Le site de la mise à l’eau de Saint-Henri-de-Taillon ne suffit plus à l’affluence des amateurs de pêche et a besoin d’investissements de l’ordre de 800 000 $ pour être en mesure de bien desservir la clientèle touristique.

Marinas autour du lac Saint-Jean: des installations inadéquates

L’attrait grandissant du lac Saint-Jean pour les pêcheurs sportifs de l’extérieur et les changements qui s’opèrent dans la façon de pratiquer ce loisir font maintenant ressortir une problématique d’infrastructures d’accueil. Elles ne répondent plus aux nouvelles réalités et amènent des élus municipaux à parler d’une vision globale pour maximiser les retombées de cette affluence.

L’exemple qui illustre bien cette nouvelle dynamique a eu lieu en fin de semaine dernière. La préposée à la marina de Saint-Henri-de-Taillon a contacté le maire André Paradis pour qu’il se rende sur le site afin de constater par lui-même l’affluence des pêcheurs. Le maire et préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est n’a pas eu besoin d’une longue réflexion pour comprendre qu’il se passe quelque chose d’intéressant.

« On sait qu’il faudrait investir de 600 000 $ à 800 000 $ pour améliorer nos installations. Mais malgré cette volonté, une petite municipalité comme la nôtre n’a pas les moyens de se lancer dans un tel projet. On vérifie auprès des gouvernements et il n’y a pas de programme pour cette infrastructure », plaide André Paradis.

Pour la présente saison, la municipalité a installé une toilette chimique en bordure de la mise à l’eau. La petite capitainerie répond aux besoins de la poignée de propriétaires de voiliers et autres bateaux à quai à la marina et n’a pas été reconnue pour offrir des services à un volume aussi important de visiteurs.

« Ce sont les anciens quais que nous avons hérité des gouvernements. Dans notre cas, ça ne sera pas simple d’intervenir puisque nous sommes dans un milieu humide avec des contraintes », ajoute-t-il.

Le maire Paradis est toutefois déterminé à faire avancer les projets. Il a été étonné d’apprendre que le lac constituait un joyau mondial pour son écosystème de la ouananiche. Il entend bien saisir la balle au bond. « Quand on a un joyau, on doit s’en occuper. Nous avons fait un choix de société en refusant les barrages et aujourd’hui, on récolte. Si on veut bénéficier de ce joyau, on doit bien accueillir les touristes et nous assurer qu’ils reviennent. »

Un examen visuel des infrastructures du site de mise à l’eau de la rivière Métabetchouane confirme la dégradation des différentes structures. La municipalité n’est pas en mesure de réaliser les travaux d’urgence en bordure de la rivière en raison des coûts des études environnementales.

De l’autre côté du lac, à Desbiens, site du défunt Festival de la ouananiche, le maire Nicolas Martel rêve du jour où il pourra financer la réfection du site des mises à l’eau érigé en 1979 lors des Championnats mondiaux de canoë-kayak. Aujourd’hui, les murs de béton s’effondrent et les rampes de mise à l’eau ont besoin de réfections majeures, sans parler de l’absence d’installations sanitaires qui répondraient adéquatement à l’affluence. « On a voulu faire des travaux d’urgence pour les deux mises à l’eau en attendant une réfection majeure. Nous avons rencontré le ministère de l’Environnement. Avant de mettre une pelle dans l’eau, ça prend une étude de 250 000 $. La municipalité de Desbiens a un budget de 1,5 M $ et une marge de manoeuvre de 10 000 $. C’est difficile pour nous de supporter une telle dépense », explique le maire Nicolas Martel, qui est conscient de ce que la ouananiche a représenté pour sa municipalité dans les années 1970.

Comme le préfet de la MRC, il a constaté qu’il n’y avait, en ce moment, aucun programme pour les travaux de modernisation de ce type d’équipement. Il compte évaluer toutes les possibilités au cours des prochains mois et souligne une éventuelle collaboration avec Rio Tinto. « Nous avons des discussions avec Rio Tinto pour des échanges de terrain et des accès. Ils ont une bonne expertise des travaux en bordure du lac Saint-Jean et pourraient nous donner un coup de main », reprend Nicolas Martel.

Il envisage aussi la possibilité d’avoir des discussions avec le gouvernement du Québec en marge de la reconstruction du pont qui enjambe la rivière Métabetchouane. Il croit que cet important chantier pourrait comprendre le volet du site des mises à l’eau, qui est situé sous le pont.