Mireille Jean se rendra à Stuttgart, en Allemagne, pour les deux prochaines années afin de compléter en MBA en développement de ville intelligente.

Mireille Jean, future experte en ville intelligente

Jusqu’à la veille de sa défaite crève-coeur aux dernières élections provinciales, l’ex-députée péquiste de Chicoutimi Mireille Jean n’avait pas de plan B. C’était la politique ou rien. Au lendemain de son éjection de la sphère publique, la femme d’affaires s’est plutôt retrouvée devant « une page blanche », et après mûre réflexion, c’est en s’affairant à devenir une experte en matière de ville intelligente qu’elle croit avoir trouvé le moyen d’influencer l’avenir de ses concitoyens de Saguenay.

Près d’un an après la fin de son mandat en politique, Mireille Jean s’envolera au courant des prochaines semaines vers l’Allemagne pour y passer deux ans sur les bancs de l’Université de Stuttgart, afin de compléter un MBA en développement de ville intelligente (Smart City Solutions Master). Seule Canadienne inscrite au programme, elle deviendra l’une des premières expertes québécoises en la matière au terme de son cursus.

Les étudiants inscrits au MBA en question feront partie de la deuxième cohorte du programme donné à Stuttgart. « J’ai fait un examen de conscience. En octobre dernier, aux élections, je pensais gagner. La population en a décidé autrement, et j’accepte le verdict. N’empêche que ça m’a donné une opportunité de me demander ce que je voulais faire. En cherchant ce qui aurait un impact positif dans la vie des gens, j’ai toujours voulu le faire par le développement urbain. Je crois beaucoup que les technologies vont faire une différence, et le domaine de la ville intelligente s’est imposé de soi. C’est un domaine en émergence. Il y a peu de personnes qui le font et je veux être bonne là-dedans. Je me suis dit que pour faire un bon job dans le domaine, je me devais d’aller chercher la meilleure expertise au monde, et c’est à Stuttgart que je l’ai trouvée », raconte Mme Jean lors d’un entretien avec Le Progrès, jeudi.

Ramener son expertise à Saguenay

L’objectif de la cofondatrice de l’entreprise Trioniq est de ramener une expérience de pointe pour éventuellement l’appliquer au développement des villes québécoises et surtout, de Saguenay.

D’ailleurs, elle a déjà eu des contacts avec l’administration de Josée Néron pour commencer à collaborer avec la ville au cours des 24 prochains mois en appliquant, par exemple, ses travaux pratiques au cas d’une ville comme Saguenay.

« Je fais des démarches pour qu’on puisse, au cours des deux prochaines années, faire avancer le concept de ville intelligente ici, à Saguenay. J’ai toujours voulu aider la société. Quand j’étais architecte, c’est ce que je voulais faire. Quand j’étais avec mon entreprise (Trioniq), c’était de créer des emplois en haute technologie. J’ai fait la même chose en partageant mes connaissances en propriété intellectuelle et j’ai fait la même chose en tant que députée. Maintenant, j’ai le goût de continuer à le faire et je trouve qu’aujourd’hui, c’est dans le domaine de la ville intelligente que mon impact peut être le plus pertinent et le plus utile pour la population », raconte celle qui aura quelques semaines de cours intensifs d’allemand avant de commencer les cours – en anglais – le 20 septembre prochain.

+ PRÉVOIR LE SAGUENAY DE DEMAIN

Le développement du réseau de transport en commun de Saguenay ou encore le projet de développement de la zone ferroviaire sont deux exemples concrets où l’expertise en ville intelligente qu’ira acquérir Mireille Jean pourrait être appliquée. 

«Pendant ces deux années-là, je vais étudier, mais je vais aussi faire avancer le dossier municipal de notre ville, indique Mireille Jean. Lorsqu’on parle de mobilité, de déplacements des personnes, c’est au coeur des urgences à faire ici. On parle d’améliorer la qualité de vie, de limiter les pertes de temps en déplacement, d’environnement, d’infrastructures et des espaces utilisés pour la voiture. Je vais travailler à voir comment on peut faire face aux défis urbains des années 2020.»

L’exemple du projet de la zone ferroviaire est celui qui démontre le mieux – aux yeux de Mme Jean – l’impact que peut avoir un expert en ville intelligente.

«On a quatre projets présentés, mais lequel est le plus porteur? Est-ce que ce sont les conseillers qui doivent choisir? Pourquoi ils choisissent un projet plutôt qu’un autre? L’approche de ville intelligente vient répondre à ces questions-là. Ce que je veux, c’est aider [les décideurs] à prendre les décisions les plus pertinentes et les plus rentables possible. Pas seulement au niveau économique. On parle de rentabilité pour l’amélioration de la qualité de vie des citoyens, de l’amélioration des services qu’ils reçoivent et de l’amélioration de la santé financière d’une ville», assure la femme d’affaires.