Il y a un peu plus de deux mois, Marthe Vaillancourt avait accordé une longue et touchante entrevue au chroniqueur Roger Blackburn, dans le journal Le Progrès du 16 décembre 2017.

Marthe Vaillancourt s'est éteinte

Défenderesse de la cause des femmes et des victimes d’actes criminels, la Jonquiéroise Marthe Vaillancourt s’est éteinte, lundi, après avoir eu recours à l’aide médicale à mourir.

La dame de 86 ans a été vaincue par un cancer qui s’est attaqué à son foie et ses poumons. Elle souffrait aussi d’un cancer du sein depuis sept ans. 

Il y a un peu plus de deux mois, Marthe Vaillancourt avait accordé une longue et touchante entrevue au chroniqueur Roger Blackburn, dans le journal Le Progrès du 16 décembre 2017. Elle se disait sereine face à la mort, surtout qu’elle ne pouvait plus suivre les traitements de chimiothérapie en raison d’une allergie à la médication.

La grande dame avait déclaré au chroniqueur qu’elle ne pouvait pas se laisser abattre, qu’elle devait rester forte. Mais elle savait que Noël 2017 serait son dernier auprès de ses proches.

Lire la chronique de Roger Blackburn: J'ai embrassé Marthe Vaillancourt

Vie remplie

Marthe Vaillancourt a connu une vie remplie. Elle a été honorée à de nombreuses reprises au cours des 33 dernières années.

En 1984, elle était élue femme de carrière et recevait le prix de personnalité féminine de l’AFÉAS trois années plus tard. En 1988, Marthe Vaillancourt a été nommée personnalité régionale des 25 dernières années dans le cadre du 150e anniversaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Elle a reçu la médaille de l’Ordre national du Québec et celle de l’Assemblée nationale du Québec (1990), le prix Thomas-Louis Ouellet pour la prévention du crime (1990), sans oublier la médaille du Bleuet d’or de Québec en 1991 et la personnalité de l’année 1992 du Quotidien.

Le tableau d’honneur se poursuit avec le prix de la Justice du Québec (1996), celui de la personnalité de l’année Châtelaine (1996), de la Femme de mérite du YWCA (2000), de la médaille du lieutenant-gouverneur en 2010, mais aussi de la médaille du Gouverneur général en 2011.

Lors de cette même année 2011, Marthe Vaillancourt a été faite Membre de l’Ordre du Canada, la plus haute distinction du pays.

Mme Vaillancourt a aussi été la fondatrice du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels à Chicoutimi. Encore aujourd’hui, ce service d’accompagnement, offert au Palais de justice de Chicoutimi notamment, est toujours apprécié par les nombreuses victimes des voleurs, fraudeurs et agresseurs de la société.

Sous le choc

Le député de Jonquière à l’Assemblée nationale du Québec, Sylvain Gaudreault, a été touché par l’annonce du décès de Mme Vaillancourt.

« Je suis sous le choc, même si je savais que c’était pour arriver. Mais lorsque ça se produit, c’est toujours une nouvelle triste », a mentionné M. Gaudreault, au cours d’un entretien.

« Je lui ai parlé un peu avant Noël. J’ai eu une belle discussion. Mme Vaillancourt était très émotive. Nous avions développé une relation de respect mutuel et de complicité. On se parlait souvent. Lorsqu’elle m’appelait, j’arrêtais tout pour lui parler », se remémore M. Gaudreault.

Le député de Jonquière retiendra de Marthe Vaillancourt sa très grande rigueur (elle était toujours bien documentée), ses convictions inébranlables et sa très grande ouverture d’esprit.

« Elle était d’ailleurs favorable à l’aide médicale à mourir, même si elle était d’une autre génération. Mme Vaillancourt avait livré un bon témoignage lorsqu’il en avait été question. Elle s’est d’ailleurs prévalue de cette aide à mourir », a conclu Sylvain Gaudreault.