Des membres de la communauté de Mashteuiatsh envisagent sérieusement la possibilité de boycotter les commerçants de Roberval à la suite des allégations du maire Guy Larouche.

Mashteuiatsh lève les boucliers

Mashteuiatsh hausse le ton dans le dossier de l'Approche commune.
Des membres de la communauté envisagent sérieusement la possibilité de boycotter les commerçants de Roberval à la suite des allégations du maire Guy Larouche.
Pour protester contre la position du premier citoyen, des rumeurs laissent entendre que des Innus de la réserve auraient l'intention de noliser un autobus pour aller magasiner à Alma et Saguenay plutôt qu'à Roberval.
Quant à lui, le chef du conseil de bande, Gilbert Dominique, considère que le maire fait preuve d'un manque flagrant d'ouverture en lien avec l'agrandissement de Mashteuiatsh.
Il soutient que ses déclarations vont trop loin, notamment à l'égard de l'intégrité du territoire et de la non-concurrence commerciale déloyale.
Bien qu'un comité de maximisation permanent vienne d'être mis en place pour éviter de perdre la clientèle d'Obedjiwan au profit de Val-d'Or, force est de constater que le maire Larouche joue gros, puisque ses commentaires soulèvent une levée de boucliers.
Dans le cadre des revendications territoriales, Mashteuiatsh veut s'agrandir et rejoindre la route régionale. De fait, une portion des terres de Roberval et Saint-Prime pourrait lui être cédée.
La communauté souhaite y développer son parc industriel et aimerait ouvrir des magasins à grande surface. Dans cette histoire, Guy Larouche est catégorique. Pour lui, il est hors de question que des terres soient cédées à la communauté voisine.
«Ses propos sont blessants. Le boycottage est envisagé depuis déjà quelques mois», ont mentionné des citoyens de Mashteuiatsh, rencontrés par Le Quotidien hier matin.
Au cours d'une visite effectuée par la représentante du journal en terre innue, les commentaires à l'égard du maire Guy Larouche étaient cinglants. Certains l'accusent de ne pas connaître son dossier. «Je le trouve irréfléchi. Il n'est pas habile lorsqu'il aborde un dossier d'une si grande importance», souligne un homme d'affaires de Mashteuiatsh.
«Nous sommes la cible des malheurs de tout le monde. On dérange, mais les gens doivent comprendre que ce sont des droits acquis, souligne Katy Coutrois. Les futurs commerces serviraient à l'ensemble de la population. La prospérité économique, c'est bon pour tout le monde».
«La ville de Saint-Félicien n'est pas morte lorsque de nouveaux commerces ont ouvert leurs portes à Saint-Prime. Pourquoi on s'attaque aux projets de Mashteuiatsh et non à ceux de nos voisins?», questionne Sandra Paul.
«Peu portent le commerce, il faut se rappeler qu'une entreprise en fait vivre une autre», ajoute Marina Tremblay.
Régis Paul s'apprête à faire l'acquisition de l'épicerie Paul. Il estime qu'il serait dans l'intérêt de la clientèle d'avoir de nouvelles options pour faire ses emplettes.
«Le maire Larouche a la responsabilité, tout comme moi, de protéger les bonnes relations entre nos populations respectives et cette fois en est une de trop. D'autant plus que monsieur Larouche fait des déclarations erronées et entretient des préjugés et sous-entendus qui peuvent blesser les membres de la communauté que je représente», a souligné le chef Dominique, qui entend réévaluer la pertinence de rencontrer les élus de Roberval tel qu'il en avait exprimé la volonté.