur la tour Eiffel, rouvert après trois mois de «vacances» dues à la COVID, le chef français Frédéric Anton «ne veut pas entendre parler» de changements dans le monde gastronomique d'après.

Le chef étoilé, également détenteur du prestigieux titre de «meilleur ouvrier de France», est revenu aux fourneaux du Jules-Verne, mythique restaurant avec vue panoramique sur Paris qui a rouvert mardi, et dont profitent pour le moment essentiellement des clients français, en attendant le retour des touristes étrangers.

La tartelette aux courgettes et amandes et l'artichaut-poivrade sont entrés dans la nouvelle carte d'été, toujours aussi sophistiquée, avec aussi son assiette de crabe au caviar et autre langoustines en ravioli avec une crème fumée.

Dans l'ascenseur privé, une paroi de plexiglas sépare les clients les uns des autres. Ils ne font tomber leur masque qu'une fois à table. Les maîtres d'hôtel en masques noirs les accueillent dans l'écrin épuré des salles, où douze tables ont été enlevées pour respecter la distanciation.

Acheter français coûte cher 

Dans l'assiette, «rien ne va changer!», martèle Frédéric Anton, plutôt confiant après la réouverture de cet établissement dont les menus dégustation vont de 190 à 230 euros, sans les vins.

Frappés de plein fouet par la crise sanitaire, nombre de ses confrères tiennent un tout autre discours, cherchent à s'adapter en simplifiant leurs cartes, mettant en place des ventes à emporter à des prix doux, misant sur leurs jardins ou producteurs locaux.

«On n'a pas fait de vente à emporter, on y a réfléchi deux minutes, ce n'était pas nécessaire», tranche Frédéric Anton.

Pour le restaurant, «si on doit acheter tel ou tel produit - langoustines ou agneau de Pyrénées - on l'achètera. Si on doit le transformer de telle ou telle façon, on le fera. Si on doit avoir tant de personnes pour travailler et faire de la qualité, on ne jouera jamais sur cela», assure Frédéric Anton.

L’<em>Ocean Viking</em> va débarquer 180 migrants en Sicile, dans une joie douce-amère [PHOTOS]

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L’Ocean Viking va débarquer 180 migrants en Sicile, dans une joie douce-amère [PHOTOS]

Une explosion de joie, mais un arrière-goût amer. Le navire humanitaire Ocean Viking a reçu dimanche l’autorisation de débarquer 180 migrants en Sicile, provoquant une scène de liesse parmi les rescapés, mais les tensions des derniers jours ont laissé des traces indélébiles.

«Nous avons reçu l’instruction des autorités maritimes italiennes de débarquer les rescapés à bord à Porto Empedocle [sud de la Sicile]. Le navire fait route en ce moment vers ce port que nous pensons rallier d’ici demain [lundi] matin», a expliqué son affréteur SOS Méditerranée à l’AFP, dont un journaliste est embarqué à bord.

Sur le pont du bateau-ambulance, qui avait recueilli à son bord ces Pakistanais, Bangladais, Nord-Africains ou encore Ghanéens lors de quatre opérations les 25 et 30 juin, l’annonce a suscité embrassades, applaudissements, chants, et égoportraits, qui ont fait oublier l’espace de quelques minutes l’extrême tension qui y régnait, au point que l’Ocean Viking avait dû se placer en état d’urgence vendredi, une première.

«On est très heureux ! On vient de loin, la Libye a été un enfer et maintenant on voit enfin le bout. J’ai hâte de pouvoir prévenir ma famille que je suis vivant», exulte Rabiul, 27 ans, originaire du Bangladesh, pays le plus représenté à bord.  

Sur le navire, les migrants dansent, dessinent «Thanks Ocean Viking» sur leur t-shirt, sautent dans les bras des membres de l’équipage de SOS Méditerranée qui, quelques jours plus tôt, était menacé d’agression par une minorité d’entre eux, qui n’avaient pas non plus hésité à sauter par-dessus bord en signe de désespoir après plus d’une semaine de blocage en mer.

États-Unis: les démocrates souhaitent accélérer la transformation politique du Sud

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États-Unis: les démocrates souhaitent accélérer la transformation politique du Sud

ATLANTA — Les dirigeants du Parti démocrate souhaitent que le vent nouveau qui s'est levé sur le sud pour balayer des vestiges d'un passé raciste souffle aussi dans les urnes.

L'État du Mississippi a retiré l'emblème des Confédérés de son drapeau. Plusieurs gouvernements locaux ont enlevé des statues représentant des héros des États du Sud pendant la Guerre de Sécession.

L'électorat se transforme dans le Sud. Il devient plus jeune, plus urbain et moins blanc. Il s'éloigne de la clientèle-cible du président Donald Trump. Dans la région, les démocrates associent une liste de candidats démographiquement diversifiés à celui qui représentera fort vraiment le parti à l'élection de novembre, Joe Biden, qui peut rassurer une frange de l'opinion la plus conservatrice des États-Unis.

«Il y a tellement d'occasions pour tout le monde dans cette région», lance Jaime Harrison, le démocrate noir âgé de 44 ans qui tentera de renverser le sénateur de la Caroline du Sud, Lindsey Graham.

Des décennies de développement économique ont attiré de nouveaux résidents dans le Sud. Il y a des Blancs provenant d'autres régions du pays, des familles noires qui reviennent après avoir migré vers le nord à l'époque de la ségrégation et une population latino-américaine grandissante.

Selon M. Harrison, les jeunes électeurs natifs du Sud, blancs ou noirs, épousent moins les idéologies partisanes de leurs parents et grands-parents.

«Parfois, nous sommes freinés par un leadership qui est toujours ancré à l'ancienne, déplore-t-il. Tous ces changements commencent à faire bouger la dynamique dans tant de communautés. Cela ne veut pas dire que nous oublions notre passé. Mais ils ne nous y ramèneront pas.»

Anosmie: ces patients de la COVID-19 privés des odeurs de la vie

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Anosmie: ces patients de la COVID-19 privés des odeurs de la vie

PARIS — La perte de l'odorat, ou anosmie, un des symptômes de la COVID-19, vous prive des «odeurs de la vie», un handicap invisible mais «psychologiquement difficile à vivre» et qui n'a pas de traitement propre.

«Ce qui me manque le plus, c'est l'odeur de mes fils quand je les embrasse, c'est l'odeur du corps de ma femme, le parfum de mon papa. L'anosmie vous coupe des odeurs de la vie, c'est une torture», confie à l'AFP Jean-Michel Maillard, président de l'association Anosmie.org.

Finis aussi les plaisirs du quotidien comme le parfum du café le matin, de la pelouse fraîchement coupée ou encore «l'odeur si rassurante du savon sur sa peau quand on se prépare pour un rendez-vous»... «On découvre l'odorat quand on le perd», regrette ce quadragénaire, devenu anosmique suite à un accident. Sans parler du problème de ne plus pouvoir détecter le gaz, la fumée ou une poubelle mal lavée.

Les repas s'en trouvent également perturbés car 90% de ce que nous mangeons est lié à l'odorat. «Différencier un Bordeaux d'un Bourgogne, différencier un boeuf en daube d'un veau Marengo, c'est de l'odorat», relève Alain Corré, ORL à l'Hôpital-Fondation Rothschild à Paris.

«Il y a des dizaines des causes d'anosmie», explique le spécialiste citant les polyposes nasales, les rhinites chroniques, le diabète, Alzheimer, Parkinson... et maintenant la COVID-19.

Dans ce cas, c'est même un symptôme pathognomonique, c'est-à-dire un signe clinique qui, à lui seul, permet d'établir le diagnostic.

«Quand les gens perdent l'odorat et qu'il n'y a pas de récupération, on note une véritable altération de la qualité de vie et un taux de dépression pas du tout négligeable», ajoute Alain Corré.

Le problème, c'est quand ce handicap s'installe: «être privé d'odorat pendant un mois, c'est pas grave. Deux mois, ça commence à être gênant. Mais au bout de 6 mois, vous êtes tout seul, sous une cloche de verre», raconte Jean-Michel Maillard. «Il y a une dimension psychologique très difficile à vivre, il faut se faire aider».

Un espoir 

Il n'existe pas de traitement spécifique du trouble de l'odorat. Il faut traiter la cause mais «le problème des anosmies liées au virus, c'est que souvent, le traitement de l'infection virale n'a pas d'effet sur l'odorat», précise le DCorré.

«D'après les premiers chiffres, à peu près 80% des patients atteints de la COVID-19 récupèrent spontanément, en moins d'un mois et souvent même rapidement en 8-10 jours», note le médecin.

Pour les autres, il semblerait que les neurones olfactifs, qui agissent comme détecteur d'odeurs, aient été détruits par le coronavirus. Mais l'énorme avantage que la nature nous a donnés c'est que ces neurones, placés au fond de notre nez, ont une capacité de régénérescence.

Les hôpitaux parisiens Rothschild et Lariboisière ont mis en place une étude CovidORL et testent l'efficacité de lavages de nez avec de la cortisone (le budésonide), associés à de la rééducation olfactive. Un traitement qui a prouvé son efficacité sur les anosmies post-rhume, «un espoir», pour Alain Corré.

La rééducation olfactive permet de continuer à stimuler les fonctions cognitives, les voies associatives qui associent la mémoire et l'odorat, développe l'ORL.

Ses conseils: choisissez cinq odeurs dans votre cuisine - que vous aimez bien - comme la cannelle, le thym, le laurier... Respirez-les deux fois par jours, pendant 5 à 10 minutes, en regardant ce que vous êtes en train de respirer.

Avec Hirac Gurden, directeur de recherche en neurosciences au CNRS, l'association Anosmie.org a également mis à disposition sur son site un protocole de rééducation à base d'huiles essentielles diluées, fondé sur les travaux du chercheur Thomas Hummel (Dresde).

«Dès mars, nous avons reçu plusieurs centaines de coups de fil, des courriels de personnes qui avaient la COVID et qui appelaient au secours car ils ne sentaient plus rien», se souvient Hirac Gurden.

L'hiver dernier, Jean-Michel Maillard a fini la rééducation avec quatre odeurs. «Aujourd'hui, j'en ai dix: du poisson, de la cigarette, de l'huile essentielle de rose... et j'ai même trouvé un parfum que je sens!», se réjouit-il.

Interrogations sur le parc des «héros américains» de Trump

Monde

Interrogations sur le parc des «héros américains» de Trump

WASHINGTON — Un parc peuplé de statues de «héros américains». L’idée, lancée par Donald Trump à l’occasion des célébrations du «4th of July» dans une Amérique profondément divisée, ne semble pas destinée à apaiser les passions.

Sur le fond comme sur la forme, l’annonce de cette initiative au financement et au devenir incertains (l’objectif affiché est une ouverture au public en 2026) a surpris.

À quatre mois de l’élection présidentielle, elle renforce encore un peu plus l’image d’un président ayant renoncé à endosser les habits de rassembleur, qui joue bloc contre bloc.

Annoncée sans consultation, la démarche intervient au moment où, à travers le pays, des manifestants réclament le déboulonnage de certaines statues, en particulier celles des généraux sudistes, y voyant la célébration d’un passé raciste.

Esquivant le débat de fond, réduisant le mouvement de protestation à des actes violents, le milliardaire républicain se pose depuis plusieurs semaines en défenseur de «l’intégrité» du pays face aux «marxistes, anarchistes, agitateurs et pilleurs».

Pour Julian Zelizer, professeur d’histoire à l’université de Princeton, l’annonce de ce projet est d’abord une démarche politique pour Donald Trump.

«Il essaye d’utiliser une certaine version de l’histoire américaine pour mettre en scène ses attaques contre la "gauche radicale" et pour rassurer les conservateurs qui peuvent être frustrés par l’échec de sa politique sur la pandémie (de la Covid-19)», explique-t-il à l’AFP.

L’idée de ce «Jardin national des héros américains», où seraient rassemblées des statues «réalistes» et non pas «abstraites», a été lancée vendredi soir lors de son discours devant le Mont Ruhsmore qui célèbre quatre de ses lointains prédécesseurs.

Ce «vaste parc» accueillerait les statues des «plus grands Américains ayant jamais vécu».

Mais comment dresser la liste de ces «géants du passé», selon les termes de Donald Trump? Qui doit participer à son élaboration?

Dans une première liste, citée dans le décret présidentiel, on trouve pêle-mêle, George Washington, Martin Luther King, Davy Crockett, l’aventurier devenu héros de Disney, le prêcheur évangélique Billy Graham, Ronald Reagan, ou encore Antonin Scalia, juge de la juge Cour suprême et pilier de la droite conservatrice.

Choix «étranges»

«Certains de ses choix sur les personnes devant être honorées sont un signal envoyé à la droite, comme le juge Scalia par exemple. Certaines absences, comme celle de Franklin Roosevelt, participent de la même logique», souligne Julian Zelizer.

James Grossman, directeur de l’American Historical Association, cité par le Washington Post, y voit lui un mélange de choix «étranges, déplacés, voire provocateurs».

Le décret prévoit aussi la possibilité d’accorder une place à des individus qui n’étaient pas Américains, mais ont contribué de manière significative à «la découverte, le développement ou l’indépendance» de ce qui allait devenir les États-Unis.

L’explorateur génois Christophe Colomb, le missionnaire espagnol Junipero Serra, ou encore le Marquis de La Fayette, héros de la Guerre d’Indépendance américaine, sont cités.

Plusieurs statues de Christophe Colomb ont été déboulonnées ou vandalisées ces dernières semaines à travers les États-Unis. La municipalité de San Francisco a retiré une statue du navigateur de son parlement local.

Dans son discours du 4 juillet, depuis les jardins de la Maison-Blanche, Donald Trump a pris soin de le mentionner explicitement.

«Nous nous battrons ensemble pour le rêve américain, et nous défendrons, protègerons, et préserverons le mode de vie américain qui a commencé en 1492 quand Christophe Colomb a découvert l’Amérique», a-t-il lancé, avant de défendre une nouvelle fois son idée de «parc des héros».

La classe politique américaine est restée dans son ensemble muette face à cette proposition.

Exception notable : Eugene Scalia, ministre du Travail dans le gouvernement Trump. Se disant très touché à l’idée qu’une statue de son père figure dans ce parc, il a loué l’initiative présidentielle.

«Nous avons besoin de héros», a-t-il expliqué sur Fox News. «Nous avons besoin d’admirer nos ancêtres et de reconnaître ce qui est grand et bon dans notre passé. Et c’est ce que fait le président».

Nuit festive «hors de contrôle» en Angleterre, après la réouverture des pubs

COVID-19

Nuit festive «hors de contrôle» en Angleterre, après la réouverture des pubs

LONDRES — La réouverture des pubs a entraîné des débordements dans la nuit de samedi à dimanche en Angleterre, faisant craindre dans ce pays un retour de la pandémie de COVID-19, qui continue à flamber aux États-Unis et au Mexique, mais aussi en Inde et en Iran.

L’Europe, en plein déconfinement, s’inquiète de résurgences de l’épidémie, qui ont déjà conduit les autorités de plusieurs pays à décider de nouvelles restrictions locales.

Après une région de 200 000 habitants samedi en Catalogne, 70 000 personnes ont été soumises dimanche à des mesures d’isolement en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, deux semaines après la levée du sévère confinement imposé à ce pays.

Massivement attendu par des Anglais très attachés à leurs pubs, fermés pendant les trois mois de confinement, le «Super Saturday» avait suscité des inquiétudes, la police s’attendant à une activité aussi importante que lors d’un jour de l’An.

Le premier ministre Boris Johnson avait rappelé qu’il était «absolument vital que tout le monde respecte les règles en matière de distanciation sociale», alors que la pandémie a fait plus de 44 000 morts dans le pays.

Dimanche matin cependant, de nombreuses photos de Britanniques, joyeusement alcoolisés et peu soucieux des consignes sanitaires, ont inondé réseaux sociaux et journaux. Une image prise par un photographe de l’AFP dans une rue du quartier londonien de Soho montre ainsi des personnes qui tombent les unes sur les autres.

«La foule a commencé à arriver [samedi] vers 13h et rapidement tout est devenu hors de contrôle», témoigne Rafal Liszewski, gérante d’une boutique dans l’une des rues les plus animées de Soho.

Comme les pubs, les hôtels, salons de coiffure, cinémas et musées avaient rouvert samedi en Angleterre, alors que les autres provinces britanniques ont adopté leur propre calendrier de déconfinement, plus prudent.

«Notre stratégie fonctionne»

Aux États-Unis, les célébrations du 4 juillet, «Jour de l’Indépendance» américaine, ont été revues à la baisse, alors que le coronavirus a infecté au total plus de 2,8 millions de personnes et provoqué 129 676 décès dans le pays.

À Atlanta ou Nashville, les concerts ou feux d’artifice ont été annulés. Dans la ville texane de Houston, foyer de l’épidémie dans le grand État du Sud, le 4 juillet a été fêté en ligne.

Les États-Unis sont de loin le pays le plus endeuillé devant le Brésil (64 265 morts), le Royaume-Uni (44 198) et l’Italie (34 854). Les autorités sanitaires américaines ont reconnu fin juin avoir perdu le contrôle de l’épidémie.

Pourtant, le président Donald Trump a une nouvelle fois minimisé samedi cette progression galopante.

«Nous avons fait beaucoup de progrès. Notre stratégie fonctionne bien», a-t-il lancé.

En Floride, où le nombre quotidien de contaminations bat des records, le maire du comté de Miami-Wade, le plus peuplé du pays avec près de 2,7 millions d’habitants, a décrété un couvre-feu à partir de samedi soir.

Flambée au Mexique

La pandémie a fait au moins 530 865 morts dans le monde depuis l’apparition de la maladie fin décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP dimanche.

Le Mexique est devenu samedi le 5e pays dans le monde le plus endeuillé, avec 30 366 décès, devant la France, selon les chiffres officiels.

À Mexico, la réouverture des centres commerciaux, prévue lundi, a été repoussée à mercredi.

L’Inde a enregistré dimanche un record de cas, le ministère de la Santé rapportant un peu moins de 25 000 nouveaux cas et 613 décès dus au coronavirus en 24 heures, soit la plus forte hausse quotidienne depuis le début de la pandémie dans le pays, fin janvier.

En Iran, les autorités ont annoncé dimanche 163 morts supplémentaires, portant à 11 571 morts le bilan de la pandémie dans ce pays le plus durement touché au Proche et au Moyen-Orient.

L’Afrique du Sud a enregistré quant à elle samedi un nombre record quotidien de 10 853 nouveaux cas, selon des chiffres officiels. Le coronavirus a fait 3026 morts dans ce pays, le plus développé du continent africain.

Face à ce rebond, plusieurs pays ont pris des mesures de reconfinement.

En Espagne, l’un des pays les plus affectés avec plus de 28.300 morts, une «croissance très importante du nombre de cas de contagion de COVID-19» a amené les autorités de Catalogne à ordonner un reconfinement autour de la ville de Lerida depuis samedi.

Dimanche, une deuxième région d’Espagne a été soumise au même régime: les habitants des 14 localités du comté d’A Mariña, en Galice, ne pourront pas sortir de la zone ni se réunir à plus de 10 personnes. «Actuellement, nous avons 106 cas positifs, ce qui représente une hausse de 21 cas depuis hier», a expliqué un responsable régional.

Le Maroc, qui a annoncé dimanche 698 nouveaux cas de contamination, son bilan quotidien le plus élevé depuis début mars, a placé en quarantaine la ville de Safi (sud) où un nouveau foyer épidémiologique est apparu dans une usine.

En Australie, des milliers d’habitants de Melbourne doivent eux aussi rester confinés chez eux pour au moins cinq jours depuis samedi.

Un nouveau confinement, d’au moins deux semaines, est aussi entré en vigueur dimanche au Kazakhstan face à un quadruplement du nombre de cas depuis début juin. Avec les bureaux de l’AFP dans le monde

France: une fresque en hommage à George Floyd et un Français noir vandalisée

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France: une fresque en hommage à George Floyd et un Français noir vandalisée

BOBIGNY — Une fresque réalisée en banlieue parisienne en hommage à George Floyd et Adama Traoré, un Français noir mort pendant son arrestation en 2016, a été vandalisée dans la nuit de vendredi à samedi, ont annoncé les autorités locales.

Les mots «extorsion», «vol», «stop aux Traoré» et «braqueur de femmes enceinte» [sic] ont été écrits à la peinture blanche et rouge sur les visages des deux hommes, selon des images de la chaîne de télévision BFMTV.

Cette fresque réalisée à Stains, près de Paris, par un collectif d'artistes locaux à la demande du maire de la ville fait polémique depuis sa réalisation mi-juin.

Le 22 juin, à l'appel du syndicat Alliance, 200 policiers avaient manifesté à Bobigny, devant la préfecture de Seine-Saint-Denis, pour condamner le texte inscrit sur la fresque (Contre le racisme et les violences policières). Au même moment, 150 personnes s'étaient rassemblées à Stains à l'appel du Comité Adama Traoré.

Le maire PCF de Stains, Azzédine Taïbi, a annoncé dimanche à l'AFP son intention de porter plainte lundi pour dégradation de bien public, l'oeuvre ayant été réalisée sur un bâtiment municipal.

«Malheureusement, je m'attendais à ce type de dégradations. C'est odieux, honteux, indigne, et d'une grande violence. Alliance a créé une polémique et fait monter les enchères», a déclaré le maire, qui précise être destinataire depuis plusieurs semaines de «menaces de mort et d'insultes racistes par téléphone, courriels et lettres anonymes».

Les graffeurs qui ont réalisé la fresque se chargeront d'effacer les graffitis, a précisé M. Taïbi.

Kanye West dans la course à la Maison-Blanche?

Monde

Kanye West dans la course à la Maison-Blanche?

Kanye West tient ses promesses : le rappeur a annoncé samedi soir sur Twitter sa candidature à l’élection présidentielle américaine.

L’artiste originaire de Chicago a officialisé ses ambitions politiques dans un gazouillis publié en fin de soirée, la journée de la fête nationale des États-Unis.

«Nous devons à présent réaliser l’Amérique promise en faisant confiance à Dieu, en unissant nos visions et en construisant notre futur. Je me lance dans la course à la présidence des États-Unis», peut-on y lire auprès du mot-clic #2020VISION.

Indonésie: quand la COVID fait craindre... un baby-boom

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Indonésie: quand la COVID fait craindre... un baby-boom

JAKARTA — Avec son mari au chômage à cause de la pandémie, la dernière chose que Juarsih voulait était attendre un troisième enfant. Mais elle est tombée enceinte en pleine crise sanitaire comme de nombreuses Indonésiennes et le pays se prépare à un baby-boom provoqué par la pandémie.

L’agence de planification familiale d’Indonésie, qui compte la quatrième plus grande population au monde, s’attend à 400 000 naissances additionnelles du fait des mesures de confinement qui ont restreint l’accès à la contraception.

Juarsih, une Indonésienne de 41 ans, est venue au bout de ses contraceptifs au moment ou les hôpitaux étaient débordés par les malades du coronavirus et où les cliniques fermaient ou réduisaient leurs horaires.

La mère de deux adolescents a peur à présent d’aller passer une visite de contrôle pour sa grossesse dans un hôpital de Bandung, sur l’île de Java.

«J’étais sous le choc quand je me suis rendu compte que j’étais enceinte», dit-elle.

Survivre dans le quartier le plus pauvre d’Espagne au temps du coronavirus

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Survivre dans le quartier le plus pauvre d’Espagne au temps du coronavirus

SÉVILLE — «Ce que je veux, c’est partir d’ici». Pendant le confinement, Sonia Garcia a perdu son travail et donné naissance à son quatrième enfant dans le quartier des Tres Mil Viviendas de Séville, le plus pauvre d’Espagne.

L’impact de la pandémie de coronavirus a été dévastateur dans ce quartier situé au sud de la ville andalouse, même si la contagion par le virus y est restée très limitée.

Jusqu’en mars, Sonia travaillait dans un bar à churros, mais le confinement a eu raison de son emploi, raconte-t-elle en marchant près de son immeuble, où le sol est jonché de bouts de verre, de déchets et d’un cadavre de rat desséché par un soleil de plomb.

Son mari ferrailleur ne travaillant pas non plus, le couple a «zéro» revenu et a dû avoir recours aux aides des organismes travaillant dans le quartier pour survivre -300 euros pour la nourriture- ainsi qu’à l’association catholique Caritas et à son père de 85 ans.

Un nouveau revers pour cette femme de 35 ans, qui a accouché en mai de son quatrième enfant dans des conditions difficiles - «j’ai dû partir seule en ambulance», se souvient-elle - et avait déjà perdu son emploi dans un restaurant, en 2009, lors de la précédente crise économique.

Depuis, elle avait accumulé les emplois précaires - femme de chambre, aide aux personnes âgées - et veut maintenant se former en thanatopraxie, technique de conservation des corps, explique-t-elle à l’AFP, dans le local de l’association Entre Amigos (Entre Amis), dont le programme d’insertion décroche chaque année 100 contrats de travail.

Au plus fort du confinement, «on a même pensé aller dans un supermarché, remplir des charriots et sortir en courant», raconte la jeune femme. «Quand tu n’as rien, que ton enfant te demande un yaourt et tu réponds: “je n’en ai pas”».

«Bidonville vertical» 

Le Polygone Sud, qui comprend la cité des Tres Mil Viviendas et d’autres similaires, accueille environ 40 000 personnes, dont le revenu moyen est de 5112 euros par an, le plus bas d’Espagne, selon des données de 2017.

Le chômage dépasse les 50%, le sida et l’analphabétisme atteignent des niveaux endémiques et beaucoup d’immeubles sont si insalubres que les autorités parlent de «bidonville vertical».

Les commerces sont presque inexistants. Les habitants qui travaillent sont souvent employés au noir dans d’autres quartiers de Séville, dans l’hôtellerie, la vente ambulante ou le ménage.

«Nous servons de main-d’oeuvre bon marché», dénonce Rafael Garcia, un fonctionnaire de 58 ans.

A cela s’ajoute le problème de la culture de la marijuana dans des logements surnommés «les appartements de la drogue», que les habitants accusent de provoquer insécurité et coupures d’électricité.

Pendant le confinement, le défi le plus urgent fut de «permettre aux gens de se nourrir», explique Jaime Breton, chargé de coordonner l’action des administrations publiques et des nombreuses associations du quartier.

Sa structure, qui prenait en charge 700 mineurs dans les cantines scolaires, est arrivée à distribuer de l’aide alimentaire à plus de 15 000 personnes.

L’éducation en ligne, «une chimère»

La pandémie n’a eu ici qu’un impact sanitaire très limité, mais la fermeture des écoles est désastreuse dans une zone où l’échec scolaire atteint 60% et l’absentéisme 25%.

Et l’école «en ligne est «une chimère», résume M. Breton.

Betsaida Alexandre, une Vénézuélienne de 45 ans, le confirme: dans l’école de ses enfants, sur 199 élèves, 176 n’ont ni tablette ni ordinateur pour faire leurs devoirs à distance.

La situation peut même devenir dramatique, car dans des foyers «où les parents se battent ou se droguent (...) l’école est le seul moyen pour les enfants d’avoir une vie normale pendant trois ou quatre heures», ajoute Mme Alexandre qui vit avec son mari, ses trois enfants, sa mère, sa belle-mère et son frère handicapé.

Cette ingénieure en électronique qui a enfin trouvé un poste intérimaire d’enseignante après des années à faire des ménages, dit voir autour d’elle «une pauvreté extrême» et «des gens plus isolés».

Qatar: chiens abandonnés en pleine pandémie cherchent une famille [PHOTOS]

Monde

Qatar: chiens abandonnés en pleine pandémie cherchent une famille [PHOTOS]

DOHA — Izzy était si décharnée qu'elle pouvait à peine tenir debout quand elle a été retrouvée aux côtés d'autres chiots sur un terrain vague au Qatar, riche pays du Golfe où beaucoup d'animaux domestiques ont été abandonnés en pleine crise de la COVID-19.

Née d'un croisement entre plusieurs races, dont une de lévrier persan, Izzy a échappé de peu à la mort, avant d'être adoptée par une famille qui vit en Allemagne.

Beaucoup d'autres animaux domestiques n'ont pas eu cette chance. Avec le ralentissement économique entraîné par la pandémie, de nombreuses familles expatriées pourraient quitter le pays et laisser derrière elles leurs compagnons.

«Nous nous attendions à une vague d'appels à l'aide. Nous en avons déjà reçu quelques-uns», confirme à l'AFP Alison Caldwell, cofondatrice du refuge pour animaux Paws («pattes», en anglais), qui a sauvé Izzy.

Les animaux errants sont exposés à divers dangers dont, spécificité du Qatar, des températures estivales atteignant 50 degrés.

Aux premiers jours de l'épidémie, Paws a assisté à une hausse des abandons, avec des familles qui craignaient que leurs animaux ne soient des nids d'infections. D'autres ont été délaissés par des propriétaires tombés soudainement malades.

Depuis mars, le virus a entraîné la mort de 113 personnes au Qatar sur 95 000 personnes contaminées et pour une population de 2,75 millions d'habitants.

«Nous avons déjà eu un petit afflux mais il n'y a rien que nous puissions vraiment faire», se désole Alison Caldwell. Paws estime que les animaux errants se comptent par dizaines de milliers au Qatar.

«Copains de vol»

Izzy a été adoptée en avril par une famille allemande attendrie par son histoire publiée sur la page Facebook de Paws. Mais avec la suspension brutale du trafic aérien, imposée pour contenir la propagation du coronavirus, les chiens adoptés à l'étranger restent bloqués au Qatar.

De son domicile près de Brême, dans le nord de l'Allemagne, Christina Fuehrer raconte qu'elle reste «simplement assise là, à attendre» la reprise des vols pour qu'Izzy la rejoigne.

Une fête nationale marquée par la désunion des Américains [PHOTOS] 

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Une fête nationale marquée par la désunion des Américains [PHOTOS] 

WASHIGNTON — Aux cris de «Les vies noires comptent», les manifestants antiracistes remontent l'avenue longeant la Maison-Blanche et abreuvent d'insultes une militante arborant une pancarte de soutien à Donald Trump. À Washington, la fête nationale américaine a été marquée samedi par la confrontation et la désunion. 

À quelques centaines de mètres de la pelouse de la Maison-Blanche où le président américain doit prononcer un discours en soirée, deux camps s'opposent et semblent irréconciliables en ce jour qui célèbre l'indépendance et l'unité du pays.

Pour éviter les heurts, un imposant dispositif policier a été installé autour de l'enceinte présidentielle, qui ressemble à un camp retranché.

«On devrait célébrer notre unité, notre diversité et notre liberté, on ne devrait pas se considérer comme des ennemis prêts à faire la guerre», affirme à l'AFP Kristy Pandora Graczowski, la militante transgenre pro-Trump cible des invectives des manifestants.