Le conseiller Charles-Édouard Verreault agit comme porte-parole en matière de sécurité publique pour Mashteuiatsh.

Mashteuiatsh positive, mais prudente

Le conseil de bande de Mashteuiatsh accueille avec prudence l’annonce d’un financement plus stable des corps policiers autochtones. Ottawa s’est engagé mercredi à partager 291 millions de dollars sur cinq ans entre 450 communautés autochtones du pays.

En ce moment, Mashteuiatsh n’a aucune idée de la part du gâteau qu’elle obtiendra, mais tout comme une vingtaine d’autres communautés autochtones du Québec, elle craignait de devoir cesser ses activités faute de financement adéquat.

Les négociations du Programme des services de police des Premières Nations (PSPPN) arrivent à échéance le 31 mars avec les gouvernements fédéral et provincial. 

« Le programme est en place depuis 30 ans, constate le ministre Goodale. Il n’a pas été modifié depuis très longtemps. Son budget est trop mince et de trop courte durée, sujet à des renouvellements ponctuels et à des extensions de temps à autre. »

« J’espère qu’on aura une rencontre bientôt avec le ministère de la Sécurité publique parce que le 31 mars, ça arrive vite. Par le passé, on a déjà vu des décisions se prendre à minuit moins une pour garder le poste ouvert », se souvient le conseiller de bande Charles-Édouard Verreault, qui agit comme porte-parole en matière de sécurité publique. 

Ce dernier a indiqué que le conseil de bande était fin prêt à entamer les discussions. 

« Chose certaine, avec une annonce comme celle-là, on s’attend à ce qu’il y ait un financement accru pour notre corps de police », espère-t-il. Il rappelle que le corps de police est déficitaire depuis plusieurs années. Le poste était menacé de fermeture en 2015, mais avait réussi à obtenir une somme additionnelle lui permettant d’opérer jusqu’en 2018. 

« Maintenant, on revient au point de départ. Chaque année, nous essayons de négocier à la hausse et nous obtenons toujours le même montant », déplore M. Verreault. Pourtant, le salaire des policiers augmente et le coût de la vie aussi selon lui. 

En équipe de deux

Pour assurer la sécurité des policiers, il est préférable qu’ils interviennent en équipe de deux. Cependant, environ deux jours par semaine, les patrouilleurs sont seuls dans leur véhicule. Le conseil de bande espère donc que son financement soit plus important à compter de 2018 afin qu’il puisse engager de nouvelles ressources. 

Par ailleurs, les autopatrouilles ne sont toujours pas munies d’ordinateurs, ce qui fait que les informations se transmettent plus difficilement. 

« Au niveau de l’équipement, on a du retard comparativement aux autres corps policiers du Québec. En ce qui a trait aux formations, on n’a pas le financement pour maintenir nos policiers à jour. C’est important pour nous qu’ils soient au fait des dernières techniques », soutient M. Verreault. 

Financement additionnel dès 2018

Le montant de 102 millions $ déjà prévu dans le budget fédéral 2017 sera bonifié pour permettre aux corps policiers autochtones d’assurer la sécurité de leurs agents, de les payer adéquatement et de se doter de l’équipement dont ils ont besoin.

Près de 45 millions $ supplémentaires sont prévus par Ottawa dès 2019-2020 pour l’embauche de 110 nouveaux policiers partout au pays. Le financement prévoit en outre un taux d’indexation de 2,75 pour cent pour pallier l’inflation. Le montant annuel de 144,4 millions $ atteindrait ainsi 175 millions $ en 2022-2023.

Le gouvernement fédéral invite les provinces à accroître à leur tour le financement qu’elles octroient aux corps policiers autochtones. Ottawa finance actuellement 52 pour cent du PSPPN, alors que Québec assume les 48 pour cent restants. Avec La Presse canadienne