Marthe Vaillancourt

Marthe Vaillancourt applaudit

La décision de la Cour suprême de rendre inopérants certains articles du Code criminel et ainsi de permettre l'aide médicale à mourir satisfait Marthe Vaillancourt, celle qui a défendu le principe lors de l'étude du projet de loi 52 déposé il y a deux ans par l'ex-ministre péquiste Véronique Hivon.
En entrevue, Mme Vaillancourt s'est dite satisfaite de la décision du tribunal puisqu'il offre la possibilité aux personnes atteintes de maladie grave et incurable, d'un déclin avancé et irréversible qui les fait souffrir physiquement ou psychologiquement de faire un choix libre et éclairé face à la mort. «Je n'aime pas qu'on utilise l'expression suicide assisté puisqu'elle peut inspirer une méfiance dans la population. Ce qui m'intéresse, c'est que les gens ont la possibilité de choisir», a-t-elle déclaré.
Mme Vaillancourt, qui est elle-même souffrante, croit que les personnes malades ne sont pas confinées à une seule solution puisqu'elles ont toujours la possibilité de recourir aux maisons de soins palliatifs.
Un autre aspect important découlant de la décision de la cour est que les médecins ne seront plus exposés à des poursuites criminelles parce qu'ils ont aidé des personnes ayant librement consenti à la mort à atteindre leur but. «Les possibilités que les médecins puissent être poursuivis par tout un chacun, ça ne doit plus exister. Je ne sais pas comment les autres provinces vont réagir à la décision, mais je sais que la Colombie-Britannique est très ouverte à l'application de ce type de solutions.»
Mme Vaillancourt, qui a participé à la Commission parlementaire lors de l'étude de la Loi 52, avoue en avoir entendu de toutes les couleurs dans ce dossier délicat au plan humain puisque certains accolaient l'aide médicale à mourir à l'âge et la vieillesse. Elle cite en exemple un de ses neveux qui fut atteint, à l'âge adulte, d'une maladie grave et qui a fini par décéder. Elle précise que l'aide médicale à mourir n'est pas une question d'âge, mais plutôt de maladie et de fin de vie. Certains sont même allés jusqu'à pousser la désinformation jusqu'à affirmer que le projet de loi aurait pour conséquence de vider les centres d'hébergement pour personnes âgées.
En ce qui a trait à sa situation personnelle, Mme Vaillancourt mentionne qu'elle précisera ses intentions lorsqu'elle sera en attente de la mort.
Déception
Le jugement de la cour n'est pas reçu que favorablement puisque le Collectif des femmes engagées d'Alma, via sa porte-parole, soeur Georgette Beaulieu, s'est dite très déçue que les juges aient décidé à l'unanimité d'invalider les articles du Code criminel. «Dans notre arrondissement, les gens ne comprennent pas ce qu'est l'euthanasie. De placer l'aide médicale à mourir comme un soin, c'est mentir à la population» a-t-elle conclu sèchement.
Dvilleneuve@lequotidien.com