Marc Maltais

Marc Maltais prêt à remplacer Lebel

Invité en 2015 par Denis Lebel à faire de la politique à visière levée, Marc Maltais a pris le député conservateur au mot. « C'est un peu à cause de lui que je me lance. Il a été en quelque sorte une forme d'inspiration », lance avec un brin d'ironie le leader syndical qui portera les couleurs du Bloc québécois le 23 octobre prochain. Ce dernier, qui a confirmé sa candidature mardi, fait référence à la missive du conservateur lancée aux représentants syndicaux lors de la campagne de 2015.
Denis Lebel reprochait alors à la FTQ et autres groupes syndicaux d'utiliser les cotisations pour mener une campagne contre les représentants de Stephen Harper. 
« Il disait que ceux qui voulaient faire de la politique, qu'ils mettent leur face sur les poteaux. C'est ce que je vais faire », laisse tomber Marc Maltais, de passage à Ottawa mardi pour officialiser sa candidature auprès de la chef Martine Ouellet.
La personne avant le parti
Même si ce dernier défend une vision diamétralement opposée à celle des conservateurs, il avoue avoir un grand respect pour Denis Lebel. Il admet que l'homme transcendait le parti qu'il représentait. M. Maltais espère d'ailleurs que les citoyens voteront encore de cette manière. La personne avant le parti. « Ils ont voté pour l'homme. Je ne pense pas que les Jeannois soient fondamentalement conservateurs. Et j'ose espérer qu'ils vont encore voter avec leur coeur, pour une personne qui va bien les représenter », exprime-t-il en entrevue téléphonique.
Sa candidature semble toutefois donner un regain au parti qui a perdu des plumes, au cours des dernières années. Ancien bastion bloquiste, le Lac-Saint-Jean a de bonnes chances de revenir à ses amours passées, croit M. Maltais.
« On le voit avec le membership qui est bon au Bloc. Et je pense que la lune de miel avec Justin Trudeau est en train de s'éteindre. Les gens voient également que le pouvoir, ça n'a pas changé la situation. On n'a jamais eu autant de pouvoir à Québec et Ottawa, même dans les dernières années, et est-ce que notre secteur se porte mieux économiquement ? Non », plaide le représentant régional de la FTQ.
L'ALENA à l'oeil
Sa candidature à peine confirmée, Marc Maltais s'est rendu à Ottawa pour surveiller les renégociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). 
« Je tenais à me rendre immédiatement à Ottawa pour faire savoir qu'on n'acceptera aucun compromis qui pourrait nuire à l'industrie du bois ou à nos producteurs laitiers. L'ALÉNA représente des milliers d'emplois chez nous. Nous allons nous assurer que les travailleurs de Lac-Saint-Jean ne seront pas mis en danger au profit d'industries ontariennes ou de l'Ouest. »
La chef bloquiste se montre optimiste pour l'élection partielle avec une telle candidature. « Avec un candidat de la trempe de Marc Maltais dans l'équipe du Bloc québécois, les gens de Lac-Saint-Jean pourront compter sur une vraie voix à Ottawa. Les libéraux ne connaissent pas les régions du Québec. Que ce soit en sacrifiant la gestion de l'offre dans le libre-échange avec l'Europe ou dans leur entêtement à tout centraliser, ils prouvent qu'ils ignorent tout des gens qu'ils sont censés représenter devant Donald Trump. Marc Maltais, lui, a fait ses preuves dans la défense des travailleurs. Personne n'est mieux placé pour défendre l'économie du Lac-Saint-Jean », souligne-t-elle, par voie de communiqué.