Mgr René Guay, nouvel évêque du Diocèse de Chicoutimi, a effectué pour la première fois une visite devant le Cercle de presse du Saguenay.

Mgr René Guay dénonce tous les abus

Le nouvel évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr René Guay, dénonce tous les gestes d’abus sexuels posés dans le passé par les représentants de l’Église. Il s’évertue actuellement à trouver les garanties nécessaires pour faire face à la justice dans le cadre du recours collectif entamé par les victimes du prêtre Paul-André Harvey.

Lors de son premier passage devant le Cercle de presse du Saguenay, mercredi, depuis sa nomination par le pape François, Mgr Guay a été confronté à quelques questions embarrassantes concernant l’épisode difficile que traverse l’Église avec les scandales de pédophilie à travers la planète et la décision des évêques du Chili de remettre leur sort entre les mains du pape, notamment.

Tout en se montrant compatissant envers les victimes de la région, Mgr Guay a mentionné qu’en raison des recours en justice à venir, il était mal placé pour faire de grandes manifestations publiques, mais qu’une grande partie de son travail consiste à trouver des solutions pour les victimes. « Des gens portent des blessures du passé. Ça me fait mal. J’aimerais leur dire “je vous demande pardon pour tout le passé” », a-t-il mentionné.

Il a mentionné que sa nomination comme évêque du diocèse l’a quelque peu pris par surprise, bien heureux qu’il était de remplir son ministère à Québec après avoir séjourné 13 ans parmi les plus pauvres du Chili. Il entend poursuivre cette même mission dans la région. « On n’est pas en train de mettre la clé sous la porte de l’Église. Cette mission est d’aller vers le monde, d’être au service des plus démunis. Ça entre dans mes cordes. J’ai consacré ma vie aux exclus de la société. J’ai travaillé 13 ans sous le régime Pinochet. Il faut prendre soin des plus vulnérables, des pauvres », a-t-il commenté.

Interrogé sur l’état de l’église diocésaine au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mgr Guay a mentionné qu’elle ressemble à ce qui se passe partout au Québec avec les transformations qui l’accompagnent et la diminution de la fréquentation. Il a rappelé que dans la région, 35 prêtres sont encore actifs en paroisses soutenus par 1500 bénévoles actifs au sein de huit unités pastorales. Il a mentionné que sous son règne, il y aurait possiblement d’autres fermetures d’églises et des fusions de paroisses. « Il est malheureux de devoir prendre des décisions de fermer des églises, mais l’important est de s’assurer que la communauté va survive. L’Église, ce n’est pas le bâtiment. On pourrait perdre nos bâtiments, mais ce sont les gens qui s’engagent. Il ne faut pas mesurer la vie de l’Église à des bâtiments. »

Femmes et homosexuels
En ce qui a trait à une possible ouverture de l’Église afin d’inclure l’ordination des femmes et envers les homosexuels, Mgr Guay avoue que ces sujets font l’objet de discussions entre évêques tout en affirmant que le pape François se montre ouvert à des nominations de femmes à de hauts postes de responsabilité comme cela a été le cas avec une nomination à la Congrégation de la vie consacrée. « Le pape invite à nommer des femmes dans des postes de responsabilité. Il ne parle pas d’ordonner. On relie souvent ça au pouvoir, mais l’ordination est un service. »

En ce qui a trait aux homosexuels, Mgr Guay rappelle que le pape invite les croyants à accueillir toutes les personnes, lui-même se disant prêt à fréquenter, prier et échanger avec eux. « La seule chose que je ne peux pas faire est de marier un couple homosexuel. »

Signes religieux
Au sujet du débat portant sur les signes religieux, Mgr Guay a mentionné qu’il s’agit d’une question délicate et émotive où la moindre phrase mal tournée peut provoquer un débat. Il a dit croire en la laïcité ainsi qu’au respect des signes en certains espaces. Selon lui, le plus important est le respect des personnes sans l’imposition d’aucune foi. « Je ne me suis jamais vu comme quelqu’un qui veut imposer Jésus-Christ. Il faut prôner le dialogue. »

Mgr Guay prend la direction du diocèse 140 ans après sa fondation. Le 3 décembre prochain, fête de Saint-François-Xavier, patron du diocèse, une célébration spéciale aura lieu pour souligner le travail effectué par les fondateurs.