Martin Gagnon a rappelé l'importance de l'existence d'un organisme comme la Fondation de ma vie.

Martin Gagnon appelle à la vigilance

Sans prendre position à propos de la décision du gouvernement du Québec de centraliser dans la capitale nationale le traitement des cancers de l'oesophage pour les patients du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Fondation de ma vie invite la population régionale à se tenir debout devant les menaces de centralisation.
Son directeur général, Martin Gagnon, a voulu réagir à la suite de la décision prise par la Direction générale de cancérologie. Il a rappelé la mission de l'organisme fondée en 1980, qui est de contribuer à l'autonomie régionale en matière de soins de santé grâce à l'amélioration des services et soins offerts.
«Il ne faut pas baisser les bras et il ne faut surtout pas penser que parce qu'on a déjà ces spécialités, on va les conserver», a prévenu Martin Gagnon au cours d'un entretien.
«Il faut demeurer vigilant, a-t-il poursuivi. On ne va jamais questionner ou encore critiquer des décisions qui sont d'ordre médical parce que ce n'est pas notre champ de compétence. Cependant, on dit à nos donateurs qu'il ne faut pas tenir pour acquises les spécialités régionales qu'on a actuellement. Il faut continuer à se battre, il faut continuer à foncer et si on démontre qu'on veut conserver nos services, ça va être beaucoup plus difficile d'arriver à des décisions qui vont délocaliser des spécialités.»
Martin Gagnon croit qu'au même type que l'UQAC et la Base militaire de Bagotville, l'hôpital de Chicoutimi est une base importante pour implanter et conserver des actifs.
«Ce sont des entités structurantes et ce sont des pôles importants dans la région, a soutenu M. Gagnon. Il faut s'assurer de démontrer qu'on veut les garder. C'est toujours plus difficile de dire qu'on va fermer des départements quand on décide de bâtir des infrastructures importantes, qui permettent justement de développer des services.»
Le directeur général a mis en valeur l'importance de l'existence d'un organisme comme la Fondation de ma vie. Il a rappelé qu'une situation semblable s'était présentée en 1975, quand l'hôpital de Chicoutimi avait été menacé de perdre ses départements de cardiologie et d'hémonydamie. La mobilisation du milieu, mené par le cardiologue Yves Savard, avait permis de conserver ces services.
«Ça met encore plus en évidence et ça amène une pertinence supplémentaire à la mission de la Fondation de ma vie et à celle de toutes les autres fondations hospitalières dans la région qui se battent pour la même chose, a avancé Martin Gagnon. On est une fondation qui amasse des sous pour pouvoir acheter des équipements de haute technologie qui vont permettre de financer le développement de certaines spécialités médicales. Pour nous, cette mission-là va continuer de se faire.»
Couillard interpellé
Les députés du Parti québécois du Saguenay-Lac-Saint-Jean somment le premier ministre Philippe Couillard d'agir dans le dossier des chirurgies de l'oesophage.
Mireille Jean, Sylvain Gaudreault et Alexandre Cloutier ont fait part de leurs inquiétudes quant à la décision de la Direction générale de cancérologie. Ils estiment que le premier ministre se doit de réagir, d'autant plus qu'il est aussi ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«Le transfert des chirurgies de l'oesophage à Québec entraîne non seulement une perte de service, elle fragilise aussi la présence de spécialités dans la région, ce qui risque d'entraîner des délais pour l'obtention d'une opinion chirurgicale et les soins qui s'ensuivent, ont fait part d'une voix commune les trois députés dans un communiqué. Mais surtout, on doit s'inquiéter puisque cette décision semble s'inscrire dans la politique de centralisation du gouvernement libéral. Nous nous inquiétons à la pensée que cette décision pourrait représenter une première étape à un démantèlement plus important de nos spécialités régionales en chirurgies.»
Centralisation
Les péquistes ont également déploré l'attitude centralisatrice du gouvernement Couillard.
«Sous une apparence d'économie, c'est plutôt par un transfert des coûts sur la population régionale que se fait cette économie qui, en plus de perdre des services, doit absorber les coûts de transport, des pertes de revenus et des pertes de temps, ont-ils tranché. Nous unissons nos voix afin que le premier ministre et son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, entendent l'importance pour la population de la région et du Nord-du-Québec d'avoir accès à ce service dans la région.»