Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ, Francine Lessard, directrice générale CQSEPE, et Sylvain Gaudreault, député de Jonquière.

Mobilisation contre les maternelles 4 ans

Le mouvement provincial de protestation contre la création de nouvelles classes de maternelles 4 ans s’est arrêté au Saguenay–Lac-Saint-Jean mercredi, alors que des intervenants en petite enfance ont dénoncé une fois de plus cette mesure phare du gouvernement caquiste de François Legault.

Des centaines d’acteurs du réseau de services éducatifs affiliés au Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance (CQSEPE) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) ont sollicité les parents, mercredi, afin qu’ils signent une pétition parrainée par le Parti québécois qui demande au gouvernement de cesser le déploiement des maternelles 4 ans pour tous. La pétition lancée en décembre dernier récoltait plus de 30 200 signatures, mercredi.

Des actions ont été menées à Alma, Roberval, Dolbeau-Mistassini, Saint-Félicien et Saguenay. Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, était d’ailleurs dans un service de garde en milieu familial de sa circonscription, mercredi matin, pour appuyer la démarche.

« Ce que j’entends, ce sont des parents qui cherchent des places en CPE. Ça se sent sur le terrain. On a des parents profondément inquiets parce qu’ils n’ont pas de place pour leurs poupons et se demandent ce qu’ils vont faire. De l’autre côté, on a un gouvernement qui n’entend pas ce message et qui veut implanter de façon dogmatique et à coût très élevé partout au Québec des classes de maternelles 4 ans », affirme Sylvain Gaudreault.

« On ne comprend pas pourquoi le [premier] ministre veut tant développer des maternelles 4 ans et qui lui a demandé ça. À ces questions-là, on n’a jamais de réponses », soutient pour sa part Francine Lessard, directrice générale de la CQSEPE.

Main d’œuvre

La création de ces nouvelles classes soulève également un enjeu de main-d’œuvre puisque des dizaines de nouveaux enseignants/enseignantes devront être embauchés, ce qui fait craindre une délocalisation des emplois vers le système scolaire au détriment des CPE.

« La crainte, on l’a, parce qu’on est un milieu qui a été échaudé. Le milieu de la petite enfance n’a pas été valorisé par les formations politiques dans le passé. En ce moment non plus, parce que pour justifier ces maternelles 4 ans, ils dénigrent nos intervenantes. En même temps, on entend qu’ils viendraient chercher nos éducatrices... Une semaine on n’est pas compétente, et là on le serait ? Elle est là la difficulté », indique quant à elle la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon.