Patrick Courtois

Mashteuiatsh doit piger dans son bas de laine

Les programmes et services que Mashteuiatsh doit livrer sont «sous-financés» par les gouvernements fédéral et provincial. La communauté doit piger dans son bas de laine pour desservir la population. Les fonds autonomes et les surplus financiers des dernières années permettent à Pekuakamiulnuatsh Takuhikan de rester la tête hors de l'eau.
Tel est le principal message que les élus du conseil de bande ont livré à la communauté, mercredi soir, lors de la présentation des états financiers 2015-2016. De retour au travail depuis quelques semaines à la suite d'un congé de maladie, le chef Gilbert Dominique n'était pas présent à l'assemblée publique. Celle-ci a été présidée par le conseiller Patrick Courtois, délégué à l'administration et aux finances publiques. «C'est un combat de longue haleine. Nous sommes sous-financés dans plusieurs programmes et nous n'avons pas le choix de combler», affirme l'élu.
Surplus de 11,5 M$
Mashteuiatsh a dégagé un surplus de 11,5 millions$ dans la dernière année grâce à ses fonds autonomes. Le conseil de bande a fait une ponction de 1,2 million$ en 2015-2016 pour répondre aux besoins.
Cet argent découle principalement de la participation de la communauté dans les projets hydroélectriques de Val-Jalbert, Minashtuk et éventuellement, la 11e Chute. La Société en commandite Minashtuk a engendré des bénéfices de 3,1 millions$ alors que le projet de centrale hydroélectrique de Val-Jalbert a permis aux Ilnuatsh d'encaisser 3 millions$.
Les élus et citoyens de l'endroit craignent que ces sources de revenus externes deviennent un couteau à deux tranchants. «Ça peut devenir un réflexe gouvernemental de se baser sur nos fonds autonomes. Les revenus que nous affichons ne sont pas des revenus de financement des gouvernements. Ce sont des profits que nous dégageons de nos différents projets de développement économique», martèle M. Courtois.
Le conseil des Montagnais a aussi pigé 612 000$ dans les surplus accumulés des dernières années pour paliers aux besoins de différents secteurs, dont la santé, l'éducation, l'assistance sociale ou la sécurité publique.
Police
Au cours de la dernière année, le maintien du service de police a été l'un des plus importants et engageants pour l'ensemble de l'organisation.
«Après avoir pris la décision, en novembre 2015, d'abolir le service pour manque de financement, nous avons réussi, avec l'apport et le travail de toute notre administration, à trouver des solutions avec les gouvernements du Québec et du Canada pour un financement satisfaisant jusqu'en mars 2018. À long terme, le défi du financement du service de police demeure et nous devrons continuer d'y travailler au cours de la prochaine année», notent les membres du Conseil de bande dans le rapport annuel déposé aux Pekuakamiulnuatsh.