Le fauteuil Hippocampe permet, entre autres, de faire une randonnée en montagne ou de pratiquer un sport d’hiver comme le hockey.

Mashteuiatsh acquiert deux fauteuils Hippocampe

Valoriser les personnes à mobilité réduite et favoriser leur inclusion dans la société : voilà les deux objectifs principaux de la Maison de la famille Shaputuan Puamun de la communauté de Mashteuiatsh. C’est d’ailleurs dans cet ordre d’idée que l’organisme s’est doté de deux fauteuils Hippocampe en avril dernier, d’une valeur de 6000 $ chacun.

Que ce soit sur la glace, dans l’eau ou sur le sable, le fauteuil Hippocampe, qui s’adresse autant aux enfants qu’aux adultes à mobilité réduite, facilite l’accès à certains terrains. Il permet, entre autres, de faire une randonnée en montagne ou de pratiquer un sport d’hiver comme le hockey. L’utilisateur peut ainsi choisir entre des roues standards, des roues de type ballon ou encore des skis, pour mieux s’adapter à son environnement.

Jusqu’ici, seule l’École primaire Amishk a pu utiliser les nouveaux engins pour des sorties scolaires, bien que les fauteuils étaient aussi disponibles pour le camp de jour cet été.

« Nous avons commencé par l’achat de deux fauteuils seulement, puisque nous jugions que ce serait suffisant pour la communauté et qu’ils sont excessivement dispendieux, mais cette acquisition a été faite dans un objectif premier de pérennité, ce pour quoi ils seront strictement réservés à des événements dits communautaires », explique Julie Girard, directrice santé des jeunes et des familles à Mashteuiatsh.

Ainsi, une formation sera donnée dans les jours à venir à une quinzaine d’intervenants regroupant des membres de Centres de la petite enfance (CPE), des intervenants de l’école et des préposés à l’équipement de l’aréna local, de façon à pouvoir optimiser l’utilisation des fauteuils.

« Ce qu’on voulait, c’était valoriser l’enfant et être en mesure de l’inclure dans des activités qu’il ne pourrait pas pratiquer autrement. Il y a deux ans, nous avons eu des enfants à mobilité réduite au camp de jour qui ont nécessité une réorientation complète de la programmation estivale parce que nous ne pouvions pas aller à la plage ou cueillir des bleuets, de peur d’exclure ces jeunes. Les fauteuils Hippocampe permettront d’éviter ce genre de situation dans les années à venir », explique l’agente de soutien en ergothérapie Sarah-Ève Boily Pigeon.

Principe de Jordan
L’achat, d’une valeur de 12 000 $, aura été permis, en partie, par le principe de Jordan, un programme fédéral permettant aux enfants des Premières Nations, sur ou hors territoire d’une réserve, d’avoir accès à tous services de la santé ou services sociaux pour enrayer les inégalités liées à l’ethnie.

Ce principe a été mis sur pied sous le gouvernement de Justin Trudeau.

« Est-ce que ces programmes auraient été appliqués sous le gouvernement de (Stephen) Harper ? On ne le saura jamais. Par contre, la relation entre les autochtones et le gouvernement fédéral est décidément plus positive », souligne Mme Girard.

Entre juillet 2016 et juin 2018, ce sont plus de 99 000 demandes qui ont été traitées en vertu du principe de Jordan, en lien avec l’aide à domicile, l’orthophonie et l’achat de matériel médical, entre autres, pour un budget s’élevant à 382,5 millions $.

En mars, ce principe sera réévalué, mais le concept de « l’enfant d’abord » devrait demeurer, selon la psychoéducatrice et coordonnatrice locale de Mashteuiatsh pour le principe de Jordan, Maggie Robertson.

« La façon de l’appliquer devrait changer et être revue en 2019, mais la décision du tribunal canadien demeure, et il faudra continuer de démontrer les inégalités, ainsi que les besoins des enfants autochtones », souligne cette dernière.