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Dans le cadre de son stage, Maryline Dallaire doit faire de la planification, c’est-à-dire qu’elle prépare les leçons et les activités sur un mois qu’elle va proposer aux enfants. Une partie de son futur travail qu’elle met plus de temps à réaliser que ces camarades de classe.
Dans le cadre de son stage, Maryline Dallaire doit faire de la planification, c’est-à-dire qu’elle prépare les leçons et les activités sur un mois qu’elle va proposer aux enfants. Une partie de son futur travail qu’elle met plus de temps à réaliser que ces camarades de classe.

Maryline Dallaire : étudiante et maman à temps plein

Solveig Beaupuy
Le Quotidien
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Jeune maman de 36 ans, Maryline Dallaire deviendra dans quelques jours bachelière en enseignement préscolaire et primaire de l’UQAC. Elle a su jongler entre sa vie de famille, ses études et son déficit de l’attention pour obtenir son diplôme.

Chaque année, l’Université du Québec à Chicoutimi honore ses finissantes et ses finissants lors de la Collation des grades. En raison de la pandémie, il ne sera pas possible de tenir cette cérémonie sous sa forme traditionnelle cette année, mais l’UQAC a tout de même convié les finissantes et finissants, de même que leurs parents, amis, professeurs et chargés de cours à la Cérémonie de la réussite 2021 qui aura lieu de façon virtuelle le samedi 1er mai. D’ici là, Solveig Beaupuy, journaliste stagiaire au Quotidien et finissante en Art et technologie des médias au Cégep de Jonquière, vous présente le portrait d’étudiantes et d’étudiants qui ont connu un parcours atypique vers leur graduation. Aujourd’hui : Maryline Dallaire, bachelière en enseignement préscolaire et primaire.

C’est en 2004, à l’âge de 19 ans, que Maryline Dallaire s’est tournée vers ce programme qu’elle affectionne particulièrement, mais qu’elle abandonnera après un an pour suivre une technique de tourisme. Après avoir terminé sa technique en 2008, elle s’est par la suite inscrite à un certificat en gestion des ressources humaines, en 2011, qu’elle complétera également en 2016-2017. À cette époque, Maryline Dallaire était déjà devenue maman de trois enfants.

Voulant revenir à ce qu’elle aimait faire, elle s’est (re)lancée, à l’âge de 33 ans, dans l’aventure de retenter un BAC en enseignement préscolaire et primaire. Un pari gagnant puisqu’elle se verra bientôt gratifiée du précieux diplôme.


« D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé de devenir enseignante. Lorsque j’étais jeune, je jouais à l’école en mettant des livres par terre et en imaginant que c’étaient des élèves. »
Maryline Dallaire

« Tu es courageuse »

Il y a deux ans, Maryline Dallaire s’est fait diagnostiquer un déficit de l’attention qui rendait son apprentissage plus ardu. « J’ai de la difficulté à rester concentrée, je dois prendre beaucoup de notes pour y arriver sinon je perds le fil », raconte la jeune maman. Pourtant elle n’a jamais demandé d’accommodement pour faciliter ses études même si certains travaux lui demandaient plus de temps que ses collègues. « Je me sentais capable de rester avec mon groupe », affirme-t-elle.

Avec des enfants à charge et la pandémie, Maryline a dû faire preuve de persévérance et d’une grande volonté pour mener à terme ses études. « À certains moments durant cette session-ci, j’ai eu envie d’arrêter, je pensais à prendre une année sabbatique », murmure la future bachelière. Mais c’était sans compter sa famille qui était là pour l’encourager. « Mon mari et mes enfants m’ont toujours soutenue. Et comme j’aimais mes études, ça m’a permis de rester accrochée et de me recentrer sur mon objectif », ajoute-t-elle.

Dans quelques jours, la jeune maman sera diplômée en enseignement préscolaire et primaire. « Je ne réalise pas encore tout à fait que je vais y arriver... Enfin que j’ai réussi », se rectifie-t-elle.

Une combativité saluée par ses camarades de classe. « Souvent mes collègues me disaient que j’étais courageuse, mais je n’avais pas vraiment conscience qu’avoir des enfants et un déficit de l’attention était un défi », explique la maman de trois enfants.

Une conciliation famille-études bien rodée

« Étudier tout en ayant une famille, ça demande beaucoup d’organisation, de planification et de compromis », explique Maryline Dallaire. Elle peut toutefois compter sur l’aide précieuse de son mari. « Depuis la pandémie, c’est lui qui s’occupe des enfants, raconte-t-elle, mais parfois c’est notre plus grande fille, âgée de 11 ans, qui prend la relève.»

Une conciliation famille-études bien rodée qui repose sur un fragile équilibre. « Je ne veux négliger ni mes enfants ni mes études », rapporte-t-elle. Ce n’est que vers 20h, après s’être occupée des enfants, que Maryline Dallaire peut s’atteler à ses devoirs.

Bourse d’excellence

En novembre dernier, l’étudiante et jeune maman avait été retenue dans le cadre du programme de Bourses aux futurs enseignants. Ces bourses sont destinées aux étudiants qui font preuve d’un grand engagement dans leurs études et d’un dossier scolaire de qualité. Une nouvelle à laquelle elle ne s’attendait pas. « C’était totalement une surprise, je ne savais même pas que je faisais partie des candidats, s’exclame Maryline Dallaire, le sourire aux lèvres. J’étais vraiment fière parce que j’ai toujours mis beaucoup de temps et d’énergie dans mes études. »

La future bachelière a d’ailleurs des projets plein la tête. « Mon objectif serait d’obtenir un doctorat pour ajouter de nouvelles ressources en enseignement, notamment sur l’adaptation. Ce serait vraiment une réalisation personnelle », explique-t-elle.

« Si j’avais un conseil à donner, c’est qu’il ne faut pas avoir peur du changement ou de la réorientation. Ça peut paraître effrayant, mais ça en vaut la peine pour atteindre notre objectif », suggère sagement Maryline Dallaire.