Mise à jour économique: un peu plus de sous pour les familles et les aînés [VIDÉO]

La bonne tenue des finances publiques de l’État québécois permet au gouvernement Legault de commencer à donner suite à ses premiers engagements électoraux en matière de finances publiques et à «remettre de l’argent dans le portefeuille» des familles et des aînés — pour reprendre la formule qui tient à coeur au premier ministre.

Quelque 423 000 familles bénéficieront d’une allocation familiale plus généreuse, grâce à une hausse de 500$ du montant maximal accordé aux 2e et 3e enfants dès l’an prochain. Pour une famille ayant deux enfants et se qualifiant au montant maximum, le soutien gouvernemental passera de 3707$ à 4207$ par année. Et de 4942$ à 5942$ pour une famille de trois enfants, soit 1000$ de plus.

Attention : les couples ayant deux enfants profiteront du gain maximal de 500$ jusqu’à un revenu familial de 108 344$; ceux ayant trois enfants profiteront du gain de 1000$ jusqu’à un revenu familial de 123 194$.

Dans le cadre de la mise à jour économique automnale, le ministre des Finances, Éric Girard, a aussi annoncé, lundi, le «gel» en 2019 de la «contribution additionnelle pour la garde d’enfants» au niveau de 2018 pour quelque 140 000 familles. «C’est symbolique», a admis le ministre, puisque la «contribution de base», elle, sera légèrement augmentée comme prévu de 8,05$ à 8,25$ par jour.

Le gel de la «contribution additionnelle» est présenté comme «un premier pas» vers le retour au tarif unique des services de garde subventionnés. Le tarif unique sera rétabli d’ici 2022.

Le gouvernement Legault a décidé d’instaurer un nouveau crédit d’impôt pour le soutien aux aînés dont les revenus sont faibles. Le ministère des Finances estime qu’il permettra à plus de 570 000 aînés de 70 ans ou plus de bénéficier, dès cette année, d’une aide annuelle pouvant atteindre 200$ pour les personnes seules et 400$ pour les couples, soit 16$ par mois par personne.

À ceux qui trouveraient que c’est bien peu, le ministre des Finances répond qu’on a déjà vu dans des budgets de ses prédécesseurs des mesures ayant un impact inférieur à 100$ par année.

«Aujourd’hui, nous commençons à livrer la marchandise pour les familles et pour les aînés, a fait valoir François Legault. Mon gouvernement ne va pas regarder de haut le portefeuille des Québécois», a ajouté le premier ministre. Pour bien des citoyens, même une petite réduction de taxes et d’impôt est la bienvenue, a-t-il dit.

M. Legault a tenu à indiquer que «c’est un début», que «le vrai budget, le gros budget» viendra au printemps prochain avec, par exemple, la baisse des taxes scolaires. «Il faut y aller selon les marges de manœuvre qu’on a», a-t-il justifié.

Des sympathisants et des militants caquistes avaient pris place derrière M. Legault lorsqu’il a, à la suite du ministre Girard, présenté la mise à jour économique.

Investissements des entreprises privées

Comme d’autres gouvernements québécois avant lui, celui de M. Legault constate la faiblesse des investissements des entreprises privées par rapport à l’Ontario et à la moyenne canadienne. Des mesures totalisant 1,6 milliard$ sur cinq ans sont annoncées pour favoriser l’accélération de l’investissement des entreprises «afin de les aider à accroître leur productivité». Ces mesures sont «en cohérence» avec celles lancées par le gouvernement canadien dans sa propre mise à jour économique, il y a deux semaines.

Parmi elles, notons l’augmentation à 100% du taux d’amortissement à l’égard du matériel informatique, du matériel de fabrication et de transformation, et de l’équipement de production d’énergie propre.

Avec la mise en place d’une «déduction additionnelle pour amortissement permanente de 30%», le gouvernement Legault dit vouloir faire du Québec «LA place où investir au pays». C’est ce qu’on peut lire dans les documents du ministère des Finances remis aux médias.

Un ajustement

En matière de lutte contre les changements climatiques, le ministre Éric Girard a annoncé 21 millions$ de plus pour financer les programmes de rabais à l’achat et à la location de véhicules électriques neufs ou d’occasion jusqu’au 31 mars 2019.

Dans cette foulée, il a assuré qu’il «se penchera sur les moyens à prendre pour optimiser cette mesure».

Des remboursements au nom des services publics

Au printemps dernier, le gouvernement de Philippe Couillard avait effectué un paiement de 2 milliards$ sur la dette du Québec. Au printemps prochain, celui de François Legault puisera 8 milliards$ dans le Fonds des générations pour rembourser des emprunts sur les marchés financiers.

«Cette accélération permettra d’économiser 332 millions$ de plus en intérêts sur cinq ans, affirme-t-on. Au total, sur cette même période, les remboursements de la dette permettront de dégager une somme de 1,4 milliard$, qui pourra être consacrée au financement des services publics.»

Le gouvernement Legault assure qu’il ramènera le poids de la dette brute à 45% du PIB dès 2020-2021, et non pas en 2025-2026, comme le prévoyait le précédent gouvernement.

Relative bonne santé

La relative bonne tenue des finances publiques québécoises s’énonce en quelques données : les revenus de l’État devraient atteindre plus de 112 milliards$ d’ici la fin de l’année financière, le 31 mars prochain. Il s’agit d’une hausse importante de 3,8% par rapport à la situation enregistrée l’an dernier.

Cette année, le gouvernement versera 2,9 milliards$ au Fonds des générations. Il est prévu que le tableau final affiche un surplus budgétaire de 1,7 milliard$.

«Le contexte économique a joué en notre faveur», a reconnu le ministre Girard.