Michel Potvin

Michel Potvin pourfend la STS

Le maire suppléant de Saguenay pourfend la Société de transport du Saguenay (STS). Michel Potvin a questionné la pertinence de l’organisation ainsi que son fonctionnement, jeudi matin, sur les ondes de KYK 95,7.

« La STS, comment parler de la STS positivement. C’est probablement l’organisation la plus “questionnable” que j’ai », a-t-il affirmé d’emblée, lorsque questionné sur l’idée de déménager le terminus sur la zone ferroviaire de Chicoutimi. « On met de l’argent, pis on met de l’argent pis tout le monde chiale. C’est à peu près ça le résultat », a-t-il ajouté. 

Michel Potvin a confirmé ne pas s’être penché encore sur le dossier de la STS. Il estime toutefois qu’une évaluation doit être faite. 

« Les gens qui sont là font tout leur possible, mais je suis comme tout le monde. Les autobus, je les vois tout le temps vides. À un moment donné, va falloir se poser des vraies questions. »

Le maire suppléant se questionne notamment sur les coûts d’opération de la STS. Il estime que le service engendre une grande insatisfaction même si des sommes importantes sont investies.

« Je ne comprends pas comment ça fonctionne. Ce que je comprends par exemple, c’est que pour 2019, ç’a m’a coûté, ça nous a coûté 850 000 $ de plus, pis le résultat c’est qu’on reçoit beaucoup beaucoup beaucoup de plaintes et de chialage. Peut-être qu’on devrait inverser, donner moins d’argent pis avoir moins de plaintes. Tout le monde se questionne là-dessus. »

Michel Potvin est allé encore plus loin en critiquant l’efficacité des services. 

« Ils m’ont demandé de prendre l’autobus pour aller à l’hôtel de ville. Je serais arrivé deux jours plus tard, a-t-il dit. Je ne critique pas M. Roberge [directeur général de la STS]. Il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. La ville est extrêmement grande, je crois que c’est une ultra mauvaise idée de desservir toute la ville partout, jusqu’au fin fond de je ne sais pas quel rang. En ce moment, nous autres on met 12 M$, le gouvernement du Québec en met huit, ça fait 20 et les usagers en paye quatre, donc l’État subventionne à 85 % pis la belle réussite de ça, c’est que tout le monde est mécontent. »

Le maire suppléant a assuré qu’il étudierait le dossier prochainement. 

« Je vais m’attarder au niveau financier sur la STS. Ce n’est pas vrai que ça va continuer comme ça », a-t-il conclu. 

La STS ne commente pas

De son côté, le directeur général de la STS, Jean-Luc Roberge, n’a pas voulu émettre de commentaire. « Le conseil exécutif va plutôt tenter de rencontrer Michel Potvin pour discuter de tout ça », a affirmé Ève-Marie Lévesque, responsable des communications de la STS. 

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PETTERSEN CHOQUÉ

(PATRICIA RAINVILLE) Le président du conseil d’administration de la Société de transport du Saguenay (STS), Marc Pettersen, n’est pas d’accord avec les propos du maire suppléant Michel Potvin, concernant le service de transport en commun. 

« Je ne veux pas partir en guerre contre Michel, c’est un collègue, mais ça me choque d’entendre ça. Je suis convaincu qu’on travaille bien à la STS. Les autobus ne pourront jamais être pleins douze heures par jour. Entre 9 h et midi moins quart, c’est sur que c’est plus tranquille, c’est comme ça dans toutes les villes de la province, sauf Montréal et Québec », a affirmé Marc Pettersen, lorsqu’invité à réagir à propos des commentaires de Michel Potvin sur la pertinence de la STS.

Le président ajoute que le transport en commun n’est pas seulement un service offert pour faire de l’argent. « On parle de développement durable, on parle de services aux citoyens. Nous avons de beaux projets qui fonctionnent bien. Nous avons déjà rationalisé, un moment donné, il y a aussi des employés et des syndicats qu’il faut respecter », a affirmé Marc Pettersen, précisant qu’il est faux de dire que les autobus « vont dans le fond des rangs », comme l’a dit le maire suppléant de Saguenay. 

Les autobus de la STS se rendent dans les rangs, certes, mais une fois le matin et une seconde fois le soir, afin de respecter les demandes.