Marie-Christine Bernard, l'auteure de Matisiwin, compte bien porter la voix des autochtones du Québec dans son périple mexicain.

Marie-Christine Bernard, la voix du Québec

L'écrivaine Marie-Christine Bernard s'envolera pour le Mexique où elle représentera la culture québécoise dans le cadre de la semaine de la francophonie, du 9 au 16 mars. Déléguée par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, l'enseignante au Collège d'Alma sera reçue dans les deux plus grandes universités du pays, soit l'Universidad Nacional Autónoma de Mexico et l'Universidad de Guadalajara. Elle est la seule Québécoise officiellement déléguée pour participer aux activités qui se déroulent dans le cadre des festivités.
Et l'auteure de Matisiwin, qui plonge les lecteurs dans la culture de la Première Nation atikamekw, compte bien porter la voix des autochtones du Québec dans son périple.
«C'est un très grand honneur, une fierté. Je sais qu'ils m'ont aussi approchée en raison de mon dernier roman. De tous ceux que j'ai écrits, c'est le plus intime et c'est celui dont le propos me tient le plus à coeur, parce que j'y porte la voix des autochtones du Québec. Je sais que les gens de Mexico qui me reçoivent ont été attirés par le roman. Des étudiants que je vais d'ailleurs rencontrer sont en train de le lire. Donc, ce voyage va me permettre de porter la voix des Atikamew, des autochtones. Pour moi, c'est une grande fierté. Et mes amis autochtones, j'espère qu'ils savent que j'y vais avec le plus grand respect, la plus grande délicatesse. Parce que porter la voix de quelqu'un d'autre, il faut faire ça avec délicatesse», exprime Mme Bédard, qui lancera son roman en sol mexicain le 14 mars.
Francophonie
Plusieurs pays, dont le Mexique, fêtent la francophonie en mars. Ce pays d'Amérique latine accorde en effet de l'importance à la langue et la culture française.
«Le Mexique est membre de l'organisation mondiale de la francophonie. Ils sont d'ailleurs très francophiles. Et il y a une histoire politique entre la France et le Mexique qui date de très longtemps. La France a aidé le Mexique dans sa guerre d'indépendance, des Français se sont réfugiés dans ce pays. Je vais d'ailleurs m'adresser à des étudiants en français. Ce sont des étudiants du département des langues vivantes», précise l'écrivaine.
Le pays a également une riche histoire autochtone. Responsable du Centre autochtone du Collège d'Alma, Mme Bernard espère d'ailleurs rencontrer des Autochtones pour éventuellement créer des liens entre son établissement et ceux du Mexique.
«Comme ici, les Autochtones du Mexique sont en train de prendre la parole, de porter leur voix et de reconstruire leur identité et dignité. J'aimerais d'ailleurs rencontrer des autochtones là-bas pour faire des ponts avec ce qu'on fait ici au Collège d'Alma. On a une volonté au collège d'accueillir le plus et le mieux possible des étudiants qui viennent de communautés autochtones. On a des structures d'accueil pour eux. Éventuellement, ça serait plaisant de faire des liens entre des établissements d'éducation du Mexique et le Collège d'Alma. Ce n'est pas ma mission, mais j'ai des antennes», laisse tomber l'enseignante.