Le député conservateur Richard Martel a reçu des fonctionnaires fédéraux à son bureau de circonscription.

Martel préoccupé par le système Phénix

Le député de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, se dit grandement préoccupé par les conséquences du système de paye Phénix en fonction depuis trois ans. L’élu conservateur s’est entretenu, mercredi en fin de journée, avec des fonctionnaires fédéraux de la région qui se sont présentés à son bureau.

À l’instar de plusieurs autres fonctionnaires fédéraux du Québec, des représentants du conseil régional de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) se sont présentés au bureau de circonscription du député fédéral de leur région.

Le système de paye Phénix est la plus grande préoccupation du représentant du Parti conservateur. « Ce qui est venu me chercher, c’est le système de paye Phénix. C’est épouvantable que ça traîne encore. Il y a des familles qui n’ont pas reçu les montants et qui sont prises avec ça », a affirmé, au terme de la rencontre, Richard Martel.

Le député de Chicoutimi-Le Fjord assure être sensible aux fonctionnaires fédéraux qui vivent avec les ratés du service de paye. Il entend suivre le dossier de près et promet qu’il y aura d’autres discussions à ce sujet. « Quand il y a des choses qui ont été mal faites au départ et que ça traîne comme ça pour régler l’affaire, c’est difficile à accepter. Il faut se mettre dans la peau des autres », a-t-il ajouté.

Richard Martel affirme que le dossier ne semble jamais avancer.

Édifice de la rue Lafontaine

Le sort de l’édifice du 100 rue Lafontaine figurait également à l’ordre du jour de la rencontre d’une vingtaine de minutes entre les fonctionnaires fédéraux et le député de Chicoutimi-Le Fjord.

« On est quand même assez satisfaits. On a eu un bon accueil de M. Martel. On lui a transmis beaucoup d’informations et on espère que cela aura un impact sur ses prises de position particulièrement dans le dossier du 100 Lafontaine », a mentionné le président du Conseil régional de l’AFPC Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau-Chapais, Marc-André Gobeil.

« M. [Marc] Garneau a annoncé qu’il n’y aurait pas de pertes d’emplois à court terme (lors du passage du ministre libéral dans la région). S’il n’y a pas de pertes d’emplois, à tout le moins, il n’y aura pas de création. C’est ce que l’on craint beaucoup. C’est de perdre la possibilité d’expansion dans les emplois de la fonction publique », a affirmé M. Gobeil.

Les représentants du conseil régional de l’AFPC espèrent que le gouvernement fédéral s’engage à rénover le bâtiment qu’est le 100 Lafontaine. Ils se basent sur des projets de rénovation de l’ordre de six millions $ dont ils ont appris l’existence à la suite de demandes d’accès à l’information. M. Gobeil est d’avis qu’il ne s’agit pas d’une demande démesurée.

Les fonctionnaires ont également interpellé le député quant aux offres salariales du Conseil du Trésor et de l’Agence du revenu du Canada. Les fonctionnaires lui ont remis une lettre adressée à la présidente du Conseil du Trésor.

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LE CAP DES DEUX MILLIARDS $ BIENTÔT DÉPASSÉ

(La Presse canadienne) – Les victimes de Phénix ne veulent plus se contenter de promesses ou d’engagements verbaux, a prévenu en entrevue avec La Presse canadienne Yvon Barrière, vice-président exécutif pour la région du Québec à l’Alliance de la fonction publique.

Phénix est ce système de paie, conçu par IBM, qui a multiplié les erreurs, en trop-payés, sous-payés, voire non payés pendant un certain temps. À l’origine, il devait permettre d’économiser 70 millions $ par année «mais en 2019 on va dépasser le cap du 2 milliards $ que ça va avoir coûté», a déploré M. Barrière. Encore lors du dernier budget Morneau, on a annoncé qu’on allait devoir engloutir un autre demi-milliard de dollars sur cinq ans pour tenter de résoudre les problèmes.

«Ça fait près de trois ans que le gouvernement libéral nous fait des promesses d’action. Ça fait trois ans qu’ils disent ‘‘on travaille là-dessus’’. Et il n’y a aucun résultat. On veut des engagements écrits, sinon on ne sort pas. Parce que les paroles, les promesses, ça suffit», s’est exclamé M. Barrière.

M. Barrière évoque encore 270 000 cas problématiques à l’heure actuelle: des cas de congés de maladie pour dépression, burn-out, des pertes de maison, d’automobile, des dossiers de crédit entachés.

Et au dédommagement pour Phénix se greffe maintenant une autre revendication: celle des négociations qui ont cours avec le Conseil du trésor pour le renouvellement des conventions collectives. Quelque 125 000 fonctionnaires sont touchés; les contrats sont échus depuis juin 2018.