Les activités devraient reprendre dès cet été, à la Pourvoirie des Laurentides, rendue inopérante par les déboires financiers et judiciaires de l'ancien propriétaire, Maxime De Varennes.

Maxime De Varennes éjecté

Des intérêts régionaux reprennent la Pourvoirie des Laurentides de La Doré. L'entreprise passe aux mains d'Yves Pelchat.
Le promoteur Yves Pelchat est déjà propriétaire de plusieurs installations touristiques dans la région.
L'homme d'affaires félicinois et Stéphane Grégoire, propriétaires de la compagnie VCG Investissements, ont procédé à la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers du site, dont Maxime De Varennes est propriétaire depuis avril 2015. Cela inclut les permis d'exploitation de la pourvoirie, dont la superficie est de 226,6 km carrés.
Les promoteurs ont récemment effectué une demande introductive d'instance en délaissement forcé et en prise de paiement des meubles et immeubles. Et ils ont eu gain de cause.
« À partir de ce moment, le délai légal pour pouvoir l'opérer était de 60 jours. Nous avons demandé la permission de saisir tous les actifs immédiatement et, devant l'urgence d'agir, la juge Sandra Bouchard nous a donné raison. Nous souhaitons ne pas compromettre la prochaine saison, alors nous allons tout mettre en oeuvre pour que l'endroit soit en opération cette année », a confié Yves Pelchat au Quotidien.
Dans sa décision, la juge Bouchard écrit que « le présent jugement constituera le titre irrévocable de propriété des demanderesses à l'égard des biens meubles et immeubles. »
En 2015, M. Grégoire a financé Maxime De Varennes lorsqu'il s'est porté acquéreur de l'entreprise de Réal Thivierge, par le biais de VCG Investment, dont le siège social était à la Barbade. Aujourd'hui, sa compagnie a pignon sur rue à Lévis et porte le nom de VCG Investissements.
« Lorsque je lui ai prêté, la pourvoirie m'avait cédé tous ses actifs en garantie. La juge nous a cédé les droits de la pourvoirie et nous en sommes maintenant propriétaires à 50 %, moi et M. Pelchat. M. De Varennes ne nous a pas mis de bâtons dans les roues. Il n'a pas contesté nos procédures. Il a été vraiment correct et a collaboré avec moi pour minimiser les pertes sur mon prêt. »
Yves Pelchat est copropriétaire des campings de Saint-Félicien et Saint-Prime. Il détient des intérêts dans l'Auberge Des Berges de Saint-Félicien ainsi que dans des compagnies oeuvrant dans le domaine de l'asphaltage. Éventuellement, il souhaite se porter acquéreur de la totalité de l'entreprise.
« Yves a racheté la créance au montant de 317 000 $ et c'est lui qui va l'exploiter. Il faut que ça reparte. Ça ne peut pas rester à l'abandon. Il connaît ce domaine et a une bonne réputation dans la région. En ce qui a trait à l'entreprise de Maxime De Varennes, elle n'a plus aucun actif. Elle n'a que des dettes. Il ne serait donc pas impossible qu'elle soit éventuellement mise en faillite », a précisé Stéphane Grégoire.
M. Pelchat admet avoir du pain sur la planche pour que son nouveau projet devienne réalité. D'ici le 31 mars, il devra faire renouveler les permis d'exploitation sur les 135 lacs. Ce dernier estime qu'il n'est pas trop tard pour assurer une présence dans différents salons de chasse et pêche du printemps. L'ensemencement des lacs et la refonte du site Web de la pourvoirie figurent aussi sur sa liste des priorités.
« On est au travail pour la relancer et ça va devenir la plus belle pourvoirie du Québec. Pour moi, c'est un gros jouet, c'est une passion. Ça va changer de couleur. J'ai de beaux projets et tout le monde va vouloir venir la voir. »
Peu d'espoir pour les Thivierge
L'espoir de mettre la main sur l'argent qui leur est dû par Maxime De Varennes est faible pour la famille Thivierge.
La Pourvoirie des Laurentides, qui appartenait à Réal Thivierge, a été acquise par Maxime De Varennes en avril 2015.
Les anciens propriétaires n'ont toujours pas vu la couleur de leur argent à la suite de la transaction d'environ 900 000 $. À ce jour, le clan Thivierge n'a obtenu que 20 % de la somme qui leur est due.
Ceux-ci tentent de recouvrer leur argent et s'en prennent au notaire qui a chapeauté la transaction, Samuel Blais de Dolbeau-Mistassini. Ils lui reprochent d'avoir manqué à son devoir lors de la transaction.
Quant à De Varennes, plusieurs commerçants de la région prétendent avoir été floués par ce dernier. Les factures non payées se comptent par dizaines. L'escouade des crimes économiques de la Sûreté du Québec a été saisie de l'affaire après une série de plaintes portées contre lui.
Aux dernières nouvelles, il serait maintenant dans la région de Québec.