Marie-Claude Gagnon, enseignante de français à l’École secondaire des Grandes-Marées (ESGM), a pris sa retraite.
Marie-Claude Gagnon, enseignante de français à l’École secondaire des Grandes-Marées (ESGM), a pris sa retraite.

Marie-Claude Gagnon ferme ses livres d’école

Passionnée par sa profession jusqu’à la toute fin, Marie-Claude Gagnon, un pilier de l’École secondaire des Grandes-Marées (ESGM), a dû suivre le chemin de la retraite. Enseignante de français, elle a certainement fait la différence dans le parcours scolaire de plusieurs. Toujours croire en ses élèves et mettre le doigt sur leurs forces respectives était la clé de son enseignement. Jamais elle n’a baissé les bras devant une difficulté, puisque selon elle, il existait une solution à tout et chaque personne était en mesure de réussir.

« J’étais prête à prendre ma retraite, mais c’est un deuil que j’ai à faire », a souligné l’enseignante, qui aura terminé sa carrière en contexte de pandémie, alors que l’enseignement à distance a dû être appliqué.

Cette situation n’a d’ailleurs pas été de tout repos pour Mme Gagnon, qui préfère de loin l’enseignement en personne.

L’enseignante de français était connue comme quelqu’un qui réussissait pratiquement toujours à motiver les jeunes à travailler pour réussir.

« Croire en eux était ma recette secrète. J’ai toujours travaillé pour que les élèves reconnaissent leurs forces. Lorsque cette étape était atteinte, nous travaillions ensuite sur leurs faiblesses, mais il était important qu’ils reconnaissent leurs forces avant tout et chaque élève en avait plusieurs », a-t-elle mentionné.


« Croire en eux était ma recette secrète. J’ai toujours travaillé pour que les élèves reconnaissent leurs forces. Lorsque cette étape était atteinte, nous travaillions ensuite sur leurs faiblesses, mais il était important qu’ils reconnaissent leurs forces avant tout et chaque élève en avait plusieurs. »
Marie-Claude Gagnon

Alors que les jeunes sont souvent pointés du doigt, Madame Marie-Claude n’a jamais perdu confiance en eux et a toujours été de leur côté. « Un adolescent, ça reste un adolescent. Notre société n’est pas facile. C’est certain qu’ils se cherchent. Il ne faut donc pas être contre eux, mais nous devons plutôt les guider. Je pense d’ailleurs qu’un enseignant est un guide. Notre travail n’est pas seulement de transmettre des connaissances, mais de partir d’où l’élève se trouve et de l’amener plus loin. C’est le plus beau métier du monde. »

Reconnaissance des élèves, des parents et des collègues

Les commentaires de reconnaissance envers l’enseignante ont été nombreux, à la suite de l’annonce de sa retraite. Maxim Durand, qui a eu Mme Gagnon comme enseignante cette année, confirme qu’elle n’aurait probablement pas réussi à obtenir son diplôme d’études secondaire (DES) sans elle.

« Elle m’a surtout aidée à me faire confiance. Elle a pris du temps pour m’écouter quand je n’allais pas bien et jamais, je n’aurais cru me confier autant à elle. C’est sans doute parce qu’elle était très réconfortante. Je suis d’ailleurs certaine que même en dehors de l’école, elle est toujours la même personne merveilleuse qu’elle nous démontre en classe, et je suis sûre que tout le monde croit la même chose » a-t-elle souligné.

Certains élèves ont même décidé de suivre ses traces. Tel est le cas de Charly Morin, qui a reçu son enseignement lorsqu’elle était en cinquième secondaire.

« Madame Marie-Claude est une enseignante dévouée et passionnée par son métier. Grâce à elle et à son enseignement hors pair, j’ai décidé de suivre ses traces et d’étudier dans le même domaine. Elle m’a fait découvrir plusieurs facettes passionnantes de la langue française et c’est en partie pour cette raison que je me suis dirigée vers l’enseignement du français au secondaire. La barre sera haute à atteindre en ce qui la concerne, mais je suis prête à relever le défi ! Sa retraite est amplement méritée. »

Olivier Houde a lui aussi été motivé par la passion de l’enseignante après avoir assisté à ses cours de français.

« Entrer dans la classe de Madame Marie-Claude et assister à son premier cours de l’année fut, pour moi, un premier pas dans la passion de la langue française. Semaine après semaine, elle a su nous transmettre à merveille sa passion pour la littérature, de façon incroyablement impliquée. Voir une telle flamme chez cette enseignante a piqué ma curiosité et m’a incité à entrer à mon tour dans cet univers, me menant cet automne à entamer un baccalauréat en communication publique. Madame Marie-Claude a été pour moi l’enseignante la plus marquante de mon parcours scolaire en entier. »

En plus d’être grandement appréciée de ses élèves, la pédagogue était beaucoup impliquée auprès de ses collègues. Johanne Tremblay, ancienne enseignante d’éducation physique à l’ESGM, a souligné l’importance qu’avait le travail d’équipe pour elle.

« Marie-Claude est une personne d’exception et qui se donne à tous les niveaux. Lorsque nous avons besoin d’aide, elle nous appuie toujours avec le sourire, peu importe ce qu’elle vit à la maison. C’est également une personne qui est humaine, qui se soucie beaucoup des autres. Elle a été l’oreille de plusieurs élèves qui avaient besoin d’être écoutés », a-t-elle expliqué.

Mme Gagnon était enseignante de français à l’École secondaire des Grandes-Marées depuis 1991. Elle a donc pu enseigner à plusieurs membres d’une même famille et aux enfants de ses anciens élèves au fil de sa carrière. En plus d’avoir été appréciée par ses élèves et ses collègues, elle a marqué les parents de plusieurs jeunes. Isabelle Harvey, mère de deux enfants qui ont fréquenté l’ESGM, est d’ailleurs déçue que sa plus jeune n’aura pas l’opportunité de recevoir l’enseignement de Mme Gagnon.

« Ma fille Alexia a eu la chance d’avoir Mme Marie-Claude comme enseignante en secondaire 2 et 5, et a toujours eu que de bons mots à son égard. En septembre, ma plus jeune, Myreil, entre en secondaire 5 et je suis très déçue qu’elle n’ait pas le même privilège que sa grande soeur de connaître Madame Marie-Claude, cette enseignante extraordinaire qui laisse une empreinte positive aux jeunes. Il y a des enseignants qui sont plus marquants que d’autres et elle fait partie de cette catégorie », a-t-elle mentionné.