Marylène Lévesque, 22 ans, a été tuée, mercredi, dans une chambre de l’hôtel Sépia, dans Sainte-Foy.

Meurtre de Marylène Lévesque: pas d’inquiétudes chez les travailleurs du sexe

« Chez nous, il n’y a aucune mesure particulière parce qu’on est déjà au maximum de la confidentialité, au maximum de la sécurité. On filtre énormément. Moi, personnellement, je refuse beaucoup de clients. Aussitôt qu’ils posent trop de questions discourtoises, ou saugrenues, je les ''flushe'' tout de suite. »

Le Quotidien a tenté de joindre des filles qui œuvrent dans le monde du sexe et qui offrent leurs services sur Internet afin de savoir si elles sont inquiètes à la suite du meurtre de Marylène Lévesque, cette jeune femme originaire de Saguenay qui travaillait comme masseuse érotique et qui a été tuée dans un hôtel de Québec mercredi dernier. Le principal suspect, Eustachio Gallese, était en semi-liberté après avoir passé les 15 dernières années en prison pour le meurtre de sa conjointe.

Sur un site d’annonces intimes, un numéro de téléphone revient à plusieurs reprises, pour différentes filles, et c’est un homme qui répond, pour des services de massage. Ce dernier a été informé du meurtre par Le Quotidien. Il n’a donc pas senti de craintes chez les filles avec qui il fait affaire.

Eustachio Gallese a été formellement accusé, jeudi après-midi, du meurtre non prémédité de Marylène Lévesque, qui travaillait comme masseuse dans un salon érotique.

« Je n’ai pas d’employées. Ce sont des filles autonomes. Elles louent des salles et je les aide à répondre. Il y a même des filles qui sont massothérapeutes », explique d’entrée de jeu notre interlocuteur, qui a préféré ne pas se nommer, mais qui a toutefois confirmé louer des salles dans une maison privée de Chicoutimi.

Selon lui, les filles sont bien averties et elles n’acceptent aucune concession. Il confirme que des mesures particulières sont prises, comme des sonnettes dans la salle principale. Cette dernière est liée au garage, où se tient l’homme en question.

« En sept ou huit ans, depuis que je loue des salles, il n’est jamais rien arrivé », partage-t-il, ajoutant qu’ici, c’est beaucoup moins difficile qu’à l’extérieur de la région.

Notre interlocuteur a tenu à préciser que les filles qui louent des salles ont des enfants, et même une autre vie. Il y en a une qui travaille dans les assurances, une autre dans la restauration et une autre en secrétariat.

« Les filles qui louent des salles ici, c’est justement les filles qui ne veulent pas être dans la rue ou dans les hôtels pour éviter ces situations-là, qui deviennent problématiques. Par contre, il y a des filles à risque. J’en ai connu et j’en ai vu, mais je ne voulais pas être complice de leur déchéance et du risque qu’il leur arrive quelque chose. Je ne les gardais pas, je refusais de leur louer des salles », a-t-il conclu.