Moduler la collecte des bacs bruns

Le Conseil régional de l’environnement et du développement durable (CREDD) croit avoir trouvé la solution pour plaire autant aux citoyens qu’à Saguenay dans l’épineux dossier de la collecte des matières organiques.

L’organisation, qui prône le bac brun, propose un calendrier de ramassage différent de celui analysé par Saguenay, mais conserve le même nombre de sorties de camions pour ainsi éviter de gonfler la facture. 

Les poubelles seraient ramassées aux deux semaines toute l’année, totalisant 26 passages de camion. Ce qui représente 13 collectes de plus que le scénario proposé par Saguenay. 

C’est sur la fréquence du bac brun que le CREDD fait des économies. L’organisation vouée à l’environnement recommande 26 passages, plutôt que 39. Les déchets organiques seraient ramassés chaque semaine pendant l’été, mais au mois pendant l’hiver. 

« Dans le scénario de la Ville, la collecte des poubelles tombait au mois. On sait que c’est ce qui inquiétait le plus les citoyens. C’est donc sur cet aspect qu’on a travaillé », explique Monique Laberge, présidente du CREED.

« La modulation de la collecte du bac brun permet de satisfaire tout le monde. Et avec le froid et la grandeur du contenant, on peut réduire la collecte des matières organiques en période hivernale. C’est ce que d’autres municipalités du Québec ont fait. On n’invente rien. Il s’agit d’un calendrier efficace qui a fait ses preuves ailleurs », pointe pour sa part Tommy Tremblay, directeur général du CREDD.

Tommy Tremblay et Monique Laberge du CREED prônent le bac brun, mais suggèrent un calendrier de collecte différent que celui avancé par Saguenay et qui a suscité de vives réactions.

L’organisation a déposé un mémoire à Saguenay, en marge des consultations portant sur la future collecte des matières organiques qui devrait entrer en vigueur au cours de l’année 2019. La Ville, rappelons-le, propose deux scénarios, soit le bac brun avec tri à la source ou le sac dans le bac vert avec tri à la source.

Le CREDD penche, sans surprise, en faveur du bac brun. Une solution qui permet d’éviter l’utilisation de 10 millions de sacs par année.

Les autres technologies ont aussi été regardées par le CREDD. Mais le risque est trop élevé pour les contribuables, estime Tommy Tremblay.

« Le bac brun nous paraît, et de loin, la meilleure des solutions. Les risques liés aux autres technologies sont bien supérieurs à l’achat de bacs qui est déjà une solution éprouvée. Il y a aussi une question de coût qu’il faut prendre en considération », ajoute M. Tremblay, en parlant des coûts d’entretien et de réparation des différentes technologies.

Lorsque la Ville prendra sa décision, le travail ne sera pas terminé. Une campagne colossale de sensibilisation et d’éducation devra être mise en place. 

« De la sensibilisation, il doit y en avoir tout le temps. On le remarque avec le recyclage. Lorsqu’on arrête les campagnes, les résultats baissent », insiste Mme Laberge.

En conservant une collecte des poubelles aux deux semaines, les gens seront-ils tentés de mettre les matières organiques dans le bac vert ?

« On espère qu’avec la sensibilisation, tous les gens vont bien trier leurs matières. Je pense qu’on peut y arriver. Il faut rester idéaliste en environnement », laisse tomber la présidente, visiblement optimiste face à l’engagement citoyen.

La Ville prendra une décision au cours des prochains mois sur son mode de collecte des matières organiques. Québec oblige toutes les municipalités à détourner ces matières des sites d’enfouissement avant 2022.