Le conseiller municipal Marc Pettersen

Marc Pettersen dénonce l'attitude des conseillers de Jonquière

La décision du conseil municipal de Saguenay de cesser la consultation portant le nouvel amphithéâtre fait sauter le couvercle du conseiller Marc Pettersen. Il dénonce l’attitude de ses collègues jonquiérois qu’il accuse de s’opposer systématiquement à tous projets provenant de Chicoutimi, tout en soupçonnant certains d’avoir un agenda caché visant à remplacer la mairesse actuelle.

En entrevue avec Le Quotidien, M. Pettersen soutient que lundi après-midi, les discussions ont été orageuses, en session plénière. Selon lui, certains élus délaissent l’esprit qui devrait animer la gestion d’une grande ville et tentent de réactiver les esprits de clocher au sein du conseil municipal dans le dossier de l’amphithéâtre, qu’il désigne comme « l’aréna + ». Selon lui, des conseillers propagent de fausses informations sur le coût de cette infrastructure municipale. « Hier (mardi), un conseiller est intervenu en entrevue radiophonique pour affirmer qu’il fallait que le projet fasse l’objet d’une promesse électorale. Il y a eu une élection provinciale où deux députés de la CAQ se sont prononcés pour le projet. C’est une fausseté de dire que la facture finale sera de 80 millions $. Il y en a qui se lèvent les masses en l’air pour dire que ça va coûter plus cher que si on réalisait des projets à part », affirme-t-il.

Le conseiller tente de ramener les pendules à l’heure en déclarant qu’un projet d’amphithéâtre qui intégrerait une nouvelle glace, une autogare pour desservir le centre-ville de Chicoutimi et un marché public serait moins coûteux pour les contribuables. Il faut mettre dans la balance, selon lui, que le garage municipal du 504 boulevard du Saguenay, à restaurer au coût de huit millions $, ne répond plus aux besoins, tandis que la dalle de béton du Pavillon de l’Agriculture est à refaire au complet au coût de quatre millions $.

Selon lui, en misant sur l’aide financière des paliers de gouvernement, le nouveau complexe financé représenterait une facture de 27 millions $ pour les contribuables de Saguenay. Le coût de la nouvelle autogare du Havre représente à lui seul une facture de 31 millions $, selon les chiffres fournis par les fonctionnaires.

M. Pettersen rejette les accusations voulant que Chicoutimi tente de tirer la couverte de son côté alors que pendant les 12 premières années de la fusion, l’ex-maire Jean Tremblay avait accordé tous les surplus annuels provenant d’Hydro-Jonquière, de 3,5 à 4 millions $, à l’arrondissement, ce qui représente environ 40 millions $.

La réalisation de deux terrains de football synthétiques, de parcs de quartiers munis de jeux d’eau, le centre communautaire de Saint-Jean-Eudes, les centres multiservices du parc Saint-Jacques et de Shipshaw, la revitalisation du centre-ville de Kénogami au coût de 14 millions $ , le parc Price, la réfection de l’usine de traitement des eaux, un garage municipal neuf, les bibliothèques municipales de la rue Saint-Dominique et du Carré Davis, sans compter la construction prochaine du centre multisport, figurent dans « la longue liste » des investissements réalisés à Jonquière, cite M. Pettersen. « J’aime les gens et je suis content que ces investissements aient pu se réaliser à une époque où le député Jean-Pierre Blackburn était au pouvoir. À Chicoutimi et à La Baie, on vient d’élire deux députés au pouvoir et on doit aller chercher de l’argent. Ce n’est pas mon problème si Jonquière a voté pour deux députés de l’opposition au fédéral et au provincial », déclare-t-il.

Il en rajoute en affirmant qu’il est temps que Chicoutimi cesse de se faire manger la laine sur le dos.

Selon lui, le moratoire décidé par Saguenay lundi a ceci de positif qu’il permettra un débat rationnel basé sur des faits réels plutôt que sur des « fake news ». Parmi ces fausses informations, le conseiller prétend qu’il n’est pas vrai que la construction du nouvel amphithéâtre sur la zone ferroviaire créerait des bouchons de circulation importants lors des parties des Saguenéens, qui jouent une trentaine de matchs à domicile par saison. Lorsque de grands spectacles sont organisés dans le secteur, il ne faut pas plus d’une demi-heure pour que le calme revienne sur le boulevard du Saguenay, contre-argumente le conseiller.

Il conclut en affirmant que sa sortie médiatique vise avant tout à créer un débat sain parmi la population et les élus de Saguenay.