Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a pu discuter avec la présidente de la Société de la vallée de l’aluminium, Marlène Deveau, sous l’oeil attentif du professeur Marc-Urbain Proulx.

Mobilisation pour des investissements et des emplois

Un consensus régional se dessine pour mobiliser les acteurs socio-économiques afin qu’ils réclament des réponses quant à l’avenir de la production et de la transformation de l’aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et, à terme, obtenir des investissements créateurs d’emplois dans la lignée des engagements pris dans le passé par Alcan et Rio Tinto.

Vendredi, une vingtaine d’intervenants issus des milieux socio-économiques et politiques se sont réunis au Salon André-Desgagné, de l’UQAC, à l’invitation du professeur Marc-Urbain Proulx, avec pour objectif de définir une position commune régionale sur les enjeux touchant cette industrie.

En entrevue, Marc-Urbain Proulx, qui se définit comme l’animateur de la rencontre, explique qu’elle constitue le suivi du Forum Aluminium tenu en 2016. « L’objectif de la rencontre est d’en arriver à définir une position commune de la région compte tenu de la situation particulière que l’on vit présentement. Je crois que la région doit faire entendre sa voix et faire savoir qu’elle existe ».

Il rappelle qu’en 2006, une entente de continuité opérationnelle a été signée entre Québec et Alcan devenue propriété de Rio Tinto et que depuis, il ne s’est pas passé grand-chose en terme d’investissement et de création d’emplois.

La promotion de l’aluminium vert produit à partir des ressources hydroélectriques et la nécessité de renforcer les liens entre les acteurs régionaux ont été abordées.

Au terme de l’exercice qui a duré deux heures, M. Proulx s’est montré satisfait qu’il y ait une volonté claire et collective des intervenants du Saguenay et du Lac-Saint-Jean, tous secteurs économiques confondus, d’aller de l’avant.

Le groupe a procédé à la formation d’un comité de suivi qui verra à bonifier les appuis déjà reçus dans un cadre apolitique et pluraliste, explique M. Proulx. Ce dernier ajoute que tout n’est pas encore ficelé, mais il s’est dit satisfait étant donné qu’il est difficile de réunir les acteurs oeuvrant dans le secteur de l’aluminium. 

ALAIN GAGNON SE RÉJOUIT

Le président du Syndicat national des Employés de l’Aluminium d’Arvida (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon, se montre satisfait que la région avance vers une position commune au sujet de l’avenir de l’industrie de l’aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

À la sortie de la rencontre initiale, M. Proulx a déclaré qu’un consensus a été établi et qu’il est important que la région aille au fond des choses et donne la chance au coureur. « Enfin le monde régional se décide à bouger en faveur d’investissements importants ». Il rappelle que le SNEAA qu’il dirige depuis dix ans ne cesse de prendre position et de s’aligner pour favoriser la venue d’investissements majeurs à Arvida avec les phases 2 et 3 d’AP-60.

Présent lui aussi à la rencontre à titre de représentant de Saguenay et de la mairesse, Jean-Marc Crevier croit qu’il est important que la région sache sur quelle glace elle doit jouer la partie. Il rappelle qu’en 2006, au moment de l’annonce de l’entente de continuité opérationnelle, des négociations avaient été entreprises entre Hydro-Québec et Alcan sans même que la députée et ministre Françoise Gauthier n’en ait été informée. «L’entente de 2006 comporte huit annexes secrètes et on ne sait pas ce qu’il y a dedans. Est-ce qu’elles garantissent de la production supplémentaire, on ne le sait pas. On aimerait que Québec rassure la population ».

Se faisant le porte-parole de la mairesse Josée Néron, M. Crevier ajoute que Saguenay aimerait rétablir le dialogue avec la haute direction aluminium de Rio Tinto afin de pouvoir discuter de dossiers bien précis, un exercice qui était absent en vingt ans d’administration Tremblay.

Présente avec ses collègues, la présidente du caucus péquiste, Mireille Jean, a mentionné que les propos tenus lors de la réunion ont été très intéressants et tenus dans un esprit collaboratif.

Déplorant que le gouvernement libéral ait sabordé les Conférences régionales des élus (CRÉ), Mme Jean a déclaré que les intervenants régionaux expriment le besoin de travailler autour d’une table de concertation pour discuter des enjeux qui concernent l’avenir du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un avis partagé par ses collègues Alexandre Cloutier et Sylvain Gaudreault. Le caucus péquiste entend agir pour porter le message du Saguenay-Lac-Saint-Jean auprès du gouvernement du Québec à l’effet que la région est prête à recevoir les investissements annoncés il y a douze ans.

Alain Gagnon

SIX IDÉES DU GROUPE

1. Réaliser les projets déjà engagés :

  • Agrandissement de l’aluminerie d’Alma tel que prévu lors de la construction de l’usine ;

  • Phases 2, 3 et plus et implantation d’une aluminerie AP-60 à grand gabarit, sur le site historique Arvida ;

  • Optimisation la production de la raffinerie d’alumine Vaudreuil (agrandissement ou autre usine) pour produire l’alumine manquante à la production régionale d’aluminium.

2. Établir un laminoir régional pour transformer une partie de l’aluminium fondu à proximité.

3. Investir en recherche et développement dans des solutions à long terme pour récupérer et valoriser tous les résidus industriels afin de répondre aux critères du développement durable.

4. Exiger la mise en oeuvre d’une stratégie de maximisation des achats régionaux afin d’alimenter les fournisseurs, équipementiers, services spécialisés, etc.

5. Valoriser une stratégie qui met en valeur la production et la mise en marché d’un aluminium vert.

6. Donner un accès régional à l’aluminium produit en région.