Le sous-traitant Metco a entrepris un recours juridique à la Corporation du Parc Rivière-du-Moulin pour le paiement d’un somme de 511 000 $ dans le cadre du projet de prolongement de la piste cyclopiétonnière.

Metco réclame 500 000 $

Le sous-traitant spécialisé en confection de structures d’acier, Metco, réclame à la Corporation du parc de la Rivière-du-Moulin et au cabinet d’avocats Simard Boivin Lemieux plus d’un demi-million $ en lien avec les travaux de prolongement de la piste cyclopiétonnière réalisés l’hiver dernier.

L’entreprise chicoutimienne a déposé en Cour supérieure, mercredi, une requête en injonction interlocutoire et permanente demandant au tribunal la remise des sommes dues pour du travail réalisé pour le compte de l’entrepreneur général Inter-Projet.

En 2016, un projet a été élaboré pour prolonger de trois kilomètres la piste jusqu’à l’embouchure de la rivière Saguenay et la zone portuaire. Le projet est éligible à une subvention par l’Agence de développement économique du Canada pour les régions jusqu’à hauteur de 954 275 $. Parmi les exigences de l’agence, la réalisation du projet doit débuter au plus tard le 30 septembre et se terminer au plus tard le 31 décembre 2017. Pour recevoir le versement final, la Corporation du parc doit avoir terminé le projet, payé tous les sous-traitants et obtenu quittance de ceux-ci.

À la suite de la publication d’un appel d’offres, Inter-Projet confie en sous-traitance à Metco la fabrication de la passerelle et des 120 éléments structuraux qui la composent ainsi que le pont de 48 mètres pour le prix de 725 000 $.

En dépit de difficultés rencontrées reliées à la topographie du terrain, le travail est terminé le 28 décembre 2017, juste à temps pour recevoir l’aide financière. Selon Marie-Claude Tremblay, présidente de Metco, il y a eu des erreurs de mesure attribuables à son sous-traitant Mageco, une firme de génie qui a réalisé les dessins d’atelier. Inter-Projet prétend alors qu’elle a subi des dommages et retient les sommes dues à Metco.

Inter-Projet demande alors à la Corporation du parc de la Rivière-du-Moulin d’être payé pour les travaux exécutés, incluant ceux de Metco, pour une somme de 1,5 M$, incluant une retenue de 10 % sur les travaux.

Metco soutient n’avoir reçu au 31 décembre dernier que 321 958 $ sur son prix de 833 568 $, laissant un manque à gagner de 511 610 $.

En dépit de différents pourparlers entre les parties, le dossier devient encore plus complexe lorsque la Corporation du parc de la Rivière-du-Moulin décide de verser à Inter-Projet la totalité des sommes qui lui sont dues, soit 1,5 M$. La somme due à Metco est versée en fidéicommis à Simard Boivin Lemieux. En agissant ainsi, Metco allègue qu’Inter-Projet a juridiquement délégué au Parc le paiement qui lui est dû et réclame donc le montant.

Dans sa requête, Metco allègue qu’Inter-Projet, en retenant les sommes versées en fidéicommis, a contribué à créer une situation « d’étranglement » pour favoriser un rabais en sa faveur dans le litige qui l’oppose à Mageco. « La Corporation du parc de la Rivière-du-Moulin ne peut validement prendre prétexte d’un litige existant entre Inter-Projet et Metco et les ingénieurs Mageco pour retenir les sommes qu’elle reconnaît être dues à Metco », est-il allégué dans la poursuite signée par Me Richard Bergeron.

Vie ou mort
Selon les prétentions de la poursuite, le manque à gagner de 500 000 $ dans les coffres de Metco crée actuellement « une situation financière intolérable et même catastrophique pouvant même causer la mort de Metco », qui embauche une vingtaine de personnes. Le 30 mai dernier, les avocats de la Banque Royale du Canada ont émis une lettre de rappel et de remboursement de la marge de crédit de Metco avec échéance le 3 juillet.

La cause devrait être entendue le 4 juin prochain au Palais de justice de Chicoutimi.