Il s’agissait pour plusieurs membres de leur dernière rencontre du conseil d’administration du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean. De nouveaux membres entreront en poste à compter du 1er octobre.

Moins de médecins à cause de Montréal

Après avoir accueilli 18 nouveaux médecins de famille depuis le 1er décembre 2017, le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’aura droit qu’à 14 omnipraticiens l’an prochain, car le ministère de la Santé a donné la priorité à la région de Montréal en raison de sa pénurie d’effectifs.

C’est ce qu’a révélé au Quotidien la directrice des services professionnels (DSP), Marlène Landry, en marge d’une rencontre du conseil d’administration du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui s’est tenue au Centre d’hébergement de Bagotville, mercredi en fin de journée.

« Ce sont les médecins qui ont eu leur autorisation de pratique à partir du 1er décembre 2017 à aller jusqu’au 1er décembre 2018. Dix-huit, c’est une bonne année, car cette année, on va en avoir 14 uniquement. C’est le ministère qui décide de la répartition. En médecine générale, ça se fait chaque année. Le ministère regarde le nombre de finissants, puis il les répartit dans les différentes régions selon les besoins qu’il voit. C’est le chiffre qui est donné et on ne peut pas en recruter plus que ce que le ministère nous donne. C’est clair que ça pourrait être plus, car il y a des patients qui n’ont pas de médecin de famille. Il y a des secteurs où on manque de médecins de famille en CHSLD, mais le ministère l’évalue en fonction des besoins de toute la province. Il y a un certain nombre d’unités de médecins et eux, ils essaient d’en faire une répartition équitable. Cette année, beaucoup de médecins ont été assignés dans la région de Montréal, car il y avait une plus grande pénurie selon le ministère », a expliqué celle qui, en plus de sa tâche de DSP, oeuvre à l’urgence de l’hôpital de Chicoutimi.

Elle reconnaît que le chiffre de 14 est plutôt bas, considérant les besoins. « Ce n’est pas beaucoup, mais justement, ils considéraient que Montréal était une région en grande pénurie de médecins. Donc, ils ont décidé d’en donner plus dans la région de Montréal », a-t-elle réitéré.

Dans la région, on dénombrait au 31 décembre dernier 369 médecins de famille. Selon Mme Landry, le recrutement de 2018 a permis d’augmenter le total, sans toutefois pouvoir le chiffrer. « On n’en a pas 18 qui sont partis, donc on a un gain qui est net », a-t-elle estimé.

Une bonne performance
Il faut cependant rappeler que selon des chiffres de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, publiés en octobre dernier, la région s’en tire assez bien par rapport au reste de la province. Ainsi, à cette date, neuf personnes sur 10 avaient un médecin de famille au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La région se classait d’ailleurs en deuxième position dans le palmarès de l’accès aux médecins de famille, tout juste après le Bas-Saint-Laurent. Ces données indiquaient que 91 % des résidants du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont un médecin de famille, alors que le record revient au Bas-Saint-Laurent, avec 92 %. La région des Laurentides affiche le taux le plus bas avec 63 %.

Universitaire
Un autre point positif est la dénomination universitaire du CIUSSS qui aide au recrutement. « Depuis qu’on est une région universitaire, c’est beaucoup plus facile de combler les postes. Il y a des endroits où c’est encore un peu plus difficile, comme la tête du Lac, au niveau de Dolbeau-Mistassini. Maintenant, il y a des résidents qui viennent faire leur formation et ils connaissent bien la région et ils font des stages dans les différents hôpitaux de la région », a souligné Mme Landry. Elle a aussi mentionné le cas d’étudiants originaires de la région qui, auparavant, devaient s’expatrier pour leur formation et qui, souvent, ne revenaient pas travailler dans leur région natale.

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EN BREF

• Le manque d’effectifs en oncologie persiste. «Il y a trois postes vides dans la région. (...) Mais on arrive à donner les traitements», a indiqué la directrice des services professionnels, Marlène Landry...

• Depuis le dépôt au conseil d’administration du plan triennal d’investissements le 21 février, le directeur de la logistique et des services techniques, Michel Maltais, a déposé pour près de 2M$ de dollars en achats jugés urgents d’équipement médical. Il a expliqué au CA que tout ne pouvait toujours être prévu d’avance et que des équipements doivent souvent être remplacés en urgence. Il y a notamment eu le remplacement d’une salle de radioscopie/radiographie à l’hôpital de Roberval qui a coûté 650 000$...

• Les séances du CA se font de façon successive dans des villes différentes. Chaque fois, du temps est réservé pour écouter la fondation de l’hôpital local. Mercredi, la Fondation de l’hôpital de La Baie a fait une présentation où il a été révélé que depuis 30 ans, un total de près de 2,5M$ a été récolté. Le récent tournoi de golf a même permis de dégager un profit de 100 000$...

• Du 11 décembre au 31 mars, 12 demandes d’aide à mourir ont été formulées. Neuf d’entre elles ont été administrées. Pour les trois autres, deux personnes sont décédées dans le délai minimum de 10 jours tandis que la troisième personne a tout simplement changé d’idée...