Le député de Chicoutimi-Le Fjord Richard Martel
Le député de Chicoutimi-Le Fjord Richard Martel

Menace de nouveaux tarifs sur l’aluminium: Richard Martel interpelle Chrystia Freeland

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le député de Chicoutimi-Le Fjord Richard Martel s’inquiète de la menace de nouveaux tarifs douaniers américains qui plane sur l’industrie de l’aluminium canadien. Il interpelle la vice-première ministre Chrystia Freeland et demande des mesures supplémentaires afin de protéger l’industrie.

Le député conservateur souligne ses inquiétudes au sujet des pressions du lobby de l’American Primary Aluminium Association sur l’administration Trump, dans une lettre transmise la semaine dernière à la vice-première ministre canadienne.

«Avec l’élection américaine qui arrive à grands pas, les tarifs sur l’aluminium vont sans contredit résonner avec les électeurs dans la fameuse Rust Bell», affirme-t-il, faisant référence à la région industrielle du nord-est des États-Unis qui a connu un important déclin depuis le début des années 1980.

Alors que l’Accord Canada-États-Unis-Mexique doit entrer en vigueur le 1er juillet, le député conservateur estime que le renforcement du système de traçabilité de l’aluminium en Amérique du Nord annoncé dans le cadre de la ratification du nouvel accord de libre-échange «ne règle pas le fond du problème».

«La traçabilité de l’aluminium est importante, mais comme nous vous l’avions souligné cet hiver, nous devons sécuriser des marchés d’exportation, améliorer le climat d’investissement pour nos alumineries et développer de nouveaux secteurs pour nos transformateurs», estime-t-il, dans le document transmis au Quotidien, signé également par Randy Hoback, porte-parole en matière de commerce international au sein du caucus conservateur.

Richard Martel propose d’établir une politique d’achat nord-américaine à faible empreinte carbone valorisant l’aluminium et commander une étude portant sur les coûts et les délais de construction, afin d’augmenter la compétitivité face aux marchés émergents.

Il suggère ensuite de permettre l’accélération de la dépréciation des dépenses en capital pour l’industrie de l’aluminium et de développer «davantage l’économie circulaire autour de l’aluminium». Le député souhaite s’entretenir avec la vice-première ministre sur ces propositions qu’il avait déjà formulées par le passé.

Le gouvernement assure défendre le secteur

Le gouvernement a assuré, mardi, se porter à la défense du secteur de l’aluminium dans ses relations avec les États-Unis.

« Nous défendrons toujours le secteur de l’aluminium canadien ainsi que ses travailleurs», a affirmé Katherine Cuplinskas, attachée de presse de la vice-première ministre Chrystia Freeland, dans une déclaration écrite.

Elle rappelle que la libre circulation des biens et des services, y compris de l’aluminium, demeure importante pour les emplois et la croissance économique des deux pays.

«Nous croyons fermement que nos exportations d’aluminium ne présentent pas une menace au marché américain. Nous y insistons lors de nos conversations avec nos partenaires américains.»

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INCERTITUDE ET INQUIÉTUDES

L’incertitude causée par la menace de nouveaux tarifs douaniers s’ajoute aux difficultés connues par l’industrie ce printemps, après la chute la plus brutale du prix de l’aluminium depuis la crise financière de 2009, en raison des impacts de la crise sanitaire.

Depuis la mi-mai, le prix de l’aluminium connaît une remontée progressive. Il se situait aux environ 1570 $US la tonne, mercredi, à la London Metal Exchange.

Rappelons que Rio Tinto a annoncé au début du mois une diminution de production pouvant aller jusqu’à 8000 tonnes à son aluminerie d’Arvida, à Saguenay, soit environ 5% de sa production, en raison des impacts de la crise.

La montée du discours protectionniste aux États-Unis au printemps et l’accentuation des pressions de l’American Primary Aluminium Association ont suscité l’inquiétude de plusieurs acteurs de l’industrie canadienne de l’aluminium, dans les dernières semaines.

L’imposition de tarifs douaniers sur les importations canadiennes d’aluminium bénéficierait au lobby en entraînant une augmentation du prix de l’aluminium aux États-Unis, selon les analystes. Le regroupement représente Magnitude 7 Metals et Century Aluminum, une entreprise ayant parmi ses principaux actionnaires la société de négoce de matières premières Glencore ainsi que Givolon, qui a pour maison-mère la société suisse.