Les députés du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe (Lac-Saint-Jean) et Mario Simard (Jonquière).
Les députés du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe (Lac-Saint-Jean) et Mario Simard (Jonquière).

Mario Simard déplore le financement du gazoduc Coastal Gaslink

Emilie Gagnon
Le Quotidien
« C’est inconcevable, en 2020, de voir qu’on prête des centaines de millions de dollars pour l’exploitation des énergies fossiles alors que l’industrie forestière tire le diable par la queue », soulève le député de Jonquière et porte-parole du Bloc Québécois en matière de ressources naturelles, Mario Simard, concernant l’annonce du gouvernement fédéral de financer la construction du gazoduc Coastal Gaslink.

Dans un communiqué émis mardi, l’homme politique déplore le fait « qu’on priorise encore l’exploitation des hydrocarbures au détriment de l’industrie forestière ».

Le 28 avril, une entente visant à accorder un prêt pouvant atteindre 500 millions de dollars a été signée entre Exportation et développement Canada (EDC) et la multinationale TC Energy. Cette somme servira à financer la construction du gazoduc Coastal Gaslink.

« On est toujours un peu sous le choc de constater l’empressement du fédéral à financer l’exploitation des hydrocarbures. Pourtant, dans un contexte de crise climatique, c’est assez clair que l’avenir n’est pas aux énergies fossiles », souligne Mario Simard.

Ce dernier critique également le gouvernement fédéral de tenir un double discours en matière d’environnement.

« Il y a quelques jours, le premier ministre Trudeau laissait entendre qu’il fallait profiter de l’après-crise pour entamer un véritable virage vert. Aujourd’hui, on constate plutôt un empressement à financer l’exploitation des énergies fossiles », fait remarquer Mario Simard. Selon lui, le projet Coastal Gaslink pourrait générer annuellement 8,6 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

Pour le député de Jonquière, il serait préférable de miser sur l’industrie forestière, particulièrement dans le cadre d’un plan de relance économique. « Les tarifs douaniers américains faisaient déjà mal au secteur du bois d’oeuvre, mais c’est encore plus difficile en raison de la crise sanitaire. Oui, il y a des mesures de soutien, mais ces mesures ne cadrent pas avec la réalité de l’industrie forestière », fait-il savoir.

Ce dernier souhaiterait donc voir des assouplissements aux différents programmes pour venir en aide à l’industrie forestière. « Dans l’industrie forestière, très peu d’entreprises arriveront à se qualifier pour la Subvention salariale d’urgence, par exemple. Le programme actuel est trop rigide pour leur offrir une aide adéquate », affirme-t-il.