Après avoir démoli un quartier militaire en plein coeur de Sainte-Foy, près du centre commercial Laurier Québec, en septembre dernier, la Défense nationale a officiellement annoncé qu’elle voulait se départir des terres qui couvrent 123 000 mètres carrés.

Mashteuiatsh revendique aussi à Sainte-Foy

Après les Hurons-Wendat et la Ville de Québec, c’est au tour des Innus de Mashteuiatsh de convoiter les terres de la Défense nationale à Sainte-Foy, lesquelles se trouveraient sur le territoire ancestral de la communauté située sur les berges du lac Saint-Jean.

« Nous sommes en discussion avec le promoteur et nous sommes très intéressés à nous porter acquéreurs des terres de la Défense nationale », a soutenu Charles-Édouard Verreault, le vice-chef de la communauté innue de Mashteuiatsh.

Après avoir démoli un quartier militaire en plein cœur de Sainte-Foy, près du centre commercial Laurier Québec, en septembre dernier, la Défense nationale a officiellement annoncé qu’elle voulait se départir des terres qui couvrent 123 000 mètres carrés, une parcelle de terrains évaluée à plusieurs dizaines de millions de dollars.

Conformément à l’Entente de principe d’ordre général (EPOG), conclue en 2004 entre les Innus et les gouvernements provincial et fédéral, il souligne que la Nation Innue doit être consultée pour tous les projets de développement qui ont cours sur le territoire ancestral de sa communauté, lequel court des monts Otish, au nord, jusqu’aux rives du Saint-Laurent. « On l’oublie trop souvent, mais pour nous, la ville de Québec fait partie du territoire innu », dit-il.


«  Nous sommes en discussion avec le promoteur et nous sommes très intéressés à nous porter acquéreurs des terres de la Défense nationale.  »
Charles-Édouard Verreault
Le vice-chef de la communauté innue de Mashteuiatsh, Charles-Édouard Verreault, se base sur l’Entente de principe d’ordre général (EPOG) conclue en 2004.

Selon ce dernier, l’EPOG reconnaît les territoires autochtones occupés par les Innus à l’arrivée des premiers Européens, à l’époque où les Hurons-Wendat n’étaient pas encore installés près de la ville de Québec. Ce n’est qu’après les massacres des Hurons, perpétrés par les Iroquoiens en 1649 et en 1650, que 500 Hurons s’installèrent près de Québec, avant de fonder officiellement Jeune-Lorette, aujourd’hui Wendake, en 1697.

Il souligne, entre autres, la décision du juge Yves de Montigny, survenue lors d’une poursuite intentée par les Hurons-Wendat pour invalider l’EPOG, en 2014, qui disait ceci : « La région comprise entre le Saguenay et le Saint-Maurice ne constituait pas des terres sur lesquelles existait un titre aborigène en faveur des Hurons, puisque ces derniers n’avaient pas la possession historique de ces terres, et que les Britanniques n’auraient vraisemblablement pas accordé des droits absolus qui pouvaient paralyser la Couronne dans l’utilisation de nouveaux territoires conquis. »

Lors de cette décision, le juge de Montigny soulignait également : « Le Canada doit s’engager sans délai dans des discussions sérieuses et approfondies avec la demanderesse en vue de concilier dans toute la mesure du possible et d’une manière conforme à l’honneur de la Couronne les divergences entre la Nation huronne-wendat et les Premières Nations de Mashteuiatsh et des Innus d’Essipit quant au territoire que devrait couvrir l’EPOG. »

Une entente de principe a toutefois été signée il y a quelques semaines entre le gouvernement du Canada et la Nation huronne-wendat, qui reconnaît notamment que la communauté autochtone doit être consultée pour les projets de développement qui ont lieu sur son territoire ancestral découlant du Traité huron-britannique de 1760, qui s’étend de Trois-Rivières, jusqu’à Lac-Mégantic au sud et jusqu’au Lac-Saint-Jean, au nord.

Des terrains convoités

Dès l’annonce de la mise en vente des terrains, les Hurons-Wendat ont été les premiers à vouloir s’en porter acquéreurs, car la réserve de Wendake est devenue trop petite pour accueillir tous ses membres.

Quelques jours plus tard, le maire de Québec, Régis Labaume, a également affiché l’intention de la Ville de faire l’achat de ces terres pour y construire un quartier résidentiel, dont une centaine de logements sociaux.

Malgré des revendications territoriales qui diffèrent, Charles-Édouard Verreault est convaincu qu’« il y a toujours moyen de s’entendre avec ses voisins », en citant une entente territoriale historique conclue avec les Cris le 21 juin 2018.

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LA MRC DOMAINE-DU-ROY SE PRÉPARE

Alors que le Conseil de la Première Nation Atikamekw d’Opitciwan a déposé une requête pour la reconnaissance de son titre et des droits ancestraux sur son territoire ancestral à la Cour supérieure du Québec, la MRC du Domaine-du-Roy souhaite mandater un nouveau responsable pour qu’il s’occupe du dossier, car certaines revendications pourraient empiéter sur son territoire. 

« Nous avons rencontré les maires pour discuter du dossier, qui est assez lourd », a commenté Lucien Boivin, le préfet, qui souhaite établir des contacts avec la Nation Atikamekw. Des rencontres sont prévues au cours des prochains mois, et la MRC veut prendre le temps de bien étudier le dossier « considérant l’ampleur des demandes ». 

Le conseil de bande de Mashteuiatsh préfère attendre de voir les cartes officielles avant de réagir, a mentionné Charles-Édouard Verreault, le vice-chef de la communauté de Mashteuiatsh. 

Étant donné que les revendications ne touchent pas le territoire de Maria-Chapdelaine, aucune action n’est prévue par la MRC.