Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Monde

Afghanistan: arrestation d'un dirigeant régional du groupe État islamique

KABOUL — Les forces de sécurité afghanes ont annoncé samedi avoir arrêté le chef de la branche afghane du groupe État islamique ainsi que 19 autres jihadistes.

Le Conseil national de sécurité afghan (NSC) a indiqué dans un communiqué qu'Aslam Farooqi, aussi connu sous le nom de Abdullah Orakzai, avait été arrêté en compagnie d'autres hommes au cours d'une "opération complexe".

Un responsable du NSC parlant sous le couvert de l'anonymat a précisé à l'AFP que Farooqi était l'organisateur d'un attentat contre un temple hindou-sikh à Kaboul qui avait fait au moins 25 morts le 25 mars.

Connue comme l'État islamique au Khorasan (IS-K), la branche afghane de l'EI a multiplié les attentats dans la capitale afghane, souvent contre les minorités religieuses, mais elle est sur la défensive depuis quelques mois face aux opérations menées contre les jihadistes par les forces américaines et, séparément, par les talibans.

Dans son communiqué, le NSC affirme que Farooqi a avoué avoir des liens avec "des services de renseignement régionaux", une allusion transparente au Pakistan. L'Afghanistan accuse régulièrement Islamabad de soutenir les jihadistes et d'aider les talibans. Le Pakistan rejette ces accusations.

Monde

France: une attaque au couteau fait deux morts

ROMANS-SUR-ISÈRE, France — Un homme, engagé d'après le ministre de l'Intérieur dans un "parcours terroriste", a tué deux personnes et en a blessé quatre dans une attaque au couteau perpétrée samedi à Romans-sur-Isère, dans le Sud-Est de la France, en pleine période de confinement lié à l'épidémie de Covid-19.

"Ce matin, un homme a engagé un parcours terroriste, tuant deux personnes et en blessant cinq autres", a déclaré sur place Christophe Castaner. 

Il a toutefois ajouté que le parquet national antiterroriste (PNAT) "sera amené à se prononcer sur la qualification terroriste ou pas et il lui appartient, à lui seul, de le faire". 

Interpellé vers 11H00, l'auteur présumé, qui se présente comme un réfugié soudanais, a attaqué plusieurs personnes à coups de couteau dans des commerces du centre de la petite ville. 

Il a été interpellé sans résistance juste après les faits, peu après 11H00. Selon des témoins cités par une radio locale, il aurait crié "Allah Akbar" en se précipitant sur ses victimes.

Il a demandé aux policiers qui l'ont interpellé qu'on "le tue", selon un syndicaliste policier, David Olivier Reverdy. "Tous les ingrédients d'un acte terroriste sont pour nous réunis", a-t-il dit. 

Armé d'un couteau, l'assaillant "s'est rendu dans un bureau de tabac" dont il a attaqué le patron, a raconté à l'AFP Marie-Hélène Thoraval, la maire de cette ville de 35.000 habitants. "Sa femme est intervenue et a été blessée aussi".

L'homme est par la suite "allé dans un autre commerce, une boucherie, où il s'est emparé d'un nouveau couteau", avant de poursuivre sa mortelle équipée dans le centre de Romans-sur-Isère.

"Il est entré dans la boutique. Il a pris un couteau, en sautant par-dessus le comptoir, et a +planté+ un client, puis est reparti en courant", explique à l'AFP Ludovic Breyton, le patron de l'établissement où une personne a été tuée. "Ma femme a essayé de porter assistance à la victime, en vain".

"Acte odieux"

Sur son compte Twitter, le président français Emmanuel Macron a dénoncé "cet acte odieux".

"Mes pensées accompagnent les victimes de l'attaque de Romans-sur-Isère, les blessés, leurs familles. Toute la lumière sera faite sur cet acte odieux qui vient endeuiller notre pays déjà durement éprouvé ces dernières semaines", a écrit M. Macron.

La France vit actuellement sa troisième semaine de confinement de sa population pour lutter contre la pandémie de coronavirus, qui y a provoqué la mort de plus de 6.500 personnes.

L'assaillant s'est présenté comme un réfugié soudanais et dit être né en 1987, a appris l'AFP de source proche de l'enquête. Il n'est pas connu des services de police sous l'identité qu'il a donnée, selon cette même source.

La France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent qui a commencé en 2015.

Depuis le début de l'année, la justice antiterroriste s'est saisie d'une attaque : le 3 janvier, un jeune homme converti à l'islam et atteint de troubles psychiatriques avait attaqué au couteau dans un parc de Villejuif (Val-de-Marne, banlieue parisienne) des promeneurs, faisant un mort et deux blessés, avant d'être abattu par des policiers.

En 2019 en France, la justice antiterroriste s'est saisie à trois reprises : après l'agression au couteau en mars de deux surveillants d'une prison par un détenu radicalisé; après l'attentat au colis piégé devant une boulangerie de Lyon (Est) en mai, dans laquelle 14 personnes avaient été blessées, et après la tuerie perpétrée début octobre à la préfecture de police de Paris.

En plus de quatre ans, les attentats en France ont fait 256 morts, si on inclut ceux de la préfecture de police. Au total, 60 attentats ont été déjoués depuis 2013.

Monde

Les vies perdues derrière les chiffres: 5 histoires de victimes

ROME — L'ampleur de la pandémie de COVID-19, dont le nombre de décès enfle d'heure en heure, obscurcit parfois les tragédies individuelles. Plus de 40 000 personnes ont succombé à la maladie dans le monde; jeunes et âgés, hommes et femmes, patients et soignants. Voici l'histoire de cinq victimes, directes et indirectes, du virus en Europe.

Diego Blanco, 46 ans : «Je ne vais pas mourir»

Diego Blanco est mort chez lui le 13 mars. Ambulancier, il travaillait dans un hôpital de Bergame, épicentre de la pandémie en Italie. Testé positif à la COVID-19 début mars, il est isolé à son domicile, son état de santé ne semblant pas alarmant.

Le jour avant sa mort, il murmure à sa femme, Maruska Capoferri: «Va te coucher, ma chérie, je ne vais pas mourir». «Mais tu crois que tu es en train de mourir ?» lui demande-t-elle, à moitié ironique. «Ne me fais pas cette blague, hein ?». Elle quitte alors la chambre.

Quand Maruska revient deux heures plus tard pour contrôler l'état de santé de Diego, il était «trop tard», raconte-t-elle au journal l'Eco di Bergamo. Son mari est mort d'une crise respiratoire soudaine et aiguë, suivie d'un arrêt cardiaque.

«Je lui ai fait un massage cardiaque», se souvient-elle. Après leur arrivée, les ambulanciers «ont essayé de l'intuber. Mais il n'y avait rien à faire».

«Pour lui, aider les autres était une mission», dit Maruska, mère d'Alessio, sept ans. La famille est parmi les premières à avoir reçu une indemnisation annuelle de 20 000 euros de l'État en tant que proches d'une victime d'un accident du travail.

Diego Blanco ne fumait pas, ne buvait pas et n'avait pas d'autres pathologies. «Je ne l'aurais jamais cru», explique Maruska, qui se console en se disant que d'autres malades atteints du coronavirus meurent seuls. «Il m'a dit au revoir», dit-elle.

Julie A., 16 ans: «On n'aura jamais de réponse»

Tout a commencé avec une simple toux. Une semaine plus tard, le mercredi 25 mars, Julie est morte du coronavirus à Paris, faisant d'elle la plus jeune victime française de la pandémie.

«On n'aura jamais de réponse», déplore Sabine, la mère de la jeune fille, à l'AFP. «Elle avait juste une toux», répète-t-elle.

Julie tente d'abord de se soigner avec du sirop, mais commence ensuite à ressentir des essoufflements. Sa mère la conduit lundi chez le médecin, qui décide d'appeler le Samu.

Ils emmènent la jeune fille vers l'hôpital le plus proche, à Longjumeau, dans l'Essonne. Un test à la COVID-19 est en cours. Dans la nuit, Julie, en insuffisance respiratoire, est transférée à l'hôpital Necker pour enfants, à Paris. Deux autres tests sont menés.

Julie est admise en réanimation mardi. «J'ai mal à mon coeur», dit-elle alors à sa mère. Les résultats des deux derniers tests à la COVID-19 se révèlent toutefois négatifs.

Sabine rentre chez elle. Tard dans la soirée, un appel: le premier test était en fait positif à la COVID-19, l'état de Julie se dégrade, elle doit être intubée.

«Depuis le début, on nous dit que le virus ne touche pas les jeunes. On l'a cru, comme tout le monde», explique la soeur aînée de Julie, Manon.

Un peu après minuit, Sabine reçoit un nouvel appel de l'hôpital, lui disant de venir «vite». Elle et Manon se précipitent à Paris, mais Julie est morte à leur arrivée.

«Sa peau était encore tiède», se rappelle Sabine.

Tim Galley, 47 ans: «Il était tout seul»

Tim Galley est l'une des plus jeunes victimes de la COVID-19 en Grande-Bretagne. Il est décédé le 24 mars à son domicile de Wrexham, au pays de Galles.

Il a été retrouvé dans son lit par un voisin chargé de le surveiller, selon sa petite amie Donna Cuthbert.

«Je ne peux simplement pas supporter l'idée qu'il était tout seul», déclare-t-elle au média local North Wales Live.

Tim avait développé des symptômes dix jours plus tôt, explique Donna. Auto-confiné, il a refusé de solliciter une aide médicale afin de laisser la priorité aux personnes les plus vulnérables.

Les autorités sanitaires britanniques ont enjoint les personnes avec des symptômes apparents de coronavirus de s'auto-isoler pendant une semaine et de ne réclamer une assistance médicale que si leur état se détériore nettement.

«Tim a suivi les directives et pris les précautions, mais ce virus cruel l'a quand même emporté», a écrit Donna sur Facebook.

«Mon coeur est brisé en morceaux et mes enfants sont vraiment dévastés», a-t-elle ajouté.

L'histoire de Tim Galley a entraîné des centaines de messages de sympathie. Employé dans une banque, il a été décrit par un ami comme «une personne aimable et apprécié de tous».

Sara Bravo Lopez, 28 ans: «Très jeune»

Avant d'être emportée par le coronavirus, Sara Bravo Lopez était une jeune médecin de famille dans une petite ville du centre de l'Espagne, deuxième pays le plus endeuillé par la COVID-19 après l'Italie.

Elle «est morte du coronavirus, très jeune, à 28 ans, ce qui n'est pas normal», a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'hôpital Mancha Centro de Alcázar de San Juan, où elle décédée le 28 mars.

Sara soignait des patients à Mota del Cuervo, commune de 6 000 habitants située entre Madrid et Valence. «Elle était très aimée par ses voisins du village et au centre de santé par ses camarades», a ajouté le porte-parole.

«Elle a gagné l'affection et la considération de voisins et de collègues grâce à ses valeurs humaines, à son remarquable engagement et à son attitude professionnelle au service de ses patients», a aussi salué l'hôpital sur Facebook.

Comme Sara, plus de 12 000 soignants ont été contaminés par la COVID-19 en Espagne où le personnel de santé demande d'urgence plus de lits et de matériel sanitaire pour combattre la pandémie.

Wojciech Rokita, 54 ans: le suicide d'un médecin 

En Pologne, où l'épidémie reste relativement limitée, le coronavirus a aussi tué par ricochet: le suicide d'un médecin respecté, contaminé et visé par des messages haineux l'accusant d'avoir infecté d'autres personnes, a soulevé beaucoup d'émotion.

Le professeur Wojciech Rokita, directeur d'une clinique de gynécologie-obstétrique réputée au Centre hospitalier régional de Kielce (centre), qui venait de rentrer d'un voyage en Suisse, a ressenti des symptômes de contamination à la mi-mars.

Il a été mis en quarantaine, son état était jugé bon. Tant son hôpital que les autorités régionales ont assuré qu'il n'avait eu aucun contact avec les patients ou le personnel.

Mais d'après les médias locaux, quatre infirmières de la clinique des maladies infectieuses où il avait subi des prélèvements ont également été mises en quarantaine.

Un média local a affirmé - sans toutefois mentionner son nom - qu'avant de se faire examiner, il s'était rendu chez un concessionnaire automobile. Une vague de commentaires haineux sur internet a suivi.

La direction de l'hôpital a annoncé sa mort le 18 mars, précisant seulement qu'elle n'était pas due «directement» à la COVID-19. Il a ensuite été établi que le gynécologue s'était suicidé.

Selon ses proches, son geste était dû aux accusations sur le web. Sa famille et la branche locale de l'ordre des médecins ont annoncé qu'ils allaient porter plainte contre X, et plainte pour complicité contre le média concerné.

Monde

«Jared», gendre de Trump, en première ligne sur le coronavirus

WASHINGTON — Il n'a jamais été élu, n'a aucune formation médicale ni expérience de gestion de crise, mais il est désormais en première ligne aux États-Unis dans la lutte contre le coronavirus.

Jared Kushner, 39 ans, gendre et conseiller de Donald Trump, a fait une apparition surprise jeudi dans la salle de presse de la Maison Blanche, confirmant son rôle dans le dispositif mis en place par la première puissance mondiale pour faire face à l'une des pires crises de son histoire.

«Jared», comme l'appelle le président, est loin d'être un inconnu à Washington. Le mari d'Ivanka Trump, fille aînée du milliardaire, a été propulsé au coeur de l'appareil du pouvoir après l'élection présidentielle de 2016.

S'il a martelé qu'il était là pour aider le vice-président Mike Pence, qui dirige la cellule de crise, le jeune conseiller a parlé avec l'assurance - l'arrogance disent ses détracteurs - de quelqu'un très conscient de son pouvoir.

Appelé à décrire sa mission en termes concrets, il s'est présenté en homme en quête de solutions innovantes face à un virus qui fait trembler l'Amérique sur ses bases.

Il a résumé son rôle en ces termes: «S'assurer que nous soyons capables de sortir des sentiers battus, s'assurer que nous fassions appel aux meilleurs penseurs du pays, que nous utilisions toutes les meilleures idées».

La Maison Blanche version Trump est le théâtre permanent de départs fracassants et de limogeages abrupts à coups de tweets.

Il y a un mois, Donald Trump a remercié son chef de cabinet Mick Mulvaney. Plusieurs semaines se sont écoulées avant que son remplaçant, Mark Meadows, ne prenne ses fonctions, laissant un terrible vide au moment où la COVID-19 se faisait chaque jour plus menaçante.

Comment souvent, Jared Kushner a su, lui, se positionner au bon moment.

Une place à part 

Ce n'est pas la première fois qu'il est sous les projecteurs sur un dossier délicat.

Fin janvier, il a dévoilé son plan de paix pour le Moyen-Orient sur lequel il travaillait depuis l'élection-surprise de son beau-père à la Maison Blanche.

Le document, qui accorde à l'État hébreu un très grand nombre de concessions, a été rejeté avec véhémence par les autorités palestiniennes et est resté - sans surprise - lettre morte.

Mais l'épisode a confirmé, s'il en était besoin, la place à part qu'occupe le jeune héritier new-yorkais au sein de l'exécutif américain.

Au moment où les gouverneurs et Donald Trump s'écharpent sur la répartition des tâches dans la fourniture de matériel médical, en particulier les respirateurs artificiels, Kushner promet de mettre de l'ordre et de «réussir».

Reprenant à son compte les arguments de son beau-père selon lequel les principaux dysfonctionnements ne sont pas le fait de Washington mais des États, Kushner a martelé que ces derniers n'avaient aucun droit automatique à une aide.

«L'idée du stock fédéral [de matériel médical] est que c'est le nôtre», a-t-il lancé. «Ce n'est pas le stock des États qui pourraient l'utiliser à leur guise».

Dans une formule qui a suscité des réactions amusées ou outrées, tant l'attitude de Donald Trump face à la pandémie suscite de critiques, il a aussi souligné que ces moments de crise étaient un révélateur impitoyable pour les élus.

«Ce que beaucoup d'électeurs réalisent aujourd'hui c'est que lorsqu'ils votent pour un maire, un gouverneur ou un président, ils doivent penser à qui serait le plus compétent en tant de crise».

Monde

Le bilan s'aggrave toujours plus aux États-Unis, lueur d'espoir en Europe

NEW YORK — Le gouvernement américain a recommandé vendredi à sa population de se recouvrir le visage dans la rue pour ralentir la propagation du coronavirus, alors qu'avec un nouveau triste record du nombre de décès en 24h, les États-Unis sont en train de devenir le nouveau centre mondial de la pandémie.

Après 1 480 morts en une journée, bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays, les Américains se préparent au pire et bâtissent des hôpitaux de campagne de Los Angeles à Miami ou New York, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation.

Par la voix de leur président, Donald Trump, ils ont même été appelés vendredi à se couvrir le visage à l'extérieur, même si le milliardaire a rappelé qu'il ne s'agissait «que de recommandations» que lui-même ne suivra pas.

Les scientifiques du gouvernement américain estiment désormais que le nouveau coronavirus est sans doute transmis dans l'air par les gens lorsqu'ils parlent et respirent.

Le directeur de l'Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, membre de la cellule de crise de la Maison Blanche, a évoqué des données indiquant que «le virus peut en réalité se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu'ils éternuent ou toussent».

La COVID-19 a déjà tué au total environ 7 400 personnes aux États-Unis et devrait y faire entre 100 000 et 240 000 morts, selon la Maison Blanche.

Le tableau est également sombre au Royaume-Uni où un vaste hôpital de campagne d'un potentiel de 4 000 lits a été inauguré vendredi à Londres, et où la menace est telle que la reine Elisabeth II, fait rarissime, doit prononcer dimanche une allocution.

Le Royaume-Uni, dont le gouvernement a été critiqué pour sa gestion de la crise, a enregistré vendredi un record de 684 décès en 24 heures et compte désormais plus de 3 600 morts.

La pandémie de COVID-19 a déjà tué plus de 40 000 personnes en Europe, dont plus des trois quarts en Italie, en Espagne et en France, selon un bilan établi par l'AFP, vendredi.

Le seul espoir est celui d'un ralentissement de la propagation du virus, après maintenant des semaines de confinement quasi-généralisé.

«Nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel», a ainsi espéré l'infirmier italien Paolo Miranda qui chronique sur son compte Instagram la lutte contre la pandémie dans son hôpital de Crémone (nord). La contagion, qui a fait à ce jour environ 14 700 morts en Italie, pays le plus endeuillé par la maladie, se poursuit mais confirme son ralentissement entamé il y a une semaine environ, avec une hausse de seulement 4% des cas.

En Espagne aussi, deuxième pays le plus endeuillé derrière l'Italie, où le nombre de morts en 24 heures a encore dépassé les 900, pour un total de près de 11 200 décès, l'espoir repose sur le ralentissement du rythme des contagions et hospitalisations, assurent les autorités.

La chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays n'est certes pas le plus touché et a réussi à éviter à ce jour une forte mortalité, l'a dit vendredi: «Les derniers chiffres [...] aussi élevés soient-ils, apportent très prudemment un peu d'espoir».

Monde

Népal: Sherpas au chômage 

KHUMJUNG — À cette période de l’année, Khumjung devrait grouiller d’alpinistes cheminant vers l’Everest. Mais avec la fermeture de la montagne en raison de la pandémie de coronavirus, la bourgade himalayenne est vide et les sherpas népalais ont perdu leur gagne-pain.

Comme de nombreux pays, le Népal s’est coupé du reste du monde pour freiner la propagation du virus et a interdit l’accès à ses illustres sommets enneigés, au moment même où la haute saison aurait dû battre son plein.

Dans les maisons au toit de pierre de Khumjung, situé à proximité du sentier menant au camp de base de l’Everest, les cordes et piolets sont restés rangés. Les échoppes, thés et auberges, normalement utilisés par les alpinistes s’acclimatant progressivement pour la cime de 8848 m, sont déserts.

Pour les guides et porteurs sherpas, l’annulation de la haute saison de l’Everest — de début avril à fin mai — représente une catastrophe économique. Travailler pendant cette période permet de nourrir leur famille pendant tout le reste de l’année.

«Avec l’annulation de la saison, personne n’a d’emploi. Des vols [d’avions et d’hélicoptères] aux magasins en passant par les porteurs, il n’y a aucun travail», s’inquiète Pemba Galzen Sherpa, un guide qui a gravi 14 fois l’Everest.

Le camp de base abandonné, tous les travailleurs locaux qui y étaient déjà arrivés sont redescendus. Les mains vides, «tout le monde rentre à la maison», s’attriste-t-il.

Situés en haut de la hiérarchie des travailleurs de la montagne, les guides gagnent normalement entre 5000 et 10 000 dollars durant la saison. Mais ce sont les petites mains des expéditions, comme les porteurs ou les cuisiniers, qui risquent d’être le plus durement frappés.

«Ces gens n’ont aucune épargne ou contrat auquel les organisateurs d’expédition sont tenus», explique Damian Benegas, qui mène des cordées sur l’Everest depuis près de deux décennies.

Phurba Nyamgal Sherpa, qui gravit l’Everest et d’autres sommets népalais depuis l’âge de 17 ans, est préoccupé par l’avenir, comme les centaines de montagnards habituellement employés par les expéditions d’himalayistes.

«Nous n’allons pas sur les montagnes parce que nous le voulons, mais parce que c’est notre seule option pour travailler», dit à l’AFP ce Népalais de 31 ans, fils d’un gardien de troupeaux de yaks, qui vit à Khumjung avec sa femme et son fils de six ans.

Risques sanitaires

L’année dernière, l’Everest avait connu une année record avec 885 personnes montées au sommet, dont 644 depuis le côté népalais. La Chine a elle aussi fermé son accès au toit du monde cette année.

Au-delà des sherpas, l’absence de visiteurs étrangers affecte toute l’économie népalaise. Le tourisme représente 8 % du PIB de ce pays pauvre d’Asie du Sud et y génère plus d’un million d’emplois, selon des chiffres du World Travel and Tourism Council.

Se remettant lentement du séisme dévastateur de 2015, le Népal espérait attirer le chiffre record de deux millions de touristes étrangers en 2020. Une ambition désormais remisée.

Malgré les difficultés engendrées par la situation, les résidents de la région de l’Everest approuvent la décision du gouvernement népalais d’interdire les touristes et de fermer ses montagnes.

«Ça nous a coûté nos emplois, mais c’était la bonne décision à prendre», estime le célèbre montagnard Phurba Tashi Sherpa, 21 sommets de l’Everest à son palmarès.

Le risque de contamination est en effet réel. La saison de printemps voit passer des centaines de randonneurs et alpinistes par les villages de la zone. Au camp de base, sportifs et employés népalais vivent dans la promiscuité de tentes.

Plus l’altitude monte, plus l’air se fait rare et la respiration difficile, ajoutant aux risques sanitaires si une épidémie de coronavirus éclate dans le pays.

Le Népal n’a jusqu’ici compté que cinq cas confirmés de coronavirus sur son territoire depuis le début de la pandémie, et aucun mort.

Mais le coronavirus ferait des ravages s’il arrivait jusqu’aux villages himalayens isolés. «À Khumjung, nous n’avons qu’un petit hôpital et pas assez de ressources. Imaginez si les gens commencent à tomber malades ici...» dit à l’AFP Phurba Tashi Sherpa.

Pour sa part, le guide Phurba Nyamgal Sherpa s’alarme : «si la maladie arrive, même l’argent n’y peut rien. Les gens meurent même dans les pays développés, alors qu’est-ce qu’il nous arriverait au Népal?».

Monde

Trump recommande aux Américains de se couvrir le visage à l'extérieur

WASHINGTON — Les scientifiques du gouvernement américain estiment que le nouveau coronavirus est sans doute transmis par les gens lorsqu'ils parlent et respirent. Conséquence logique: il est désormais officiellement conseillé aux Américains de se couvrir le visage hors de chez eux, pour aider à freiner les contagions.

Le président Donald Trump l'a annoncé vendredi soir, en insistant qu'il s'agissait d'une recommandation, non obligatoire. Les autorités sanitaires appellent la population à se couvrir le visage avec des masques artisanaux, des foulards ou des bandanas, afin de réserver les masques médicaux aux soignants, pénurie oblige.

À New York, le maire avait déjà demandé aux habitants de se couvrir le visage hors de chez eux, et dès vendredi, un peu moins de la moitié des piétons appliquaient la consigne à Manhattan, selon une observation des journalistes de l'AFP.

Vu d'Asie, où les masques chirurgicaux sont omniprésents, le retard des pays occidentaux est une aberration. Mais les autorités sanitaires aux États-Unis ou en France, ainsi que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), arguaient jusqu'à présent que le masque n'était pas nécessaire pour les personnes saines, sauf si elles étaient au contact de malades.

Depuis plusieurs jours, une volte-face se préparait, sous pression d'un public qui ne comprend pas pourquoi les masques protégeraient les infirmiers mais pas les citoyens ordinaires.

En France, l'Académie de médecine a recommandé vendredi le port obligatoire du masque, comme une «addition logique aux mesures barrières».

Aux États-Unis, vendredi, le directeur de l'Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, membre du groupe de travail de la Maison Blanche sur le coronavirus qui dit passer une heure par jour avec le président Trump, avait évoqué sur Fox News des données indiquant que «le virus peut en réalité se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu'ils éternuent ou toussent».

La transmission par voie aérienne fournirait une explication longtemps recherchée à la haute contagiosité apparente du virus responsable de la pandémie de COVID-19, puisqu'il apparaît que les personnes infectées mais sans symptômes, qui représentent peut-être le quart de tous les gens infectés, sont responsables d'une grande partie des contagions, à leur insu.

De multiples études ont mis en évidence que des personnes asymptomatiques avaient infecté des gens proches d'eux dans des églises, dans une chorale ou un cours de chant, dans les maisons de retraite...

Quelques études

Quelles sont les preuves scientifiques? Il y en a peu, mais elles convergent.

Les Académies américaines des sciences ont cité dans une lettre à destination de la Maison Blanche mercredi quatre études faisant pencher la balance en faveur d'une transmission du virus via l'air expiré par les gens (les «aérosols» dans le jargon scientifique), et non plus seulement par les gouttelettes et postillons projetés lors d'un éternuement directement sur le visage d'autres personnes ou sur des surfaces (où le virus peut survivre des heures voire des jours, selon le type de surface).

«Les travaux de recherche actuellement disponibles soutiennent la possibilité que le SARS-CoV-2 puisse être transmis par des bioaérosols générés directement par l'expiration des patients», écrit Harvey Fineberg, président du comité sur les maladies infectieuses émergentes.

Il souligne qu'il en faudrait plus pour mieux comprendre le risque véritable d'infection. Si le virus est effectivement présent dans la respiration, on ignore si cela représente quantitativement une voie importante de transmission.

Dans une étude, des chercheurs de l'Université du Nebraska ont retrouvé des portions du code génétique du virus (ARN) dans l'air de chambres où étaient isolés des patients.

Des chercheurs de l'université de Hong Kong ont récemment observé que le port de masques réduisait la quantité de coronavirus expirés par des malades (l'expérience a été faite avec des virus autres que SARS-CoV-2).

Et des chercheurs à Wuhan ont prélevé des échantillons d'air dans diverses pièces d'hôpitaux et découvert des concentrations élevées du nouveau coronavirus, notamment dans les toilettes et les salles où les soignants enlevaient leurs équipements de protection.

Autour du globe, 4 avril 2020

MONDE

Le maire de New York demande à la population de se couvrir le visage

NEW YORK — Le maire de New York Bill de Blasio a demandé jeudi aux habitants de la ville de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent de chez eux, une première dans la ville la plus touchée par le coronavirus aux États-Unis.

«Ca peut être une écharpe, quelque chose que vous avez fabriqué chez vous, un bandana», a expliqué le maire de New York lors d’un point de presse, mais cela «n’a pas besoin d’être un masque de professionnel».

Autour du globe, 3 avril 2020

Monde

Royaume-Uni: critiqué, le gouvernement promet de dépister dix fois plus

LONDRES — Sous le feu des critiques pour l’insuffisance du dépistage du nouveau coronavirus, le gouvernement britannique s’est fixé jeudi un objectif de 100 000 tests par jour d’ici à fin avril pour soulager des hôpitaux débordés et, à plus long terme, sortir du confinement.

Alors que la pandémie a fait près de 3000 morts au Royaume-Uni, les autorités voient l’indignation monter dans un secteur médical soumis à rude épreuve, relayée par une presse très sévère y compris parmi les titres habituellement favorables au pouvoir conservateur.

En dépit des promesses martelées ces derniers jours, le service public de santé, le NHS, reste incapable de dépister à grande échelle les plus de 5 % de son personnel (bien plus dans les zones critiques) en quarantaine, car présentant des symptômes, ce qui permettrait d’en renvoyer une partie au travail.

Lui-même à peine guéri, le ministre de la Santé Matt Hancock a reconnu devant la presse des difficultés dans les approvisionnements, ralentis par la gigantesque demande mondiale actuelle, et de faibles capacités de dépistage au Royaume-Uni, contrairement notamment à l’Allemagne. Il a annoncé un plan permettant de multiplier quasiment par dix le nombre de tests pratiqués en un mois, d’abord pour les patients et ensuite pour les soignants.

«Il y aura des problèmes comme ceux que nous avons déjà rencontrés : bâtir un nouveau secteur n’est pas facile», a-t-il averti. «Nous sommes au milieu d’une guerre contre un ennemi invisible [...] et nous allons gagner».

Il s’agira aussi bien de tests basés sur une analyse génétique, qui permettent de dire si une personne est infectée, que de tests sérologiques. Ces derniers, pas encore disponibles, visent à déterminer après coup si un individu a été en contact avec le virus, et s’il est donc a priori immunisé et apte à «revenir à une vie aussi normale que possible», a assuré le ministre.

Selon les statistiques officielles publiées jeudi, le pays a enregistré au total 2 921 décès à l’hôpital de patients atteints par le virus, avec une nouvelle hausse record de 569 nouveaux cas recensés en une journée.

Le nombre de patients officiellement testés positifs s’élève à à 33 718.

Monde

Convention reportée, candidats confinés: l’inédite course à la Maison-Blanche

WASHINGTON — La pandémie de coronavirus a bouleversé la campagne pour la présidentielle américaine de novembre, en forçant le report de primaires démocrates et de la convention qui devrait désigner cet été, entre Joe Biden et Bernie Sanders, le rival de Donald Trump.

Depuis la mi-mars déjà, tous trois sont en plus privés de réunions de campagne, des événements qui rythment d’ordinaire la course à la Maison-Blanche, et qu’affectionne particulièrement le président républicain.

La convention démocrate devait rassembler des milliers de participants du 13 au 16 juillet, à Milwaukee, dans le Wisconsin. Face à «la crise sanitaire sans précédent à laquelle» font face les États-Unis, le parti a annoncé jeudi qu’il la repoussait au 17 août, dans la même ville.

Le virus a déjà fait plus de 5.300 morts aux États-Unis, selon le comptage de l’Université américaine Johns Hopkins, qui dénombre plus de 220.000 cas.

Même la convention reportée, les démocrates envisagent encore d’«ajuster la forme que prendra la convention, le nombre d’assistants et son agenda» afin de limiter les risques de contagion, a précisé le parti.

«En ces temps difficiles, alors que l’envergure et l’échelle de la pandémie et son impact restent encore méconnus, nous allons continuer à surveiller la situation et suivrons les conseils» des professionnels de la santé, a précisé l’un des responsables de l’organisation, Joe Solmonese.

L’ancien vice-président américain et favori des primaires Joe Biden, 77 ans, avait appelé à son report mercredi soir. Il est en lice contre le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, mais dispose d’une avance pratiquement insurmontable.

Comme près de neuf Américains sur dix appelés à rester à la maison, tous deux sont coincés chez eux, d’où ils donnent des interviews. Depuis la Maison-Blanche, Donald Trump participe lui au quotidien à de longues conférences de presse sur l’évolution de la pandémie.

La convention républicaine est prévue du 24 au 27 août à Charlotte, en Caroline du Nord, mais sans grand suspense sur son issue: Donald Trump briguera un second mandat le 3 novembre.

En appelant au report de la convention démocrate mercredi soir, Joe Biden avait mis en garde sur NBC sur de nouveaux changements possibles: «Et même comme cela, les conventions républicaine et démocrate vont devoir... nous devons tout simplement être préparés à une alternative, or l’alternative, nous ne savons pas ce que cela va être jusqu’à ce qu’on ait une meilleure idée de si la courbe (des cas et décès, ndlr), va baisser ou monter».

Une primaire prévue mardi 

Le président du parti démocrate, Tom Perez, a souligné jeudi l’importance qu’aura le Wisconsin dans la présidentielle, puisqu’il avait créé la surprise en 2016 en choisissant Donald Trump après avoir voté deux fois pour Barack Obama.

«Nous voulons particulièrement attirer l’attention sur le Wisconsin comme étant un état clé, puisqu’il est au cœur de tant de promesses non tenues par Donald Trump» auprès des électeurs, a-t-il ajouté.

Aucune primaire démocrate n’a été organisée depuis le 17 mars et déjà 15 Etats ainsi que le territoire de Porto Rico ont annoncé le report de leurs scrutins, donc certains étaient prévus au départ mi-mai.

Fortement critiquées, les autorités du Wisconsin maintiennent pourtant elles le scrutin prévu le mardi 7 avril, dans cet état où la population a été appelée à rester chez elle.

«Les gens ne devraient pas être forcés de risquer leurs vies pour voter», a dénoncé mercredi Bernie Sanders, en exhortant le Wisconsin à repousser le vote tout en «œuvrant pour passer intégralement à un scrutin par courrier».

Après trois premières défaites en février, Joe Biden avait signé un retour inédit dans la course à l’investiture démocrate avec une série de victoires éclatantes.

Désormais seul en lice face à lui, Bernie Sanders arrive loin derrière en nombre de délégués nécessaires (1.991) pour être déclaré candidat lors de la convention démocrate (1217 pour Joe Biden contre 914 pour Bernie Sanders).

Mais alors qu’il avait semblé prêt à jeter l’éponge après de nouvelles défaites le 17 mars, le socialiste, qui fait campagne plus à gauche que M. Biden, s’accroche en affirmant voir encore «une voie étroite vers la victoire».

Monde

Le coronavirus, en hausse «exponentielle», a contaminé plus d’un million de personnes

PARIS — Le cap du million de cas de COVID-19 officiellement déclarés dans le monde a été franchi jeudi, avec, sur les dernières semaines, une nette accélération des contaminations et des décès qui témoigne de la progression exponentielle de la pandémie.

Que disent les chiffres les plus récents ?

Au moins 1 000 036 cas d’infection, parmi lesquels 51 718 décès ont été détectés dans 188 pays et territoires, selon un bilan mondial jeudi.

Sur les 7 derniers jours, autant de nouveaux cas ont été diagnostiqués dans le monde que lors des 86 jours précédents. Le nombre de décès recensés a doublé depuis le 27 mars. À ce jour, au moins 186 000 malades sont considérés comme guéris.

Mais les données publiées partout dans le monde, aussi bien en terme de cas que de décès sont loin de refléter exactement la réalité.

Nombre de pays ne testent que les malades dans un état grave — certains comme la Finlande reconnaissent eux-mêmes que leurs bilans sont largement sous-évalués, avec un nombre réel de cas dans le pays qui pourrait être jusqu’à 30 fois plus élevé. En ce qui concerne les morts, certains états n’incluent par exemple pas les décès survenus dans les maisons de retraite.

Mais la croissance des chiffres montre la propagation dramatique de la maladie à travers la planète.

Avec 542 191 cas recensés, dont 37 715 décès (respectivement 54 % et 73 % des totaux mondiaux), l’Europe, qui comptait encore moins de 10 000 cas le 7 mars, est aujourd’hui le principal foyer de la pandémie.

La progression y a été fulgurante ces dernières semaines : en un peu plus de dix jours, le nombre des décès a été multiplié par 7, pour dépasser les 37 000 le 2 avril.

Mais elle l’est désormais aussi aux États-Unis, devenus le 27 mars le pays le plus touché dans le monde en nombre de cas.

Les États-Unis, qui ne comptaient officiellement que 68 contaminations le 2 mars, en enregistrent désormais plus de 234 000. Depuis le 28 mars, en seulement cinq jours, ces cas recensés dans le pays ont doublé.

Le nombre de décès y suit une évolution similaire : les États-Unis ont enregistré leur premier décès le 1er mars et en déplorent aujourd’hui 5607. Ce nombre a doublé sur les 3 derniers jours.

Tout le monde avec un masque à New-York, demande le maire

D'ailleurs, le maire de New York Bill de Blasio a demandé jeudi aux habitants de la ville de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent de chez eux, une première dans la ville la plus touchée par le coronavirus aux États-Unis.

«Ça peut être une écharpe, quelque chose que vous avez fabriqué chez vous, un bandana», a expliqué l’édile lors d’un point de presse, mais cela «n’a pas besoin d’être un masque de professionnel».

New York a enregistré 1562 morts du coronavirus depuis le début de la pandémie, selon des chiffres publiés jeudi en fin de journée par les autorités sanitaires de la ville, et approche des 50 000 cas positifs (49 707).

Le maire a expliqué que la décision de demander aux habitants de se couvrir le visage avait été prise sur la base d'une étude publiée par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), autorité de santé nationale aux États-Unis.

Cette étude met en évidence des cas de transmission du virus à Singapour par des personnes asymptomatiques. L'étude indique que la transmission pourrait notamment intervenir par la seule respiration.

«Il a été montré que la parole et d'autres activités vocales, comme le chant, peuvent générer des particules dans l'air, avec une propension liée au niveau sonore», expliquent les auteurs de l'étude, publiée mercredi.

C'est un revirement pour les autorités, qui ont longtemps indiqué, sur la base des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du CDC qu'il n'était pas nécessaire de porter un masque, à moins de présenter des symptômes du coronavirus.

L’Italie et l’Espagne meurtries

Seules l’Italie et l’Espagne affichent un bilan plus lourd à ce jour en terme de morts.

L’Italie (115 242 cas, 13 915 décès) et l’Espagne (110 238, 10 003) sont aussi avec les États-Unis les pays qui comptent plus de cas déclarés qu’en Chine, foyer initial de la contagion où les chiffres officiels montrent un fort ralentissement depuis plus d’un mois (81 589 cas, dont 3 318 décès au total, 31 seulement depuis une semaine).

Sur 100 décès en Europe, près de 36 sont aujourd’hui enregistrés en Italie et 27 en Espagne.

Dans ces deux pays, les mesures de confinement de la population semblent toutefois commencer à porter leurs fruits, avec un ralentissement de la progression de l’épidémie. D’une augmentation de 15 % du nombre de cas chaque jour il y a encore deux semaines, l’Italie enregistre depuis plusieurs jours des taux d’augmentation inférieurs à 5 %. Depuis 24 h, seuls 18 patients supplémentaires ont été admis en soins intensifs dans le pays.

L’Espagne recense elle environ 8 % de cas supplémentaires chaque jour, bien moins que les 15 à 20 % comptés la semaine dernière.

En Europe et ailleurs dans le monde, les autres pays les plus touchés sont la France (73 743 cas et 5387 décès, avec un bilan incluant désormais des cas en maison de retraite), l’Iran (50 468, 3160), le Royaume-Uni (33 718, 2 921), les Pays-Bas (14 697, 1339), la Belgique (15 348, 1011), l’Allemagne (73 522, 872), la Suisse (18 194, 431) et la Turquie (18 135, 356).

L’Afrique, malgré sa population de 1,3 milliard d’habitants, recense à ce jour seulement 6804 cas pour 273 décès. Le seul continent qui compte moins de cas est l’Océanie (5949 cas pour 27 décès).

La région d’Amérique latine et des Caraïbes a franchi mercredi le cap des 20.000 cas, atteignant jeudi 23 133, dont 653 décès. Le Moyen-Orient a lui enregistré 64 083 cas dont 3.306 décès et l’ensemble de l’Asie 112 356 cas dont 4003 décès.

Ces bilans ont été réalisés à partir de données collectées par les bureaux de l’AFP auprès des autorités nationales compétentes et des informations de l’OMS.

+

L’Assemblée générale de l’ONU appelle à la «coopération»

L’Assemblée générale de l’ONU a approuvé jeudi par consensus une résolution appelant à la «coopération internationale» et «au multilatéralisme» pour combattre le COVID-19, premier texte des Nations unies depuis le déclenchement de la pandémie.

La résolution, à laquelle a tenté de s’opposer en vain avec un projet concurrent la Russie, soutenue par quatre autres pays, souligne aussi «la nécessité de respecter pleinement les droits humains» et dénonce «toute forme de discrimination, de racisme et de xénophobie dans la réponse à la pandémie».

Le texte insiste sur le rôle central de l’ONU dans la crise sanitaire et économique qui est devenue mondiale.

La résolution adoptée par l’Assemblée générale a été initiée par six pays : Suisse, Indonésie, Singapour, Norvège, Liechtenstein et Ghana. Au final, elle a été parrainée par 188 états sur les 193 que comptent les Nations unies, selon des diplomates.

Les cinq pays manquant à l’appel de ce co-parrainage sont la Russie, la Centrafrique, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela.

Ces pays ont coparrainé une «déclaration» proposée par Moscou qui se voulait concurrente de la résolution adoptée, parlant aussi de coopération, mais en incluant une demande implicite de levée générale des sanctions internationales. Frappée par de telles mesures en raison du conflit avec l’Ukraine, la Russie considère qu’elles sont un frein à la lutte contre la pandémie.

L’Union européenne, le Royaume-Uni et l’Ukraine entre autres sont intervenus jeudi pour bloquer l’adoption de cette «déclaration» qui devait se faire aussi par consensus, selon des diplomates.

À la différence du Conseil de sécurité de l’ONU, les résolutions adoptées par l’Assemblée générale ne sont pas contraignantes, mais ont une forte valeur politique en fonction du nombre de pays qui les approuvent lors d’un vote ou les coparrainent lors d’une adoption par consensus.

À ce jour, le Conseil de sécurité ne s’est toujours pas mis d’accord sur l’adoption d’un texte en dépit de plusieurs tentatives, des blocages continuant à opposer notamment les États-Unis à la Chine sur l’origine du virus que Washington veut souligner.

Des membres permanents du Conseil dotés d’un droit de veto — Chine et Russie — sont par ailleurs réticents à voir le Conseil de sécurité, chargé de la paix et de la sécurité dans le monde, se saisir d’un dossier jusqu’à présent essentiellement sanitaire et économique.

Autour du globe, 2 avril 2020

Actualités

Le monde confronté à sa pire crise depuis 1945 [PHOTOS]

NEW YORK — Le nouveau coronavirus a continué mercredi sa course cruelle à une vitesse «quasi exponentielle», fauchant des vies aux quatre coins du monde, dont celle d’un bébé de six semaines aux États-Unis, devenu l’une des plus jeunes des 46 000 victimes de la pandémie.

Plus de 900 000 cas de COVID-19 ont été recensés dans le monde, dont plus de 215 000 aux États-Unis où la maladie progresse le plus vite. Faute de capacité suffisante de dépistage, ces bilans sont très probablement bien en dessous de la réalité.

Malgré des mesures de confinement qui concernent près d’un habitant de la planète sur deux, les bilans sont de plus en plus lourds : plus de 13 000 morts en Italie, de 9000 en Espagne, de 4500 aux États unis, de 4000 en France...

La mort d’un nouveau-né dans l’État du Connecticut, après le décès d’un bébé de neuf mois à Chicago et d’un adolescent de 13 ans au Royaume-Uni, a particulièrement frappé les esprits, les enfants étant jusqu’ici relativement épargnés. «C’est déchirant», a commenté le gouverneur de cet État du nord-est, Ned Lamont.

«Profondément préoccupé», le secrétaire général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, n’a pu que constater la «croissance quasi exponentielle» du nombre de cas, «l’escalade rapide» des infections. «Nous devons être à l’unisson pour combattre ce virus inconnu et dangereux», a-t-il lancé.

Basculant à son tour dans la gravité, le président américain Donald Trump a demandé à ses concitoyens de se préparer à des semaines «très douloureuses». La Maison-Blanche a présenté ses projections : la COVID-19 devrait faire entre 100 000 et 240 000 morts aux États-Unis, appelés à devenir, après l’Europe, le nouvel épicentre de la pandémie.

+

Autour du globe, 1er avril 2020

Monde

Coronavirus: tristes records en Europe et aux États-Unis  [PHOTOS]

PARIS — La pandémie de coronavirus continue ses ravages sur une planète pourtant largement confinée : l’Espagne, la France. le Royaume-Uni et les états-Unis ont battu mardi leurs sombres records de décès journaliers, pendant que New York se métamorphose avec des hôpitaux de campagne installés jusque dans le célèbre Central Park.

Le nouveau coronavirus a tué un nombre record de 865 personnes aux États-Unis au cours des dernières 24 heures, selon le comptage mardi soir de l'université Johns Hopkins, qui fait référence. 

Cette forte accélération porte à 3873 décès le bilan total depuis le début de la pandémie. Les États-Unis sont par ailleurs, de loin, le pays du monde comptant le plus grand nombre de cas recensés (188 172), soit 24 743 de plus en une journée, d'après les chiffres de l'université, actualisés en continu.

Le record du nombre de morts en 24 heures a été observé le 27 mars en Italie (969 décès).

Le bilan mondial de l’épidémie s’est encore alourdi mardi, avec plus de 40 000 morts sur la planète, selon un comptage de l’AFP.

Mais de nombreux experts estiment ce bilan largement sous-estimé. Ils se basent notamment sur le nombre élevé d’urnes funéraires que les familles ont commencé à récupérer en Chine, maintenant que les habitants de Wuhan, berceau du coronavirus, peuvent enfin sortir de chez eux pour enterrer leurs morts.

Depuis le début de la pandémie, plus de 805 000 cas ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe, plus de 200 000 aux États-Unis et au Canada et 108 421 en Asie (3882 décès).

Course contre la montre

Aux États-Unis, c’est la mobilisation générale : près des trois quarts des Américains vivent désormais confinés, d’une manière plus ou moins stricte.

New York a engagé une course contre la montre pour augmenter sa capacité hospitalière avant le pic de l’épidémie, attendu d’ici «sept à 21 jours», selon le gouverneur Andrew Cuomo. À Manhattan, des hôpitaux provisoires ont été érigés dans un centre de conférences et sous des tentes dans Central Park. Le centre sportif de Flushing Meadows suivra bientôt.

Des médecins new-yorkais s’inquiètent d’une possible pénurie de respirateurs artificiels. «S’il y a un afflux et que vous n’avez qu’un nombre limité de respirateurs, vous ne pouvez pas [aider] tout le monde», redoute Shamit Patel, 46 ans.

L’épidémie s’est aussi déclarée à bord du porte-avions américain Theodore Roosevelt, amarré dans l’île de Guam, poussant son commandant à demander l’autorisation de débarquer et confiner tout son équipage.

«Nous ne sommes pas en guerre. Il n’y a aucune raison que des marins meurent», a écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier.

+

Actualités

Au bout du monde, des lieux encore préservés du coronavirus

KOROR — Les îles paradisiaques des Palaos, dans le Pacifique, font partie des rares endroits du globe encore préservés du nouveau coronavirus.

Pourtant, les 18.000 habitants de ce micro-pays, situé à des centaines de kilomètres des îles voisines les plus proches, sont inquiets.

Tout comme les îles Tonga, Salomon, Marshall et la Micronésie, également situées dans l’océan Pacifique, cet isolement géographique associé à des restrictions de voyage a, jusqu’à présent, permis à cet archipel de n’enregistrer aucun cas de COVID-19.

Mais il ne pourrait s’agir que d’un répit dans l’inexorable propagation de la pandémie.

Les îles Mariannes du Nord, situées plus à l’est, ont recensé ce week-end leurs premiers cas de contamination ainsi qu’un décès suspect lundi.

Comme nombre d’habitants des Palaos, Klamiokl Tulop, une mère célibataire de 28 ans, continue d’espérer que les Palaos ne connaîtront pas le même sort que les villes de Wuhan, New York ou Madrid — où les services sanitaires, pourtant mieux dotés, ont été débordés.

Cette artiste sent l’inquiétude monter au sein de la population qui redoute que le virus finisse par atteindre cette île du bout du monde ou, pire, qu’il y soit déjà arrivé.

«Rien qu’en faisant du magasinage, vous pouvez sentir une tension et une anxiété croissantes», raconte-t-elle à l’AFP. «Les magasins sont bondés même les semaines où les gens ne sont pas payés».

Après plusieurs alertes, les autorités de ce petit État d’Océanie demeurent sur le qui-vive. Elles attendent notamment les résultats d’un dépistage effectué sur une personne placée en quarantaine.

Sur le plan économique, l’archipel des Palaos est déjà affecté par les craintes suscitées par la COVID-19.

Les rayons des supermarchés de la ville de Koror, la plus grande du pays, ont été pris d’assaut par des habitants paniqués. Il y a désormais une pénurie de solutions hydro-alcooliques, de masques et d’alcool.

Ces îles étant très dépendantes des importations, qui se font par bateau ou avion, les produits arrivent très vite à épuisement.

La compagnie United Airlines desservait jusqu’ici six fois par semaine les Palaos depuis le territoire américain de Guam, qui a recensé plus de 50 cas de nouveau coronavirus.

+

Autour du globe, 31 mars 2020

Monde

Les États-Unis vont envoyer 100 M$ de matériel médical à l’Italie

WASHINGTON — Les États-Unis vont envoyer du matériel médical pour un montant de 100 millions de dollars à l’Italie, le pays où le nouveau coronavirus a tué le plus de monde à ce jour, a annoncé lundi Donald Trump.

Le président américain a déclaré s’être entretenu au téléphone avec le président du Conseil italien Giuseppe Conte.

«Nous avons des produits en surplus dont nous n’avons pas besoin, nous allons envoyer environ 100 millions de dollars de choses chirurgicales, médicales et hospitalières à l’Italie», a-t-il ajouté lors de sa conférence de presse quotidienne sur la pandémie, depuis les jardins de la Maison Blanche.

Le président Trump a aussi estimé que la production de respirateurs artificiels allait monter en puissance grâce au concours d’une dizaine d’entreprises aux États-Unis.

«À mesure que nous produirons plus que nos besoins, nous en enverrons en Italie, nous en enverrons en France, nous en enverrons en Espagne, où ils ont de terribles problèmes, et d’autres pays si possible», a-t-il assuré, alors que l’épidémie s’accélère aussi aux États-Unis, avec près de 3 000 morts et plus de 160 000 cas officiellement recensés.

Un porte-parole de la Maison Blanche a indiqué plus tard que Donald Trump avait adressé à Giuseppe Conte «ses condoléances pour ceux qui ont péri en Italie» et avait «réaffirmé l’engagement» de Washington à travailler avec Rome «et l’ensemble de ses partenaires et alliés européens» dans la lutte contre le virus.

Le président américain a fait savoir dimanche qu’il prolongeait jusqu’à fin avril les recommandations de distanciation sociale draconiennes visant à éviter la propagation de la COVID-19.

Tout en appelant les gens à «rester chez eux», il a redit lundi qu’il était «peu probable» qu’il décrète un confinement strict au niveau national. Les mesures sont prises pour l’instant au niveau des états fédérés et plus de 70 % des Américains sont déjà concernés par un confinement.

Il a toutefois prévenu que le mois d’avril serait crucial.

«Il s’agit de 30 jours vitaux. Nous allons tout faire pendant ces 30 jours», a-t-il promis.

Le président des États-Unis a enfin dit envisager de demander à tous les Américains de porter un masque «pour un certain temps, pas pour toujours».

+

PLUS DE 3000 MORTS AUX ÉTATS-UNIS

Le nombre des décès provoqués par la pandémie de coronavirus aux États-Unis a dépassé les 3 000 lundi soir, tandis que le nombre de cas recensés passait à plus de 163 000, selon l’université Johns Hopkins, dont les chiffres, actualisés en continu, font référence.

Les États-Unis sont, de loin, le pays au monde répertoriant le plus grand nombre de cas confirmés (163 429), pour 3 008 morts. La barre des 2 000 morts avait été franchie samedi.

Monde

COVID-19: la Floride ne veut pas laisser débarquer les passagers du Zaandam

FORT LAUDERDALE — L’incertitude pesait lundi sur le paquebot Zaandam, qui transporte quatre morts et des dizaines de personnes souffrant de symptômes grippaux. Le gouverneur de Floride ne veut pas les laisser débarquer en pleine pandémie de coronavirus, mais envisage de faire monter des secours à bord.

C’est avec 1 800 passagers de multiples nationalités et membres d’équipage à son bord que le paquebot néerlandais était parti le 7 mars de Buenos Aires, avait franchi le cap Horn, puis avait vu le Chili refuser les passagers malades qu’il voulait débarquer.

Le Zaandam a finalement atteint lundi la mer des Caraïbes, après avoir parcouru les 80 kilomètres du canal de Panama dans la nuit de dimanche à lundi.

Il avait auparavant effectué le transfert de quelque 400 passagers sains vers le Rotterdam, un second navire envoyé à la rescousse par la compagnie Holland America (groupe Carnival),  avec des vivres, du personnel et des tests COVID-19.

Mais le port d’arrivée que visait le Zaandam, Fort Lauderdale, en Floride, hésite à l’accueillir.

Et le gouverneur de cet état du sud-est des États-Unis, Ron DeSantis, a été très direct.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de nous voir refourguer des gens, qui ne sont même pas des Floridiens», a-t-il déclaré, arguant que les passagers «épuiseraient les précieuses ressources» mises en place pour faire face au coronavirus dans l’état.

«Nous aimerions que du personnel médical soit simplement envoyé sur le bateau, et espérons que les compagnies de croisière pourront l’organiser, afin de s’occuper des gens qui ont peut-être besoin d’assistance médicale», a-t-il précisé plus tard.

«Mais je crois que beaucoup d’entre eux sont des étrangers, et nous voulons nous assurer que nous avons les lits disponibles pour» les habitants de la Floride, a encore souligné le gouverneur républicain.

Une élue démocrate du Congrès américain, Ilhan Omar, a appelé la Floride à laisser «les passagers débarquer avant que toute nouvelle mort inutile ne survienne», en expliquant que six d’entre eux, dont quatre malades, venaient de son état du Minnesota.

«Quatre personnes sont mortes et cela restera sur la conscience de tous ceux qui nous ont rejetés tout au long du chemin», avait dit dimanche à l’AFP une passagère, Laura Gabaroni, évacuée samedi du Zaandam, où elle voyageait avec son époux.

Une centaine de Français

Parmi les passagers des deux paquebots, de multiples nationalités sont représentées dont 105 Français, selon des sources officielles.

Garder le cap sur la Floride reste à ce stade «l’option privilégiée», a déclaré lundi le secrétaire d’État français aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, sur la chaîne France 5.

«La Floride comprend de nombreux ports», a-t-il répondu, interrogé sur les hésitations de Fort Lauderdale à autoriser l’accostage. «Nous allons continuer les interventions politiques s’il le faut pour trouver une solution», a-t-il ajouté.

Le président du bateau de croisière a assuré que ses équipes travaillaient «24 heures sur 24» pour «trouver une destination» dans une situation «difficile et sans précédent».

«La meilleure façon de protéger votre santé est de faire en sorte que vous soyez à l’isolement et en sécurité pendant que nous travaillons pour trouver une destination afin de vous permettre de débarquer et de rentrer chez vous», a expliqué Orlando Ashford aux passagers, dans une vidéo publiée par Holland America sur les réseaux sociaux.

Contrairement à ce qui avait été expliqué dans un premier temps, le Zaandam et le Rotterdam «vont rester ensemble».

Dimanche, l’Autorité du canal de Panama (ACP), qui gère la voie maritime, avait donné son feu vert à la traversée des deux navires, à titre exceptionnel, pour des raisons «humanitaires».

Selon Paris, Panama a autorisé le passage du paquebot après un appel du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian à son homologue panaméen.

Samedi, un premier groupe de 400 personnes, déjà testées négatives à la COVID-19, avait été accueilli à bord du Rotterdam. Le transfert s’est poursuivi dimanche entre les deux navires lorsqu’ils mouillaient au large de la côte pacifique du Panama.

Vendredi, Holland America avait annoncé le décès de quatre passagers à bord du Zaandam, sans en préciser la cause, et la contamination d’au moins deux autres de la COVID-19. Mais elle ne faisait plus état de ces deux cas dans un communiqué dimanche soir.

Monde

États-Unis: New York salue l’arrivée d’un navire-hôpital, l’épidémie s’accélère 

NEW YORK — Engagée dans une course contre la montre pour faire face au pic de l’épidémie, New York a salué lundi l’arrivée d’un navire-hôpital militaire de 1000 lits, alors que le coronavirus se propage vite aux États-Unis, poussant Donald Trump à prolonger les recommandations de confinement jusqu’à fin avril.

Le USNS Comfort, d’une capacité de 1000 lits et 12 blocs opératoires, est arrivé vers 10h30. Il doit permettre de décharger les hôpitaux new-yorkais de malades ne nécessitant pas des soins liés au coronavirus.

«Le fait que la marine soit là, que l’armée soit là pour aider New York à un moment où notre ville est dans le besoin, c’est très important», a déclaré le maire Bill de Blasio, alors que le bateau entrait dans le port de Manhattan.

«Cela veut dire que nous ne sommes pas seuls [...] c’est un symbole d’espoir», a-t-il ajouté lors d’un point presse.

L’arrivée de ce bateau, en même temps que l’ouverture d’un hôpital dans le centre de conférence Javits Center à Manhattan, qui pourra accueillir près de 3000 malades non touchés par le virus, intervient alors que le nombre de personnes atteintes de la COVID-19 augmente à toute vitesse aux États-Unis.

L’État de New York, épicentre de l’épidémie aux États-Unis, comptait lundi après-midi plus de 67 000 cas confirmés et plus de 1200 morts, selon le gouverneur Andrew Cuomo. Et l’épidémie progresse ailleurs aux États-Unis, frappant désormais durement les États du New Jersey, de la Louisiane, de l’Illinois ou de la Floride.

Les États-Unis sont devenus ces derniers jours le pays avec le plus de cas confirmés, plus de 163 000 et plus de 3000 morts, selon les derniers chiffres de l’université Johns Hopkins, actualisés en continu.

«Le virus a un temps d’avance sur nous depuis le premier jour», a déclaré lundi le gouverneur Andrew Cuomo lors d’un point presse. «On ne gagne jamais à essayer de rattraper son retard. Il faut planifier pour dans deux, trois, quatre semaines, lorsque ce sera le pic [de l’épidémie], et être sûr qu’on sera alors en position de gagner la bataille».

Bill de Blasio a souligné que la ville avait encore besoin en urgence, rien que pour tenir la semaine, de quelque 400 respirateurs artificiels et de renforts de personnel médical.

«La semaine dernière, on avait probablement environ 50 % de patients avec le coronavirus. Cette semaine, on est passé à 75 %. Maintenant on est à 85-90 %», indiquait ce week-end à l’AFP le docteur Shamit Patel, qui travaille aux urgences du groupe hospitalier Mount Sinai à Manhattan. «Nous ne sommes pas encore au bout de nos capacités, mais nous nous y préparons».

Extension du confinement

Cette aggravation de la situation a poussé Donald Trump à prolonger jusqu’à fin avril les consignes de confinement et de restrictions visant à ralentir la propagation du coronavirus, plutôt que de les alléger d’ici le 12 avril comme il l’avait espéré.

«On a pris le 30 avril comme le jour où on espère voir de vrais progrès», a-t-il expliqué à la chaîne Fox News. «Et ensuite peut-être d’ici le 1er juin, c’est terrible à dire, mais on pense que le nombre de morts sera très bas».

Le très respecté docteur Anthony Fauci, qui avait indiqué dimanche que l’épidémie pourrait faire 200 000 morts aux États-Unis, a indiqué lundi n’avoir eu aucun mal à convaincre le président de prolonger les recommandations de confinement et distanciation sociale au-delà de la mi-avril, après lui avoir montré les données montrant l’évolution attendue de l’épidémie.

Avec l’ajout lundi du Maryland et de la Virginie, près de 234 millions d’Américains sont désormais sous ordre strict de rester chez eux, soit plus de 70 % de la population.

Après avoir initialement minimisé l’épidémie, le président Trump oscille sur la gravité de la situation et sa volonté de faire redémarrer l’économie rapidement.

Le nombre de chômeurs inscrits dépassait la semaine dernière les trois millions, et il devrait s’aggraver dans les semaines à venir.

Monde

Coronavirus: le prince Charles est sorti de quarantaine

LONDRES — Le prince Charles, atteint par le nouveau coronavirus, est sorti de quarantaine et se trouve en «bonne santé», ont annoncé lundi les services de l’héritier de la couronne britannique.

«Clarence House», les services du fils de la reine Elizabeth II, ont indiqué dans un communiqué «qu’après avoir consulté ses médecins, le prince de Galles n’est plus à l’isolement».

«Il est en bonne santé», a ajouté Clarence House, précisant que le prince, âgé de 71 ans, s’était placé en quarantaine pendant sept jours, conformément aux recommandations du gouvernement britannique.

Le prince de Galles se trouve actuellement en Écosse avec sa femme Camilla, qui «a été testée mais n’a pas le virus», avait précisé Clarence House.

Le gouvernement britannique a demandé à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans de se mettre à l’abri pendant 12 semaines.

Le prince Charles a repris ces dernières années une partie des obligations de sa mère, et la représente désormais lors des visites à l’étranger.

Elizabeth II, 93 ans, s’est quant à elle retirée pour plusieurs semaines au château de Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Londres.

Elle a rencontré son fils pour la dernière fois le 12 mars, et le premier ministre Boris Johnson, lui aussi testé positif, le 11 mars, leurs deux derniers entretiens hebdomadaires ayant eu lieu par téléphone.

Le chef du gouvernement, qui présente des symptômes légers, se trouve en quarantaine au 11 Downing street. «Il est en mesure de faire tout ce qu’il a à faire pour diriger la réponse face au coronavirus», a déclaré lundi un porte-parole de Downing street.

Selon la même source, son proche conseiller Dominic Cummings s’est lui aussi mis en quarantaine après avoir présenté des symptômes pendant le week-end, mais il n’a pas été testé.

Le ministre de la Santé Matt Hancock a quant à lui annoncé qu’il était atteint par la COVID-19 vendredi, et travaille à domicile.

Confiné depuis une semaine, le Royaume-Uni a enregistré officiellement 22 141 cas positifs de COVID-19 dont 1408 personnes décédées à l’hôpital, selon les derniers chiffres publiés lundi par les autorités sanitaires.

La courbe de la pandémie «suit le même chemin que la France», a expliqué le conseiller scientifique du gouvernement Patrick Vallance, lors de la conférence de presse quotidienne.

Il est «prématuré» de se prononcer sur une date d’allègement des mesures de confinement, a-t-il ajouté, soulignant le délai entre l’instauration de ces mesures et l’évaluation de leur effet en raison de la durée d’incubation de la maladie.

Les autorités sanitaires britanniques anticipent une poursuite de la hausse du nombre d’hospitalisations «pendant au moins deux ou trois semaines, avant une stabilisation et une baisse graduelle», a-t-il poursuivi, rappelant que l’objectif est de rester sous la capacité d’accueil des services de soins intensifs.

Selon le Royal College of Physicians, un quart des médecins du système britannique public de santé, le NHS, est hors du circuit, malade ou à l’isolement.

Monde

Coronavirus : Poutine appelle les Moscovites au respect du confinement

MOSCOU — Vladimir Poutine a appelé lundi les Moscovites à respecter le confinement dans la capitale russe, un exemple suivit par un nombre croissant de régions du vaste pays pour tenter d’enrayer la progression de la COVID-19.

Le président russe avait évité la semaine dernière d’ordonner un confinement, déclarant chômée la période du 28 mars au 5 avril et appelant simplement les Russes à rester «à la maison».

Le maire de la capitale, Sergueï Sobianine, a finalement décidé dimanche soir de restreindre les déplacements de ses administrés, après un weekend lors duquel des Moscovites ont profité en nombre d’une météo printanière dans les parcs, ne se tenant pas aux consignes de distanciation sociale.

Lundi, M. Poutine a exhorté les Moscovites à «prendre avec le plus grand sérieux et avec une totale responsabilité» ces mesures «justifiées et nécessaires», lors d’une réunion par visioconférence.

Il a par ailleurs demandé aux autorités des différentes régions russes d’agir «réellement» contre la propagation du virus et à ne pas se contenter «de bouts de papiers et de rapports».

Il a notamment réclamé plus de lits d’hôpitaux, des centres de test supplémentaires, et que soit constituée une réserve de systèmes de respiration artificielle et de médicaments.

Situation grave

À l’appel du premier ministre Mikhaïl Michoustine, outre Moscou et ses environs au moins sept autres régions, en Russie européenne comme en Sibérie, ont annoncé qu’elles suivraient dans les heures et jours à venir l’exemple moscovite.

«La situation est sans doute grave et tout le monde doit se comporter de manière appropriée», a souligné le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La Russie a officiellement recensé 1836 cas d’infection, dont plus de 1200 à Moscou, et neuf décès.

Le Kremlin a assuré être conscient «des conséquences économiques» des mesures de confinement toujours plus dures, mais a souligné que «la tâche principale […] est de veiller à la santé des gens».

Lundi, le centre-ville de Moscou était quasi déserté par les piétons, même si beaucoup de voitures circulaient encore.

Ici, «il y a maintenant beaucoup moins de monde qu’avant. C’est bien, les gens comprennent que c’est nécessaire» de rester à la maison, a dit à l’AFP Lioudmila, une pharmacienne dans le centre-ville, regrettant cependant que le confinement n’ait pas été ordonné plus tôt.

Dans un quartier du sud de Moscou, de nombreux passants, adultes comme adolescents, étaient à l’inverse encore dans les rues.

«Si on reste à la maison avec nos parents, on va mourir beaucoup plus vite que du coronavirus», ont dit à une journaliste de l’AFP trois jeunes, défiant le confinement ainsi que l’ordre de respecter une distance de 1,5 mètre entre les personnes.

Les 12 à 16 millions de Moscovites, selon les estimations, sont autorisés à sortir de chez eux pour se rendre au travail, pour les urgences médicales, et aller au supermarché ou dans les pharmacies les plus proches.

Contrôle absolu

Ils ont également le droit de sortir les poubelles et de promener leur chien dans un rayon de 100 m autour de leur domicile. Des mesures analogues ont été décrétées dans la région entourant la capitale.

Dans la ville, le respect du confinement doit être contrôlé grâce à un «système intelligent de surveillance», à savoir un réseau de caméras avec reconnaissance faciale, déjà utilisé pour surveiller les personnes placées en isolement chez elles.

«J’espère que d’ici la fin de la semaine, nous aurons des systèmes informatiques nous permettant d’assurer un contrôle quasi absolu sur les déplacements des gens», a déclaré M. Sobianine, selon l’agence Interfax.

Lundi, la Russie a fermé ses frontières pour empêcher la propagation de la COVID-19. Parmi les commerces, seuls les magasins d’alimentation et les pharmacies sont ouverts depuis le 28 mars.

Monde

COVID-19: entre peur et colère avant le confinement en Afrique

LAGOS — «Comment allons-nous faire ?», s’interrogeaient clients et vendeurs dans l’immense marché de Lagos Island, au coeur de la capitale économique du Nigeria, quelques heures avant un confinement général annoncé dimanche  par le chef de l’État nigérian: une question que se pose tout le continent.

«J’ai déjà acheté du riz, des haricots et du manioc pour mes cinq enfants», racontait à l’AFP Mounsomola dans les rues d’habitude bondées et remplies d’étals en tout genre. «Tout ça sera fini en une semaine... et d’ici là, je n’aurai plus d’argent».

Le président Muhammadu Buhari a pris les habitants de Lagos et d’Abuja de court, en annonçant dimanche soir une interdiction de «tout mouvement» pendant au moins 14 jours dans ces deux États qui enregistrent la grande majorité de la centaine de contaminations officiellement enregistrée dans le pays.

«Nous ne sommes pas prêts», s’emporte Abdul Rahim un vendeur du marché, toujours autorisé à vendre huile, farine ou maïs. «L’État de Lagos a démenti tout couvre-feu la semaine dernière, et maintenant le président annonce un confinement total».

«Deux semaines c’est beaucoup trop long, les fournisseurs ne peuvent même pas suivre. Les gens ont faim et ils ne pourront jamais faire de stock», regrette Abdul.

Question de vie ou de mort

Muhammadu Buhari a assuré que les magasins de nourriture et les stations-service resteraient ouverts, mais il n’était pas clair dans son allocution si les dizaines de millions d’habitants des deux villes pouvaient s’y rendre.

«Nous savons que ces mesures vont causer beaucoup de difficultés», a concédé l’ancien général de 77 ans, dans un pays qui compte près des deux tiers de sa population vivant sous le seuil de l’extrême pauvreté et dépendant  essentiellement de l’économie informelle pour survivre.

«Mais c’est une question de vie ou de mort», a-t-il tranché.

Dans le marché d’Obalende, les clients se précipitaient vers les derniers étals ouverts pendant que des véhicules de l’État de Lagos diffusaient des messages de prévention et distribuaient du gel hydroalcoolique.

À la sortie de l’État de Lagos, sur la route vers Abeokuta, des files immenses de voitures se formaient devant les marchés.

Confinements, cordons sanitaires

De nombreux pays d’Afrique subsaharienne — Ghana, Afrique du Sud, Congo-Brazzaville — ont décrété le confinement total ou partiel de leurs populations face à l’augmentation très inquiétante de cas déclarés au coronavirus sur le continent (150 morts et près de 5000 cas recensés officiellement).

À partir de lundi, le Zimbabwe et la quasi-totalité de ses 16 millions d’habitants ont reçu l’ordre de rester chez eux.

Si le virus se propage dans ce pays d’Afrique australe, usé par deux décennies d’une crise économique et financière qui ont laminé ses services publics, les pénuries et la menace de famine, le bilan sera catastrophique, a prévenu le président Emmerson Mnangagwa.

La même crainte se profile en République Démocratique du Congo, ou deux nouveaux cas ont été enregistrés dans le sud-Kivu, déjà terrassé par des décennies de conflit.

En Côte d’Ivoire, qui enregistrait dimanche son premier décès dû au coronavirus et 165 cas officiels, l’isolement de la capitale économique Abidjan (5 millions d’habitants) du reste du pays initialement prévu jeudi est finalement entré en vigueur dès lundi matin.

Mesures de «pays riches»

De son côté, le président du Bénin, Patrice Talon, a déclaré dimanche que le pays «n’avait pas les moyens des pays riches» pour confiner sa population, préférant l’instauration de cordons sanitaires autour des grands foyers urbains.

«Si nous prenons des mesures qui affament tout le monde, elles finiront très vite par être bravées et bafouées», a ajouté le chef de l’État, critiqué pour le peu de mesures de protection prises dans son pays de 11 millions d’habitants.

«Les mesures de distance sociale, qui sont applicables dans les pays riches, pourraient être sans effet dans des quartiers surpeuplés où il n’y a pas de sanitaires», écrivait l’économiste John Ashbourne, dans une note pour le cabinet de conseils Capital Economics.

Il rappelle également qu’un foyer moyen au Nigeria comporte 4,7 personnes (contre 2,5 en Corée du Sud) et qu’à peine 2 % d’entre eux disposent de l’eau courante.

Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Libéria, pays ayant eu à affronter la terrible épidémie d’Ebola en 2014, a publié lundi une lettre ouverte où elle se désole pour le continent : «Pour l’instant les nations africaines ont évité le pire, mais ce n’est qu’une question de temps pour que la pandémie gagne un continent qui est le moins préparé pour y faire face».  Avec les bureaux africains de l’AFP

Monde

COVID-19 : le point sur la pandémie dans le monde

PARIS — Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de COVID-19, qui a déjà fait plus de 34 000 morts dans le monde.

Plus de 700 000 cas dans le monde

Plus de 727 080 cas d’infection, dont au moins 34 610 décès, ont été officiellement déclarés dans 183 pays et territoires depuis l’apparition de la pandémie en décembre en Chine, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles lundi à 11h GMT.

L’Italie compte 10 779 décès pour 97 689 cas, l’Espagne 7340 morts pour 85 195 cas, la Chine continentale 3304 morts pour 81 470 cas, l’Iran 2757 morts pour 41 495 cas, la France 2606 morts pour 40 174 cas.

Une septuagénaire grecque testée positive est décédée à Lesbos, première victime de COVID-19 sur cette île en mer Egée où est situé le camp surpeuplé de migrants de Moria.

Confinement

Moscou est entrée lundi dans un confinement d’une durée indéterminée et plusieurs autres régions russes ont annoncé suivre, après un appel du premier ministre. La Russie a recensé officiellement 1534 cas d’infection et huit décès.

Au Nigeria (97 cas déclarés), les villes d’Abuja et Lagos entrent en confinement total lundi soir pour au moins 14 jours.

Au total, plus de 3,4 milliards de personnes dans près de 80 pays ou territoires sont appelées ou astreintes par leurs autorités à rester confinées chez elles, soit environ 43% de la population mondiale, selon un décompte réalisé à partir d’une base de données de l’AFP.

Masques chinois pour la France

Après une première cargaison dimanche, des masques continuent d’arriver lundi en France depuis la Chine pour faire face à la pénurie. Dans le cadre de ce pont aérien, la France attend la livraison d’un milliard de masques sur 14 semaines.

Chloroquine à l’hôpital

Le régulateur du médicament aux États-Unis (FDA) a autorisé dimanche contre le coronavirus, uniquement à l’hôpital, la chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine, traitements antipaludiques. Le grand public ne doit pas s’automédicamenter.

En France, les autorités sanitaires de Nouvelle-Aquitaine ont signalé des «cas de toxicité cardiaque» sur des personnes ayant pris de l’hydroxychloroquine en automédication.

Chute des prix du pétrole

Les prix du pétrole se sont effondrés lundi sur les marchés asiatiques. Le brut West Texas Intermediate (WTI), référence aux États-Unis, a perdu 5,3 % et le baril de Brent de la mer du Nord 6,5 %, tombant aux niveaux les plus bas depuis 17 ans.

Easyjet clouée au sol

La compagnie aérienne britannique EasyJet a indiqué lundi qu’elle allait immobiliser l’ensemble de sa flotte pour une durée indéterminée.

Wimbledon probablement annulé

Le vice-président de la fédération allemande de tennis Dirk Hordorff prédit, dans un entretien lundi à l’Équipe, «l’annulation» de Wimbledon 2020, tournoi programmé du 29 juin au 12 juillet. L’annonce des organisateurs interviendrait selon lui mercredi.

É.-U. : «entre 100 000 et 200 000 morts»

Selon les estimations du Dr Anthony Fauci, conseiller du président américain sur la pandémie, la COVID-19 pourrait faire «entre 100 000 et 200 000» morts aux États unis.

Donald Trump a prolongé jusqu’au 30 avril les recommandations de distanciation sociale.

GB : six mois avant un retour à la normale

Au Royaume-Uni, la cheffe adjointe des services sanitaires a affirmé dimanche que le pays pourrait ne pas renouer avec une vie normale avant six mois ou plus, estimant «dangereux» de lever subitement le confinement auquel la population est soumise pour trois semaines.

Monde

France : près de 300 nouveaux décès à l'hôpital

PARIS — Le nouveau coronavirus a causé 292 nouveaux décès enregistrés à l’hôpital en 24 heures en France, portant le bilan à 2606 morts depuis le début de l’épidémie, selon Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé.

Selon ce dernier bilan, 19 354 patients sont hospitalisés (+ 1734) dont 4632 en réanimation, soit un nouvel afflux de 359 personnes en une seule journée. Et 7132 ont pu rentrer chez eux.

«Il y a une augmentation de 10 % de malades entrants depuis hier, reflet de contaminations survenues avant les mesures de confinement», a précisé M. Salomon.

Pour tenter d’enrayer la propagation, les autorités ont annoncé la poursuite du confinement — entré en vigueur le 17 mars — de la population pendant au moins deux semaines supplémentaires, jusqu’au 15 avril.

«359 patients graves sont entrés en réanimation aujourd’hui. C’est l’élément le plus important à surveiller, car il reflète la dynamique de l’épidémie», a souligné le directeur général de la Santé.

«Si les mesures de confinement et gestes barrières ont été respectés, nous devrions observer une réduction du nombre de personnes entrant en réanimation d’ici la fin de semaine», a-t-il ajouté.

Parmi les patients en réanimation, 34 % ont plus de 60 ans. Soixante personnes en réanimation ont moins de 30 ans.

Le nombre de morts annoncé ne concerne que les patients décédés dans les hôpitaux et les véritables chiffres de mortalité ne sont pour l’instant pas connus.

Grâce à un nouveau système de surveillance mis en place ce week-end, les autorités devraient toutefois pouvoir la semaine prochaine donner des chiffres de mortalité dans les établissements pour personnes âgées.

Les déclarations de décès à l’état civil permettront également d’évaluer la surmortalité, avec un décalage.

Selon le directeur général de la Santé, une surmortalité de 9 % a été observée au niveau national, entre le 16 et le 22 mars. Mais ce chiffre cache des disparités géographiques, alors que toutes les régions ne sont pour l’instant pas touchées de la même façon.

Face au manque criant de masques, qui a créé une polémique dans le pays, plus d’un milliard de masques de protection ont été commandés, notamment à la Chine.

Un avion-cargo en provenance de Chine, convoyant près de 100 tonnes de matériel médical dont 5,5 millions de masques, a atterri dimanche soir à l’aéroport de Roissy, en région parisienne, a annoncé Air France.

Les personnels soignants ont besoin de 40 millions de masques par semaine, a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran, et le pays en produit huit millions par semaine, selon le gouvernement.

Monde

COVID-19 : un hôpital de campagne dans Central Park

NEW YORK — Un hôpital de campagne était en cours d’installation dimanche dans Central Park, à New York, pour faire face à l’afflux attendu de malades du coronavirus.

Des dizaines de personnes s’affairaient sous le crachin sur la pelouse de l’East Meadow, l’une des grandes aires de jeu du célèbre parc new-yorkais.

Le lieu a été choisi, car il se trouve en face de l’un des hôpitaux du groupe Mount Sinai, dans le quartier d’East Harlem.

La structure est mise en place par Samaritan’s Purse, une organisation humanitaire évangélique basée en Caroline du Nord et qui a dépêché sur place une soixantaine de personnes.

Elle a coordonné son intervention avec le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, l’agence américaine de gestion des situations d’urgence (FEMA) et le groupe Mount Sinai.

«Nous espérons être opérationnels d’ici 48 heures et prêts à accueillir des patients», a expliqué le Dr Elliott Tenpenny, coordinateur de l’équipe, selon lequel l’hôpital de campagne aura une capacité de 68 malades.

Contrairement à beaucoup de structures temporaires en cours d’installation dans la région de New York, ce site disposera des équipements et du personnel nécessaires à l’accueil de malades du coronavirus.

Outre l’équipe logistique dédiée à l’installation du site, Samaritan’s Purse va également acheminer sur place médecins et infirmiers pour traiter les patients.

L’organisation a déjà installé l’une de ces structures temporaires dans le nord de l’Italie, à Crémone, également pour accueillir des malades du coronavirus, a indiqué le Dr Tenpenny.

Le gouverneur Cuomo a annoncé dimanche que l’État de New York comptait désormais 59 513 cas et 965 décès, ce qui en fait de très loin l’État le plus touché du pays.

Association à but non lucratif, Samaritan’s Purse est «d’inspiration religieuse», a expliqué le Dr Tenpenny. «Nous sommes là au nom de Jésus, mais nous offrons notre aide à tout le monde sans distinction, pour peu qu’ils en aient besoin».

«Les hôpitaux se remplissent dans toute la ville et ils ont besoin d’aide. C’est pour ça que nous sommes ici», a souligné le médecin de l’organisation, qui est déjà intervenue dans des zones de conflit et de catastrophes naturelles.

«C’est souvent à l’étranger, après des catastrophes», a ajouté le Dr Tenpenny, «mais les États-Unis ont des besoins massifs actuellement et nous nous mettons donc en situation d’aider notre pays».

Monde

Coronavirus : le Royaume-Uni pourrait ne pas retrouver une vie normale avant six mois

LONDRES — Le Royaume-Uni pourrait ne pas renouer avec une vie normale avant six mois ou plus en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, ont averti dimanche les autorités sanitaires.

Selon leur cheffe adjointe Jenny Harries, il serait «dangereux» de lever subitement le confinement auquel la population est actuellement soumise pour trois semaines, même s’il s’avère efficace pour ralentir la progression de la maladie, car cela pourrait entraîner une résurgence de la pandémie.

Elle a précisé que les mesures mises en place pour contenir la maladie seraient réexaminées «toutes les trois semaines» durant «probablement six mois» voire plus.

Mais «cela ne veut pas dire que nous resterions en confinement total pour six mois», a-t-elle précisé. «Nous pourrons, espérons-le, progressivement adapter certaines mesures de distanciation sociale et progressivement retourner à la normale».

Le gouvernement a décrété lundi un confinement général de la population pour au moins trois semaines, afin de tenter de freiner la propagation de l’épidémie qui a fait 1228 morts et officiellement contaminé 19 522 personnes au Royaume-Uni, selon un bilan publié dimanche.

Seuls les commerces de biens essentiels sont ouverts, et les gens ne sont autorisés à sortir que pour faire leurs courses, se faire soigner ou faire de l’exercice une fois par jour.

Encore plus de morts

Dans une vidéo publiée dimanche soir sur son compte Twitter, le premier ministre Boris Johnson, en isolement après avoir été testé positif à la COVID-19, a remercié la population pour se conformer à ces directives, constatant que la fréquentation des trains et des bus avait chuté.

Il a également salué les quelque 20 000 anciens membres du personnel du service de santé qui ont repris du service et les 750 000 personnes qui se sont portées volontaires pour participer à la lutte contre le virus.

Cette bataille bat actuellement son plein. Selon Jenny Harries, le nombre de décès va continuer à croître «pour une semaine, possiblement deux» avant que ces mesures ne commencent à faire effet.

Parmi les personnes décédées figure un médecin de 55 ans, le premier soignant en première ligne de la lutte contre la COVID-19 à mourir au Royaume-Uni, selon les services de santé.

Plus tôt dimanche, le bras droit du premier ministre conservateur Boris Johnson avait déjà prévenu que les Britanniques devaient se préparer à «une longue période» de crise.

«Je ne peux pas faire de prédiction précise mais je pense que tout le monde doit se préparer à une longue période durant laquelle ces mesures resteront en place», a déclaré le ministre Michael Gove sur la BBC, sans vouloir donner de date précise.

Confinement jusqu’en mai ou juin

«Il est crucial pour le moment que nous respections durant les semaines à venir les directives strictes qui ont été établies en matière de distanciation sociale», a-t-il ajouté.

Dans le Sunday Times, l’épidémiologiste Neil Ferguson de l’Imperial College London, qui conseille le gouvernement, a estimé que le confinement devrait rester en place «probablement jusqu’à la fin mai, peut-être même début juin. Mai est optimiste.»

Dans une lettre adressée aux 30 millions de foyers britanniques, le premier ministre a prévenu que la situation allait «s’aggraver avant de s’améliorer» et que le respect des règles de confinement permettrait un retour «à la normale» plus rapidement.

«Mais nous n’hésiterons pas à aller plus loin si c’est que les avis scientifiques et médicaux nous disent de faire», a-t-il ajouté.

Stephan Powis, le directeur médical du système public de santé anglais NHS England, avait estimé samedi que si le nombre de morts pouvait être contenu sous la barre des 20 000 au Royaume-Uni, ce serait un «bon résultat».

Le Royaume-Uni veut aussi fortement augmenter la cadence des dépistages et tester jusqu’à 25 000 personnes par jour dans les prochaines semaines, a indiqué Michael Gove.

Il a par ailleurs reproché à la Chine, où le virus est apparu, d’avoir manqué de clarté dans ses communications sur «l’ampleur, la nature, l’infectiosité» de la maladie.

Monde

Wuhan, berceau de la pandémie, craint des cas importés

WUHAN — Berceau du nouveau coronavirus, Wuhan a commencé à se rouvrir au monde extérieur. Mais ce que redoute désormais la ville chinoise après deux mois d’isolement, c’est que la maladie revienne, véhiculée par ses habitants exilés ou par les étrangers.

Fort d’une nette amélioration de la situation sanitaire locale, les restrictions qui pesaient sur la capitale du Hubei ont commencé à être levées : la gare locale a recommencé samedi à accueillir des trains venant d’ailleurs et la circulation a repris sur les autoroutes.

Et c’est une marée d’habitants qui se sont précipités pour rentrer, après avoir été éloignés de leur ville depuis au moins dix semaines.

Beaucoup ont débarqué des trains en portant deux masques faciaux, des gants en latex et des combinaisons de protection.

Pour la ville, le risque d’un retour de la maladie est réel, et ses autorités ne veulent prendre aucun risque.

Avant de quitter la gare, chaque voyageur est tenu de donner des informations personnelles et de détailler les endroits où il s’est rendu auparavant, avant que sa température ne soit prise.

Il doit aussi présenter sur son téléphone un code QR qui fait office de laissez-passer et qui atteste qu’il est «sain».

Sans cela, le voyageur doit subir un test de dépistage, a déclaré à l’AFP un responsable dans le quartier Jiangan de Wuhan.

Ceux qui disent s’être rendus récemment à l’étranger — ou en sont soupçonnés — sont envoyés dans une zone de triage distincte, où des fonctionnaires en combinaison intégrale vérifient leur dossier.

«Au départ, nous avions davantage peur et nous pensions peut-être qu’on était plus en sécurité à l’étranger», explique Han Li, qui est affecté à la gestion du flot de personnes rentrant à Wuhan.

«Mais maintenant, on a plus cette impression. Il se peut même qu’on soit plus en sécurité en Chine.»

Un centre de dépistage a été installé dans un hôtel aujourd’hui fermé qui servait à enfermer les cas présumés de Covid-19.

Des journalistes de l’AFP récemment arrivés ont été informés qu’ils devaient aussi subir un test impliquant un prélèvement dans la gorge.

Les employés de plusieurs hôtels accueillant normalement des visiteurs étrangers ont expliqué à l’AFP qu’à cause de la pandémie, aucun étranger n’était admis dans ces établissements.

Un hôtel a même soutenu à des étrangers qu’ils devaient avoir une preuve du fait qu’ils ont observé une quarantaine de deux semaines, et ce même s’ils n’ont pas quitté la Chine depuis le début de l’épidémie en janvier.

«Les contrôles sont plus étroits, désormais», a expliqué un réceptionniste à l’AFP.

Les mesures prises à Wuhan sont similaires à celles imposées ailleurs en Chine par des gouvernements locaux. De nombreuses provinces demandent aux personnes arrivant à l’étranger d’observer une quarantaine à domicile ou dans des centres dédiés.

La réouverture n’est cependant que partielle. Les habitants devront encore patienter jusqu’au 8 avril pour pouvoir quitter Wuhan, date à laquelle rouvriront également les aéroports de la ville.