Colette Robertson, présidente de la Fondation de l’héritage culturel autochtone, Jonathan Germain, vice-chef aux relations avec la communauté, et Sylvie Langevin, une des organisatrices de l’événement.

Mashteuiatsh: une soirée casino pour le musée

Le 1er novembre, la Fondation de l’héritage culturel autochtone organise une soirée casino visant à amasser 15 000 dollars pour financer le projet d’exposition permanente du Musée amérindien de Mashteuiatsh.

Le Musée amérindien de Mashteuiatsh se transformera en casino, pour accueillir la population voulant s’amuser tout en soutenant les activités du musée. Accueillis sur le tapis rouge, les participants auront l’occasion de jouer au poker, au blackjack, à la roulette, à un jeu de course de chevaux, et à la roue de fortune, a expliqué Sylvie Langevin, une des organisatrices de l’événement, lors d’une conférence de presse tenue mercredi au musée. « Il y aura aussi une prison des tricheurs et des courses grandeur nature, où on pourra envoyer des gens de la salle et miser sur eux », ajoute-t-elle.

Isabelle Genest, la directrice générale du Musée amérindien de Mashteuiatsh, dans la salle d’exposition permanente qui sera complètement revampée.

Pour l’occasion, de nombreux prix seront offerts aux gagnants, dont un forfait de pêche d’une valeur de 750 dollars dans la Réserve faunique Ashuapmushuan.

« J’ai été séduit par la formule originale et humoristique mise de l’avant pour cet événement, a mentionné Jonathan Germain, vice-chef aux relations avec la communauté et président d’honneur de l’événement. Quelle belle occasion pour avoir du plaisir, échanger et tisser des liens durables au profit d’une bonne cause. »

Isabelle Genest, la directrice générale du Musée amérindien de Mashteuiatsh, dans la salle d’exposition permanente qui sera complètement revampée.

Les participants sont invités à porter leurs plus beaux habits pour faire leur entrée sur le tapis rouge. Des bouchées inspirées de mets traditionnels seront préparées par un chef local.

L’événement vise à amasser 15 000 dollars pour soutenir le projet d’exposition permanente du musée, a mentionné Colette Robertson, présidente de la Fondation de l’héritage culturel autochtone. Pour y arriver, l’organisation reçoit les dons et commandites des entreprises, ainsi qu’un coût d’entrée de 75 $ pour la soirée casino. « Depuis le début de nos activités, la Fondation a investi plus de 615 000 $ dans les projets de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh, dont la rénovation du Musée amérindien et la réalisation du site extérieur Nutshimit », a-t-elle expliqué, en soulignant l’importance de faire rayonner le patrimoine culture ilnu. D’autres activités de financement auront lieu au cours des prochains mois, pour atteindre l’objectif de la campagne fixé à 50 000 dollars.

Colette Robertson, présidente de la Fondation de l’héritage culturel autochtone, Jonathan Germain, vice-chef aux relations avec la communauté et Sylvie Langevin, une des organisatrices de l’événement.

En plus des activités du casino, une douzaine d’artistes de la communauté ont également fourni des oeuvres qui seront mises en vente dans le cadre d’un encan silencieux.

Le casino sera présenté dans la grande salle d’exposition du musée qui sera vidée à la fin octobre pour faire place à la nouvelle exposition permanente qui y sera installée au cours de l’hiver. « C’est une belle occasion de venir profiter du musée dans un cadre particulier », a mentionné Isabelle Genest, directrice générale du Musée amérindien de Mashteuiatsh.

+

UNE NOUVELLE EXPOSITION PERMANENTE EN MARS

Isabelle Genest se réjouit à l’idée d’offrir une nouvelle exposition permanente, dénommée Tshilanu Ilnuatsh (nous autres), aux visiteurs à compter du 17 mars prochain. « Le contenu de l’exposition a été bâti en faisant des consultations avec le milieu où plus de 100 personnes ont participé », soutient la femme qui a reçu les devis finaux il y a à peine quelques jours. 

En présentant une visite virtuelle en 3D, elle explique que la future exposition présentera l’histoire des Pekuakamiulnuatsh racontée par les occupants du territoire. « Les visiteurs seront accueillis par mushum (grand-père) et kukum (grand-mère) pour prendre le thé avant de plonger dans une visite du territoire à travers les quatre saisons », explique Isabelle Genest. 

L’exposition misera sur plusieurs outils technologiques, dont des bornes interactives et une chasse aux oiseaux en réalité virtuelle, ainsi que des jeux ludiques, qui permettront notamment de séduire la clientèle scolaire, estime cette dernière. 

En plus de découvrir le mode de vie des Ilnus au fil des saisons, des sections sont aussi dédiées à un hommage aux aînés, à l’archéologie et l’histoire, aux chants et aux contes et légendes. 

Plus de 750 000 dollars ont été injectés dans le projet réalisé avec la Boîte Rouge VIF, un organisme autochtone qui a pour mandat la préservation, la transmission et la valorisation des patrimoines culturels. Le projet a été financé par le ministère de la Culture du Québec, Affaires autochtones et du Nord Canada, Patrimoine Canada et la Fondation de l’héritage culturel autochtone.

+

D'AUTRES PROJETS À VENIR

En travaillant avec les communautés innues sur la Côte-Nord et les Associations touristiques régionales, le Musée amérindien de Mashteuiatsh travaille sur un circuit touristique du commerce de la fourrure dans le Domaine-du-Roy, mettant en valeur les anciens postes de traite sur le territoire. Une demande de subvention sera déposée sous peu au Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) pour faire l’embauche d’une ressource qui pourra tisser des liens entre les institutions muséales et les entreprises et développer du contenu adapté à leur réalité dans le but de maximiser les retombées et l’expérience des visiteurs. 

Le Musée amérindien de Mashteuiatsh souhaite aussi développer un outil de médiation culturelle en réalisant des ateliers et des conférences dans les organismes, municipalités et entreprises pour les sensibiliser aux réalités des Premières Nations. Pour y parvenir, une demande de financement a été déposée pour faire l’embauche d’une ressource qui bâtira l’atelier et le diffusera.