Minicentrale de Val-Jalbert: 7 M $ pour les communautés

Depuis sa mise en service en 2015, la minicentrale de Val-Jalbert a généré des revenus nets de plus de 7 millions de dollars pour les communautés du nord du Lac-Saint-Jean, après le remboursement de la dette générée par l’investissement initial de 53 millions $. De cette somme, près de la moitié a déjà été réinjectée dans des projets de développement à Mashteuiatsh, dans les MRC du Domaine-du-Roy et Maria-Chapdelaine, ainsi que dans la ville de Chambord.

« Ces revenus sont essentiels pour nous permettre de réaliser des projets structurants dans la MRC », martèle d’emblée Luc Simard, le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, en citant en exemple le projet de sentier de motoneige La Passerelle du 49e , le pont ferroviaire et plusieurs sites du parc des Grandes-Rivières.

« À la MRC, on n’a pas de pouvoir de taxation. Sans ces revenus, on aurait les deux mains attachées parce qu’on ne pourrait pas faire de développement. »

La MRC Maria-Chapdelaine a notamment investi dans plusieurs projets touristiques au Lac-à-Jim, à Normandin et à Vauvert, ainsi que dans le centre d’escalade de Saint-Stanislas, le centre de plein air Do-mi-ski, l’Association des sportifs d’Albanel et la marina de Dolbeau-Mistassini.

inauguration mini centrale val jalbert

Certaines sommes ont aussi permis d’améliorer la Véloroute des Bleuets et la salle de spectacle de l’île du Repos.

Grâce aux revenus tirés de la minicentrale de Val-Jalbert – 1,9 M $ depuis 2015 –, mais aussi des revenus d’atténuation d’Hydro-Québec provenant de la centrale Péribonka IV, et plus récemment des revenus de la minicentrale de la 11e Chute, la MRC Maria-Chapdelaine a constitué un Fonds de développement du territoire et des ressources, investissant 5,4 M $ dans 77 projets, lesquels ont généré des investissements totaux de 33,7 M $ depuis 2005.

val jalbert

De manière plus précise, 32 % des revenus sont investis dans le développement municipal (1,2 M $), 48 % pour les projets structurants (1,8 M $) et 20 % pour les prêts aux entreprises privées et collectives (746 820 $). En plus des sommes déjà octroyées, un million de dollars ont été mis en réserve pour le complexe nautique de Dolbeau-Mistassini, et 800 000 $ sont aussi prévus pour la relocalisation du musée Louis-Hémon.

MRC du Domaine-du-Roy

À la MRC du Domaine-du-Roy, on se réjouit également de générer davantage de revenus autonomes.

« Ça nous donne des marges de manœuvre supplémentaires pour investir dans la MRC et pour distribuer les revenus dans les municipalités », soutient le préfet Lucien Boivin.

De 2015 à 2017, la minicentrale de Val-Jalbert a généré des revenus d’un million de dollars, après le remboursement de la dette, alors que 700 000 $ de revenus étaient prévus en 2018. Le bilan officiel sera connu au cours des prochains mois. Ces sommes incluent toutefois les paiements à faire pour la minicentrale de la 11e Chute ainsi que les revenus qui en sont tirés depuis sa mise en service, en décembre 2017, ce qui explique la différence de revenus avec la MRC Maria-Chapdelaine.

Jusqu’à maintenant, un peu plus de 800 000 $ ont été octroyés, pour 2018 et 2019, à parts égales entre les volets territorial et local. Dans les projets territoriaux, 140 000 $ ont été investis pour le projet de transport collectif et adapté, 137 500 $ pour le déploiement de la stratégie de main-d’œuvre et 250 000 $ dans la stratégie collective de développement touristique Domaine-du-Roy.

Dans le volet local, des sommes ont été investies dans un projet de recrutement d’immigrants en milieu rural à Roberval, dans les infrastructures pour le hockey intérieur à Saint-Prime, dans la piste cyclable reliant La Doré à Saint-Félicien, dans l’amélioration du terrain de baseball à Chambord, dans le centre Marius-Sauvageau à Chambord et dans le développement de sentiers multifonctionnels dans les secteurs de La Doré, de Saint-Félicien et de Saint-Prime.

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PLANCHE DE SALUT POUR VAL-JALBERT

Depuis la mise en service de la minicentrale, la Corporation du village historique de Val-Jalbert, une propriété de la MRC du Domaine-du-Roy, a reçu 1,6 million de dollars pour les trois premières années d’opération, et l’organisme s’attend à recevoir 250 000 $ par année à compter de 2019. « Sur la durée de vie totale du barrage, la corporation recevra près de 20 M$, a soutenu Jacques Girard, président du conseil d’administration de la corporation. Ce sont des sommes dont on a besoin pour réinvestir afin de garder notre site attractif ». D’ailleurs, la corporation compte présenter des projets d’expansion majeurs en 2019, dès que le système d’égout, qui limitait les possibilités, sera mis à niveau. 

Ce dernier souligne que le barrage au fil de l’eau a eu un effet limité sur l’environnement et le paysage, en rehaussant le niveau de l’eau d’un mètre au haut de la chute. « La catastrophe appréhendée n’est jamais arrivée », a-t-il conclu. 

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UN MODÈLE À REPRODUIRE POUR MASHTEUIATSH

Le projet de minicentrale hydroélectrique de Val-Jalbert est un modèle à reproduire, car il permet de générer des fonds autonomes, ce qui aide la communauté à se développer économiquement, soutient Charles-Édouard Verreault, le vice-chef de Mashteuiatsh. « On veut continuer à se développer en travaillant en partenariat avec les municipalités et les MRC », ajoute l’homme, qui croit que le développement des richesses naturelles favorise l’autonomie de sa communauté. 

En raison de son statut de réserve autochtone, Mashteuiatsh ne peut emprunter comme le fait le monde municipal, en émettant des obligations municipales. La Première Nation est donc contrainte d’emprunter à des taux plus élevés, dans ce cas-ci grâce à un prêt d’Investissement Québec. Résultat : des sommes supplémentaires doivent être allouées au service de la dette. 

Depuis 2015, Mashteuiatsh, qui détient 45 % des parts du projet, a donc généré des revenus de 1,3 M $ en date du 31 mars 2018, qui ont été injectés dans les Fonds autonomes de la Première Nation, dédiés à la collectivité et à son développement. Par exemple, une partie de ces sommes a servi à la mise en œuvre de la Politique d’affirmation culturelle, au programme ilnu aitun (activités traditionnelles), à l’organisation du Grand Rassemblement des Premières Nations, à un programme de bourses aux Pekuakamiulnuatsh, à la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh, à la Société de développement économique ilnu, à la construction du bâtiment de BioChar Borealis et à l’implication financière dans Destination Lac-Saint-Jean.

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CHAMBORD N'EST PAS EN RESTE

Chambord n’est pas en reste grâce à une participation de 10 % dans le projet de minicentrale, qui a généré des revenus de près de 500 000 $. Sur cette somme, 400 000 $ sont conservés pour des projets, et 92 000 $ ont été alloués à une desserte en gaz naturel dans la zone industrielle, au quai municipal, à la coopérative du club de golf, au club de plein air Ouiatchouan, à la reconstruction du parvis de l’église ainsi qu’à une aide financière pour le Championnat mondial de pétanque de Desbiens. 

« Les revenus annuels tirés de la minicentrale avoisinent les 180 000 $, remarque Luc Chiasson, maire de Chambord. Ça fait une énorme différence sur un budget de 3,4 millions $. Ça nous permet d’investir dans le développement et les infrastructures, sans aller chercher plus d’argent dans les poches des contribuables. »

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LES REVENUS EXPLOSERONT À PARTIR DE 2035

Les prêts reçus pour la construction de la minicentrale Ouiatchouan seront complètement remboursés en 2034, et à ce moment, les revenus augmenteront drastiquement, passant de 1,8 M $ en 2034 à 2,5 M $ en 2035, seulement pour la MRC du Domaine-du-Roy. À compter de 2039, la minicentrale de la 11e Chute sera également remboursée, et les revenus annuels passeront alors à 4,2 M $. 

Faits saillants

  • En 2017, la production énergétique a été beaucoup plus élevée (95 109 MWh) que les prévisions (78 094 MWh) de la centrale de Val-Jalbert, ce qui a fait gonfler les revenus
  • Coût total du projet : 53 M $
  • Puissance : 16 MW
  • Prix de vente de l’énergie à Hydro Québec :
    8,1 cents/kWh en 2015 (indexé de 2,5 % par année)
  • Répartition des investissements et des revenus du projet :
    • 45 % Mashteuiatsh
    • 22,5 % MRC Maria-Chapdelaine
    • 22,5 % MRC du Domaine-du-Roy
    • 10 % Chambord
    (+ redevances à la Corporation du village historique de Val-Jalbert)