L’incendie qui s’est déroulé jeudi après-midi dans le secteur des maisons mobiles à Roberval a complètement brûlé un total de cinq maisons en plus d’en endommager une dizaine d’autres.
L’incendie qui s’est déroulé jeudi après-midi dans le secteur des maisons mobiles à Roberval a complètement brûlé un total de cinq maisons en plus d’en endommager une dizaine d’autres.

Mobilisation pour les sinistrés à Roberval

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
La Ville de Roberval examine l’hypothèse qu’un feu de rebuts à l’extérieur ait déclenché le violent incendie qui s’est déroulé jeudi après-midi dans le secteur des maisons mobiles et qui a complètement brûlé un total de cinq maisons en plus d’en endommager une dizaine d’autres.

« Nos pensées vont avec les familles qui sont touchées par la situation et on leur souhaite bon courage. Hier a été une triste journée pour Roberval, car ce sont cinq pertes totales, donc cinq familles à la rue et une quinzaine d’immeubles de touchés. On a aussi 19 résidants qui sont sans approvisionnement électrique et le retour devrait être prévu pour ce soir (vendredi) », a fait savoir le maire Sabin Côté lors d’un point de presse tenu vendredi matin.

Pour venir en aide aux sinistrés, la Ville a rapidement mis en place un plan d’action afin de coordonner les différentes mesures d’urgence. La Croix-Rouge, le ministère de la Sécurité publique et l’équipe d’enquête ont tous été interpellés.

« On invite les proches ou les sinistrés directs à prendre contact avec nous afin que l’on comprenne bien quelle structure familiale vous avez et quels besoins vous pouvez présenter. Soit en message privé via notre page Facebook ou au 418-679-6105. »

La Ville a aussi mis de l’avant une cellule d’entraide avec la Société Saint-Vincent-de-Paul. « Pour les besoins de nourriture et l’obtention de bons, la Société Saint-Vincent-de-Paul coordonne tous les besoins qu’il pourrait y avoir au niveau vestimentaire ou mobilier. Pour le déploiement de l’entraide, 418-275-2826, il y a quelqu’un là pour vous aider. »

Constatant une certaine vague de solidarité, une activité de collecte de dons sera aussi organisée. Le Centre sportif Benoît-Levesque pourrait alors être utilisé.

« Des événements comme ça créent un élan de solidarité au sein de la population. (…) Donc on est en train de coordonner une activité de récupération des dons, soit monétaire ou matériel. »

De plus, le maire a invité les personnes touchées par ce violent incendie à contacter la ligne Info-Social 811 s’ils ont besoin d’un support psychologique.

Bilan global

Parlant de « véritable tragédie », le directeur du Service de sécurité incendie de Roberval, Guy Mailhiot, a dressé le bilan global des ravages causés par l’incendie.

« On a été appelés hier par la centrale 911 à 15 h 37 pour un feu de bâtiment au 524 avenue Louis Jean. Il y avait déjà deux bâtiments en embrasement généralisé à notre arrivée. (…) Pour notre temps de réponse, le premier officier est arrivé sur les lieux en sept minutes environ. On était 15 pompiers et deux minutes plus tard, on a sonné une alarme générale. »

Au total, il aura fallu l’implication d’une quarantaine de pompiers provenant des casernes de Roberval, Chambord, Sainte-Hedwidge et Mashteuiatsh pour venir à bout de l’important brasier.

« Avec l’intensité du vent, on a eu des pointes d’environ 40 km/h d’ouest en est. On avait une journée extrêmement sèche, venteuse et des bâtiments extrêmement inflammables. On parle d’anciennes roulottes dont la proximité était de moins de 25 pieds. La propagation de l’incendie est très facile dans ces cas-là et la chaleur radiante se propage rapidement. »

Les forts vents ont fait en sorte que les équipes d’intervention ont dû se diviser en deux afin d’intervenir sur la rue Ouellet, car des maisons brûlaient là aussi.

« On a deux bâtiments sur cette rue-là qui sont des pertes totales. On a des dégâts mineurs sur d’autres bâtiments. On a cinq pertes totales et 11 bâtiments qui ont été touchés par la chaleur. La Ville de Roberval n’a jamais eu un incendie de cette ampleur en superficie terrain et en nombre de personnes, si on exclut le feu de l’hôpital et des Ursulines. Dans un secteur résidentiel, c’était la première fois que l’on avait un aussi grand secteur à couvrir. »

Le directeur du Service a aussi déploré que beaucoup trop de curieux s’étaient rendus sur place. « Ça ne nous aide pas. Il faudrait faire attention à ça à l’avenir. Si la population veut nous aider, laissez-nous de la place pour circuler. »

Considérant la violence du brasier, il se disait tout de même satisfait de la gestion des dommages, surtout que son équipe a dû intervenir au même moment pour un autre incendie dans le Rang 3. « On considère les pertes minimes par rapport à l’incendie majeur d’hier. On n’a pas de perte de vie et deux pompiers incommodés par des coups de chaleur. »

En revanche, il évalue la facture finale pour l’ensemble des dommages à plus d’un million de dollars. « On avait deux bungalows d’au moins 125 000 $ chaque au niveau foncier et les roulottes valent peut-être entre 50 000 $ et 60 000 $. (…) On a une ligne électrique avec Hydro-Québec qui est complètement détruite, et les autres bâtiments touchés par la chaleur radiante. Je suis certain que l’on va sauter le million. »

Rebuts et feux extérieurs

Au moment d’écrire ces lignes, les causes exactes ne sont pas encore connues pour l’instant. Comme les versions se contredisent, la Sûreté du Québec a été dépêchée sur les lieux afin d’enquêter, mais aucune accusation criminelle n’a encore été portée.

« On avait commencé l’enquête avec nos équipes, on a pris des déclarations et on avait des informations contradictoires ; donc, on a passé à une étape supérieure avec la Sûreté du Québec. La SQ va finaliser l’enquête », a détaillé Guy Mailhiot.

Il a profité de l’occasion pour rappeler certaines consignes sur les feux extérieurs. « Il faut les respecter et travailler avec des foyers munis de pare-étincelles. (…) Hier (jeudi), on a eu des étincelles qui sont allées trois et quatre rues plus loin. »

Sans pouvoir confirmer les causes précises de l’incendie, le maire de Roberval a partagé un enjeu sur lequel son équipe réfléchira prochainement.

« J’ai une préoccupation par rapport à la récupération des rebuts de toutes sortes. Quand les personnes ont des ressources physiques, financières ou matérielles limitées, il y a parfois une alternative de brûler les rebuts. J’ai travaillé fort pour qu’on puisse ouvrir les centres de tri le plus rapidement possible en situation de COVID, donc je vais demander à mon conseil des alternatives de support aux citoyens qui auraient de la difficulté avec la gestion de leurs matières résiduelles pour éviter que des accidents comme ça se produisent ultérieurement », s’est exprimé le maire Côté.

« Le constat que l’on peut présenter ce matin, c’est un feu extérieur, dont l’origine ne serait pas à l’intérieur d’une résidence, mais plutôt entre deux résidences. (…) On demande à la population de respecter les consignes à l’égard de la gestion des feux à ciel ouvert », a-t-il ajouté.