Le lac Saint-Jean a été jugé comme joyau mondial pour les saumons d’eau douce par 11 experts.

Mashteuiatsh fait preuve de prudence

Mashteuiatsh est disposée à participer à une réflexion sur la mise en valeur du lac Saint-Jean et de ses tributaires, mais la communauté innue juge prématuré le fait de se prononcer sur l’idée lancée par l’ex-président du Regroupement pour la protection de l’Ashuapmushuan, Jean Paradis, d’évaluer la pertinence d’entreprendre une démarche auprès du programme du classement au patrimoine mondial culturel et naturel de l’UNESCO.

C’est du moins ce qui se dégage d’une déclaration officielle de Charles-Édouard Verreault, vice-chef aux relations entre les Premières Nations et les gouvernements et conseiller désigné au territoire, transmise au Quotidien mercredi.

« Le projet visant à inscrire le lac Saint-Jean dans le processus de classement comme patrimoine mondial de l’UNESCO semble très embryonnaire. Il est prématuré pour nous de se prononcer sur cet éventuel projet qui n’est pas encore véritablement initié. Avant de fournir notre appui, nous souhaitons connaître les tenants et les aboutissants d’une telle démarche et les impacts potentiels d’une telle désignation », insiste le vice-chef.

Ce dernier réitère que le Pekuakami, ses berges et les tributaires ont une grande importance pour la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh et constitue des éléments de son identité collective. Le vice-chef fixe toutefois des conditions importantes à une participation active de Mashteuiatsh à une démarche de mise en valeur du plan d’eau.

« Nous sommes ouverts à participer à une réflexion pour la mise en valeur de ce plan d’eau, mais tout développement doit être envisagé dans un esprit à long terme, avec le souci des générations futures et dans le respect des droits ancestraux et du titre aborigène détenus par notre Première Nation sur Nitassinan », a conclu le vice-chef.

L’idée de soumettre la candidature du lac Saint-Jean et de ses tributaires toujours intacts – sans barrage – au classement du patrimoine mondial de l’UNESCO a été soulevée lors de la publication de la nouvelle rapportant que les 11 plus grands spécialistes des études scientifiques sur la ouananiche estiment que le lac Saint-Jean constitue un joyau mondial pour le saumon d’eau douce de grande taille.

Les maires de Desbiens, Saint-Henri-de-Taillon, Chambord et Roberval ont jugé cette proposition intéressante, et le député libéral Richard Hébert a offert sa collaboration pour supporter une telle démarche auprès des spécialistes de Parcs Canada, lesquels ont la responsabilité de dresser la liste indicative des sites au Canada et de les proposer au comité de sélection de l’UNESCO.

Le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO entraîne d’importantes retombées touristiques en raison de la notoriété de cette reconnaissance.