Microproduction de cannabis médical: Saint-Félicien écoutera ses citoyens et étudiera un plan B

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Le Conseil de ville de Saint-Félicien va se plier à l’opinion de ses citoyens et annulera son règlement visant l’implantation d’un projet de microproduction de cannabis médical dans un secteur de villégiature de la ville. Le nombre de citoyens ayant réclamé la tenue d’un registre a convaincu les élus municipaux qu’un tel projet ne franchissait pas l’étape de l’acceptabilité sociale.

L’information diffusée par Planète 104,5 a été confirmée au Quotidien par le directeur général de la Ville, Dany Coudé. Celui-ci a expliqué que la Ville a voulu respecter la volonté populaire des résidants du secteur.

« La Ville a décidé d’arrêter les démarches pour faire ces modifications-là devant la réponse des citoyens dans le secteur. »

Rappelons que le projet devait voir le jour dans un secteur de villégiature, obligeant les promoteurs à faire une demande de Projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI).

« La modification réglementaire dans ce secteur-là est abandonnée par la Ville, donc dans sa forme actuelle, le projet ne pourra pas avoir lieu sur le terrain des promoteurs. S’ils veulent le déplacer ailleurs, dans une place où le zonage le permet déjà, soit un secteur qui est déjà zoné agricole, la Ville serait probablement favorable à ça. »

Il avance aussi que la Ville pourrait même accompagner les promoteurs du projet dans leurs démarches.

Geneviève Gagnon, qui travaille sur un projet de microproduction de cannabis en compagnie de son père Michel, regarde actuellement les options qui s’offrent à elle avec des avocats spécialisés.

« On veut accompagner le promoteur dans un plan B ou dans un plan C au niveau de son projet et on l’encourage à continuer, mais l’acceptabilité sociale dans ce secteur-là n’était pas acquise, donc c’est pour ça que la ville a décidé d’arrêter le processus. Lors du prochain conseil, celui du 9 mars, la Ville va adopter une résolution pour dire qu’elle abandonne le PPCMOI pour ce terrain-là. »

Pour la promotrice du projet, Geneviève Gagnon, changer de secteur pour son projet ne serait tout simplement pas viable financièrement.

Mme Gagnon calcule qu’avec un projet de 200 mètres carrés en culture extérieure biologique, et qui se ferait sur le terrain de la résidence familiale, un seul salaire annuel pourrait être obtenu, le sien. Son père serait quant à lui bénévole.

« Par exemple, si on va à l’extérieur du terrain de mon père, ça fait en sorte que l’on doive avoir un gardien de sécurité 24 h/24 h. Le salaire annuel irait donc là. Ensuite, il faudrait acheter ou louer une autre terre. »

Démarches contestées

Ce sont 76 signatures sur 125 au total qui ont été récoltées et qui s’opposaient à la modification de zonage. Parallèlement à cette démarche légale, deux pétitions ont circulé et la promotrice avance que la pétition pour le projet avait récolté plus d’appuis. Elle dénonce aussi que beaucoup de faussetés ont été véhiculées par les opposants durant tout le processus.

« On a dit que ça allait sentir comme une porcherie, que j’étais associée au crime organisé, que ça allait faire baisser la valeur des maisons, que c’était dangereux et que ma seule intention était de devenir millionnaire. Disons qu’il y a eu une belle campagne de salissage et de peur faite de porte à porte. »

La promotrice compte bien contester ces résultats et aussi la façon dont la Ville a géré le dossier.

« On est en contact avec des avocats qui sont spécialisés avec ce genre de démarches. On va voir ce qu’ils nous disent. On a subi un préjudice et une atteinte à notre réputation. Pour moi, la Ville n’a pas été impartiale comme elle se devait de l’être et je crois que c’est beaucoup au niveau de l’interprétation des données récoltées. »