L’évêque du diocèse de Chicoutimi, René Guay, a signé, lundi, un décret général dispensant les baptisés d’assister à la messe dominicale.
L’évêque du diocèse de Chicoutimi, René Guay, a signé, lundi, un décret général dispensant les baptisés d’assister à la messe dominicale.

Mgr René Guay lance un appel à la responsabilité

Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Denis Villeneuve, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
En cette période de pandémie de la COVID-19 et de carême, l’évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr René Guay, lance un appel à la foi et au sens des responsabilités de tous les baptisés et de la population en général, au nom de l’amour du prochain, afin que chacun respecte les directives émises par les gouvernements supérieurs pour limiter la propagation de la maladie.

En entrevue au Quotidien, Mgr Guay a rappelé que la situation vécue par la population n’est pas simple et c’est pourquoi l’Église a choisi de s’impliquer en prenant des décisions préventives lors d’une assemblée des évêques du Québec tenue la semaine dernière, au Cap-de-la-Madelaine. « Ce n’est pas tout le monde qui était au même diapason. Comme évêque, je me sens le devoir de prendre soin de la population, des personnes plus fragiles et vulnérables. Le 16 mars, j’ai signé un décret général en fonction des mesures préventives émises par les autorités civiles », affirme Mgr Guay.

En vertu de ce décret, tous les baptisés du diocèse sont dispensés d’assister à la messe dominicale et aucune célébration n’est permise dans les églises les dimanches et jours de semaine, y compris les célébrations de funérailles, les baptêmes, les mariages, les messes anniversaires et les confirmations. La directive touche également les résidences de personnes âgées et les CHSLD. Seules les célébrations dans les maisons des communautés religieuses sont permises, mais uniquement pour les personnes résidantes.

Se disant conscient qu’une telle décision peut créer des déceptions, Mgr Guay suggère de rencontrer le Seigneur dans la prière personnelle et en famille, en aménageant un petit coin de prière lorsque la chose est possible. « Jusqu’à maintenant, nous avons eu trois familles ayant eu des besoins pour des funérailles. Deux ont accepté de reporter la cérémonie. J’invite à respecter le décret. Lorsque la personne est décédée, il est plus important de prendre soin de la population et des autres qui restent. C’est une occasion de nous sentir ensemble dans un temps d’épreuve et de prendre soin des uns et des autres », ajoute-t-il.

L’évêque Guay affirme que la présente épreuve est un bon moment pour rappeler que l’Église est au coeur du monde et que malgré tout, des prêtres et des membres des équipes pastorales demeurent disponibles pour le service de l’accueil, de l’écoute et de l’accompagnement de personnes. Les personnes qui désirent recevoir le sacrement des malades ou de réconciliation peuvent téléphoner au secrétariat de leur paroisse.

Enfin, les paroissiens sont invités par leur évêque à poursuivre leur soutien financier à leur paroisse en continuant les retraits préautorisés, les enveloppes ou offrandes monétaires, puisque l’institution doit continuer à payer des salaires. Si jamais la situation perdurait, l’évêché se réserve la possibilité d’appliquer d’autres décisions, entre autres, sur le plan économique.

Par ailleurs, le personnel de l’évêché a été soumis à certaines directives sanitaires et a procédé à la formation d’un comité de suivi, lequel se réunira tous les jours afin de s’ajuster quotidiennement à la situation.