Michel Larouche

Michel Larouche sans alibi pendant presque trois heures

Le conjoint d'Hélène Martineau, Michel Larouche, croit que s'il est devenu le suspect numéro un des enquêteurs, c'est en raison de son absence d'alibi entre 15h et 17h45, le jour de la disparition de sa femme. L'homme s'est livré au cours d'une longue entrevue, mercredi, sur les ondes de LCN.
«Effectivement, il y a une partie de l'après-midi du 12 avril où je n'avais personne avec moi», a affirmé Michel Larouche, croyant que c'est certainement pour cette raison qu'il a vite été considéré comme un suspect dans la disparition de sa conjointe.   
L'homme ajoute qu'il se trouvait alors chez ses parents, où il avait passé la nuit précédente. En effet, le couple, sous les conseils des intervenants en santé, avait convenu de se laisser du temps. C'était la première fois en 27 ans que l'homme ne dormait pas à la maison, a-t-il dit.
«Mes parents sont bénévoles pour la Croix-Rouge quatre ou cinq fois par année et il a fallu que ce soit une journée où mes parents étaient bénévoles. Sinon, j'étais avec ma mère cet après-midi-là», a expliqué Michel Larouche, au journaliste de LCN Jean-François Guérin.
Aux alentours de 18h, le 12 avril, Michel Larouche a rejoint des membres de sa famille pour aller écouter le concert de l'une de ses filles. C'est à ce moment que ses filles lui ont fait part de leur inquiétude, puisqu'elles n'avaient pas parlé à leur mère depuis le matin. Michel Larouche, lui, dit ne pas avoir parlé à Hélène Martineau de la journée.
Après le concert, toujours sans nouvelles de la dame, l'homme a décidé d'appeler la police avant même de se rendre au domicile du couple, puisqu'il était dans un état de panique et avait peur de ce qu'il pourrait découvrir en arrivant à la maison.
C'est une dizaine de jours après la disparition que l'homme a appris qu'il était suspect aux yeux de la police. Il n'en a pas été surpris, précisant que c'est habituellement le cas dans les histoires de disparition. Il a «bien pris» cette situation, puisqu'il dit n'avoir rien à se reprocher.
Toujours selon Michel Larouche, les enquêteurs seraient d'avis qu'il a commis un meurtre passionnel.
«On ne m'a jamais fait part officiellement du mobile, mais il y a des sous-entendus et je suis capable aussi de faire de l'interprétation, mais ça reste mon opinion. Au départ, j'ai l'impression qu'ils ont fait un scénario de meurtre passionnel, que j'ai perdu la tête et que je prenais mal cette séparation, cette convalescence médicale», a indiqué M. Larouche.
À de nombreuses reprises au cours de l'entrevue, l'homme a clamé son innocence, précisant qu'il n'avait rien à voir avec la disparition de sa femme. Il a également indiqué faire tout en son pouvoir pour la retrouver et qu'il était toujours prêt à collaborer avec la police.
«Mon avocat trouve que j'en fais même trop», a-t-il ajouté.
À titre d'exemple, Michel Larouche dit avoir parcouru une cinquantaine de kilomètres, les deux pieds dans le Saguenay, la semaine dernière, dans l'espoir de trouver un indice.
Polygraphe
Michel Larouche est également revenu sur le polygraphe qu'il aurait échoué. Il dit ne pas avoir eu la confirmation de l'échec, mais a indiqué que les enquêteurs et les techniciens qui lui ont fait subir le test n'ont pas cru sa version.
L'homme a parlé d'une épreuve difficile lorsqu'on lui a demandé de revenir sur cet examen. «Ç'a duré cinq heures... Ça n'a pas été facile», a dit l'homme, ajoutant qu'on lui avait demandé directement s'il avait tué sa femme.
Michel Larouche serait prêt à repasser le test, mais dans «des conditions différentes».
Perquisition
De plus, Mcihel Larouche n'a pas bien compris pourquoi les enquêteurs ont perquisitionné une remorque et une tente-roulotte, qui étaient entreposées sur un terrain de villégiature lui appartenant dans le secteur de Lac-Kénogami, la semaine dernière. Il explique que les enquêteurs avaient visité son terrain dans les jours suivant la disparition de la dame et que tout y était enseveli de neige.
«Je ne voyais pas le lien entre ces objets-là et la disparition d'Hélène», a affirmé M. Larouche. Ce dernier a toutefois ajouté qu'il est certain que les enquêteurs font tout ce qu'il faut pour retrouver sa conjointe.
«Je n'ai pas tué ma femme, je n'ai pas d'aveux à faire et je suis à la recherche de ma femme», a-t-il répété, en toute fin d'entrevue.
Hélène Martineau manque à l'appel depuis plus de deux mois maintenant.