Michel Gauthier est maintenant un conservateur.

Michel Gauthier chez les conservateurs

SAINT-HYACINTHE, Qc — Les conservateurs québécois étaient fiers, samedi, d’avoir recruté un ex-chef bloquiste, surtout en ces temps tumultueux pour la formation indépendantiste. L’arrivée de Michel Gauthier chez les bleus est un prélude à une stratégie de la « main tendue » que semble vouloir déployer le parti afin de grossir la tente conservatrice au Québec.

L’ancien élu du Bloc québécois a fait son arrivée au conseil général du Parti conservateur du Canada, à Saint-Hyacinthe, accompagné du lieutenant politique de la formation pour le Québec, Alain Rayes. M. Gauthier ne sera pas candidat aux prochaines élections, mais il s’impliquera activement pour donner un coup de pouce aux candidats québécois qui brigueront les suffrages.

Car après « 11 ans de réflexion » où il n’a été « membre d’aucun parti politique ou financé aucun parti politique », il a choisi un nouveau camp : le Parti conservateur. « C’est le parti politique le plus près des nationalistes québécois, le plus sensible au Québec », a argué Michel Gauthier en mêlée de presse.

Et la souveraineté ? « Lorsque la population n’est pas derrière un projet comme ça, il faut un jour se tourner. On n’a pas le droit de se dire non trois fois », a lancé celui qui a siégé dans les banquettes bloquistes aux Communes de 1993 à 2007, qualifiant de « pitoyable » et « triste » la tourmente dans laquelle est plongé le Bloc québécois.

« J’ai décidé que pour la suite, je travaillerais positivement à doter le Québec d’un gouvernement qui répond à nos objectifs. Et je pense que beaucoup de bloquistes d’autrefois, des gens qui étaient avec moi, qui ont milité sincèrement, vont faire exactement le même choix », a-t-il martelé.

Andrew Scheer courtise les nationalistes

SAINT-HYACINTHE, Qc - Le chef conservateur Andrew Scheer a fouetté ses troupes québécoises, et leur a promis du renfort, dimanche: d’autres bloquistes désillusionnés viendront grossir leurs rangs en prévision du prochain scrutin.

Dans un discours livré en clôture du conseil général, qui a réuni environ 400 militants à Saint-Hyacinthe ce week-end, le leader a de nouveau courtisé le vote nationaliste.

Il a ouvert les bras tant «aux nationalistes qui sont tannés des chicanes» qu’aux «fédéralistes qui n’en peuvent plus de voir Justin Trudeau vivre dans son monde de Calinours».

Et «croyez-moi, des Michel Gauthier et des Yves Lévesque, il va en avoir plusieurs autres», a-t-il lâché vers la fin de son allocution d’une quinzaine de minutes, qu’il a livrée majoritairement en français.

Lévesque, actuellement maire de Trois-Rivières, a confirmé qu’il songeait sérieusement à faire le saut au fédéral sous la bannière conservatrice aux élections d’octobre 2019.

Les conservateurs n’étaient pas peu fiers de leur coup, samedi. Et dimanche, leur chef y a fait écho devant une salle comble du centre de conférences maskoutain où avaient convergé les militants du parti.

«Quand on est fier d’être conservateur, on sait accueillir au sein de notre grande famille tous ceux qui votaient autrefois pour d’autres partis en pensant que cela pourrait donner une voix plus forte au Québec», a-t-il soutenu.

«Fier d’être conservateur, c’est aussi être nationaliste, être de fiers Québécois et de fiers Canadiens», a lancé Andrew Scheer.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, participait au conseil général de son parti, en fin de semaine, à Sain-Hyacinthe.